TRAITEMENT DES MALADIES VÉNÉRIENNES VÉIIOLIQUES
Deux mélhodes de traitement sont appliquées aux maladies vénériennes : l’une admet un antidote ou spécifique; l’autre a pour fondement la doctrine physiologique, qui consiste essentiellement à appliquer les anti phlogistiques. Si les maladies véroliques étaient un simple résultat de l’irritation, il suffirait, pour les guérir , de recourir à cette dernière méthode ; mais incontestablement elles dépendent d’un virus. C’est un problème en médecine que de savoir si le virus peut être anéanti parle régime, les anti-phlogistiques , les sudorifiques, les dépuratifs , ou s’il exige impérieusement l’emploi du mercure.
Veut-on connaître dans quels cas la doctrine dite physiologique est triomphante ? C’est lorsqu’il n’existe que des symptômes plilegmasiques ou blennorrhcigiques. Veut-on savoir ce que les médecins partisans de cette doctrine considèrent comme des cas exceptionnels qui exigent l’emploi du mercure? Ce sont précisément tous ceux où il existe des symptômes véroliques.
Y a-t-il donc lieu à décorer du nom de doctrine , de méthode nouvelle, une pratique qui consiste à appliquer dans tous les cas des anti-phlogistiques, lorsque cependant on se voit souvent forcé de dévier de cette pratique? Mais on confond les symptômes purement plilegmasiques dans la catégorie
générale des maladies vénériennes; et parce que ces symptômes se dissipent lorsqu’on n’emploie que les anti phlogistiques, on en conclut qu’il doit en être de même pour tous les autres symptômes vénériens, et l’on se refuse à admettre que les uns et les autres soient d’une essence différente.
Cependant il n’est question dans la science que de doctrines nouvelles. L’on vante le régime austère, le repos au lit, la continence, et l’on qualifie ce système de traitement du nom de cure diète. On préconise des remèdes qui ont pour base des végétaux qui sont des dépuratifs ou des anti-phlogistiques. On s’évertue sans cesse à chercher quelque pratique qui paraisse offrir un caractère de nouveauté, et qui fasse dévier du mode dès long-temps adopté. Et quel est le but de ces efforts? est-ce réellement d’obtenir un remède plus certain, ou est-ce pour flatter le préjugé vulgaire, et ne pas fronder l’absurde opinion de ceux qui ont une aversion aveuglément conçue contre un remède héroïque?
Ce serait une funeste erreur que de croire obtenir dans tous les cas la guérison par la cure diète. Ce serait une erreur moins grave, mais elle ne serait pas pour cela moins réelle, si l’on pensait que le mercure est utile dans tous les cas. Les deux classes d’affections vénériennes que j’ai désignées sous le nom de phlegmasiques et de blennorrhagiques n’exigent jamais ce médicament ; la seule classe des
maladies vénériennes véridiques le réclame toujours.
Voilà des distinctions tranchées; personne ne les avait établies. V Arbre de Vénus , que j’ai érigé, fixe invariablement ces distinctions importantes.
Mais pourquoi donc cette antipathie contre le mercure? Sur quoi est-elle fondée? C’est un métal fin, délicat, subtil, inodore, sans saveur, d’une innocuité parfaite dans son état de pureté, et il inspirerait de l’horreur? Est-ce parce qu’il engorge les glandes salivaires, les gencives, et qu’il rend l’haleine momentanément fétide? Mais l’opium empoisonne ; l’émétique détermine des spasmes nerveux, des vomissemens ; les saignées débilitent et peuvent faire périr d’hémorrhagie; les purgatifs convertissent le corps en un cloaque d’infection, et irritent les intestins. On donne cependant de l’opium , des vomitifs, des purgatifs; on pratique des saignées; et parce que le mercure produit des accidens exceptionnels lorsqu’il est employé sans discernement, faut-il le repousser, le proscrire de la thérapeutique, tandis que scs propriétés sont merveilleuses, incontestables ? Vaut-il donc mieux laisser dévorer un malade par un mal affreux, l’exposer à une déplorable cachexie? Voilà cependant où mène journellement une antipathie aveugle.
Le remède indispensable contre les maladies vénériennes véroliques, c’est le mercure; à lui seul il guérit. Tous les autres moyens réunis ne
guérissent pas; mais malheureusement ils pallient (juelquefois le mal, ce qui plonge les malades dans une fatale sécurité. On peut dans beaucoup de cas indiquer mathématiquement l’action du mercure, annoncer que, dans un nombre de jours déterminé, les symptômes seront amendés, que dans tel nombre de jours ils seront dissipés, et qu’à telle époque le malade sera guéri; et l'on voudrait proscrire un médicament qui possède des propriétés si positives? On dirait qu’il y a quelque chose de fâcheux à guérir avec ce qui guérit; on est toujours à la recherche de nouvelles méthodes, et l’on s’efforce à résoudre ce problème futile : Guérison sans mercure!
Quel que soit le symptôme vérolique existant, chancre, bubon, végétation, pustule, angine, exostose, le mercure doit être rigoureurement administré. On ne peut espérer d’anéantir le virus répandu dans f économie animale que par l’emploi de cette substance qui pénètre les tissus, qui envahit le virus, qui l’entraîne ou l’expulse, ou bien le neutralise. On ne saurait justement expliquer sa manière d’agir; toujours est-il que par son usage les symptômes véroliques se dissipent merveilleusement.
Il est une multitude de combinaisons pharmaceutiques où entre le mercure ; plusieurs manières d’administrer ce médicament : on l’applique à la surface du corps en frictions , on l’administre dans les bains; on le donne à l’intérieur en solution aqueuse , en pilules et sous d’autres formes. Tantôt
ce métal est voisin de son état naturel , tantôt il est combiné à un acide qui lui donne un caractère fort actif.
Onguent napolitain. — La préparation mercurielle la plus simple est l’onguent napolitain : le mercure a été mis dans de la graisse à son état de pureté , et la trituration lui a fait simplement subir un certain degré d’oxidation ; ce métal n’a pas d’àcreté dans cette préparation ; il peut être employé à des doses considérables , et faire obtenir d’heureuses modifications.
Si, relativement à l’application du mercure aux maladies vénériennes, la médecine est rétrograde, elle a au contraire une marche progressive par rapport à son emploi dans d’autres maladies. On considère maintenant ce métal comme un puissant anti-phlogistique : aussi l’applique-t-on aux érysipèles, à la péritonite qui suit l’accouchement. Dissiperait-il les inflammations, s’il possédait les propriétés excitantes qu’on lui attribue ?
Pour expulser le virus vérolique , le meilleur moyen est de pratiquer des frictions avec l’onguent napolitain. La dose de cet onguent peut varier de cinq à quinze grammes; mais la dose la plus ordinaire pour un homme adulte est huit grammes. Il convient que les parties où l’on applique l’onguent napolitain soient exemptes des malpropretés qui pourraient boucher les pores de la peau. Il est nécessaire défaire préalablement des lotions ou de
prendre un bain. Le calorique ouvre les porcs absorbans; si la température est froide, il est utile d’exposer les parties à l’action du feu : ces préalables rendront l’application du médicament plus efficace.
Il n’est pas de points de la surface du corps sur lesquels on ne puisse faire des frictions; partout il se trouve des bouches absorbantes de vaisseaux lymphatiques; cependant la face interne des membres est le lieu préférable, parce que la peau y est plus délicate et que l’absorption y est plus active.
Mais est-ce réellement une friction qu’il est utile de faire, ou une simple onction ? On croirait qu’en frottant très-long-temps et avec force on fait mieux pénétrer le médicament : ce n’est pas précisément le mécanisme de la friction qui fait entrer le mercure : appliqué à la surface de la peau , il entre par les pores, il pénètre par imbibition, ou bien les bouches des vaisseaux lymphatiques l’aspirent , et il parvient parfaitement dans l’économie. Il n’est pas donc utile de faire des frictions très-longues et très-énergiques, et, dans quelques cas, ce serait nuisible. Lorsque, par exemple, il y aurait un bubon enflammé , un testicule engorgé , le mécanisme du frottement pourrait augmenter l’irritation.
Lorsqu’on veut faire un traitement régulier , commandé par un cas impérieux, les frictions doivent è(re largement étendues. Je conseille, dans
ces cas, de frictionner le corps par quartiers. Ainsi un jour on agit sur un membre inférieur et la portion attenante du tronc, un autre jour, sur les mêmes parties du côté opposé; ensuite on procède sur les membres supérieurs et la portion attenante de la poitrine. Alors une large surface est recouverte de la substance médicamenteuse, et l’absorption s’opère aisément; tandis que, se bornant à frictionner un petit espace sur un membre, l’absorption 11e s’opère que faiblement. Il se trouve qu’on a pratiqué quelquefois un grand nombre de frictions; on a fait un long traitement qui toutefois devient illusoire par la manière dont on a procédé.
Cependant les frictions doivent dans quelques cas être limitées à un petit espace : c’est quand il y a un mal local. Ainsi, si un testicule est engorgé, la friction peut se borner aux organes génitaux. Le médicament pénètre contre les lois delà physiologique, il s’imbibe dans les tissus, parvient à l’organe affecté,, modifie sa 'sensibilité , expulse les matériaux hétérogènes qui occasionnent l’engorgement, et l’on voit s’opérer des cures heureuses.
Il faut mettre de l’intermittence dans l’usage des frictions; car elles pourraient fatiguer le malade, accélérer le mouvement de la circulation du sang , déterminer une sorte de fièvre. Mais encore le mercure peut se porter aux glandes salivaires et à la bouche , provoquer la salivation et une inflammation spéciale : la stomatite mercurielle. Après
quelques jours de repos , on recommence les frictions avec assurance.
L’intermittence de quelques jours n’enraie nullement le traitement , parce que le corps est imprégré du médicament , il est placé dans une atmosphère médicatrice; tandis que si on laissait s’établir la salivation, il faudrait suspendre le traitement pendant long-temps; alors le mal réagirait avec une intensité nouvelle , et le travail curatif qui aurait commencé se trouverait bientôt détruit.
On ne peut dire quand on doit cesser les frictions, quel est le nombre qui convient dans un traitement. Il y a tant de variété dans la gravité des symptômes, dans les dispositions individuelles, qu’on ne saurait assigner de règles générales; ce n’est que la guérison qui puisse fixer un terme, mais il faut se délier des apparences. Le mal se dissipe, pour cela il n’est pas toujours anéanti ; il convient de persévérer dans l’usage d’un remède qui a été efficace. S’il 11e cause aucun dérangement, quel inconvénient y aurait -il à en continuer l’emploi? Si un ou deux mois de traitement suffisent dans des cas ordinaires, une, deux années ou plus sont nécessaires dans des cas exceptionnels.
Deuto-chlorure de mercure. — Qui n’a entendu nommer la fameuse liqueur de Van-Swieten? qui ne sait combien ses effets sont actifs dans les maladies vénériennes? C’est le sublimé corrosif ou deuto-chlorure de mercure qui est la partie essentielle de celte
liqueur. Ce n’est pas par sa quantité qu’agit le mercure, mais c’est par une qualité extraordinaire qu’il a acquise au moyen d’une combinaison chimique. Il est incontestable que le sublimé corrosif fasse disparaître rapidement les symptômes véroliques. On se sert avec raison de ce médicament comme d’une pierre de touche dans des cas douteux. Lorsque des accidens sont stationnaires, qu’ils résistent aux moyens généraux, aux an ti-phlogistiques, administre-t-on le sublimé? il arrive que bientôt le mal change d’aspect ou se dissipe.
Comme le deuto-chlorure de mercure est fort énergique, il faut le donner à faible dose. Deux centigrammes par jour, voilà la dose ordinaire; on diminue ou l’on augmente la dose selon l’exigence des cas, l’àge et la disposition des individus. On peut, pour une femme délicate, pour un enfant, filer, en quelque sorte, une solution de ce médicament, n’administrer que quelques gouttes de celte solution dans une tisane.
D’abord, les malades avalent sans répugnance la préparation de sublimé ; mais bientôt ce médicament fait éprouver un goût acerbe qui devient de plus en plus insupportable; la répugnance devient extrême, il arrive que l’estomac se révolte à la vue seule du remède, et que, s’il est avalé, aussitôt il est rejeté. On masque dans ce cas le sublimé, on l’incorpore dans des sirops, on le fait entrer dans des biscuits; la spéculation enfante toutes sortes
de moyens pour atténuer sa saveur désagréable.
Il est naturel qu’on cherche à appliquer au traitement des maladies vénériennes diverses combinaisons où entre le mercure. Aussi le calomel ou proto-chlorure , le cyanure, le prolo-iodure de mercure ont été administrés ; mais la propriété de ces médicamens n’est pas bien constatée. Aussi l’onguent napolitain à l’extérieur, le sublimé corrosif à l’intérieur, voilà les deux remèdes par excellence, ceux sur lesquels il est le plus raisonnable de compter, parce que dès long-temps ils ont subi l’action du creuset de l’expérience.
Sudorifiques. — Que peut -on penser des sudorifiques, qui sont vraiment échaufîans, phlogistiques, lorsqu’on érige en méthode de traitement l’emploi des anti-phlogistiques ou rafraîchissans? La vogue des plantes sudorifiques passe de jour en jour. Ce fameux gayac jadis si admiré, la squine, le sassafras , la salsepareille, qui forment les quatre bois sudorifiques , ne sont plus considérés comme les succédanés du mercure. Cependant ces plantes figurent encore dans des préparations qui portent le nom de roi), dans des sirops et dans des tisanes.
On s’abuserait étrangement si l’on croyait guérir les maladies vénériennes par l’emploi exclusif des sudorifiques. S’il arrive que leur usage paraisse salutaire, c’est parce qu’au préalable un traitement mercuriel aura été fait. Le vice étant détruit, le symptôme qui persistait, comme un engorgement ,
une ulcération, un état cachectique, ne devait se dissiper que consécutivement. C’est le temps, l’hygiène , qui amènent la disparition définitive des symptômes après un traitement rationnel, et l’on attribue souvent les changemens heureux qui s’opèrent à des médicamens sans vertu. Voilà pourquoi la spéculation enfante tous les jours des remèdes insignifians et qu’on croit merveilleux. S’il arrive que ces remèdes soient réellement efficaces , c’est qu’ils recèlent quelque préparation mercurielle, masquée afin qu’elle ne soit pas reconnue.
Traüemens particuliers .
Bien que le traitement général qui vient d’être exposé soit applicable à tous les cas, chaque symptôme vénérien exige un traitement spécial.
Le chancre devra être pansé, lavé, quelquefois cautérisé , afin que la surface de T ulcération soit modifiée. On applique sur le chancre de la charpie recouverte d’onguent mercuriel ; on le touche avec du nitrate d’argent; on le lave avec du vin miellé, de l’eau phadédénique. Il est utile d’absterger, d’enlever le pus qui, en se répandant, pourrait multiplier les ulcérations; mais c’est le traitement général qui opère essentiellement la guérison du chancre.
Comme le bubon consiste dans l’inflammation d’une glande , on peut appliquer des sangsues, des cataplasmes, dans le but de tenter la résolution. Si l’on n’y parvient pas, qu’un abcès se forme, on doit
ouvrir cet abcès; car, si on l’abandonnait à lui-même, il y aurait un grand décollement et une destruction de la peau, d’où résulterait une immense ulcération. Généralement on ouvre les bubons avec de la potasse caustique : c’est une très-mauvaise pratique, parce qu’elle occasionne une perte de substance, d’où résulte une cicatrice indélébile qui témoigne à jamais qu’un individu a été vérolé.
Lorsqu’un bubon est ouvert, il faut favoriser l’écoulement du pus par des pansemens et des lotions ; les bains sont souvent nécessaires ; mais c’est encore sur le traitement général qu’on doit principalement compter. Il arrive que les ganglions demeurent engorgés, indurés : on conseille d’exercer alors une compression avec une pelote montée sur un cachet, avec une brique chaude, afin d’en opérer la résolution. C’est le temps qui amène la disparition complète de l’engorgement ; cependant les bains minéraux, les douches pourraient déterminer une modification salutaire.
Les végétations cèdent quelquefois à la puissance du traitement intérieur , elles se flétrissent, s’atrophient et disparaissent : c’est la preuve qu’elles sont bien guéries et que le vice qui les a produites est anéanti. Mais il arrive qu’elles demeurent stationnaires , rebelles à tout traitement ; alors il faut les retrancher. A l’aide de ciseaux courbés sur le plat on en opère la résection; s’il y a un pédicule étroit, on fait quelquefois une ligature , ou bien on
cautérise avec le nitrate d’argent, la poudre de Sabine et d’autres substances. Les caustiques sont à redouter : ils agissent souvent plus qu’on ne veut, et si le principe du mal n’est pas détruit, ils provoquent la dégénérescence cancéreuse.
11 n’est pas de symptôme vérolique qui ne puisse commander quelques moyens locaux. Ainsi Y ophtalmie réclame le traitement applicable aux maladies de l’œil, notamment l’usage des collyres. Les pustules , les éphélides et autres exanthèmes nécessitent essentiellement des bains , mais des bains d’une nature spéciale, quelquefois ceux de vapeurs médicamenteuses , d’autres fois des bains liquides où entre du sublimé corrosif. Une multitude de ressources que possède la médecine s’appliquent encore au traitement des affections vénériennes.
Ptyalisme (salivation).
Jadis on produisait à dessein la salivation; on croyait que c’était un moyen d’opérer la cure des maladies vénériennes , on pensait que l’écoulement de la salive était un moyen d’épuration; mais une telle croyance était une erreur. La salivation est un accident attaché à l’emploi du mercure ; elle est fâcheuse, parce quelle oblige de suspendre le traitement, et que la perte de la salive peut entraîner l’épuisement des forces. Il y a dans cet accident quelque chose d’inexplicable : tel malade prend impunément du mercure à des doses considérables et
ne salive pas; tel autre salive à peine a-t-il commencé un traitement. C’est à la disposition des sujets, à quelque circonstance occasionnelle qu’on doit attribuer ces particularités.
Le gonflement des glandes parotides sous-maxillaires , de la douleur autour de la mâchoire , la tuméfaction des gencives, sont le présage de la salivation ; bientôt un écoulement de salive s’opère, la bouche se trouve enflammée, il y a stomatite, les gencives et la langue sont gonflées, l’épiderme ou épithélium delà membrane muqueuse s’enlève, la bouche offre une immense plaie. La position des malades est vraiment pénible : ils bavent sans cesse, ils ne peuvent manger et ont de la peine à avaler des liquides; si cet état de choses s’entretient long temps, on les voit maigrir, iis dépérissent.
Le principal remède contre la salivation est la suspension de tout traitement mercuriel; il faut laver la peau qui pourrait être encore imprégnée de médicament , et calmer l’irritation de la bouche avec des boissons mucilagineuses ou opiacées. Le malade doit promener sans cesse des liquides dans la bouche et dans la gorge; l’eau d’orge, le lait, conviennent principalement; mais pour diminuer la sécrétion de la salive, il convient d’agir directement sur les glandes salivaires. Les sangsues pourraient apaiser l’irritation dont elles sont atteintes; mais le moyen que j’ai trouvé le plus efficace, ce sont les réfrigérans , l’application de la
glace : à defaut , on pourrait employer un mélange d’eau froide et d’éther.
Comme la salivation épuise , on doit songer à remonter les forces : une bonne alimentation est indispensable; mais le malade ne peut aisément manger, il faut lui donner des bouillies , des bouillons bien nutritifs et même du vin. J’ai reconnu que l’alimentation était un remède puissant contre le ptyalisme.
Cependant, malgré tout ce qu’on peut faire, cet accident est, parfois, opiniâtre, et il devient indispensable de recourir à des médicamens toniques, tels que le quinquina. Ordinairement il se forme des aphtes , des escarres gangréneuses superficielles , qui en imposent pour des ulcères vénériens. Une cautérisation légère à l’aide du nitrate d’argent , un gargarisme où entre le chlorure de sodium, dissipent ce phénomène morbide qui effraie les malades.
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