‹ Le medecin de mer, ou, Traité élémentaire de pathologie interne et externeChapitre 3 sur 25 · E X A \ TII K M H S · texte numérisé non relu

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devenir le modificateur énergique , opérer une réaction qui débarrasse l’économie animale du principe délétère. S’il y a des engorgemens aux glandes lymphatiques , ce qu’on observe principalement au cou , aux aisselles , ils peuvent se terminer par suppuration, et exiger des cataplasmes émolliens, des incisions pour donner issue au pus , des pansemens réguliers , des cautérisations et divers autres secours qu’offre la médecine opératoire.

TISSUS ANORMAUX

TISSUS ANORMAUX

Il est des affections morbides qui n’affectent pas les tissus organiques dont est formé le corps humain, qui n’intéressent ni la peau, ni les muscles, ni les os, ni les vaisseaux, ni les nerfs, et ne siègent réellement sur aucun organe. Ces affections consistent dans des corps accidentellement formés, indépendans, isolés, placés au milieu des parties sur lesquelles ils n’agissent que d’une façon en quelque sorte mécanique : on les nomme tissus anormaux.

Mais il existe un état pathologique qui constitue une sorte de tissu accidentel , dans lequel les tissus, le parenchyme des organes sont profondément intéressés. Leur nature est changée, pervertie, méconnaissable; il y a ce qu’on nomme dégénérescence. Là où était un os, on ne trouve plus qu’une masse charnue; là où était un muscle, se voit un tissu comme lardacé ; ailleurs, c’est une métamorphose d’une autre nature qui s’est opérée. Ce sont bien encore des tissus anormaux; mais leur caractère essentiel est l’altération, la désorganisation, la conversion de la trame naturelle des tissus et des or-

ganes.

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TISSUS

Hystes.

On nomme ainsi des tumeurs sphéroïdes , qui consistent dans une poche ou vessie accidentellement formée. On les confond avec des tumeurs d’une autre nature, sous le titre générique de loupes. Les kystes ont une organisation spéciale ; ils sont doués d’un ordre de vaisseaux exhalans, qui se terminent par des ouvertures ou pores , et déposent dans une cavité une matière quelconque. Cette matière, par sa ressemblance avec certaines substances, fait donner aux kystes diverses dénominations, et constitue plusieurs espèces.

Kyste séreux. — Il renferme simplement de la sérosité, et forme tantôt de petites hydropisies partielles, tantôt des hydropisies considérables. Ces dernières se développent dans le foie , dans les ovaires , et en imposent pour celle qu’on nomme ascite , qui dépend d’une exhalation dans la cavité du péritoine, membrane séreuse qui tapisse toute la cavité abdominale. On voit quelquefois dans les kystes séreux des corps globuleux en forme de membrane : c’est une espèce de vers nommés hydatùes acéphalocystes. En général , les kystes séreux ont des parois très-minces ; cependant il est une variété qui se forme dans l’épaisseur des paupières, dont les parois sont fort épaisses et la cavité trèspetite : on les nomme hydatis.

Kyste mélicérique et athéromateux. — On voit se

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développer à la tète, au dos , dans d autres parties du corps, des loupes arrondies, qui sont situées ordinairement au-dessous delà peau. 11 arrive que, par le fait des pressions , des coups , d’ une violence quelconque, ces loupes s’enflamment, se percent, se vident et guérissent; elles renferment une matière qui ressemble à du miel : c’est alors le mélicéris ; ou à du riz bouilli : c’est Yathérome. Leur nature est innocente; elles ne sont qu’un objet de difformité; et leur seul inconvénient est d’occasionner de la gène à cause de leur volume.

Kystes gélatineux. — Leur siège de prédilection est le voisinage des poignets. Lorsqu’on les incise, il en sort une substance qui ressemble parfaitement à de la gelée de pomme. On parvient a les écraser en exerçant une forte compression, et il arrive qu’alors ils se dissipent à l’instant.

Kystes dermoïdes et pileux. — Quelquefois, à l’intérieur des kystes, on rencontre un tissu analogue à la peau , et même des poils s’y développent. Dans les ovaires, par le fait de grossesses avortées, on voi t nonseulement des poils, mais encore des os et d’autres matériaux qui résultent de la démolition d’un fœtus.

Indépendamment des kystes que je viens de signaler , il est plusieurs espèces qui portent des noms divers, d’après les substances qu’ils renferment et leur ressemblance avec certains corps : tels sont les kystes osseux , cartilagineux , pierreux, perlés, cornés. Astley Cooper parle d’un kyste de cette

dernière espèce qui survint à un jardinier nommé Kennedi ; ce kyste avait pris la forme d’une corne de bélier , et excitait la risée de tous ses voisins.

Pour guérir la plupart des kystes, il sulïît de les ouvrir, d’exprimer la matière qu’ils contiennent, d’irriter leurs parois par une injection stimulante de vin chaud ou d’une liqueur alcoolique. On produit ainsi une inflammation adhésive , qui efface leur cavité. En établissant une ouverture à l’aide d’un fragment de potasse caustique, il arrive que le kyste se vide, s’enflamme, suppure , et sort en totalité par énucléation.

Une compression énergique peut amener la guérison de certains kystes, surtout de ceux dont les parois sont minces; mais ce procédé est incertain. La méthode la plus sûre est l’ablation. C’est une opération qui consiste dans l’incision cruciale des tégumens , et une dissection tout autour du kyste, (pi on enlève ou partiellement ou en totalité.

liijiome.

Cette affection consiste dans une obésité locale. C’est une niasse dégraissé, globuleuse, enveloppée au milieu de tissu cellulaire, et n’étant point renfermée dans un kyste réel. Il y a quelquefois ainsi des tumeurs graisseuses multiples, qui offrent des prolongcmcns pédiculés.

Les lipomes prendraient un accroissement indéfini, si on n’en opérait l’ablation; aucun autre

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moyen ne peut leur être opposé avec succès. Une dissection de la tumeur seule devient ellicace; elle n’offre de dangers qu’à cause des parties voisines qui peuvent être intéressées. Quelquefois les lipomes sont alimentés par des artères, dont la section donnerait lieu à une hémorrhagie contre laquelle on devrait se prémunir.

Tubercules.

On voit se former dans l’épaisseur des organes de petites tumeurs qui ne sont point des kystes, qui ne sont point des lipomes, et qu’on nomme tubercules, parce qu’elles forment une tubérosité; mais des matériaux bien différens peuvent constituer ces affections.

Fréquemment les tubercules sont formés par une substance dure, dense, criant sous le scalpel, fibreuse , qui peut rester long-temps stationnaire, indolente, mais qui aussi est sujette à des altérations, au ramollissement, et qui se convertit en cancer. Les tubercules ne sont d’autres fois constitués que par une matière molle, jaunâtre, ressemblant à de petits jaunes d’œufs, et que l’on croit être le produit d’une sécrétion morbide. Cette espèce de tubercules se développe dans toutes les parties du corps; mais elle a une préférence marquée pour les poumons, et constitue la phthisie tuberculeuse. Sous la peau , l’on voit se former de ces tubercules, notamment chez les sujets scrofuleux.

Si un tubercule est isolé , facilement accessible aux instrumens, on peut l’enlever; mais quand il tient à une cachexie scrofuleuse, il faut déployer le système thérapeutique qu’exige cette maladie.

Quelquefois il y a une diathèse tuberculeuse qui sert à caractériser la phthisie pulmonaire. Dans ce cas , on doit appliquer toutes les ressources que l’art peut offrir contre cette déplorable maladie.

Verrues.

La peau est le siège de diverses espèces de végétations; la plus commune d’entre elles est celle que l’on nomme verrue ou fie. Elle s’offre sous forme d’un petit bouton rugueux, fendillé. Mais plusieurs boutons semblables sont quelquefois épars sur diverses parties de la peau , ou groupés dans un même point , et forment une masse indurée , exposée au contact des corps extérieurs; ils peuvent s’irriter, s’enflammer , dégénérer , et alors la verrue amène de fâcheuses conséquences.

Cette affection offre de la singularité. Elle est, sous le rapport de son développement, un objet de préjugés et de doutes. On dit que de toucher, de compter les verrues , cela les fait contracter. Sans doute c’est là un préjugé. Mais on assure que le sang qui découle d’une verrue coupée fait naître des verrues partout où il touche. On croirait que c’est une erreur, et telle est mon opinion ; cependant M. Rayer rapporte que M. Bar-

a.i\oni>iaux. VM

ruel, habile préparateur de chimie à la faculté de médecine de Paris , montra une traînée de verrues sur son poignet, provenant de l’écoulement du sang d’une verrue coupée !

Il paraît que la verrue dépend de l’expansion des petits vaisseaux capillaires et des papilles nerveuses de la peau. Il est évident que, si l’on coupe ce petit corps anormal, on fait éprouver de la douleur et couler du sang : c’est une preuve de son organisation complexe , et , sous ce rapport , elle a de l’analogie avec les excroissances que provoquent certains virus.

Il y a vraiment de la bizarrerie dans cette végétation. On voit les verrues croître, pulluler d’une manière désespérante , et tout-à-coup elles flétrissent et disparaissent spontanément. En vain on chercherait à donner une bonne explication de ce singulier phénomène.

On cherche par divers moyens à guérir les verrues. On les frotte avec les sucs âcres de certaines plantes , telles que la sabine , l’euphorbe. Pourquoi employer des remèdes incertains? Les caustiques ne sont-ils pas préférables et toujours efficaces ? Mais il faut savoir manier les caustiques. On ne doit pas cautériser profondément, largement, mais il faut le faire d’une manière graduelle, presque insensible. Ainsi, qu’avec une paille on place sur une verrue une gouttelette d’acide sulfurique, ou qu’on touche très-superficiellement avec le ni-

Irate d’argent, de manière à ee qu’il semble que l’on n’ait rien fait ; mais que plusieurs fois, à quelques jours d’intervalle, on répète la meme opération : le caustique agira insensiblement dans les petites gerçures de la verrue , arrivera à ses vaisseaux nourriciers, les détruira par atrophie, et la verrue , privée de matériaux d’existence , se flétrira et tombera par une sorte de desquamation.

Cor.

C’est dans l’épaississement, l’induration de l’épiderme que consiste ce tissu anormal, ce tubercule nommé cor, durillon, oignon. Il se place sur la saillie qu’offre l’articulation des phalanges des orteils, à la pulpe et aux faces latérales de ces appendices; il occasionne de la gêne dans la marche et des douleurs aiguës. Il y a cette différence entre les cors et les verrues, que ces dernières rarement sont douloureuses. Cela tient à ce qu’elles dépassent le tissu du derme, pendant que le cor plonge ou est enfoncé, par le fait de la pression, dans ce tissu; il l’use, le perfore, l’enflamme même, parvient à l’os et y provoque une altération. Ce n’est qu’une incommodité d’abord, mais ce peut être une maladie susceptible d’entraîner des conséquences graves dans quelques circonstances. On dit que ce sont des chaussures étroites et courtes qui déterminent les cors; cela n’est pas très-exact : les chaussures larges et dures en sont la cause la plus commune,

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