SCENE m
COQUIN (seul).
Une guenon à moi, votre grâce se raille ; Suis-je un singe, vraiment ? Mais je sens que je baille l Et, tandis que mon maître, une lance à la main. Veille au seuil de son roi, qui sait, jusqu'à demain. Moi, je veux reposer comme le roi lui-même.
Le sommeil n'admet pas de distance suprême.
Quand nous dormons tous deux, au roi je suis égal, Mais j'ai, d'une autre part, pour égal l'animal. Ma jument !... Sur sa tige aussi s'endort la rose ;
Comme avec volupté la nuit on se repose ; Qu'un bâillement est doux, lorsqu'il est prolongé, Et Œj'on sommeille bien quand on a bien mangé ! L'infant, lui, ne dort pas : au bord de la croisée, Ayant sur ses deux mains la tête ainsi posée,
(II appuie son menton sur ses deux mains.) ' II regarde la lune ; il doit être amoureux :' Les amans et les chiens ont ce rapport entre eux, Que captifs et plaintifs, lorsqu 'arrive la brune, En poussant des soupirs ils regardent la lune !.., Mais de qui donc, alors, peut-il être amoureux? Serait-ce de dona?... Silence, malheureux.
Va te coucher...
(U entre dans le pavillon à gauche après avoir écouté un moment, comme s'il avait entendu la porte 4e cM s'ouvrir*) .