SCENE IV
JACINTHE, puis DON HENRL
(Jacinthe accourt aussitôt que Coquin, qu'elle guettait» est entré dans le pavillon. Elle s'empresse de jeter une échelle de corde le long de la terrasse; l'infant don Henri monte, et Jacinthe cache l'échelle de corde sous un banc de pierre.)
JACINTHE [gu prince pendant qu'il monte).
Seigneur, doucement, prenez garde.
Je vais donc lui parler... Dieu ! que ce montent tarde !
JACI5TIIE.
Ma maîtresse, selon l'usage accoutumé, Viendra dans ce lieu-ci quand tout sera fermé !
DON HENRI
C'est un faible trésor que la liberté même.
Pour paver Ion service... Ah î l'ingrate, je L'aime ; A toute heure de jour, de nuit, à tous instans , Dans mes doux souvenirs, je la vois, je l'entends. Ma pensée, en un mot, est toute à cette femme. Je sais ce qu'elle fait ; j'existe avec son âme. Mon cœur sans cesse ému d'un prestige chai^mant, Me dit : Elle est joyeuse ou triste en ce moment ; Elle marche ou s'assied , elle dort ou s'éveille. Je rêve ainsi, ma vie est comme une merveille, L'imagination et l'amour, à mes yeux.
Se disputent le soin de la peindre le mieux.
JACINTHE
Ah l des cœurs amoureux voilà bien Ik folie, Un seul objet les touche et le reste s'oublie !.... Mais dame Inez est là, la duègne au cœur d'ëirâin. Deux Maures et leur sœur, sur le sol africain ! Des fleurs du combat, sauvés par don Gutierre, Montrent à tous ses vœux obéissance entière : Nul n'entond leur langage étranger... Inez vient, Silence !
(Elle se relire avec le prince au côlé gauche de la tèrr^csc*)