SCENE WIEMÏÈRE
DONÂ MENCIA , JÂQNTHE.
(Elles entrent précipitamment par la porte de l'appartement de Mencia et s'approchent delà fenêtre en traversant le théâtre.)
DONA MENCIA
J'ai vu ces cavaliers du haut de la terrasse
Sans bien les distinguer... Je crains quelque disgrâce...
Un d'entr'eux galopait très vite en arrivant,
On eût dit un oiseau, d'autant plus que le Vent
Comme une aile agitait son ondoyant panache.
J 'ai cru le voir tomber. . .
JACINTHE
Un cheval qu'on attache.
(Elles vont ouvrir la porte clu fond.) Un cavalier blessé...
SCEI\E II.
Les précédens, DON ARIAS, DEUX CAVALIEllS, smlenant Cinfant presque évanoui.
DON ARIAS
Madame, il est permis Sans doute au sang royal d'espérer des amis Chez un bon gentilhomme, et nous entrons sans crainte.
DONA MENciA {à part).
Que vois-je? et de quel coup je sens mon ame atteinte!
DON ARIAS (sans la regarder).
C'est l'infant don Henri, frère-germain du roi.
DONA MENCIA
Lui !
DONA ARIAS
Tombé de cheval.
DONA MENCIA
ciel, protége-moi !
L'infant dans ma maison !
DON ARIAS
Permettez-nous, Madame, De lui donner les soins que son état réclame. Mais à qui m'adressé-je? est-ce vous que je vois?
DON MENCIA
Don Arias !
DON ARIAS
D'honneur, à peine je le crois...
Vous ici ! Don Henri revenait à Séville Croyant vous retrouver encor dans cette ville, - Le cœur plus que jamais rempli de son amour.
Par quel sort fûtes- vous conduite en ce séjour ?
DONA MENCIA
Vous le saurez plus tard, songeons à votre maître.
DON ARIAS
Oh l comme avec bonheur il va vous reconnaître !
Don Arias! paix, paix ! mon bonheur en dépend. Comme Tépee, hélas! qu'un léger fil suspend.
Sur nous le malheur plane... oii m'emporte ma plainte? Vers un lit de repos, conduisez-les, Jacinthe; Qu'on y mette un tapis.
(Jacinthe sort avec les deus cavaliers par la pof II du fond»)