LE ROI , DON HENRI
LE ROI {retenant Don Henri qui ^'apprête à se retirer).
Ah 1 j'oubliais , mon frère , Un conseil qui par vous sera suivi, j'espère. Demeurez un moment. A Séville élevé, Dans ses bruyans plaisirs vous vous êtes trouvé, Et les musiciens et les dames voilées , Les maris attaqués , les veuves consolées , Tous ces jeux-là, si chers aux oisifs, aux galans, Que chaque grande ville enferme dans ses flancs, Vous les avez connus autant et plus qu'un autre. Je les vois d'un regard tout différent du vôtre, Ce sont jeux de larrons qui dérobent rhonne\H" : Le désordre ^ujours enfante le malheur.
Ces poursuivans secrets de femmes et de filles Jettent le trouble au sein des meilleures familles ; Ces oiseaux de la nuit je les ai pris souvent. Leur valeur prétendue est une outre de vent ; J'ai de ma propre épée, éprouvant ces bravaches, Rencontré sur leurs pas des diplômes de lâches. Toute ame s'amollit dans ces folles amours.
A vos amusemens donnez un autre cours ; Il ne conviendrait pas qu'un soir, faisant ma ronde Pour savoir si partout règne une paix profonde. Je trouvasse adossé, sous l'angle d'un balcon, La guitare à la main, un prince de mon nom.
Allez ! (Don Henri salue et se retire,)