EX
—1l est au trou des Gangônes, cependant ?
—Non, monseigneur, il en est parti ce matin.
A Na le colonel Varroz, le curé Marquis et soixante montagnards.
—1l s'agit d’une expédition, suns doute?
—Je le croi: monseigneur.
—De quel côté ?
—Le capitaine ne me l’a pas dit.
—Æ£t sais-tu quand ils doivent revenir ?.…
Cette nuit, monseigneur.
Tandis que ces paroles s’échangeaient entre le gentilhemme et le trompette, la nuit était trut à fait tombée.
—Monseigneur, dit le majordome, vous plats-il que nous fassions peser le foin et les sacs ?
—Pas ce soir, répondit Antide; il est grandement temps de lever les ponts-levis et de fermer les portes. Demain, vous pèserez tout cela.
—Que faut-il faire de ja voiture?
Ps la conduise fans la cour de la Citerne et qu’on la dé-
—Monseigneur, dit alors Garbas, j'ai une grâce à vous de« mander.
—Permettez qu'on mette mes bœufs dans une écurie et que je HT la nuit ici...je dormirai parfaitement sur mon chariot, dans e foin.
— Pour les bœufs, je le veux bien. mais, quant à vous, c’est autre chose... Aucun étranger n’est admis dans le château pen dant la nuit...
C'est que, monseigneur, il faut que je me trouve demain, au point du jour, au trou des Gangunes.…
—ÂAllez coucher chez votre père à Ménétrux-en-Joux, et que ce soit lui qui vienne demain chercher son chariot et aus bœufs.
—Oui, monseigneur.
—Æ£t quand vous allez revoir le capitaine Lacuzon, le colonel Varroz et le curé Marquis, dites-leur bien que les sentiments qu'ils m’inspirent n’ont point changé et ne changeront jamais.
—Je n'y manquerai pas, monseigneur.…
—Maintenant, mon ami, allez...
Garbar piqua ses bœufs et les dirigea vers le chemin de ronde, puis tout en marchant, il se remit à chanter:
Dépêchons-nous, ma mignonne, Bien vit’ passe le printemps!
Après l'été vient l'automne,
Et, plus tard, on n’a plus l’ temps, C’est l printemps qui nous attire, Dépêchons-nous ! —J” veux te dire Queq’ chos’ qui L fera sourire...
La voiture arriva dans la cour de la Citerne. Le jeune homme détela ses bœufs, abandonna le chariot au milieu de la cour, mais ue s’en éloigna qu'après avoir dit tout haut, comme ge parlant à lui-même :
—Le plus fort est fait !.. bonne chance [...
Ensuite il regagna le chemin de ronde, il traversa la cour d'honneur, l’esplanade, les ponts-levis, tout en reprenant d’une voix de plus en plus haute et retentissante:
Sur les blés verts, l’alouette,
En volant, chante: Aimons-nous L..
Dans les taillis, la fauvette S’envole à son rendez-vous...
Nous aussi, comm’ l’hirondelle, Comme aussi la tourterelle
ous nous aimerons, ma belle...
Tout en descendant la a ps de la montagne, Garbas continus à égrener les notes rustiques d’un cinquième, d’un sixième, d’un jé D cu couplet (la chanson en comptait jusqu'à trente-deux |...)
ais sa voix s’affaiblissait peu à peu, et finit par se perdre tout À fait dans l'éloignement.
Un temps assez long s'était écoulé depuis le moment où le der. nier couplet de la chanson bressanne de Garbas avait cessé de se faire entendre, tandis que le jeune homme re agnait la vallée.
Dix heures du soir venaient de sonner à l’ glise de Ménétruxen-Joux, le froid était vif, la lune se cachait derrière un rideau de
. nuages épais qui couvraient le ciel.
Les quelques hommes d'armes qui, pendant le jour, avaient mis de l'ordre É vers le défilé des tenanciers, étaient epuis longtemps rentrés dans le bâtiment qui leur servait de caserne ; les chaînes
s'étaient roidies en soulevant la lourde masse des ponts-levis ; les
herses avaient glissé dans leurs rainures avec un bruissement métallique ; les portes massives avaient grondé sourdement en tour nant sur leurs gonds.
Toutes 'es lumières s'étaient éteinten successivement sur la façade du bâtiment seigneurial, à l'exception d’une seule. Un silence . profond et d’impénétrables ténèbres enveloppaient le château.
Nous allons conduire nos lecteurs dans un vasto salon situé immédiatement après la salle des gardes, dans les appartements du principal corps de logis réservé à l'habitation du châtelain.
Ce salon, d’une étendue qui semblerait invraisemblable aujourd'hui, était surmonté d’un plafond eu coupole, orné de fresques naïves, que leur ancienneté rendait précieuses et qu’il fallait attribuer sans doute à quelque élève d’Orcagna, égaré dans les mon-
nes du Jura.
‘artiste avait eu l'intention de représenter les Ames des justes
traversant les expiations temporaires du purgatoire. Nous devons ajouter que ces figures grimaçantes, se tordant avec
d’effroyables convulsions parmi les flammes fourchues d’un rouge sanglant et d’un jaune vif, ressemblaient infiniment plus à des damnés qu’à des élus.
‘ En face de la porte d'entrée s'ouvrait une porte-fenêtre donnant de plain-pied sur la terrasse par laquelle on allait à la tour É de l’Aiguille.
à Quatre fenêtres prenaient leur jour, les unes sur la cour du bâtiment des hommes d'armes, les autres sur la cour de la Citerne, ce qui permettait au seigneur de l’Aigle de surveiller, Sie sans sortir de ce salon, tout ce qui se passait au'our de chez lui. È , Au milieu du panneau de gauche se trouvait une haute cheà minée en pierre polie, armoriée. Au-dessus de cette cheminée, et \ inclinée légèrement en avant, se suspendait un objet d’un luxe | inouï pour l’époque. C'était une glace de Venise, de deux pieds carrés, dans un cadre de cristal et d’étain.
Sous cette glace, et comme unique ornement du manteau de la
| É : cheminée, on admirait une LA ee D coupe d'argent, miracu- ‘DE : leusement ciselée par un émule du Florentin Benvenuto Cellini, ‘h. et peut-être par le grand artiste lui-même. Sur les flancs de cette
D : coupe se détachaient en relief les armes de la noble maison de Vaudrey. qui, à défaut d’héritiers : Ales, s'étaient fondue dan” celle de Montaigu, le père du seigneur de l’Aigle ayant épousé l'unique descendante des Vaudrey. *
: Ce colossal récipient contenait une pinte et demie de vin. Le À dernier baron de Vaudrey la vidait d’un trait.
Honte, honte immortelle aux buveurs dégénérés du x1x: siècle, qui sablent à petits coups les grands vins de Château-Lafitte ou de Chambertin dans des verres mousseline de la contenance d’un dé à coudre, et qui sont parfaitement gris à la quatrième bouteille !..
Qu'est-il devenu le temps où Bassompierre, faute de trouver une coupe assez vaste, buvait dans sa botte à l’écuyère à la santé des treize cantons ?...
Ah! nous valons moins que nos pères, et nos fils vaudront moins que nous |...
| Qu'on veuille bien, d’ailleurs ne pas prendre cette boutade hu- 1 Le moristique pour une apologie de l’intempérance; nous préten- À dons formuler purement et simplement un regret à l'endroit de |
la vigueur plus qu'humaine et de l'inébranlable santé de nos - aïenx !.….
Revenons à nos moutons.
Les murailles du salon qui nous occupe étaient revétues, dans toute leur hauteur, de tapisseries à personnages, représentant des ur empruntés@ux saintes Ecritures et d’un choix assez lu-
ubre.
; C'étaient la mort foudroyante des Hébreux adorateurs du sernt d'airain, le massacre des innocents, Saül et la pythonisse ‘Endor, Lazare dans son tombeau.
De chaque côté de la porte d'entrée, deux portraits en pied peints sur panneaux de chêne attirnient les regards, dans leurs
dres richement sculptés et aux dorures un peu ternies. 14 «
Ces portraits reproduisaient les visages hautains et les fières attitudes du dernier des Vaudrey et du premier des Montaigu.
Enfin, dans le panneau de droite, entre les deux fenêtres, se voyait une horloge primitive portant comme un chaperon son timbre arrondi qui le couvrait entièrement, et faisant courir son unique aiguille sur un cadran de faïence blanche à chiffres bleus.
Cette horloge s’accrochait à huit pieds du sol, et son lourd balancier descendait jusqu'au parquet qu'il effleurait presque dans 898 évolutions monotones.
Une table ronde en chêne bruni, receuyerte d’un tapis -resez riche, rapporté d'Orient sans doute à l'époque des croisades, se trouvait placée non loin de la cheminée, à côté d’un très haut fauteuil dont le blason des Montaigu formait le couronnement.
Dans ce fauteuil, et les her fixés sur le foyer où brulait un grand feu, était assis, ou plutôt couché, le Le net de l’Aigle.
A l'époque à laquelle se passaient les faits dont nous sommes Je fidèle historien, Antide de Montaigu pouvait avoir cinquante ans, mais il aurait été extrèmement difficile de lui assigner un âge précis, d’après l'examen des traits de son visage et des lignes de son corps.
Très grand, et d’une irréprochable perfection de formes, il ce tenait droit comme un jeune homme et sa taille cambrée s’asseyait avec un équilibre admirable sur des hanches puissantes. Doué d’une agilité singulière et d’une force musculaire prodigieuse, il gravissait des pentes réputées inaccessibles avec la souplesse et rapidité d’un chasseur montagnard. Il aurait, rs ilon de Crotone, déchiré un lion vivant avec ses deux mains. .
Son visage, fortement caractérisé, était régulièrement beau, et cependant il inspirait à la première vue un sentiment de répulsion et presque d'effroi, ce qui tenait sans doute à la courbe fortement prononcée de son nez aquilin et à l'expression tout à la fois fauve et cruelle de ses grands yeux d’un vert sombre et profond.
Une chevelure épaisse et crépue, d’un noir mat et sans reflet, parmi les masses de laquelle aucun fil. d'argent ne venait trancher, dessinait cinq pointes sur son front pâle à peine sillonné par quelques rides transversales.
Sa barbe, qu'il gardait entière et longue, ajoutait encore au cechet de cette physionomie bizarre.
Un turban serait bien allé à cette tête accentuée, dont tous les traits exprimaient la duplicité et le despotisme oriental.
Antide de Montaigu portait un pourpoint de drap brun}; de longues guêtres de cuir souple serraient ses jambes nerveuses et
montaient jusqu’à mi-cuisses. ,
Il était, avons-nous dit, dans un grand fauteuil, et ses regards auivaient d’une façon distraite les étincelles fugitives quise pour-
guivaient dans l’Atre.
Un valet, debout à trois ou quatre pas de lui, attendait ses or-
dres.
Quelques minutes g'écoulèrent.
Le seigneur de l’Aigle releva brusquement la tête et dit au valets
Allez chercher la vrisenanière…
Le valet sortit t:. a porte-fenêtre qu donnait sur la terrasse, Tant que dura à: 1bsence, Antide de Montaigu marcha rapidement dans le sa:cu, la tête inclinée, les bras croisés sur sa poitrine, allant et venant comme un homme en proie à une profonde préoccupation. :
Le valet revint au bout d'un instant ; il accompagnait une jeune
Avons-nous besoin d'ajouter qne cette jeune fille était Eglan- ‘ine ?
La fiancée de Raoul de Champ-d'Hivers s’arrâta à quelques pas du seigneur de l’Aigle, et se tint debout, immobile et muette, devant lui.
Sur son visage pâle et défait ge voyaient des traces de larmes récentes. :
Ses beaux yeux rougis, ses paupières gonflées, racontaient éloquemment les douleurs et les angoisses de sa captivité.
Cependant, dans les regards furtifs qui glissaient à travers ges longs cils, on eût pu voir briller parfois une vague lueur d’espérance.
Antide de Montaigu attacha ses yeux sur elle et la considéra longuement, avec une fixité et une attention étranges. :
—Jeune fille, lui dit-il ensuite d’une voix sèche, mais qui n’avait rien de farouche ni de menaçant, écoutez-moi...
Eglantine releva la tête.
L'expression de sa physionomie changea aussitôt ; ses sourcils se contractèrent, ses regards devinrent acérés ; un fiersourire crispa ses lèvres et un flot de sang indigné monta de son cœur à son front
âle.
Sa beauté, si douce et si chaste, prenait ence moment un caractère de grandeur et de domination qui la rendait éblouissante.
On eût dit une jeune reine irritée.
Le seigneur de lAigle lui-même ne put s'empêcher d'admirer cette merveilleuse transformation.
—Je vous écoute, messire, dit fermement Eglantine, et je suis prête à vous répondre...
.—Vous donneriez beaucoup pour sortir d'ici, n'est-ce pas? reprit le gentilhomme.
— Vous vous trompez, messire.….
Quoi ! lu captivité ne vous semble pas lourde ?...
—Elle me rend heureuse et fière [.… Quand tant de braves gens et nobles seigneurs se dévouent corps et âmes pour la sainte cause de la province, comment une pauvre fille ne ferait-elle pas avec Dose orgueil le sacrifice de sa liberté, et, s’il le fallait, de sa vie! :
—C'est du fanatisme, cela ! répliqua Antide de Montaigu avec un sourire contraint.
—Non, messire, c’est du dévouement,
Il ÿ eut un instant de silence. Puis le seigneur de l’Aigle reprit : —Si vous fuisiez un serment. si vous juriez sur l'Évangile et sur le salut de votre âme... tiendriez-vous la parole ainsi donnée ? Eglantine hauaga les épaules.
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Le valet sortit tv‘. :a porte-fenêtre qui donnait sur la terrasse, ant que durä & 1bsence, Antide de Montaigu marcha rapidement dans le sa:ou, la tête inclinée, les bras croisés sur sa poitrine, allant et venant comme un homme en proie à une profonde préoccupation.
Le valet revint au bout d'un instant ; il accompagnait une jeune Ile.
Avons-nous besoin d'ajouter qne cette jeune fille était Eglantine ?
La fiancée de Raoul de Champ-d’Hivers s'arrêta à
quelques pas du seigneur de l’Aigle, et se tint debout, immobile et muette, devant lui.
Sur son visa récentes.
Ses beaux yeux rougis, ses paupières gonflées, racontaient éloquemment les douleurs et les angoisses de sa captivité.
Cependant, dans les regards furtifs qui glissaient à travers ges longs cils, on eût pu voir briller parfois une vague lueur d'espérance,
Antide de Montaigu attacha ses yeux sur elle et la considéra longuement, avec une fixité et une attention étranges.
—Jeune fille, lui dit-il ensuite d’une voix sèche, mais qui n’avait rien de farouche ni de menaçant, écoutez-moi..
Eglantine releva la tête.
L'expression de sa physionomie changea aussitôt ; ses sourcils se contractèrent, ses regards devinrent acérés ; un fier sourire crispa lèvres et un flot de sang indigné monts de son cœur à son front pâle.
Sa beauté, si douce et si chaste, prenait en ce moment un carac-
tère de grandeur et de domination qui la rendait éblouissante. On eût dit une jeune reine irritée.
Le seigneur de l’Aigle lui-même ne put s'empêcher d'admirer cette merveilleuse transformation.
—Je vous écoute, messire, dit fermement Eglantine, et je suis prête à vous répondre...
‘Vous donneriez beaucoup pour sortir d'ici, n’est-ce pas? reprit le gentilhomme.
— Vous vous trompez, messire…
Quoi la captivité ne vous semble pas lourde ?..
—Elle me rend heureuse et fière 1... Quand tant de braves gens et nobles seigneurs se dévouent Corps et âmes pour la sainte cause de la province, comment une pauvre fille ne ferait-elle pas avec
ad gs orgueil le sacrifice de sa liberté, et, s’il le fa lait, de sa vie!
—C'est du fanatisme, cela! répliqua Antide de Montaigu avec un sourire contraint.
—Non, messire, c’est du dévouement,
Il y eut un instant de silence. Puis le seigneur de l’Aigle reprit - Pl VAItIR Carina» ous murs a mn f. sa
ge pâle et défait se voyaient des traces de larmes
—Je vous demande à vous-même, messire, s'écria-t-elle ensuit® d’un ton d’écrasant mépris, je vous demande ce que vous pensez de ceux qui font un serment et qui ne le tiennent pas!
—Ainsi, dans le cas où je vous rendrais la liberté en vous faisant jurer de ne jamais révéler à qui que ce soit au monde, pas même à un prêtre et sous le sceau de la confession, en quel lieu vous avez été conduite, je pourrais compter.
RARES interrompit le gentilhomme.
—N'allez pas plus loin, messire, dit-elle, c’est inutile...
—Que voulez-vous dire ?..
—Je veux dire qu'il ne faut pas me demander un serment que je refuserais de faire |...
— Vous refuseriez de me jurer un éternel silence ?..
—Oui, messire.
—Et pourquoi ?..
—Parce que le premier usage que je ferais de ma liberté, si j'étais libre, serait d’aller apprendre à ces héros qui vous croient
eur ami, ce qu’Antide de Montaigu, seigneur du château de l’Aigle, est en réalité |...
—-Prenez garde, jeune fille 1.
—AÀ quoi, messire ?.…
—Vous êtes ma prisonnière, et cette liberté que vous refusez, vous pouvez l’attendre longtemps |...
—Vous vous laéserez avant moi, messirel L'injustice a des bornes, la résignation n’en a pas...
—Ainsi, vous êtes résignée et prête à tout ?
—Résignée et préte à tout, oui, messire, même à la mort...
Vous dites adieu, sans un regret, à tous ceux qui vous aiment, que vous aimez, et que vous ne reverrez peut-être jamais...
—L'avenir n’est ni à vous ni à moi, messire, l'avenir est à Dieu !..
—Ainsi, votre cœur nese brise pas à la pensée de la séparation 1...
—Qu’'importe que mon cœur se brise, pourvu que mon courage ne faiblisse point?
—$ongez-y bien, jeune fille, c'est pour toujours peut-être...
—Peur toujours, soit... murmura Eglantine.
Puis elle ajouta avec un sourire :
—Peut-être |.
L'expression de sa voix en prononçant le mot peut-être fit tressaillir Antidc de Montaigu.
* —Qu'espérez-vous donc ?.… s'écria-t-il,
—J'espère en Dieu, messire!.…
—Dieu ne fera rien pour vous...
—Qui sait ?..
—Je ne crainsni Dieu ni les hommes! dit violemment le
seigneur de dns 4 —Ceci est un blasphème et un mensongel!.. répliqua Eglantine ; le jour où Dieu voudra me délivrer de vos mains, il n'aura qu’à envoyer à mon aide un homme devant lequel vous tremblerez, seigneur de l’Aigle, si puissant que vous 80yez hs Et cet homme... demanda Antide de Montaigu avec ironie,
cet homme, quel est-il?
Dre
—C'est le capitaine Lacuzon 1... Vous le savez bien, messire, et voilà que vous pâlissez, rien que d’entendre pro 1oncer son nom !.…
—Le capitaine Lacuzon ime croit son plus fidèle allié 1.
—Vous avez épaissi les ténèbres autour de vos trahisons, messire, mais il ne faut qu’un éclair pour illuminer la nuit l.….
—Cet éclair ne viendra pas.
—Qui sait ? répéta Eglantine.
—Et d’ailleurs, poursuivit le gentilhomme, jamais le capitaine Lacuzon ne pourra découvrir où vous êtes.
—Qui sait ?.… dit Eglantine pour la troisième fois.