‹ Le Médecin des pauvres [microforme]Chapitre 43 sur 66 · LES · texte numérisé non relu

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bas et avec ferveur, ajouta-t-il en s'adressant à Eglantine ; prie, mon enfant... Dieu écoute les voix innocentes |...

Lacuzon s’engagea le premier sous la voûte e il continua à marcher en gardant une avance de quatre ou cinq pas, une main sur ses pistolets, l’autre sur la poignée de sa rapière, l'oreille attentive. le regard fixe et cherchant à sonder les ténèbres.

Derrière lui venait l'inconnu, soutenant Eglantine qui tremblait bien fort, car la crainte d’une surprise la glaçait. Cependant, elle se rassurait peu à peu, et à chaque pas qu’elle faisait en avant, il lui semblait que le péril s’éloignait.

‘11 commençaiten effet à devenir probable que la dangereuse arenture arriverait à bonne fn.

Déjà la voûte était dépassée, déjà les deux tiers du chemin de rvnde étaient franchis.

On approchait de cet er droit de la muraille choisi par le capine comme particulièrement favorable pour effectuer la descente.

Encore quelques secondes de prudence et de patience, et l’on touchait au but, au salut, à la liberté !...

—Devant les trois fugitifs apparaissait vaguement, et plus sombre sur les ténèbres, la façade du principal corps de logis troué par les deux ienêtres lumineuses du salon où le seigneur de l’Aigle caressait avec amour ses plans de trahison et de grandeur.

i È gauche l'esplanade, terminée par le rempart qui surplombait abîme.

Les lèvres de Lacuzon 8e remuaient comme pour ébaucher ces trois mots: Courage !.… nous arrivons !... maïs elles ne laissaient échapper aucun son. us

Soudain, uue figure humaine sembla se détacher de l'ombre du grand bâtiment, avec lequel elle était restée jusque-là confondue, et une voix, qui parut aux fugitifs jus retentissante et plus sinisire que la trompette du jugement dernier éveillant les échos de la vallée de Josaphat, leur cria:

—Qui va là ?..

Lacuzon frissonnant s'arrêta, et, mesurant du regard la d‘etance qui le séparait de la malencontreuse sentinelle, il se demsnda s’il ne pourrait pas arriver jusqu’à elle d’un seul bond, et trancher d’un coup d'é ée sa parole et sa vie.

Mais entre le veilleur de nuit et le capitaine il y avait un intersalle de vingt-cinq à trente pas.

—Qui va 1à 7... répéta l’homme d’armes pour la seconde fois.

Lacuzon ne répondit pas et +’élança en avant,

Le soldat épaula son mousquet et pressa la détente. Un éclair

: raya la nuit, une détonation retentit et une balle passa on siflant

à quelques lignes de la tempe gauche du capitaine. n même temps, le soldat recula et seperdit dans l’obscurité en

hurlant de toute la force de ses poumons :

—Alarme li... alarme l...

A cet appel sinistre, résonnant dans la nuit comme yn coup de tocsin, tout sembla s'éveiller à la fois dans le château. Des torches s’ailumèrent, des silhouettes effarées se dessinèrent sur Îes fenêtres lumineuses, et les voix confuses des hommes d'armes et des valets rénétèrent :

244 LE MEDECIN DES PAUVRES, —Alarme !.. alarme!..

—Nous sommes perdus! balbutia Eglantine défaillante.

ed encore! répondit le capitaine. Venez... retournons en arrière.

Et il les entrafna rapidement.

—Nous allons descendre dans la citerne, leur dit-il, et nous nous ÿ tiendrons cachés jusqu’à la nuit prochaine.

—Mais au moment où ils venaient d'entrer dans la cour, cinn ou six valets la traversèrent en courant et disparnrent sous la voû. te que les fugitifs venaient de quitter. En même temps on voyait des torches s'agiter et se rapprocher.

—Nous n’aurons pas le temps! murmura Lacuzon avec désespoir; nous n’aurons pas le temps! Mon Diou, faudra-t-il dono mourir ici |...

Puis, après une seconde de réflexion, il ajouta :

— La terrasse. gagnons la terrasse...

… Île s’élancèrent tous les trois sur l’escalier qui, depuis la cour de la Citerne, conduisait à la terrasse. :

—Au moins, ici, reprit le capitaine après avoir fermé la grille qui se trouvait en haut de l’escalier, nous pouvons nous cacher et essayer même de nous défendre, derrière les troncs d’arbres et les haies vives... ;

Et ils se blottirent parmi les rameaux vivaces du buis gigantesque qui faisait face à la tour.

—Capitaine, dit tout bas l'inconnu, au nom du ciel, donn'ez-moi une arme... Si nous sommes surpris, que j’aie «:u moins le dernier bonheur de leur vendre chèrement ma vie 1...

Lacuzon lui tendit silencieusement son poignard.

Cependant le bruit et le mouvement augmentaient dans le château, dans les cours, sur l’esplanade. ;

Le seigneur de l’Aig'e, aussitôt après avoir entendu le coup de feu et le cri d'alarme, était venu questionner lui-même la sentinelle, afin de se bien assurer qu’il ne s'agissait point de quelque fausse alerte. ,

Puis, convaincu par le rapport de cet homme que des étrangers s'étaient réellement introduits dans l'enceinte du château, il avait. donné des ordres pour que les murailles fussent couronnées de sentinelles armées de torches, et il avait organisé les recherches qu'il dirigeait lui-même.

La cour de la Citerre fut le but des premières explorations. On - fouilla les hangars, on déchargea jus u’à la dernière botte de foin

dont était chargée ja voiture du père Gr rbas. On visita les celliers,

les écuries, les cuisines, on ne trouva rien.

Une douzaine d'hommes envahirent alors la terrasse, et la parcoururent dans tous les sens, en formulant les plus terribles menaces contre ceux'qui venaient troubler ainsi leur repos.

Les uns parlaient de dresser un gibet sur l’esplanade. 1ss autres d'allumer un bûcher sur la plate-forme de la tour de l’Aiguille, afin d'intimider par un exemple salutaire les populations eaviroz-

nantes.

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Pendus ou brûlés vifs 1. telle était l'alternative offerte à nos fu: “gitifs. Eglantine s’évanouissait à demi.

Lacuzon serrait convulsivement la poignée de sa rapière; l'in-

connu caressait la garde du poignard que le capitaine venait de lui douner,

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