‹ Le Médecin des pauvres [microforme]Chapitre 47 sur 66 · LE MEDECIN DES PAUVRES, RECONNAISSANCES · texte numérisé non relu

LE MEDECIN DES PAUVRES, RECONNAISSANCES

Magui, qui précédait toujours : 0 «1 personnages, arrivait en ce moment au foud d’une ravine étroite; là elle s'arrêta en face d’une roche haute et lisse, dont la base disparaissait au milieu d’un véritable fourré de genëis et d’arbustes épineux et toujours verts.

—Messire, dit Lacuzon à Tristan, nous approchons du terme de notre voyage, et, pour obéir au serment ani r° 1, je vais être obligé de vous bander les yeux... Je n’ai pas besoin d'ajouter que le colonel Varroz et le curé Marquis, aussitôt qu'ils vous connaîtront, m’accorderont le droit de n’avoir plus de secrets pour vous...

—Ce que vous fers: sera bien fait, capitaine, répondit de nouveau Tristan en présentant sa tête pâle au bandeau que venait de préparer Lacuzon

agui écarta jes broussailles qui enveloppaient d'un réseau presque inextricahle le pied du rocher, et elle dmasqua une ouverture étroite et basse dans laquelle il n’était possible de se glisser qu’en rampant sur les mains et sur les genoux.

La vieille femine s'engagea la première dans cette ouverture. Le capitaine fit passer Tristan de Champ-d’Hivers, et après avoir rapproché et remis en bon ordre les rameaux des buissons momentanément écartés, il suivit le gentilhomme.

Au bout d'une vingtaine de pas, il devint facile de se relever at de marcher saus courber la tête. La voûte du souterrain s'élargissait et le couloir se faisait galerie.

—Messire, demanda le capitaine à Tristan, sauriez-vous, seul et sans indications, retrouver l'entrée par laquelle nous venons de nous introduire ?.… : :

—Non, certes ! répondit le vienx gentilhomme.

—Vous me l’affirmez ?..

—Je vous en donne ma parole d'honneur...

—Dans ce cas, rien n’er1pêche que vous Ôtiez votre bandeau. Je suis en règle vis-à-vis de mon :<::1ent, puisque vous igrores le secret de la caverne. Le

Tristan se hâta d’arracher le mouchoir qu'il rendit au jeune chef, en lui disant:

—Franchement, capitaine, j'aime mieux cAla... Je ne saurais vous exprimer combien l'obscurité me pès. rès tant d'années d’obscurité…

La voûte, nous, le répétons, s'élargissait : :vaut es voyageurs nocturnes; 19 atmosphère humide et froide alourdissait leurs poitrines et venait les frapper au visage. Le faible bruit de leurs pas retentissait avec une sonorité étrange, et se perdait au loin pres avoir éveillé les échos dormis parmi les anfractnosités

u roc.

La galerie dans laquelle ils : :rchaïent suivait une pente assez rapide,et sa voûteallait s’élevant ets’élargissant toujours jusqu'au moment où la galerie se métamorphoszit tout à coup en une salle immense ; la voûte se perdait à une si grande hauteur, que la lumière de la torche ne pouvait l’atteindre.

Le silence qui régnait dans cette salle n’était pas le silence réparateur de ia nuit, le doux et calme silence de la nature qui sommeille, coupé et interrompu par les vagues murmures de la vie qui va bientôt renaître... non... c'était un calme sinistre, un silence glacial, absolu : celui de la mort et de la tombe.

C’est À peine si l’on entendait par instants le cri lugubre de la chauve-souris, quittant la pointe du rocher à laquelle elle était suspendue par les pattes, et décrivant dans l’atmosphère lourde les bizarres sinuosités de son vol capricieux.

D'innombrables stalactites formaient sur les paroïs de la caverne comme un étrange défilé de fantômes menaçants et d’animaux impossibles, pareils à ceux que le moyen âge sculptait pour en faire les gargouilles de ses cathédrales et de ses monastères.

A l'extrémité de la salle, une rivière souterraine roulait lentement et silencieusement : 1r un lit de sable ses flots qui, dans la demi-obscurité, semblaient noirs comme de l’encre 3t épais comme de l'huile.

Nos trois personnages traversèrent cette rivière en sautant de rocher en rocher, et ils pénétrèrent dans une seconde galerie qui s’abaissait et se resserrait devant eux et qui finit par s’interrompre tout à coup. Un bloc de granit, semblant s’être détaché de la voûte, barrait le chemin.

—Nous sommes arrivés, messire, dit le capitaine à Tristan.

— Arrivés ! répéta ce dernier. J'aurais cru plutôt que nous étions fourvoyés dans un souterrain sans issue.

—Vous allez voir.

Lacuzon prit la torche des mains de Magui et montra au gentilhce 1me que quelques entailles, suffisantes pre y placer les pied t les mains, étaient pratiquées dans le bloc de granit, dont elles faisaient une sorte d'échelle; et après avoir éteint la torche désormais inutile, il monta le premier.

Du haut du rocher qui touchait La à la voûte, le regard plongeait dans l'intérieur du trou des Gangônes, et dans l’éloinement, on entrevoyait la lueur faible et vacillante des feux de

Étvao allumés par les montagnards.

Le capitaine descendit, suivi par Tristan et par J: vi: le femme.

Il approcha de sa bouche deux de ses doigts, :{ :! üt retentir ce formidable coup de sifflet qui servait de signal aux soldats des corps-franes, et dont les Gris et les Suédois avaient entendu si souvent sur les champs de bataille les menaçantes vibrations.

A l'instant même, tout fut bruit et mouvement dans la caverne; les montagnards se précipitèrent avec des clameurs de joie vers l'endroit où ils savaient qu’ils allaient revoir leur jeune chef bienaimé, et Garbas, arrivant le premier de tous et entraîné par un irrésistible transport, se jeta au cou de Lacuzon en s'écriant : —Àh i capitaine :.. c'est donc vous i.… Vous voiiä rever i …

tout est sauvé! Nous commencions à nous démoraliser, savez. vous !.…. Il nous semblait que le malheur était sur nous !.. Le curé Marquis prisonnier, et vous absent, nous n'’étions plus des hommes !.… Mais puisque vous revoici, tout va bien, et le curé sera bientôt libre !.…

—Vive le capitaine! vive Lacuzon ! hurlèrent avec un formidable ensemble tous les montagnards, en proie à un véritable délire et s'efforçant d’embrasser les mains et les vêtements du jeune homme.

—Merci, mes amis... merci, mes braves et dignes compagnons. merci, mes fidèles soldats, répliqua le capitaine, profondément toaché de cet accueil enthousiaste dans lequel se lisait si bien l’ardent attachement qu'il inepirait.

Puis, après avoir rendu à Garbas étreinte pour étreinte, il lui dit:

—Cours prévenir le colonel Varroz que j'arrive et que j'ai des choses de la plus haute importance à lui communiquer... Qu'il m’attende dans la grotte du haut, où je vais le rejoindre à l'instant.

Le trompette s’élança en bondissant comme un chamois.

Lacuzon échangea quelques paroles avec les partisans, et leur promit qu'avant que trois jun se fussent écoulés le curé Marquis serait de retour au milieu d'eux.

Ensuite il se dirigea avec Tristan de Champ-d’Hivers vers l'escalier taillé en plein roc:et qui conduisait à cet étage de la caverne dans lequel nous avons déjà introduit nos lecteurs.

A peine avait-il fait quelques pas, qu'il s’aperçut que Magui ne le suivait point. Il se retourna, et vit la vieille femme immobile, chancelante, et paraissant à peine satenir debout.

Il courut à elle, il l'enveloppa de ses bras pour la soutenir etil lui demanda :

—Mon Dieu ! qu'avez-vous ?.…

—Rien, capitaine.…, répondit Magui d’une voix assez ferme, je : n’ai rien. :

Puis, désignant du regard le gentilhomme dont elle avait pu voir distinctement, pour la première fois, le visage pâle et les cheveux blancs, pendant le temps d'arrêt qui venait d’avoir lieu, elle balbutia à l'oreille de Lacuzon :

les lui, n'est-ce pas?.. Oh ! capitaine, dites-moi que c'est lui !

8 Qui donc? fit le jeune homme avec un étonnement facile à ‘comprendre.

Lui... mon vieux seigneur. lui, le baron Tristan.

Lacuzon tressaillit.

—C'est lui…, répliqua-t-il vivement et tout bas. mais silence.

Magui tomba à genoux et se mit à murmurer des lèvres et du

cœur des paroles entrecoupées d’une ardente action de grâces.

Ensuite elle se retourna et elle dit:

—Je puis vous suivre maintenant, capitaine, me voici forte; je me tairai tant qu'il le faudra... je me tairais toute ma vie s’il À fallait. et cependant il y a dans mon pauvre vieux cœur asser de joie pour me faire vivre cent ans... =

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Lacuzen lui serra silencieusement la main. et se.remit en marche.

Quelques secondes après ce moment, il avait gravi l'escalier et ti entraîit dans la petite grotte où Varroz et Raoul l’attendaient avec une impatience pleine d’anxiété.

Une lampe, dont toute l’huile était usée, achevait de consumer sa mèche fumante qui mourait sans jeter de lueur.

Le colonel et le jeune homme virent bien que Lacuzon n'était pas seul, mais ils n’accordèrent qu’une très minime attention à ges compagnons.

—Mes amis, leur dit le capitaine après avoir répondu à leurs embrassements, je veux avant tout vous rassurer au sujet d’Eglantine.. Je reviens sans elle, mais cette chère enfant bien-aimée est en sureté ; aucun danger ne la menace, et je crois même pouvoir ajouter qu’en ce moment aucun danger ne saurait l’atteindre.…

—Ah | s'écria Raoul avec impétuosité, ah | capitaine, soyez bé-

nil...

—Bientôt, poursuivit Lacuzon, bientôt, dans uninstant, je vous reparlerai d’elle, et je vous révélerai des mystères tellement étranges qu’il vous catlars, en m'écoutant, que vous faites un mauvais rêve. Sachez d’abord que Magui la sorcière avait dit vrai. Le seigneur de l’Aigle est un bourreau |...

—Capitaine, murmura Raoul, je vous l’avais bien dit!

—Et moi je le devinais ajouta Varroz; tu vois maintenant, Jean- Claude; tu vois que mon instinct ne me trompait pas !..

J'ai lutté contre vos pressentiments à tousles deux, c'est vrai, répliqua Lacuzon ; pouv s-je croire à tant d’infamie ?.., Pour me convaincre il fallait l’évidence, il fallait un miracle !.. L’évidence est venue, le miracle s’est fait. Dieu, dans sa sagesse infinie, avait décrété que l’enlèvement d'Eglantine me conduirait au château de l’Aigle! . Dieu m'a guidé, Dieu m'a choisi pour faire de moi l'instrument d’une grande réparation et d’un grand châtiment...

J'ai commencé l'œuvre sainte, vous vous unirez à moi pour la me-

ner à bonne fin !..

Lacuzon s'interrompit. k Il g’approcha du baron Tristan qui s'était assis dans un angle

obscur de la grotte ; il mit un genou en terre devant lui, baisa sa main, et reprit-en 8 adressant à lui:

—Monseigneur… Monseigneur. s’écrièrent à la fois Varroz et Raoul stupéfaits.

—Vous avez bien souffert. continua Lacuzon, vous avez souffort plus que ne peut souffrir un homme... Dieu doit une éclatante compensation à vos tortures, et je vous la promets en son nom. Vous avez été fort et résigné contre le ma heur ! Soutenu pue un espoir bien vrgue, vous avez lutté avec la double énergie

u corps et de l'âme contre un martyr de vingt années |. Vous avez triomphé dans cette lutte formidable, car j’ai trouvé un corps vigoureux et un esprit vaillant dans ce cachot où j'aurais dû ne trouver qu’un cadavre ou qu’un fou... Le moment est venu de rappeler: à vous, monsel neur, ceîte énergie, cette force, cette vaillance dont vous avez donné tant de preuves! On vous avait

tout enlevé... votre rang, votre fortune, votre famille et jusqu’à votre nom !... Ne vous laisseriez-vous pas briser sous le choc écrasant du bonheur si l’on vous rendait tout cela ?.. ;

—Capitaine, s’écria Tristan en se levant, et en appuyant ses mains tremblantes d'émotion sur les épaules du héros montagnard, capitaine, qu'avez-vous dit ?.. quel mot avez-vous prononcé ?... ai-je bien entendu! Ma famille. j'ai donc une famille ?.… J'avais un fils. mon fils est donc vivant ?.…

—Monseigneur, la joie tue! Monseigneur, prenez garde!

—Qu'ai-je à crainde ? réprit Tristan. douleur a passé sur moi sans laisser son empreinte ; Îa joie rajeunira le vieux sang qui coule dans mes veines. Capitaine, au nom du ciel, répondezmoi... N'ayez-pas peur, capitaine... Si mon fils est vivant, je vivrai pour aimer mon fils.

En écoutant la voix de Tristan, Varroz avait tressailli, comme tressaille dans les steppes de l'Amérique du Nord le cheval libre et sauvage qui, tout coup, ertend venir jusqu'à lui, à travers l'espace, le hennissement de son frère captif. ;

Le vieux soldat sentait un essaim de pensée: confuses et de vagues espérances tourbilloraer dans son cerveau troublé. Les veines de ses tempes se gonflaient, ses narines dilatées frémissaient, ii essayait de percer d’un regard Be la demi-obscurité qui mettait un voile sur les traits de cet homme dont il ne pouvait distinguer la haute taille et les cheveux blancs. De lointains souvenirs se réveillaient en lui, et tantôt il les accueillait comme une promesse, tantôt.il les chassait comme une illusion |...

Raoul, de son côté, éprouvait une émotion si vive et si profonde qu’il ne se souvenait pas d’avoir jamais ressenti rien de pareil, même au moment où, dans la maison de la grande rue de Saint- Claude, il avait appris qu'Eglantine était près de lui.

Et il se Eee d’où venait ce trouble instinctif, et pourquoi les battements de son cœur se précipitaient ainsi.

La réponse no se fit pas attendre.

—Parlez, capitainel... continua Tristan, parlez vite, car vous venez de mettre dans mon âme un espoir si ardent et si fou, que, si vous tardez, ce n’est pas la joie qui me tuera.. c'est le doute,

—Eh bien, soyez fort, monseigneur 1. répondit Lacuzon, car tout ce que j'ai promis, je vais le tenir 1... J'ai dit que je vous rendrais votre nom et voire famille. Baron Trisfan de ë d’Hivers, embrasssz votre fils que voici dans vos bras. .

Et il poussa en effet dans les bras du vieiliard, Raoul, qui, le visage inondé de larmes, balbutia avec une joie plus qu'humaine ces deux mots si doux: Mon père /…

Varroz n’y tint plus. L'émotion et l’attendrissement le débordaient. Il appuya contre sa poitrine bondissante le père et le fils enlacés, et les unissant dans une même étreinte il les embrassa longtemps en pleurant comme un enfant, et en murmurant d’une voix entrecoupée ei presque indistincte :

—Tristan… c’est moi. ton ami. ton frère. ton vieux Varroz... Ab ! ton image vivait A1... Je t'aimais bien, Tristan. je ne t’oubliais" pas; moi... J'ai tant. pleuré-ta-mort |... Je te revois.

"mn

’hamp-

tu es là, près de moi, dans mes bras... Vous êtes là tous deux... car j'aime tor fils, Tristan... je l'aime comme je t'aimais, et il le mérite comme tu le:méritais.. Tu étais beau, loyal et brave... il est beau, il est brave, il est loyal... Ah | que Dieu rappelle maintenant mon âme à lui quand il le voudra... J'ai vécu le jour le plus heureux de ma viel...

Elle fut longue cette triple étreinte du père, du fils et de l’ami, cette étreinte dans laquelle trois nobles cœurs battaient à l’unissont

Tristan se sentait près de défaillir sous le fardeau de son bonheur; les vingt années de souffrances qu’il venait de traverser avaient disparu de ses souvenirs.comme un rêve qui s’efface, et volontiers il se fût écrié: e

—Douleurs de l’isolément, souffrances de la ca tivité, tortures du corps et de l’âme, non, vous n'avez pas existé |...

Lacuzon contemplait ce tableau touchant avec une ivresse orgueilleuse. Ce bonheur était son ouvrage, il était en même temps sa récompense |...

Quand les premiers transports de cette triple reconnaissance se furent apaisés, quand les bras se furent dénoués pour ne laisser que les mains unies, M. s’avança lentement et humblement: elle s’agenouiila aux pieds de Tristan dont elle embrassa les genoux, et après l’avoir regardé pendant un instant de bas en haut, à travers les larmes qui ruisselzient sur sa figure expressive, elle balbutia :

—Et moi, monseigneur, mon cher seigneur, n’aurais-je donc de vous ni un souvenir, ni une parole ?..

Le baron de Champ-d’Hivers attacha son regard sur les traits de la vieille femme, et s’écria :

—Marguerite |...

—Ïl me reconnaît! dit-elle en se levant avec une exaltation folle H il me reconnaît !.… monseigneur me reconnaît !.. Qui m'’eût prédit cela quand je fuyais les ruines embrasées du château de Ébamp-d'Hivers, sous lesquelles je croyais le père et le fils ense-

velis 1... Qui m’eût dit, que je les reverrais un jour tous les deux 1...

Qui m'eût dit, quand je pleurais mon nourrisson. mon pauvre

enfant... mon Raoul... qui m'eût dit qu’un jour je sauverais la vie à celui queje croyais mort... car la vieille et laide Magui d’aujourc'hui s'appelait Marguerite autrefois: et elle était votre nourice. messire Raoul... mon Raoul... mon beau Raoul... Oh! mon enfant. mon cher enfant... laissez-moi vous voir encore... laisse-moi t’embrasger aujourd’hui comme je t'embrassais jadis. |

Nous n’avons pas besoin d'ajouter que Raoul se prêta de tout son cœur à l’accomplissement du désir de la noble femme, et qu'il lui rendit étreinte pour étreinte et baiser pour baiser.

Ces scènes touchantes, dont nous n'avons su tracer dans les pa: ges qui précèdent qu'une ébauche pâle et incomplète, auraient pu ge prolonger pee Vus s encore, si Lacuzon n’eût rappelé à l'esprit de Vas et de Raoul les préoccupations un iustant effacées par des événements ai complètemeni insttendus.

—Le bonheur qui rendrait le cœur égoïste et dessécherait l'âme serait un bonheur immérité, dit-il. Le curé Marquis est prisonnier.

songeons ai curé Marquis... Le b

ui... Le baron de Champ d’Hivers vous TaContera lui-même enguite 1à terrible -odyssée de ses er 'Eglan.

tures, et moi je tiendrai ma promesse en vous reparlant ine. Mais, encore une fois, en ce mo e Marquis...

—Que faire ? s’écria Varroz en tor

dant sa moustache blanche.

°mment savoir en quel lieu les Gri

ris ont conduit leur captif ?

—Nous le SaVOns, répliqua le capitaine,

—Et c’est ?..

—C'est à Clairvaux

A Clairvaux! répéta Varroz, 7 Qui.

—Mais, alors, le comte de

Bauffremont —[] est traître et vendu cs

mme le seigneur de l’Aigle... et c'est à lui que ce dernier confie Ja garde de ous

—Les misérables [.. murmura le

colonel, “us il ajouta tout banut :

—Eh bien, si Marquis est prisonnier à Clairvaux, il me semble que nous n'avons qu’un parti prendre

—Lequel ?..

—Marchons sur Clairvaux, Pardieu ! et délivrons Marquis | —C’est ce que j'ai dit co

* et en sa présence, sur les ob soumettre elle-même, lent parfaitement fondées

u’elle parle, répondit le colonel, e nous donner, le diab]l

que nous lui avons entendu dire au capi- Ine en gravissant la côte de Mén

—Elle a raison 1... complètemen il l’eut écoutée.

nsuite, il demanda :

ue comptez-vous faire ?

—Partir à l'instant, remettre au sire de B

auffremont la lettre et l’anneau du seigneur de l’Aigle, découvrir ses intentions secrètes à l’endroit i

cache, si ce n’est pas le château son... enfin, faire en sorte sans retard, pour qu’ sance de cause.

—Mais, pauvre femme, jaterrompit Varroz, votre vigueur a des rnes, si votre Courage n'en a pas. Vos orces vous trahiront

» Mals le cas est prévu.

—De quel le façon ?

ut que mes. forces me trahissent en effet et que Clairvaux devienne po

ur. moi un lieu de halte forcée, vous lez me donner quelques hommes sûrs qui devront m'enram.

FYVUIS DES

ment ne nous 0CCupons que

servations et qui, je l'avoue, me gem-

rous tor.

lan.

que

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le

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tine et au fantôme de ja tour da PA tn

ù née 1 8046; ii fit passer 6088 les FSUZ üe frisian les particularités de | i et les mystérieux Incidents de ]a

ques mobéir… Ces hommes seront t Corps et mes émissaires.

—<C''est facile.

—Æ£h bien, colonel] que ces homm mbien en vouler-vous Lo Cinq ou six.

Uz0n appela Pied-de-Fer.

—Lieutenant, lui dit-il, choisissez six hommes armi les plus infatigables et les plus résolus de nos montagnarde et dites-leur que je les place sous les ordres de Magui, à qui je délègue toute Mon autorité sur eux. Vous ajouterez qu'il s’agit de la délivrance u curé Marquis.

ui, capitaine. répondit Pied-de-Fer en quittant la grotte. —Merci, colonel, merci, Capitaine, de la Confiance que vous me fémoignez.…. s’écria Magui ; je mourrai s’il le faut pour la justifier. Je vais baiser

une dernière fois la main de mes seineurs, et je pars... En passant

ar la forêt qui domine le val eSEUS, je puis encore être à Clairvaux avant Je jour... Vous aurez bientôt ©

26% Out à la fois mes gardes

es 8e tiennent prêts.

Jean-Claude et père et le fils; le moment de

Pcrièrent que sur des

e8 yeux du vieux Vartor.

es Corps-francs entra dans les détails

qu'il venait de Passer au château de l’Aigle, I] dit le but et les Ï € Montaigu, et la réco

moyens de l’infa mpense sur laquelle le Payer cette trahison. Il en arriva à Evian.

a Nalssancé de ja jeune file auïit du 17 janvier 18%, Il parla

de Pierre Prost, du masque noir, du médaillon et de la main sanguu et il fit partager à ses auditeurs la ferme conviction dont il était animé, que c'était bien réellement au château de l’Aigle ue le médecin des pauvres avait ét6 conduit, et qu'Eglantine tait bien réellement la fille de Blanche de Mirebel, violentée par Antide de Montaigu.

—Qu'’importe, s’écria le vieux baron quand Jean-Claude eut achové, qu'importe que la naissance de cette chère et malheureuse enfant soit le résultat d’un crime lâche et honteux ?...Raoul aime Eglantine comme sa fiancée. Je l’aime, moi, comme ma fille; nous ne voulons, nous ne pouvons voir en elle que l’enfant du médecin des pauvres, que la cousine du capitaine Lacuzon ! C'est avec joie et avec orgueil que Raoul donnera à Eglantine le nom le Su c’est avec joie et avec orgueil que je me dirai son père |...

—Mais elle est prisonnière... s'écria Raoul, et tant qu’elle ne sera pas revenue auprès de nous, je tremblerai… é

—ËElle sera libre ce soir, répondit le capitaine, car dans quelques heures nous marcherons sur le château de l’Aigle Je vous répète, d’ailleurs, qu'Eglantine ne court aucun danger, elle est auprès de sa mère dans la tour de l’Aiguille, et Antide de Montaigu, convaincu qu'elle a quitté le château, ne peut tenter aucune démarche pour s'emparer d’elle de nouveau.

—Je vous crois, capitaine, dit le jeune homme, et je su's tranuille; cependant je vous supplie de hâter l’attaque, et je vous emande comme une faveur spéciale de m'y laisser combattre au

premier rang...

Varroz regarda Tristan avec un sourire.

—Tu vois, baron, fit-il ensuite, bon sang ne peut mentir! Ah! Raoul est bien ton fils! l’aiglon a déjà le vol de l’aigle 1...

En ce moment un pas rapide retentit sur l'escalier qui conduisait à la grotte dans laquelle se trouvaient nos personnages, et on poid vivement à la porte.

—Entrez, dit le capitaine.

La porte s’ouvrit. Garbas parut.

—Eh bien? demanda Laicuzon.

—Un des hommes de l'escorte de la vieille Magui vient d’arriver, répondit Garbas ; il est épuisé par une longue course faite toute d’une haleine ; il demande à vous parler sur-le-champ.….

—Qu'il viennel.. qu’il vienne !.… répondirent à la fois Pi zon et Varroz.

— Marche-à-terre ! cria Garbas, ie capitaine t'attend.

Au bout de quelques secondes, un montagnard ruisselant de sueur se montra dans l’entre-bâillement de la porte.

—Tu apportes des nouvelles ?.… lui dit Lacuzon en allant à lui.

—Oui, capitaine.

—D'abord, d'où viens-tu ? reprit vivement Jean-Claude.

— De Clairvaux,

—Que s'est-il passé ?.….

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rivière, et elle est allée au château.

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