‹ Le Médecin des pauvres [microforme]Chapitre 48 sur 66 · D D EP · texte numérisé non relu

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LE MEDECIN DES PAUVRES. | 71 —{nsuite L... *

Au bout d'une demi-heure, elle est revenue, et m’a ordonné de courir au trou des Gangônes et de vous répéter ce qu’elle allait me dire.

—Et que t’a-t-elle dit ?.

. —Deux choses.

—La première ?.…

—Que le comte de Montaigu venait d'arriver à l'improviste à Clairvaux et qu’il était inutile de rien tenter aujourd’hui contre le château de l’Aigle.….

—Et après?… —Qu'il fallait vous trouver aujourd’hui, le plus tôt possible,

‘avant midi si ça se pouvait, dans le bois de Saint-Maur

—$Seu .… &

—Oh! non, capitaine, avec beaucoup de monde, au contraire,

inq cents hommes au moins...

—Et là, que faudrait-il faire ?.….

—Magui viendra vous le dire elle-même, ou elle vous enverra un de mes camarades. Elle les a gardés tous exprès pour en faire des messagers.

Et après une seconde de silence, Marche-à-terre ajouta :

—Capitaine, ma commission est faite.

C'est bien. Descends et repose-toi...

Le montagnard disparut.

—Gurbasi dit Lacuzon.

—Capitaine !.…

— Appelle le lieutenant.

—Oui, capitaine.

Pied-de-Fer accourut.

Combien avons-nous d'hommes ici? lui demanda Lacuzon.

—Trois cents, capitaine.

—À la Franée ?

— Deux cent cinquante.

—Au champ Sarrasin ?

—Cent cinquante.

—Au Pont de la Pile?

—Autant.

Tu vas prendre ici deux cents hommes, et tu partiras avec eux pour le bois de Saint-Maur...

—Oui, capitaine.

Tu auras soin de diviser ton monde par petites bandes qui guivront différents chemins...

—QOui, capitaine.

Le Porte-balle prendra cent hommes à la Franée et les conduira au même but de la même façon

—Qui, capitaine.

…Cœur-de-chêne et Bijou courront, l'un au champ Sarrasin, l’autre au Pont de la Pile. Chacun d’eux dirigera cent hommes vers le bois de Saint-Maur... Tu m'as bien compris ?..

Parfaitement, capitaine.

Tout ce monde prendra les plusgrandes . précautions, agira

avec une extrême prudence, et, une fois. an lieu désigné, se tiendra sur ses gardes, mais bien caché. On posera les sentinelles derrière les arbres, de façon qu’elles ne soient point en vue.

—Ce sera fait, capitaine,

—Je vais partir moi-même avec une escorte de cinquante hommes. Qu’on se hâte, et qu’on fasse eu sorte que je n'arrive pas le premier...

. —On tâchera, capitaine

—Va, et n'oublie aucune de mes instructions !.…. :

—Pied-de-Fer descendit en courant, et on l’entendit crier d’une voix tonnante, dont les échos de la caverne répétèrent longtemps

‘ les vibrations:

—Deux cents: hommes sous les armes, et cinquante hommes d'escorte pour le capitaine...

—Ebh bien, éemanda Varroz, et moi, que vais-je faire ?..

—Je comptais vous prier, répondit Lacuzon, de vouloir bien rester ici avec le baron de Champ-d’Hivers, afin d’être prêts à prendre ie conmandement des renforts que je demanderai peutêtre bientôi, quand je saurai quel est le véritable but de l’expédition; car, en ce moment, vous le voyez, je marche en aveugle, Sous la direction de Magui..

--Nous attendrons, dit le colonel, mais ne nous laisse pas nous engourdir trop longtemps dans l’inaction….

—S$oyez tranquille. Je n'aurai pas l’égoïsme de garder le danger pour moi tout seul.:. :

Te donc, Jean-Claude, et que Dieu te protège et marche avec toi À

Le capitaine se tourna vers le baron de Champ-d’Hivers.

—Messire, lui dit-il, me pardonnez-vous de vous enlever si vite ce fils que vous retrouvez à peine ?.. Je désire vivement que mon frère Raoul m’accompagne...

—Merci! s’écria le jeune homme, merci de l'avoir demandé, capitaine... Si vous n’aviez pas pensé à m’emmener, ou si vous aviez refusé de le faire, je vous aurais suivi malgré vous...

—Prenez-le! dit à son tour le vieux baron; je vous ié donne avec joie et avec confiance | Jamais il ne recevra de plus nobles leçons, de plus sublimes exemples, et si Dieu me réservait cette suprême douleur d’avoir à le reperdre sprès l'avoir revu, ce serait une consolation pour moi de penser qu’il est tombé à côté du ca-

‘pitaine Lacuzon!...

—Mon père, fit Raoul en ployant le genou devant le vieillard, Le pe ss pour me porter bonheur et pour me rendre invulnérable !... is

La main droite de Tristan s’appuya sur la blonde tête du jeune homme.

—Va, lui dit-il ensuite, va, mon fils bien-nimé!... Que Dieu garde ta jeunesse fière et charmante pour être le bonheur et l’orgueil de mes vieilles années, mais, quoi qu'il ait décidé de toi, que sa volonté soit faite et que son saint nom soit bénil..

Le capitaine et Raoui quitièrent ia groite.

Pied-de-Fer et ses deux cents hommes étaient déjà loin.

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