‹ Le Médecin des pauvres [microforme]Chapitre 58 sur 66 · LA MÈRE ET LA FILLE · texte numérisé non relu

LA MÈRE ET LA FILLE

bras et l'appuyaat contre sa poitrine avec une force surhumaine, franchit en

En ce mom empara ds son esprit et fit tressaillir son corps.

—$i eile était morte 1. Mmurmura-t-elle...oh | si elle était morte !.. Alors elle s’agenouilla auprès du lit, et elle 8ppuya son oreille rendre le mouvees batfements cales

elles-mêmes qui pour elle, n'offraient aucun sens, du moins pat l'accent avec lequel ces paroles étaient prononcées. 11 lui sembla qu’une voix si touchante et si profondément émue ne pouvait pas être une voix menteuse, et elle balbutia : —Qui donc êtes-vous, vous qui m'appelez votre enfant ?.. —Ahl s’écria Blanche en refermant ses deux bras sur Eglantine palpitante, qui je suis ?.. Je suis ta mère |... —Ma mère! répéta la jeune fille avec une profonde stupeur. —Qui.… oui. oui... ta mère. ts mère qui t'aime de plus d'amour que Dieu n’en a mis jamais au cœur d’une créature humaine... ts mère qui donnerait sa vie entière pour sauver un seul de tes jours... .ta mère qui, depuis dix-huit ans, te pleurait et se désespérait à cette À as cruelle de mourir sans t'avoir revue... ta mère, enfin !... ta mère !...

—Hélas! murmura Eglantine, je voudrais bien vous croire...

—Tu ne me crois donc pas ?.…

—Comment vous croirais-je, quand je sais que ce que vous me dites est impossible...

—Im possible .. pourquoi ?...

—Ma mère est morte... morte depuis longtemps...

—Qui te l’a dit ?..

—Mon père...

Uneterreur nouvelle s’empara de Blanche. Est-ce qu'ellese serait trompée ?.…. est-ce que cette enfant qu’elle pressait contre son cœur ne serait point véritablement sa fille ?.. Ést-ce que l’homme qui la lui avait jetée dans les bras l'aurait abusée volontairement ou involontairement ?.…

Elle éleva son âme vers Dieu qui seul pouvait lui donner la force et le courage de résister à une déception.

Puis, tremblante, elle demanda:

—Comment vous nommez-vous, mon enfant ?

—Eglantine.

Comment s'appelle votre père ?

—Pierre Prost, du village de Longchaumois.

—Il est médecin, n'est-ce pas ?

—Oui, dans le pays tout entier, on le nomme le médecin des pauvres...

—Quel est votre Age?

—Dix-huit ans...

—Avez-vous connu votre mère ?.… :

—Non. On m'a dit qu’elle était morte en me mettant au monde...

—Avez-vous vu a entre les mains de votre père, un bijou. un médaillon d'or, enrichi de diamants, qui renfermait

une rose sauvage ?.… —Je lai vu souventet c’est à cause de ce médaillon qu’en m'a

appelée Eglantine... :

—$av:7-vous, enfin, quelle est la date de votre naissance? . * Qu: do suis née dans la nuit du 17 janvier 1620... Sn La jeune fille avait à peine leve les derniers mots de cette

réponse qu'un cri de joie s’échappait de la gorge contractée de

Bianche. Désormais elle ne pourait plus douter, elle venait d’acquérir une certitude matérielle irrécusable.

ais, en même temps, elle se souvint des dernières paroles du capitaine Lacuzon.

—Voici l'enfant de la nuit du 17 janvier 16201 lui avait-il dit ; voilà votre fille. elle s'appelle Eglantine, elle croit que ra mère est morte et que le médecin des pauvres est son père. Prenez-la!.. gardez-la !... cachez-la. Je suis Jean-Claude Prost, je suis le capitaine Lacuzon. Je reviendrai bientôt vous sauver toutes deux...

Ces paroles disaient clairement qu'Eglantine ne savait rien de sa naissance. Il était manifeste que dans le but de lui conserver cette ignorance absolue, celui qu’elle croyait son père avait dû lui répéter que sa mère était morte depuis longtemps.

lanche pouvait l’éclairer sans doute, en lui révélant les faits qu’elle avait ignorés jusque-là... mais pour faire briller la lumière à ses yeux, il fallait souiiler la virginale candeur de la jeune fille par le récit des infAÂmes violences d’Antide de Montaigu.

Blanche recula devant cette tâche qui semblait une profanation.

—Ecoute, mon enfant, "murmura-t-elle au bout d’un instant, tu es bien ma fille, et je pourrais te le prouver, mais je laisse ce soin

ceux en qui, sans doute, tu as placé toute ta confiance... Ce que sites Prost et le capitaine Lacuzon te diront, tu le croiras, n'est-ce pas ?...

—Oh! oui! répondit vivement Eglantine.

—Eh bien! commence à m'aimer dès à présent, chère enfant bien-aimée! car je te jure que tous deux ils t’affirmeront que je suis ta mère...

—Quand les reverrai-je ?.. demanda la jeune fille.

—Bientôt.… Le capitaine Lacuzon a promis de revenir pour nous sauver...

—Nous sommes donc en péril ?..

—Non, mais nous sommes prisonnières.

—Dans la tour de l’Aiguille ?

ui.

—Et c’est vous qu’on appelle le fantôme blanc, n'est-ce ras?

—C'est moi qui suis une pauvre captive, bien malheureuse et bien désespérée pendant des années longues comme des siècles, mais assez heureuse en ce moment. pour oublier tout le passé sinistre... Plus tard tu sauras ma vie, mon enfant. Maintenant, 4 pArsus que de toi... explique-moi ta présence au château de

Aigle.

Eglantine commença le récit des événements que nous avons mis sous les yeux de nos lecteurs dans le cours des précédents chapitres, et nous n'avons pas besoin d'ajouter que ses paroles furent écoutées avec une attention avide, avec un fiévreux intérêt.

fin de la nuit se passa ainsi ; enfin le jour parut.

Il nous faut renoncer à décrire la scène touchante dont les vieilles tapisseries de la tour de l’Aiguille furent les seuls témoins, quand, pour là première fois, aux pâies jueurs de l'aube nais-

sante, la pauvre mèré put contempler les traits, encore inconnus de sa fille. 22

Re

Certes, Blanche de Mirebel, dans ses longues heures de réverie,

s'était fait son idéal; son imagination. avait créé une image de.

l'enfant de ses entrailles, et elle s’était plu à parer cette image de tous les duns exquis de la grâce et de la beauté.

Il est plus facile de comprendre que d'exprimer ce qui se passa dans l’âme de la mère quand il lui fut preeie de voir que son idéal était dépassé et que la réalité allait plus loin que le rêve.

Malgré la faiblesse de notre plume, nous n’aurions point reculé devant la difficulté inouïe d'essayer de reproduire cette scène avec ‘out son charme vivace et pénétrant, mais nous nous sommes souvenu à temps de ce merveilleux chapitre de la Notre-Dame de

- Paris de Victor Hugo, dans lequel la recluse du trou aux rats retrouve la Esméralda, son enfant perdue depuis vingt ans.

Nous laisserons donc à l'imagination de nos lecteurs le soin de suppléer à notre silence modeste, ou plutôt nous les engagerons à relire les pages splendides du chantre des Feuilles d'automne et des Chants du crépuscule. :

Deux jours se passèrent.

Aucun danger immédiat ne menaçait les prisonnières.

D'abord Antide de Montaigu n’était pas au château de l’Aigle, et d’ailleurs quand bien même son absence n’eût point été un nouveau motif de sécurité, une visite de lui à la tour de l’Aiguille était la chose du monde la moins à redouter.

Depuis plus de quinze ans, il n’avait point franchi le seuil de cette tour, et le valet chargé d'apporter les aliments à Blanche ous avec elle à peu près de la même façon qu'avec Tristan de Champ-d'Hivers dans le cachot de la citerne, c’est-à-dire qu’il déposait un panier rempli de provisions sur la première marche de l’escalier, et qu’il se retirait sans avoir eu la curiosité de monter plus haut et d'adresser la parole à la captive.

Blanche, depuis que sa fille lui était rendue, jouissait délicieueement de ces moments de calme: elle aurait voulu pouvoir les éterniser. Elle s’absorbait dans l'heure présente, oubliant le passé, g’efforçant de ne point songer à l’avenir, et se trouvant si complètement heureuse, qu’il lui semblait que tout changement ne pouvait que lui être fatal.

Eglantine était bien loin de partager cette opinion. A chaque instant du jour elle se rappelait les dernières paroles adressées par le a à la femme pâle: Je reviendrai bientôt vous sauver toutes deux !.. et elle hâtait de ses vœux les plus ardents la venue du libérateur attendu.

Cependant, vers le soir du second jour, une a vague commençait à se mêler au bonheur ds Blanche. Des nuages orageux montaient dans son ciel un moment éclairci.

Par intervalles, pendant toute la journée, la malheureuse femme avait cru entendre dans le château des bruits d'armes, des rumeurs confuses décelant la présence d’une nombreuse troupe d'hommes. ee

Âvec l'obscurité croissante, ie silence était revenu; mais du milieu de ce silence s’échappaient de sourds et lointains murmures pareils à ces sonorités étranges qu’on entend dans les airs à l'approche d’un violent orage.

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Que -roulait dire. ceei ? et l'avenir réservait-il .de . nOUVEANX : maiheurs à celles que le passé avait éprouvées si cruellement ?...

Brisée par les fatigues du corpset de l'esprit, Eglantine, couchée tout habillée sur le lit, dormait d'un calmeet profond sommeil.

Blanche, debout dans la profonde embrasure de la fenêtre %

donnait sur la vallée d'Ilay, y attachait son regard sur les nèbres épaissies et prétait l'oreille à ces bruits douteux et confus dont nous parlions il n’y a qu’un instant,

Soudain le clairon de Garbas retentit dans les ténèbres, égrenant les notes lentes et sinistres de sa fanfare,

Blanche tressaillit.

Cette mélodie lugubre, pleine de terreurs et pleine de menaces, s’accordait bien avec l’état de son âme.

Eglantine dormait toujours.

Au clairon succéda la voix.

olec qui déclaraient Antide de Montaigu, comte et seigneur de l’Aigle, trois fois traître et trois fois parjure, et qui le mettaient hors la loi, éveillèrent un écho dans le cœur de Blanche.

—Entends-tu… entends-tu ?.. murmura-t-elle en se rapprochant du lit et en saisissant les mains he ge rs

—Quoi, ma mère ?.. demanda la jeune fille réveillée brusque ment.

— Ils viennent ! ils sont venus!..

—Les chefs de la montagne... les héros. les libérateurs.… Laouzon, Varros et Marquis.

Ah! s’écria Eglantine avec un transport de joie en s’élançant du lit, ah! que Dieu soit béni L.. Nous sommes sauvés. Nous sommes libres.

La voix d’Antide de Montaigu sembla se Le. a de répondre: Pas encorel.…. car elle s’éleva par cette terrible r lique.

—À vous qui vous donnez le titre de chefs de la montagne, à toi, Pierre Marquis, mauvais prêtre et mauvais soldat, à toi, Jean Varroz, vieux soudard Fo dogue hargneux qui ne peut plus mordre, à toi, Lacuzon, chef d’une poignée de bandits rebelles, moi le seigneur de l’Aigle, moi, l’homme au masque noir, je réponds que je vous défie, et que je vous fezai pendre tous trois aux créneaux de la tour de l’Aiguille 111

Et l’on se souvient que l’infâme gentilhomme ajouta presque aussitôt :

: Re dé sur les insolents qui osent venir attaquer l’aigle dans son aire !..

ä Et qu’une décharge formidable enveloppa le château de feu et e fumée.

—Ma mère... ma mère, balbutia Eglantine en se jetant danse les bras de Blanche, ils l’ont tuél... nous somme perdues |

Muis elle n'avait pas achevé, que déjà la voix retentissante du capitaine succédait au grondement de la mousqueterie et criait:

— À l'assaut! À moi mes montagnardel ..

La jeune fille passa, sans transition, de la terreur la plus profonde à:la confiance la plus entière : elle releva la tête, et de méme qu'elle venait de balbutier: Nous sommes perdues 1. elle murmura de nouveau : Nans sommes sauvées |...

L'AS:AUI

Antide de Montaigu, nous l'avons déjà dit, craignait que le secret de sa trahison n’eût été livré par le cardinal de Richelieu aux chefs montagnards, et il savait bien .. ne devait attendre de ceux-ci dans ce dernier cas, ni grâce ni merci.

Il résolut donc de se tenir prêt pie la défense, et (convaincu que le château de l’Aigle, muni d’une arnison. suffisante, était une forteresse imprenable) tandis qu’il s’embusquait dans la gorge que nous connaissons, pour y tenter un assassinat sur la personne du capitaine, il envoyait un homme sûr à Clairvaux, afin d'y marchander les services d’une bande de deux cent cin- Ar Gris, et de les diriger immédiatement sur le château de

gle.

Ces soldats mercenaires arrivèrent au château presque en même temps que leur maître futur.

Il leur distribua aussitôt tous les postes. Il leur donna des munitions abondantes, il leur paya d'avance un mois de solde et enfin il leur enjoignit de se tenir sur leurs gardes comme si une attaque devait avoir lieu ce même jour.

Les instinctives prévisions d’Antide’ de Montaigu ne devaient

pas tarder, nous le savons, à recevoir une confirmation éclatante.

Si nos lecteurs n’ont point oublié les détails dans lesquels nous sommes entré précédemment sur la situation du château de l'Aigle et sur ses moyens de défense, il est presque inutile de leur répéter que la forteresse était inabordable du côté de la vallée d’Ilay, grâce au rocher taillé à pic sur] uel elle s'élevait.

Seulement, dans la direction de la aux-de-Dombief, c'est-àdire du côté de l'entrée principale, les obstacles à surmonter M plus de chance d’une réussite, sinon probable, du moins possible.

Le plan d'attaque avait été arrêté d'avance entre Lacuzon, Varroz et Marquis. Il était d’une extrême simplicité, mais pour le mettre à exécution il fallait toute l'audace fougueuse et irrésistible des montagnards et de leurs chefs.

Deux pelotons de cinquante hommes, placés sous les ordres de Marquis, étaient chargés de br 4 par un feu continuel cette partie des ramparts dans laquelle se trouvaient pratiqués la première porte et le premier pont levis.

Tandis que les meilleurs tireurs des cor francs s'acquittaient de cette tâche avec une grande habileté, et jetaient par terre, percés de balles, tous les Gris qui ne se tenaient point suffisamment à l'abri des créneaux, Varroz et Lacuzon descendus dans

les fossés, faisaient dresser les échelles ie iong de ia muruiiie, et, la hache d’une main et le pistolet de: l'autre, ils tentaient une

escalade et arrivaient, suivie d’une vingtaine d'hommes, au sommet du rempart.

’eux, et, couverts par les montagnards qui maintenaient les Gris à distance, ils attaquèrent à coups d

Tandis que le bois volait en éclats sous leurs cognées, les dé-

i Ly relâche ; les assaillants

continuaient l'escalade à l’aide des échelles, et devant leur nom-

bre toujours croissant les Gris battaient en retraite, mais sans

désordre et défendant le terrain pied à pied et pour ainsi dire pouce à pouce.

Soudain, un fracas pareil à l’écroulement d’une montagne se fit entendre,

Ce fracas fut suivi d’un immer:; :,: de joie et de triomphe poussé par les assiégeants.

mOntagnards se ruèrent sou ; is roûte, :risèrent la porte qui s’opposait À leur Passage et, se croyari déjà !:; maîtres du château, envahirent la première enceinte.

avoir reculé"bn bon ordre jusque dans la seconde enceinte, venaient de relever derrière eux le deuxième pont-levis et de fermer la rte

Bref, les montagnards se trouvaient maîtres de l’espace compris entre les deux murailles parallèles, mais ils ne pouvaient aller au delà sans recommencer un siège plus difficile et plus périlleux que le premier, car les parties élevées du château dominaient cette enceinte étroite, et les assiégés, parfaitement garantis par les profondes embrasures des fenêtres, tiraient du haut en bas ou les Pheniante qu’ils ajustaient avec une parfaite et complète sécurité.

Les partisans tombaient un à Un sous une grêle de balles lancées par des mMmousquets invisibles. Aussitôt que l’un d’eu, “oulait riposter, l'éclair de son mousquet trahissait sa présence en rayant les ténèbres, et il devenait à l'instant même un point de mire pour les assiégés.

Un pareil état de choses ne pouvait se prolonger.

Lacuzon fit apporter les échelles qui avaient servi pour la première escalade; elles furent appliquées de nouveau contre la muraille, et le capitaine se tint prêt à donner le signal d’un nouvel assaut. :

Marquis, auquel il Communiqua son projet, fut d’un avis complètement opposé au sien. -

—Cependant, disait Lacuzon, cinq minutes d’impétuosité nous feraient franchir 5e nouve! obstacie et nous jetteraient sur l’es-

planade. Or, une fois l’esplanade à nous, le château nous appartiendra.

. Tu as raison, répondit le prêtre, mais nous aurons sacrifié inutilement beaucoup de monde,

et la vie des hommes est sacrée...

—Que faire donc ?..

—1] faut, ce me semble, que Varroz tente une at que autre point... Que cette tentative r.

peu importe... l’essentiel est d'opé

° ne se concentrent sur l‘unique endroit espérons arriver à nous rendre maîtres de la Place... Es-tu de mOn avis, Jean-Claude ?

—Certes ! et cent fois pour une !..

— len, rien n'empêche de tenter sur le champ la diversion un te parle... Où est le colonel ?..

—1l doit être là. Nous avons sapé ensemble, tout à l'heure, les Poutres du pont-levis.

‘—Varroz |. cria le curé Marquis,

pue angoisse dans le - Yarroz n’était plus là, , et pour uiconque connaissait le colonel, sa

mort se:nblait plus vraisemblable que son absence au moment du du les montagnards les lus rapprochés avaient

Î arros ne répondait pas.

uit de sa mort se répanang, et granfliesant non

moins rapidement selon la coutume des mauvaises nouvelles, ce Ï vait succombé à côté

mier élan

mbien en ce moment la situation leur paraissait différente his

& première enceinte ne les avait amenés qu’à un résultat sans portée. Ils se trouvaient maintenant en face d’un obstacle Presque infranchissable, dans de profondes té. nèbres, car les Gris avalent cessé ]

oombaient à la fois! et l’un de ces chefs était le curé Marquis ppé à mort, disait-on, malgré la invulnérable.

Elle était donc bien puissants et bien invincible, l'influence . du château maudit 1... Î1 était donc sens bornes le pouvoir du démon qui som phalt ainsi de la robe

à robe rouge sacrée du prêtre !

Alors une pro onde et superstitisuse terreur se

mpears de ces

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bommes vaillants d'habitude jusqu'à la témérité; on put les entendre murmurer tout bas:

—Varroz est mort 1... Marquis est mort... On ne peut lutter contre les démons.

y, Et ces héros, devenas tout à coup presque lâches, songaient, déjà à s'enfuir honteusement. Cependant quelques restes de

discipline militaire et de respect humain les arrétaient encore. s murmures des Montagnards épouvantés arrivèrent aux oreilles du prêtre et du capitaine.

Marquis entendit que de toutes parts on se disait : —Marquis est mort |.

t il comprit en même temps que si l’on n’arrétait point dès sa naissance ce bruit mensonger, il ne faudrait bient:: plus eoainter sur des soldats devenus faibles et craintifs comme des enfants.

Mais de quelle façon, au milieu de ces profondes ténèbres, de quelle façon prouver aux MOntagnards que Marquis était bien

Vivant, et que la robe rouge restait plus que Jamais un invulnérable talisman ?

Etrange situation d’un homme vivant qui ne savait cominent démontrer sa vie |...

Vainement Marquis s’écriait: Me voilà l... je suis à vous!

8 paroles se perdaient parmi les murmures grandissants des

montagnards qui répétaient :

—La robe rouge a disparu !... Dieu nous abandonne!

Vainement Lacuzon allait de l’un à l'autre en s les désabuser. La terreur superstltiouse qui frappai Apres les rendait sourds. I chef,

efforçant de

t les monta- 8 n’écoutaient plus la voix de leur

—Qne faire? mon Dicou ?.. que faire ?... demenda le capitaine au curé.

—Ù n’y 8 pas deux partis à prendre, répondit vivement celuici: il faut leur montrer la robe rougel...

-—Mais comment ?..

—Fais allumer des torches et commande l'assaut. Je franchi. rai le premier la muraille et de cette façon, s’il plaît à Dieu, ils me verront tous |...

—QOui, répliqua Lacuzon, mais les Gris aussi nous verront!

—Eh bien, qu'importe 1...

—Vous allez devenir le but d’une gréle de balles...

—Qu'importe!.… répéta Marquis.

Et il ajouta avec un sourire :

—u sais bien que la robe rouge est invulnérable 1...

Lacuzon, le cœur gonflé par un pressentiment funeste, obéit cependant aux volontés du prêtre.

À #t allumer des torches, et au moment où leur clarté flamboyante enveloppait dans une auréol> de flammes la robe écarlate de Marquis, au moment où les monta Poussaient une joyeuse clâmeur, le cApiialne

Les soldats des Corps-francs, chez céqueis

Snards assurés ommanda l'assaut.

üñe ardeur bouil-

» 8’élancèrent aux échelles. Le prêtre marchait le Premier, suivi par Lacuzon. Une décharge terrible i u Château et des créneaux d e.

teignez les torches! cria Marquis, Lacuzon 1...

—Lacuzon!... Lacuzon 1... répétèrent les MOntagnards, et animés par cé cri de guerre, ils escaladèr IN

et en avant. Lacuzon 1.

ent le rempart avec une irrésistible ira pétuosité,

ais le curé ne les suivait Pas ; il venait de tomber dans les bras du capitaine et de Garbas.

—Etes-vous blessé, mon père?

angoisse.

Oui, répondit Marquis, blessé. blessé à mort... Mais silence, il ne faut pas qu’ils sachent…

+ Murmura Lacuzon avec

Le sang de montait à flots de la poitrine trouée du prêtre à sa gorge étouffait sa voix. Cependant, au bout d'une seconde, il reprit :

—Ecoute, Jean-Claude... les montagnards croient à la robe rouge... ne les désabuse Pas... qu’ils ne sachent Pas que Marquis est mort...

—Mort !... répéta Lacuzon avec siupeur, Non. non... c'est impossible...

vous ne mourrez pas... vous ne pouvez pas mourir |...

prêtre d’une voix presque Sois Calme, mon en-

rouge... Mon Dieu... Seigneur mon Dieu protégez la cause sainte à laquelle je donne MOn sang. Men Dieu. bénissez les armes ": éfenseurs de la Comté...

… adieu...

Lacuzon, écrasé sous le poids qu'il put ressentir, essaya P

réalité terrible, Il s'agenouilla près du corps de Marquis et il ap- PUYA Sa main sur son cœur, mais c'était fini, bien fini ; Ce généreux Cœur avait cessé de battre.

—Mon Dieu 1... balbutia-t-il, mon Dieu, VOUS pas pris à sa place ?.. Pourquoi est-ce moi qui reste vivant ? ais il lui fallait concentrer en lui-même cot immense chagrin ;

le temps manquait pour les larmes |. Lacuzon se tourna vers Garbas.

—1l faut accompli lui dit-il, il faut que le secret de |

Pourquoi ne m'avez.

ros qui el db le

Demain Champ-Sarrasin… En $ et va le cacher dans les rochers que

ce moment, prends ce cor ñ … Moi, je retourne au combat |...

domine la tour de l’Aiguill

SE EE nono rennes

Garbas, suffo

qué par les larmes balbutia une réponse inintelligible, et le cz, son tour une des échelies ap- Muraille, se jeta au milieu du combat engagé sur 18 avec une impétuosité presque °ce en murmurant À chaque Coup qu'il frappait : —Au moins je le vengerai !...

situation ce

e du bâtiment des essantes que faisaient subir äux montagaards ces Continuelles déchar e8, Contre-balnnçaient l'avantage qu'ils pouvaient retirer d’une Tate Corps À corps, dans laquelle leur assurait A supériorité. 2

ur être juste, que les Gris 84 battaient bien et qu'ils gagnaient loyalement la solde à eux donnée par le seigneur de l’Aic 6

r l’avantage, quand uni ger entièrement ]a face d

) ® &uerre montagnard : Lacu.

#on!... Lacuzon |... fut répété dans l’intéri Les Gris étaient pri

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