DES PASSIONS CONSIDÉRÉES COMME MALADIES DE L’AME
Les hommes, comme les fruits, fermentent el se gâtent par l’entassement, par le séjourdes grandes villes; d’ailleurs, il y a plus de professions à la ville qui développent les mauvaises passions, que d’honnêtes et sages habitudes. Les maçons et les imprimeurs ont l’esprit séditieux ; les cordonniers sont enclins à la luxure, ainsi que les limonadiers, les coiffeurs el les garçons de restaurant; les chaudronniers sont enclins à l’avarice, les artistes à la jalousie. Tous les emplois lucratifs, toutes les dignités, donnent de l’orgueil, mais particulièrement la science : Scientia, infiat , dit saint Paul. La douleur et le plaisir viennent de la sensibilité, qu’on émousse singulièrement par une vie sobre, régulière et laborieuse. Comment parler des passions, lorsqu’on a la
foi et quelque expérience du monde , sans emprunter la nomenclature de la religion, dépeignant les sept péchés capitaux, qu’on peut à juste litre appeler les maladies de l’àme.