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POISONS VÉGÉTAUX

Noms botaniques.

Agaric annulaire.

Agaric de l'olivier.

Noms vulgaires.

Tête de Méduse.

Oreille de l olivier, œil de l'olivier.

Agaric brûlant.

Agaric caustique.

idem, ideiu.

Agaric styptique.

Amanite iausse oronge.

Amanite vénéneuse.

Agaric meurtrier.

Morton, raffoult, mouton zoné, etc.

idem.

Fausse oronge.

Agaric bulbeux, agaric printanier.

Amanite bulbeuse l)lanche. Oronge ciguë blanche.

et autres variétés d'amanite connues sous le nom vulgaire de : oronge souris, oronge croix de Malte, oronge peaucière de Picardie, oronge dartreuse, oronge blanche ou citronnée, oronge à pointes de trois quarts, oronge à sape, et quelques autres champignons beaucoup moins communs que ceux dont nous venons de parler.

Il est difficile, sans doute, de reconnaître les champignons vénéneux quand on n'a jamais trouvé l'occasion do les remarquer. 11 y a cependant des caractères généraux sur lesquels on peut sûrement se diriger. Voici en quoi ils consistent : la saleté, l'odeur repoussante appartiennent spécialement aux champignons vénéneux. Ceux qui contiennent un suc laiteux, ceux qui donnent au goût une saveur amère, acre, acide ou douceâtre, et causent un sentiment de resserrement à la gorge ou provoquent des nausées, appartiennent également à celte classe. La couleur peut encore aider à faire la différence entre les bons et les mauvais champignons. Il n'y a que la couleur jaune citron qui soit commune à l'une et l'autre ' classe ; mais la couleur rouge de sang, rouge vineux ou violet, ainsi que le jaune pur et doré, et le brun noir, sont les couleurs qui signalent, d'une manière particulière, les champignons pernicieux. Dans tous les cas, comme les différences ne sont jamais assez tranchées pour qu'on soit absolument à l'abri d'une erreur, il faut prendre quelques précautions afin de neutraliser autant que possible la substance vénéneuse, si malheureusement elle existe. Une chose reconnue, c'est que l'amanite bulbeuse et la fausse oronge perdent la matière vénéneuse si on les laisse pendant quelques heures dans un bain 1 d'eau fortement vinaigrée. On soumettra donc à un bain de 1 inême nature les champignons soupçonnés : c'est une précau- I tion excellente, puisqu'elle rend innocents des champignons

Amanite sulfurine.

Amanite verdàtre.

Oronge ciguë jaunâtre.

Oronge ciguë verte;

reconnus très-dangereux. Si on ne fait pas précéder la préparation alimentaire de ces substances végétales, surtout quand on est assuré de leur bonne qualité, par le bain vinaigré dont nous parlions tout à l'heure, il ne faut pas négliger de les soumettre à une forte ébullition et d'en jeter l'eau. C'est aussi bien par propreté qu'on doit le faire que par prudence.

On reconnaît l'empoisonnement par les champignons au'i signes suivants : Coliques, tranchées, nausées, et enfin, vo ■ missements avec selles plus ou moins abondantes. Alors si développe une douleur vive au creux de l'estomac, une graiid,3 chaleur d'entrailles, des crampes et même des convulsions. La soif augmente déplus en plus; et si des médicaments convenables ne sont pas pris à cette période du mal, le pouls, de fréquent et dur qu'il était, devient faible et déprimé ; un sentiment d'abattement, de sommeil, de chute de forces, se marque en même temps ; enfin viennent des sueurs froides, qui sont le présage ordinaire de la mort,

TuAiTEMENT. On provoqucra les vomissements comme nous l'avons dit ci-dessus, et si ce moyen ne suffit pas, on donnera du charbon de bois pilé avec de l'huile, puis on fera respirer de l'ammoniaque et l'on recourra ensuite au vin et au café. Les moules et coquillages vénéneux exigent le même traitement. Dans les souffrances consécutives, donnez Bell, et ffyosc.

Seigle ergoté. — Comme moyen secondaire, râpez des pommes de terre crues dans un peu d'eau, exprimez avec force le liquide à travers une forte toile, et faites boire par cuillerées.

Prenez ensuite Jusquiame, une goutte de la teinture dans un peu d'eau; les jours suivants, Elaps et Rhs.

Rmis TOXicoDENUP.ON OU Sumac vénéneux. — Après les moyens généraux, donnez Bry., puis Bell.

Spigelia demande Merc.

Le Camphue et le Safran demandent le cafc.

Les Viandes faisandées, le lard rancc, la charcuterie gâtée, quelques vieux fromages, peuvent constituer des poisons trèsdangereux.

On leur opposera le vinaigre, le jus de citron, le café, et les jours suivants, Bry., Ferai., Arsen.

En tous cas, quand on soupçonnera un empoisonnement, on devra conserver avec soin la matière des premiers vomissements avant que le malade ait pris autre cliose que de l'eau tiède, et on les fera analyser le plus tôt possible, dans le double but de savoir le nom du poison que l'on doit combattre, ou de découvrir les traces du crime s'il y en a eu de commis.

Si les matières doivent se conserver quelque temps , on pourra verser dessus quelques verres d'alcool ; mais alors on devra en conserver avec soin un échantillon, pour guider le chimiste qui douterait de sa pureté.

226. Nous allons maintenant nous occuper des suites des morsures des animaux venimeux, piqûres des guêpes et des serpents, etc., etc.

Le principal moyen à employer dans tous ces cas-là est toujours l'application de la chaleur à distance , comme nous l'avons dit plus haut à l'article Charbon (36). Tout moyen sera bon si la lésion est dangereuse ; un fer rouge, un charbon ardent , un cigare allumé qu'on approchera autant que possible de la plaie, en prenant bien garde de ne pas la brûler et de ne pas causer une douleur trop violente. Ce serait dépasser le but, et repousser à l'intérieur du corps le venin, au lieu d'aider la force vitale à le repousser. Dès qu'on pourra avoir un petit foyer, on remplacera de minute en minute l'instrument rougi au feu pour maintenir une chaleur toujours égale. On circonscrira l'action de la chaleur sur un point déterminé en enduisant le pourtour de la plaie d'un cercle de graisse, d'huile, de savon, et, au besoin, de salive, qui garantira les parties environnantes du rayonnement de la chaleur. On ne soufflera pas sur l'instrument pour ne pas refroidir la plaie.

Au bout de quelque temps il sortira de la plaie de la sérosité ou du sang qui entraîneront une partie du venin ; on essuiera avec soin tout ce qui sera ainsi rejeté. Bientôt le malade éprouvera des frissons et des tiraillements, et alors, s'il s'est écoulé une heure depuis l'accident, on pourra suspendre l'emploi de la chideur. Cependant si les douleurs lancinantes vont de la plaie au cœur, et si les symptômes généraux recommencent, on devra recourir de suite à l'emploi du feu.

Piqûres de serpents. — 11 y a peu de serpents venimeux en Europe; niais ils sont très-fréquents dans les autres parties du monde, surtout au Brésil. Peut-être ce petit livre trouvera-t-il sur ces plages lointaines quelques lecteurs qui lui demanderont secours et lui devront la vie. Les serpents venimeux ont la tête aplatie, et portent à la mâchoire supérieure deux longues dents percées d'une rigole qui répond à deux glandes où le venin sécrété est déposé. Si Ton peut tuer le reptile, cause de la blessure, on fera bien de se livrer à cet examen pour conduire le traitement en conséquence. Les serpents qui ont deux rangées de dents ne sont pas venimeux.

A la suite de morsures empoisonnées, on sent habituellement une douleur vive, lancinante et brûlante, qui part delà plaie pour se diriger du côté du cœur. Bientôt arrivent des vertiges, des nausées, des défaillances, des convulsions, et des hémorrhagies par le nez, les yeux, les oreilles, sous les ongles, et par toutes les ouvertures du corps.

On arrêtera dès son début cet effrayant cortège de symptômes par l'emploi de la chaleur et en faisant une forte ligature au-dessus de la blessure, entre elle et le cœur, pour empêcher le sang d'y charrier le virus létbifère. On prendra tout ce qu'on aura sous la main, une bande de toile, un mouchoir, une courroie, une corde ; on serrera fortement, et l'on introduira sur le trajet des principales veines qui se dessineront de suite, des rondelles de liège coupées sur un bouchon pour localiser la pression.

On fera boire de suite quelques gouttes d'ammoniaque liquide dans de l'eau, et, à son délaut, de l'eau salée, un peu de poudre à canon, ou mâcher une gousse d'ail. Du bon vin ou «luclciues cuillerées d'eau-de-vie, de rhum, de kirsch, ont rendu de grands services dans les mêmes cas.

Si l'on a de la teinture d'ortie, on pourra en donner quelques gouttes de 5 en 5 minutes, mêlée avec un peu d'eau, et, après" l'emploi du feu, on en appliquerait aussi quehiues gouttes sur la blessure, que l'on agrandira par une pelite incision avec la pointe d'un canif, si elle tend à se refermer.

Si l'on trouve quelqu'un de bonne volonté qui veuille sucer la plaie, on peut y consentir; mais il faut bien prendre garde qu'il n'ait dans la bouche aucune lésion , aphthe ni déchirure, et que ses gencives ne soient pas saignantes et déchaus-

sées, sous peine de voir se développer chez le guérisseur des symptômes plus graves encore que chez le hlessé. En tout cas, le premier fera bien de passer dans sa bouche du sel ou une gousse d'ail. Il devra sucer, d'une manière continue , en tenant la peau de la plaie bien tendue, après quoi il y fera avec la paume de la main des frictions circulaires, ou qui se dirigent du côté du cœur.

Le malade devra être couché dès qu'on le pourra , et garanti de la lumière, du bruit, de toute émotion fâcheuse, et de toute impression extérieure ; ce repos absolu et le calme de l'esprit sont une condition de salut.

Après les premiers accidents passés , on donnera les jours suivants, CrotaL, Elaps, Buf. ou Loch., selon les symptômes qui se présenteront,

Les Morsures des chiens enragés seront traitées comme celles des serpents , par la ligature , la chaleur à distance , quelquesdoses de sel, d'ammoniaque, d'ail, de teinture d'ortie, ou tout autre excitant qui tombera sous la main ; mais on leur préférera de beaucoup la teinture de cantharides dès que l'on pourra s'en procurer. On en donnera deux gouttes dans de l'eau de b en 5 minutes pendant la première heure. Après cela on en appliquera sur la plaie , et on en donnera une goutte d'heure en heure jusqu'au premier sommeil. Les quatre jours suivants , on donnera dix gouttes le matin dans un peu d'eau, et tant que la plaie ne sera pas fermée ou que la cicatrice présentera un aspect rougeâtre, livide ou bronzé, on la chauffera deux fois par jour, et puis on la frictionnera avec la teinture de cantharides.

Si cela ne suffit pas, on emploiera au bout d'une semaine la belladone au lieu de la cantharide.

S'il se forme une vésicule sous la langue on l'enlèvera avec des ciseaux, et l'on touchera la place avec la teinture médicinale dont on se servira en ce moment. (Voyez plus loin Médecine vétérinaire, § 187.)

Les bains de vapeur pourront aussi être très-utiles- on pourra en prendre un par jour pendant une demi-heure! Le malade sera bien enveloppé d'une couverture hermétiquement fermée, de manière à ce qu'aucune portion de vapeur ne puisse s échapper. On aura une bassine d'eau bouillante sous sa Chaise, et de 5 en 5 minutes on 'y jettera un fer à repasser,

une pierre ou une brique rougle au feu. Il faudra pour cela avoir un très-grand feu allumé et se faire aider par une i)ersonne active. Après le bain, on enveloppera le patient d'une couverture de laine sur la peau, et on le couvrira de manière à maintenir une sueur abondante pendant une heure. On donnera pendant ce temps-là de l'eau froide par cuillerées de minute en minute, sans que le malade se remue, ni ne dérange ses couvertures.

Si la rage était déclarée, ou s'il se manifestait des signes précurseurs, tels qu'une soif subite, immodérée, des frissons, de la sensibilité à l'air froid, de la tristesse, de l'abattement, de l'horreur pour la vue de l'eau et les corps luisants , des crampes et des maux de gorge, il faudrait de suite recourir à un bain de vapeur d'une heure, forcer les sueurs, et recommencer le traitement ci-dessus indiqué par la teinture de cantharides et de belladone.

Pour les souffrances consécutives, on donnera Bdl., Croial., Elaps^ en globules, de 2 en 2 jours, et, au besoin, Lach., Arn. et P'erat.

Il faudra en tout cas rassurer les personnes mordues, en leur représentant que de vingt personnes atteintes par des chiens enragés, une à peine voit la rage se développer, chance dix fois plus favorable que celle de la mortalité dans le choléra. On ajoutera de plus qu'avec un bon traitement préservatif et curatif celte chance encourue sera réduite à zéro. L'imagination a fait plus d'enragés que la morsure des chiens hydrophobes.

S'il se manifeste quelque éruption cutanée dans le cours du traitement ou après, il faudra les respecter et n'y faire aucune application externe. Si elles se prolongent , traitez-les comme il est marqué aux maladies de la peau (§ 2 à 37).

Les Piqûres des scorpions, des araignées, des millcpi''ds, des guêpes et des abeilles, seront traitées par l'emploi de la chaleur et de la teinture d'ortie à l'intérieur et à l'extérieur; bien entendu à des doses plus faibles et plus éloignées que pour le venin des serpents.

11 en sera de même de celles des cousins, qui dans les pays méridionaux peuvent devenir graves par leur multiplicité.

Il y a au Brésil un petit insecte nommé borrachudo, donl

la piqûre, dix fois plus rapide et plus pénétrante que celle du cousin, fait jaillir instantanément une gouttelette de sang, qui reste sur la peau après son départ. En fortes doses, son venin est, par ses effets, semblable à celui des serpents, surtout à celui de VElaps Corallinus; il est arrivé plusieurs fois que des malheureux soldats, recrutés dans le sud du Brésil et transportés dans le fleuve des Amazones, ont succombé en une nuit à ces piqûres innombrables. Ces piqûres seront traitées comme toutes les précédentes, et pour les souffrances consécutives on donnera Elajys et Crotal.

En tout cas, on ne devra jamais donner la teinture d'ortie à l'extérieur avant qu'elle ait été prise à l'intérieur. Autrement on risquerait de répercuter le mal et de provoquer une maladie chronique pour un temps plus éloigné.

La teinture A'Arn. ou de /?/Mts, la poudre de savon ou des gousses d'ail, pourront aussi servir à l'intérieur et à l'extérieur dans les cas que nous venons d'indiquer.

Il f iudra tâcher de retirer le dard des abeilles avec une petite pince ou en grattant la piqûre avec l'ongle. Le miel sera propre à appliquer sur la petite plaie, surtout à l'œil et à la bouche.

Les enfants ne doivent pas mordre dans les fruits piqués, qui recèlent souvent des guêpes ou des abeilles.

Nous avons l'espérance ambitieuse d'avoir quelques lecteurs dans les pays tropicaux, et notamment au Brésil. Pour ceuxlà, nous croyons donner un avis utile en leur conseillant d'appliquer sur le trou par lequel est entré la chique [pukx penclrans en latin , bicho do pè en portugais) une couche de collodium de 4 ou 5 millimètres de diamètre. On se i)réscrvera ainsi de la petite opération de l'extirpation, très-douloureuse quand elle est multipliée, ou des conséquences quelquefois cruelles et terribles de la multiplication de l'insecte dans la plaie. Si Raspail, ce patient et heureux observateur, eût visité les pays tropicaux, il n'aurait pas longuement établi que la chique n'existait pas ou n'était autre chose que la puce ordinaire. Hélas ! l'auteur de ces lignes, qui porte encore les traces de celles qu'il a nourries par myriades dans la colonie du Sahy, n'est pas en état de conserver un semblable doute.

Puisse le CoUodinm mettre On aux douleurs causées par cet animal malfaisant 1

Maintenant nous avons passé en revue les principales affeo tions qui peuvent affliger l'espèce humaine et les moyens d'y porter remède. En quelques pages nous avons donné dans l'Introduction le moyen de se former un petit jardin botanique, composé de douze plantes, qui seront du plus grand secours dans toutes les indispositions communes.

Une petite pharmacie de trente-deux médicaments tout préparés sera donnée pour un prix minime aux acquéreurs de ce livre, et répond à tous les traitements horaœopathiques qui y sont indiqués. Seulement, nous avons dû citer quelques suljstances d'un emploi moins fréquent, mais faciles à se procurer en tous temps et en tous lieux, tels que : l'or'tie commune, le chanvre, le camphre et leur teinture, le savon blanc, que chacun peut trouver partout, et la teinture de cantharides, qui se trouve chez tous les pharmaciens. Nous avons donc la conviction que nous mettons au service du pauvre des moyens de guérison dix fois plus économiques que tous ceux qu'on a déjà proposés dans ce but. Notre conscience et une expérience de quinze ans nous donnent aussi la consolante certitude qu'ils sont aussi les plus efficaces. Puissent, malgré la coalition des intérêts contraires, puissent notre pays et l'Europe entière participer bientôt aux bienfaits d'un art qui n'est encore bien répandu qu'en Sicile, au Brésil et aux Etats-Unis I

Ici pourrait se borner notre tâche ; mais nous n'aurions pas assez fait pour l'ouvrier et l'agriculteur si nous ne leur donnions les moyens de remédier aux maladies des animaux, dont le sort est si intimement lié à celui de l'homme, dont ils partagent les travaux, et dont parfois ils adoucissent le chagrin.

Nous joindrons donc à notre travail un petit traité des maladies des principaux animaux domestiques, tels que le chien, le cheval, le bœuf, le mouton, la chèvre et le porc.

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