MÉDECINE VÉTÉRINAIRE
Plus rapprochés que nous de la nature, les animaux sont sujets aussi à des maladies moins nombreuses et moins graves. La durée moyenne de leur vie est, relctivement à la période, beaucoup plus longue que celle de l'homme, qui, en voulant
fuir la douleur et prolonger ses jours, a trouvé moyen de dét upler la première et de réduire la seconde au quart de leur nombre normal.
Pas de doute cependant que la fondation et la multiplication des écoles vétérinaires, l'abus des traitements médicaux, n'eussent tendu rapidement à atteindre la santé des animaux et abâtardi leur race aussi profondément que la nôtre si la découverte de l'homœopathie n'était venue apporter dans le monde, pour eux comme pour nous, l'instrument de guérison qui doit mettre lin au rçgne des facultés de médecine et à celui de la maladie.
Jusqu'à ce jour l'homœopathie des animaux ne repose pas sur une base aussi scientifique que celle de l'homme ; car, on le pense bien, on n'a pas pu expérimenter chez chaque race les médicaments qu'on leur administre, et l'on n'est pas sûr, par conséquent, de la similitude de leur action, chez l'animal bien portant, avec l'atfeclion de l'animal malade. D'un autre côté, quand on l'aurait pu, les animaux ne peuvent exprimer les sensations internes, qui sont la partie la plus curieuse et la plus importante de chaque expérience ; et, sous ce rapport, les essais que l'on entreprendra plus tard seront toujours très-imparfaits.
Heureusement, malgré cette imperfection inhérente à la nature des choses, il nous reste encore assez de ressources dans l'art tel qu'il est constitué aujourd'hui pour remédier à la plupart des cas qui se présentent. En effet, l'homme, couronnement et type de la création terrestre, est ici-bas le centre où viennent rayonner tous les points de l'univers; ce qui se ))asse en lui est un retentissement, un fidèle écho de la nature entière. On peut donc regarder les expériences faites sur son organisme comme un résumé de ce que produisent ces mêmes expériences sur les autres animaux, une espèce de terme moyen entre toutes les impressions diverses que les autres êtres en ressentiraient. De sorte qu'à de légères exception! près, on pourra, quand on connaîtra la maladie d'un animal, lui appliquer les mêmes médicaments qu'on appliquerait à l'homme dans le même cas. Tel a été le point de départ des liomœopalliistes-vêtérinaires, et, depuis trente ans, ds nombreux succès sont venus couronner leurs efforts. De|)uis lors, ils ont multiplié les expériences, noté les exceptions, de sorte
que, aujourd'lnii, l'art vétérinaire est aussi avancé à peu près quel'homœopatiiie luimaine, et que les noms deLuxet deGunther sont aussi populaires en Allemagne que ceux des autres disciples de Hahnemann.
Les animaux, avons-nous dit, ne savent pas exprimer leurs douleurs; nous ajouterons comme compensation qu'ils ne savent pas non plus les dissimuler, et qu'un observateur attentif qui voudra les étudier avec patience connaîtra bientôt aussi bien leurs symptômes qu'une garde soigneuse ceux de son malade. En outre, la simplicité du régime et l'absence des émotions morales mettent les animaux dans des conditions bien plus heureuses que l'homme pour ressentir tous les bons résultats d'un traitement homœoi)athique.
Nous classerons les affections des animaux dans le même ordre que nous avons donné à celles de l'homme, en commençant par les maladies de la peau et les lièvres inflammatoires, et eu terminant par les maladies du système nerveux, les crises, les convulsions et le tétanos.
Quant au régime des animaux malades, il devra, dans leur maladie, être le plus simple possible. On écartera de celui des chevaux, des vaches et des moutons, les résidus des féculeries, des fabriques de betteraves, et tous ces produits artificiels, qui ne peuvent suppléer le bon foin et l'herbe fraîche, ou au moins on n'en fera qu'un accessoire de leur nourriture ordinaire. Les chèvres seront tenues à l'écurie, pour les empêcher de brouter les plantes aromatiques, dont elles sont friandes. Les chiens d'appartements seront sevrés de sucre, de café, et de toutes ces friandises qui leur sont si nuisibles et causent leurs infirmités et leur caducité précoce. Les porcs eux-mêmes doivent être tenus proprement, en dépit du préjugé barbare qui fait de la malpropreté leur élément naturel.
Pour bien diriger le traitement homœopathique des animaux, il faut s'habituer à les examiner, à les comprendre, à apprécier leurs mouvements, la vivacité de leur regard, la résistance de leur tissu, l'état de leur peau, la souplesse de leui s poils, la consistance de leurs excréments, les altérations de leur voix, les variations de leurs goûts et de leur appétit; en un mot, il faut constater leur état de santé avant de se proposer de guérir leurs maladies.
Les pulsations des artères et les battements du cœur ont,
chez l'ammal aussi bien que chez l'homme, une haute signification. Chez le cheval, dont nous nous occuperons d'abord, le pouls bat cinquante pulsations chez le jeune poulain, et descend au-dessous de quarante par minute chez le cheval adulte. On tàte le pouls à la partie interne de la jambe de devant près du poitrail [en haut du bras, près du sternum). On sent les battements du cœur en posant la main sur le côté gauche, près de l'omoplate. Souvent il faut provoquer quel- (pies mouvements de la part du cheval pour sentir les mouvements du cœur, presque insensibles dans l'état de repos. La respiration du cheval a lieu neuf ou dix fois par minute.
La race bovine, les chèvres et les moutons, diffèrent des autres animaux domestiques par la fornîe de leur appareil digestif et la rumination, fonction spéciale par laquelle ils font passer successivement leurs aliments dans leurs quatre estomacs distincts : la panse, le bonnet, \q feuillet et la caillette.
Le porc a la faculté de vomir si facilement, qu'il évite ainsi presque toutes les indigestions auxquelles sa gloutonnerie l'exposerait sans cela.
En général, les soins que l'on donnera aux animaux, outre qu'ils sont réclamés par l'humanité, sont en eux-mêmes une bonne spéculation ; l'abondance de leurs produits sera presque toujours en rapport avec ceux qu'on leurra consacrés. Aujourd'hui même, la plus grande partie des maladies des animaux sont externes ; c'est-à-dire que si nous préservions leur peau de la malpropreté, leurs pieds des lésions externes, leurs articulations de contacts violents, nous n'aurions nous occuper ni de la gale, ni du piétin, ni de la fourbure, ni des jades, ni de la pousse, ni des nerfs- ferrure, ni des luxations. L'homœopathie, en nous donnant le moyen d'éteindre, dans leurs sources, les maladies internes et les grandes épizooties, nous pourrons donc, avec un peu d'attention, préserver la santé des animaux de toute atteinte, et porter leur race à un degré de perfection inconnu jusqu'ici. Vous tous qui lirez ce livre, que nous écrivons le cœur plein de bons désirs pour tous les êtres souffrants de la création, aideznous dans cette croisade sainte contre le mal, et joignez aux ressources de l'art, que nous vous offrons sans arrière-pen- .sée et sans réserve, les bons traitements et les soins auxquels les animaux ont droit. Par leurs produits, leur travail, et nous
ne craignons pas d'ajouter, par leur reconnaissance, ils vous payeront au décuple ce surcroît de peine.
Les règles de l'application des médicaments aux animaux sont les mêmes que chez l'homme. Un seul globule sur la langue ou dissous dans un verre d'eau est suffisant pour produire, chez tout animal, quelle que soit sa dimension physique, tous-les effets qui sont dans la sphère d'action de ce médicament. Il faut bien, quand on veut exercer l'homceopathie, se pénétrer de cette idée, qu'à partir de la cinquième dynamisalion, les quantités sont infinitésimales, c'est-à-dire échappent à toutes les mesures que nous avons l'habitude d'appliquer à la matière. Les molécules broyées par le pilon sont tellement divisées et subdivisées, qu'un seul globule contient tout ce qu'il faut pour agir, non-seulement sur un cheval ou un cochon, mais sur tout un troupeau de bœufs, si on veut le dissoudre dans un litre d'eau et en donner une cuillerée à chacun.
S'ils avaient une notion claire de nos médicaments, on n'entendrait pas si souvent des homœopathistes discuter s'il faut donner un seul globule à un enfant, trois ou quatre à un adulte, et quinze ou trente à un cheval. Un seul suffit dans tous les cas, et chacune de ses parties suffirait aussi si l'on voulait le subdiviser.
Que l'on veuille bien noter, cependant, que ce que nous disons n'est rigoureusement applicable qu'à partir de la b""* ou e"" dynamisation. Nous savons tous qu'en augmentant la quantité matérielle d'un médicament ordinaire, nous augmentons aussi ses effets. La et la s™" dynamisation possèdent encore en partie cette propriété, déjà faible dans la s"»», insignifiante dans la 4"% et presque nulle dans la ô""*, dont chaque globule contient déjà des atomes assez subtils et assez nombreux pour agir sur des centaines d'individus. Il faudra donc distinguer avec soin, dans le petit traité qui va suivre, les teintures et les substances elles-mêmes des globules préparés. Toutes les fois que nous citerons seulement un médicament, sans parler de sa dynamisation, on donnera purement et simplement un globule de la 6"'% tels qu'ils sont contenus dans la boîie de 32 médicamtînls, qui est livrée à nos souscripteurs. Si la maladie est ancienne, on fera quelques dilutions comme il est indiqué dans la 3"" séance, et quand
il s'agira de teintures ou de substances, nous indiquerons la dilution et la quantité.
Nous avons divisé les maladies des animaux par paragraphes et dans le même ordre que les maladies humaines. Nous avons eu soin de faire coïncider les mêmes numéros, pour que dans les cas douteux on puisse se reporter au traitement des maladies de l'homme, dontjusqu'ici il faut reconnaître que l'artvétérinaire n'a été qu'un reflet ou une imitation.
§ 1. Fièvre inflammatoire.
La fièvre inflammatoire est, chez les animaux comme cliez l'homme, une irritation du système vasculaire, qui se traduit par l'accélération du pouls, la soif, la chaleur générale, et divers autres symptômes d'excitation. Elle est le premier cri do la nature soufl'rante, et accompagne à leur début toutes les maladies inflammatoires , telles que celles du poumon , du cerveau et des voies digestives. (Voyez 34Î, Î9-130, 136, etc., etc.)
Les médicaments principaux sont : Acon., Bry., Phos., Rhs., Buf., Ped.