‹ Le Médecin PraticienChapitre 18 sur 23 · PR US · texte numérisé non relu

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premières insuffiations et l'entretien au début soient pratiqués sous la vigilance d’un phtisiologue (à l'hôpital ou en sanatorium), il serait désirable que le pneumothorax soit entretenu par le médecin praticien lorsque le malade à quitté les établissement hospitaliers. Mais les médecins ne possèdent pas d'appareil à pneumothorax. Dès lors se pose l’alternative : ou abandonner la collapsothérapie, ou abandonner le malade aux soins du dispensaire. Abandonner le pneumothorax est souvent un désastre (19). Demander au malade de faire continuer ses insufflations au dispensaire, n’est pas toujours accueilli avec joie par celui-ci. Fatigué de se soigner, se trouvant bien, il ne peut concevoir la nécessité de se déplacer pour le maintien de la collapsothérapie. Il supplie le médecin de remplacer ce traitement par un autre. Combien de fois alors voit-on une chrysothérapie s’instituer là où elle était inutile; et ceci parce que le médecin ne possède pas à sa portée un appareil à insufflations !

Quelquefois des accidents surviennent sur un pneumothorax artificiel, ou la tuberculose pulmonaire sous-jacente reste rebelle au collapsus. L’indication d’autres moyens collapsothérapiques peut être envisagée (phrénicectomie, thoracoplastie, section de brides). Comment prendre partie sans un cliché? et pourtant on ne peut envoyer le malade chez le chirurgien ou le phtisiologue sans indiquer l’intervention que l’on juge nécessaire. Si de plus le malade refuse de se déplacer jusqu’au centre chirurgicai le plus rapproché, le médecin retombe encore une fois dans l’exercice de la chrysothérapie, qu’il

dit être « une thérapeutique d'attente » pour se justifier, ou se consoler de $on impuissance. On se demande bien qu'est-ce que des sels d’or pourraient faire sur une adhérence pleurale, une grosse coque non élastique péricavitaire, sur un foyer de la base.

Le médecin praticien ne peut donc rien contre la tuberculose pulmonaire. Il est gêné pour la diaenostiquer, il est impuissant à la traiter, 1l se heurte enfin à des difficultés d'ordre social

3° Problèmes d'ordre social.

Les problèmes sociaux que pose la tuberculose pulmonaire sont les plus difficiles à résoudre.

S1 en effet les difficultés diagnostiques et thérapeutiques trouvent dans une grande mesure leur solution dans le concours que peut fournir le dispensaire du médecin, les difficultés d'ordre social sont insolubles avec la législation actuellement en vigueur.

a) On dépiste parfois un tuberculeux dans une maison insalubre, étroite, où souvent enfants et parents partagent la même chambre à coucher, où sans conteste toute prophylaxie est 1llusoire. [1 faut pouvoir diriger ces enfants ayant été en contact avec un tuberculeux vers un placement familial, et souvent la rapidité de la contagion profite des lenteurs de l'administration pour placer ces enfants.

b) Un enfant est né de mère tuberculeuse. L’isoler et le vacciner au B, C. G. semble être la formule qui s'impose. Or l’isolement que le médecin doit conseiller est souvent impossible, de façon immédiate.

se

c) Un tuberculeux sort de l'hôpital, son état général s'étant amélioré, il doit aller au sanatorium, et souvent il refuse la cure sanatoriale, ceci pour de multiples raisons :

— pendant la cure il né travaille pas, et les allocations des assurances sociales ne suffisent pas à nourrir sa famille.

— s'ilnest pas assuré social, mais petit commerçant, petit artisan, il ne peut quitter son travail; se sentant mieux après son hospitalisation, il reprend ses occupations; et le plus souvent le manque de repos et de cure aggrave la tuberculose pulmonaire.

— s’il est célibataire, il ne peut pendant son séjour au sanatorium répondre à divers frais, et avant tout au règlement de son loyer, aussi risque-t-1l souvent de perdre son logis.

d) S1 par contre le malade a accepté la cure sanatoriale, ét qu'il revient nettement amélioré, d’autres difficultés vont surgir :

— rien n’assure sa convalescence.

— il ne possède pas dans son logis souvent insalubre les conditions nécessaires pour se remettre complètement.

— parfois il est apte au travail, mais 1l ne trouve pas à se faire embaucher. Les allocations de chômage sans compter les difficultés de les toucher, ne peuvent pas permettre au malade de se suralienter, de se reposer.

— enfin le convalescent peut trouver du travail, mais c’est un ancien tuberculeux, il ne peut donc être assimilé à ses compagnons de travail ; les quinze

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