SI
• après l’avoir sérieusemeat examinée , le grand sorcier laissa tomber ces paroles remarquables : Votre mal oient de ce que vous avez les fibres du cœur coupées.^ et que Viine demande à i/ianger , tandis que F autre rebute : prenez-rnoi une bouteille de cette eau que je ne vous vends que 4o sous. Enfin il était inventenr , mais sans brevet, d’un sirop qui rappelait les moribonds à la vie : c’était le sirop de civette^ dont il faisait grand éloge, en citant les personnes qu’il avait sauvées.
U On concevra sans peine qu’un bomme qui , par la puissance de son génie, était parvenu cà se frayer une route nouvelle , avait peu d’estime pour ceux qui suivent les sentiers battus de la vieille routine scientifique : aussi , lorsqu’on lui parlait des médecins du pays : Vos médecins y répondait-il , ny eonnaissent absolument rien.
U Le grand sorcier avait une clientoUe si nombreuse, qu’à peine il v pouvait suillre. J3epuis dix-huit ans qu’il exerce , il a toujours été en voyage, et il n’est pas resté oisif une semaine entière. A la véiilé, il n'attendait pas qu’on l’appelât; son linbitude était de parcourir les campagnes , portant dans sa gibecière une pharmacie ambulante , et de se présenter de lui-même dans les maisons oii il avait appris qu’il v avait des malades ou des infirmes. Si les babitans d’un village étaient tous bien portans , sa sol Icitude allait s'informant si la santé régnait aussi dans les ctaldes ; car , en homme qui savait que le vrai mérite est iiaturelleinent modeste, il ne dédaignait pas de panser le pied d’un cheval , de tondre une brebis ou de saigner une bête à cornes; au besoin il eût purgé tout une garnison à la manière de i^iàaro. Tous les êtres souffrans étaient de sou domaine ;
honinies ou bestiaux, peu lui importait. Ce cumul Je fouctions , que l’orgueil humain a toujours soigneusement scparees , ne laissait pas que de lui être très-profitable , et ses aiïuires allaient un assez bon train.
U i\Iais, est-il en ce bas monde une prospérité durable? En 1824, la justice, qui se mêle de tout , ne s’avisa-t-elle pas de trouver mauvais que le p^rand sorcier fit des merveilles sans autorisation académique ! Voilà donc qu’elle lui demande s’il est muni d’un diplôme, certificat ou lettre de réception , choses dont il ne s’était jamais mis en peine, et que, pour cette légère omission, le tribunal de Lunéville le condamne à 100 Pr. d’amende. Pour un homme de cette importance, c’était une bien faible contrariété; mais trois ans après, nouvelle mésaventure : le tribunal d’Epinal le condamne, pour le même motif, à
(leux mois de prison et 1,000 fr. d’aineiule Ceci devenait un peu plus scirieux -, cependant, avec de la résignation et du désintéressement , il parvint à se tirer d’embarras , et n’en continua pas moins à poursuivre le cours de ses succès. La justice, liélas ! l’inexorable justice, ne lui en tint aucun compte : un an plus tard, le tribunal de Lunéville le condamne de nouveau à 1,000 fr. d’amende et à trois mois de prison. Outré de tant de persécutions, il avait certes bien le droit d’abandonner l’ingrate liumanité à tous les maux dont elle est la proie, llyppocrate lui-même, dans sa juste colère, aurait bridé .ses livres et fermé son ampbilbéàtre. Mais le grand sorcier aima mieux aflronter les hasards d’une lutte ouverte avec la justice*, le voilà donc qui se remet de plus belle a (aire de la médecine.
« Or, voici ce (|ui advint : durant l’hiver
(îei’iiier, ou apprit qu’il ^parcourait les communes de l’arrondissemeut d’Epinal ; la gendarmerie reçut l’ordre de sr.ivrc ses traces , et de recueillir des renseignemens exacts sur ses faits et gestes. Il ne fut pas difficile de le surprendre eu llag; ant délit de me'decine illégale5 d’ailleuis, réciat: de son nom ne lui permettait pas de se dérober aux recherches. Arreté le i février, il fut interrogé le lendemain par le juge' d’instruction. Il prétendit u’avoir point empiété sur les privilèges de la Faculté, et s’être contenté de vsntouser les personnes ce requérant. A l’appui de cette assertion , il produisait un attirail complet de ventouseurs , l)oîtes en fcrhl'anc, lames, lampe, scarificateur, etc. ÎVlais par malheur, dans sa pacotille portative, il s’est trouvé aussi des liquides en fioles, des poudj'cs en cornet, du jalap, de la manne,' du sel
(le n!lre,(J(; la iliuburbe, rtc., léinoiiis muets, mais irrécusables , d'une plus noble et fatale auibitioii.
K L’imprudent, pai’ un de ces vertiges cju’uue invincible vocation peut seule ex.plicpter, loLirr.it contre iui-uième des preuves n la Justice : dans la prison où il attendait sou jugement, il eut la témérité, lui , médecin marron, d’usurper les droits du titulaire 3 il donnait des consultations aux prisontders malades; il écrivit même, pour l’un d’eux, une recette pbarmaceuticiue <pd allait (b oit chez l’apotbicaire , si la main du gec'ilier ne l’eût subtilement interceptée.
(( Pour comble de désappointement, quinze témoins parlans, appelcs de diverses communes, sont venus, par d’indiscrètes révélations, jeter des doutes sui' le mérite d’une réputation établie depuis près de vingt années. A l’exemple de tous les
grands l;ommPS déchus, celui-cî ne rencontra plus fjuP des dciracleurs. Tous les témoins faisaient chon/s contre lui. Suivant l'un , c’était un fripon se faisant accompagner d’un compère à gages qui avait l’ordre de ne jamais l’annoncer que sous le nom de arand sorcter , et de lui donner cette qualification en tous lieux; suivant l’auti e , c’était un escroc éhonté qui , pour s’attirer la confiance du jiuhlic. avait pris 'a qualité de médecin directem des eaux thermales de Luxeuil^ Bourhon- 7ze-/ej-Bu2V?i. A entendre celui-là , il vendait jusqu’à 17 fr. un de ces vomitifs qui se paient trois sous chez tous les pharmaciens; à entendre celui-ci, c’était i,200 fr. qu’il exigeait d’un pajran pour le guérir d'un mal de jambe. Un autre lui reprochait d’avoir, par ses drogues et son impéritie, comuromis l’existence d’une mère de falullleatleiüte d’un« légère maladie , etc.
pnfm J c ctült à rui lui poi’lerait le ilernicr coup. Ail! que le hon La Fonleine connaissait bien le cœur humain !
t( Traduit au tribunal correctionnel d’Epinal sous la double prévention d’escroquerie et d’exercice illégal delà nicdecine, le grajid sorcier se vit enfin en prc'sence de ses accusateurs. C’e'talt-là, s’il en fut jamais, une belle occasion de leur faire des tours de sou métier. Mais apparemment ce jour-là son démon familier l’avait délaissé; car on ne vit à la barre qu’un paysan timide , vêtu d’un sarrau de toile, et s’exprimant avec embarras. Sa physionomie ne laisse pourtant pas d’être remarquable : son front droit , large et chauve, son teint pâle , sa prunelle ardente et fixe , un air de finesse mêlée de douceur répandu sur tous ses traits, indiquent une capacité intellectuelle plus développée que celle d’un simple villageois. Par une bl-
zarrp siiigularilé , sa figure et la conformation generale de sa tète offre une ressemblance frappante avec un des médecins les plus distingués de ce département, et qui s'est fait connaître dans le monde savant comme célèbre botaniste. Sur l’interpellation de M. le président, il dit s’appeler Jean Dominique Colin , être Agé de 39 ans, et se contente de prendre la qualité de ventouseiir. Il nie presque tous les faits à cbaige.
n Déclaré coupable d'escroquerie et dVxercicp illégal de la médecine , il a été condamnéà i ,000 fr. d’amende, ciiujansde prison, et dix ans d’intei diction des droits suécdlc's par l’arliole 42 du code pénal. Cependant , sur son appel, la cour royale de iSancy, par an et du 31 mars dernier, a mitigé cette condamnation sevère , eu rédiii-aiil la peine à deux ans de prison et à 30 fr. d’auieudo. Mais qui lui rendra
jamais l’clilonivs^n^ prfsliGjf* ([ui s*psI cyn — noui aux (Irhats di' l’audioncr* cori rclioii- 31CÜO? LVMc1iaii!niii'’iit f'sl dciruit sans rf'lour ; fl dcoididnonl l'’ dt-parfomml dos Vo«ijes a pei’du ^on rrrand sorcier.»
Pour 1 oconiiaîlro t'i irailrr les maladios, il est indispoiisable do savoir ce ([ii’ost ri ininmo dans Trial do saiilé, cVsl-à-diro qu’il faul (|uo ccdid ijui so livro ;i la pratique do Tari do t;u(d'ir, «oil imbu dos phéliomonos pb vsioloî!;iquos <jtii e(al)lissont cbo>: lui mi j)arfail é(p.iilibro dans los fonctions (pli (!onslilucnl la vio.
11 no doit pas ignorer quo le corps de l’homme , depuis sa naissance jusqu'à sa mort, est conq'osd de parties solides et de parties (liiides qui subsislenl jdus ou moins de Icmps après la dispai ilion du principe vilal ; cpie les jiarlies Iluides sont comj)OSces de filamens (lus et déliés {[u’oii nomme libres; que de l'union et de Tas-
s('uil)!a‘:e de ces tibres nisuilont tous les tissus aulmuux qui soûl : le tissu ceiiulaîre , les meuibraiies, les os, les cartilages, les teudous, les aponévroses, les vaisseaux, les vi'ct'res, les organes, les glandes et leurs conduits excréteurs; il faut (jubl sache eiicorequetou-’Ces tissus, t[ui entrent dans la Fornialioii du corps liuniain , dilJ'èreut entre eux, tant sous le rapport de leur texture que sous celui de leurs ir-ages ; qu’ain>l le tissus cellulaire dillère des os ;
que les os dilfèreut des utusclos , etc. ; entin (|ue les liumeurs principales sont : le sang, la Ivmplie et la bile.
Un bon méi.locin doit siivuir encore cpio U' tis-u cellulait e sert de iien et tle remplissage à toutes b s parties qui concourent à la coinpnsilion du corps luuuain; que les membranes tapissf>nt les grandes cavités et recouvr ent les oiganes et les viscères qu’oii V rruiconlro , et f[ue , dans cei’tains or-
ganpselleslns forment proî^qu’eutlcrement; tels sont l’estomac et les intestins-, <jue les os qui composent le scjuelette servent de charpente au corps humain , ainsi (jue de levier et de points d’attaches aux organes des tnouvemens , tels (pie les cartilages et h sligiimens (pii constituent les ai-lieulations en unissant les os entre eux, de mf'ine qu’aux muscles, aux tendons et aux apoluivros; que les vaisseaux sont les agens de la circulation du sang, de la lynqjhe et du chvie, ipi’ils transpoi’tent au cœur et exportent de cet organe; que les nerfs Iransmeitent les sensatiojis au cerveau, et del erini nen t i(' nuuiveiuen t en excitant les organes locomoteui's ; quaux v^iscèi’cs et a-ax oi'ganes ajipaitii’nt l’exc'-ution des fonctions; (pie pour exécuter une fonction il faut le concours d(' plusieurs organes, ce (ud ctahllt un appared d organes.
Ainsi pour- la digestion,! appareil d or—
gaaes sera la hoiiclie , les dents, la langue, l'oesophage, l’estomac, le (luocLhium, le foie, la raie, le pancréas, les intestins grêles et les gros intestins; pour la circulation, le cœur, les artères, les veines, les vaisseaux Ivmphatiijues et les poumons ; pour la respiration , le larynx, la trachée artère , les bronches, les poumons, la cavité plétora e et les muscles de l’appereil circulatoire ; pour la sécrétion urinaire , les capsules rénales, les reins, les uretères, la vessie et le canal de rurèlhre; pour l’appareil de la génération chez l’homme , les testicules, les conduits déférons, les vésicules séminales et la verge; chez la femme, la vulve, le clitoris, le vagin, la matrice, les ovaires et les trompes.
Outre ces appareils, il en existe d’autres qui forment ce qu’on appelle les sens; ce sont les oreilles , les yeux , le nez , la langue et les nerfs organes de h sensibilité.
Il faut y joimIr(’ l’organe de la voix, formé par le larynx , ainsi rjue le cerveau avec ses dcpeuclances , (|ui sert à la perception des scnsalions.
De cet exposé anatoini(|ue dérive une autre connaissance à accpiérir , cpii est la physiologie ou rétiule des fond ions de la vie produites par le concours de toutes les parties ci-dessus dcnominces. Ces fonctions st)iit les sunantes ; ‘
L’iioinme après la conception se développe dans le sein de s<i mère par un acte circulatoire (pd s'étaldil d’elle a lui , et ijui peut cire regarde coinnie la piemière fonction de la vie; latecoiide est la respir'alion, parce ([u’aussilôt après la naissance la circulation première ou Icetale se trouve clurngee par l’acte respiratoire. A celte importauic foiicliou , succède! celle de la digestion , parce <p:e le sujet , pour »e conserver, est obligé d’introduire uans