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son iiitërif'ui’ dos idiniPiis dosfinos à l’a'^^simüatioii des parties dont se compose sou être ; de-là les sëo;e!ious ou' aidf'iil à )a l'onctioii diiiosïive , et la nulriliou, moile
d’actiou sei vaut à Ja repi oduciiuu de ces iiiciiies parties qui se renouvellent sans ce^se pendant la vie. Ensuite vit nnent les excrétions , t'onctions énionctoires des pallies siqiertiues ou nuisibles h noire économie; puis celles de relation qui nous meüent en l apjiort avec les objets exté— rii urs ; eidin celles de la géncration , c’cst-ii-dire <[ui ^eI'l à la propagation de l'espèce. A celte série de pbéiiomènes , il faut joindre l’exercice des sens, qui sont lüuie,la vue, l’odorat, legoûtet letoucher.
On doit en même temps étudier avec soin les tîssus des organes en particulier , lai.t dans l’élatsain que dans l’état patliologique ; ce tpii apprend que cliacun de ces tiisus ayant un uKide de vitalité qui
lui fst propre, se trouve par cette raison (iitTeremiuent excité dans l’état de maladie. D’où il résulte que, selon riniportance des tissus des organes, il convient d’employer un traitement plus ou moins actif pour la conservation de la vie.
D’après cette énumération de tous les phénomènes vitaux, il fautpour f|ue l’Iiominevive en jjarfaite sauté, qu’il y ait accord d’action ou harmonie entre toutes les fonctions qui entretiennent son existence; c’est-à-dire qu’il l espire, qu’il digère, etc.; il faut enliu que toutes ces l’oxictions s’exécutent avec autant d’accord que les l ouages d’une montre s’accordent entre eux, pour marquer l'infure exactement.
Celui qui est parfaitement imhu de ces connaissances est seul capable de distinguer les maladies, parce qu’il connaît l’homme dans l'état de santé, et qu’il sait que toutes les fois qu’un des organes appar-
( Ü7 ^ il
tenant à une fonction importante à la vie •
est Icsé, cette fonction se trouve dérangée, et peut dans cel étal déterminer un froidrle général, comme ou l’observe journelleraent. Quelle sera donc la conduite du médecin au lit du malade? Elle sera de remonter aux causes de la maladie, de découvrir l’organe essentiellement affeclé, et d’y remédier , sans trop se fier aux bvmptômes appelés généraux ou consécutifs, qui entraînent souvent dans l’erreur, lorsqu’on les regarde comme autant de maladies particulières , la plupart des sy mptôniesgénéraux des maladies pouvant se ressembler, par la raison qu’elb s ne sont pour ainsi dire (jue des pblegmasies , plu- U
tôt que des maladies essentielles, comme n
on l’a prétendu trop long-temps.
Pour ac(juérir la preuve de ce que }’a— f
varice, il faut remonter au principe phv— si(]ue des causes des maladies, et se deiuan-
der comment un organe peut être dérangé dans ses l’onctions; alors on remarquera (d’après cette importante vérité de Brown ; la vie ne s’entretient tpie par les slimuians extérieurs^ et tout ce ([ni augmente les pliénoniènes vitaux est stimulant ) (juc toutes les fois que les slimuians exciteront trop vivement les parties de rccoiiomie, ils pourront ('‘■Ire regardés comme in itans, et les troubles (ju’ils délerm neront comme les suites d’une irritation. Parlant de ce principe, un ne [lourra plus douter que les causes morbilitjues agissent pour ainsi dire, toujours en irritant, et (|ue les [)arlies aQectcesdv)! vent s'en lia m mer par suited’irrital,inn.lMa!s commeil faut, aiin de parler juste, tiailer pbysi(|uement ce que l’on veut [(l'ouver, je dirai que par la raison (ju’en physi([ue il ne peut v avoir de mouvement sans (ju’il y ait déjilacement , et vice versa y de même en médecine il ne
pout exii^ter clfi troii])!e dans rr'conoinie, sans qu’il v ait irrilalioii.
Cp qui vit'iit à l’anpiii df* ce que j’avance, c’est qu’il n’est pres(|ue poia! de cadavres i sur lesquels on ne trouve , lors de leur out| verture, des traces plus ou moins appai| r.''ntes d’inflammation : et de même rm’en f] plivsique et en chimie on est obligé d’adi| mettre dans la description des phénomè- 9| nés de la première, le mot attraction ^ t et pour la seconde, celui A'aJJinité, pour- !i quoi serait-il plus l'idicule d’emp'oyer en I médecine le m.ot , comme prin-
cipe essentiel des maladies? car comment !l démontrer phvlosophiqucment et physio- 1 logifjijement leui‘ invasion , sans admettre le motém?r/^t'o«. C’est le principe (jue vient d’adopter avec raison U. Broussais dans son traité de l’irritation et de ta lobe, où il dit au sujet des principes de la doctrine physiologique : «L'irritation en forme la
«base : nous professons d’abord avee n Brown que la vie ne s’eiilretienl que par « l’excitation. Mais nous abandonnons aus- )i si- tôt cet auteur, parce qu’il prend la U voie de l'abslractiou , eu dissertant tou- 51 jours sur l’excitation considérée en elle- )i incme 5 nous wiinous mieux étudier ce 51 pbénolucue dans les organes et les t’ssus 51 (jul les coniposput, ou plutôt observer 1rs n organes et les tissus excités.
L’irritation pouvant être regardée comme le principe inconlestalile des maladies, et riiillammation la suite inévitable de rirritalatiou , lorsque les eaines ()ui ])i oduiseut cette dernière deviciment pernia- Hautes, que penser des eilets des remèdes empiriques , sui tout des émétiques et des purgatifs V Comme le vulgaire trop crédule accorde encore quebjue crédit aux lertus de ces Uiédicameus, je vais laire couuailre les dangers auxquels ils exposent.
L’iiumanite , qui doit (*'tre la première qualité du médecin, étant souvent sacrifiée à l'intérêt le plus sordide, je m«‘ vois forcé, en tenninani cetle partie, de cilerdeux faits, dont un suitout indigne, au dernier point ; puissent en même temps ces obseiM ations corriger ceux de mes confrères qui affeclent , auprès de leurs malades , une brutalité ridicule.
Fiant allé dernièrement consulter M.
D*** pour connaître son avis sur l’élat d’un enfant confié à mes soins, le père de cet enfant posa, après la consultation, cinq francs sur la cheminée de cecbirurgien, et nous sortîmes. Nous étions à peine hors de son cabinet, que M. D***, se précipitant sur nos pas, me dit, en éle\ant la voix : n C’est dix fi ancs pour ce brave « homme. « Ce dernier quoique peu fortuné , lui r'mit cinc[ francs , et M. D*** disparut sans mot dire.
Mademoiselle B***, plovewsc chez M. Renaudière, imprimeur, rue du Marché-Neuf, en face la Morf’ue , était dans les douleurs de renfantement , lorscprelle témoigna l’envie d’appeler le docteur C***, pan e que , disait-elle , ce médecin l’avait déjà accouchée heureusement , niidgré un vice des parties molles qui néce.'sitait une Incision.
AI. le docteur C*** avant été niaiulé , dit , après avoir examiné le grahat sur lequel reposait celte inalheureuce , nu’il fallait la transporter à la malen.ité ; mais pendant ce temps les douleurs augmentaient , et il ne fallait qu'une simple incision pour soulagei* celte infortunée. M.
C*** loin de pratiquer celte légère opération, al'ail re retirer i iihmnaiuement , 1ors(;u’on lui demanda comhien il exigeait pour sa peine. Sur sa réponse de 40 francs, une personne se transporta aussitôt chez
M. Renaudière pour les emprunter; ce dernier étant absent, les onvrieis affligés de la situation de cette tille, tirent une collecte <'t procurèrent ta soniine. Pendant ce t' inps la lUcdheureu^e mère était en soLiilrance; lorsqu’enlin 31. C*** voyant arri\ er l’argent qu'il avait deiiiandé , prati(|ua l'incision tant désirée, mit les écus dans sa poebe et s’en alla.
Dangers auxquels expose l’usage inconsidéré des émétiques et des purgatifs.
Appelé par état à remédier aux maladies qui aflllgent l'espèce bumaine, et surtout al triste des accidens trop souvent f unestes protluîls par l’usage inconsidéré des émeliques rt des purgalifs, j’ai clé conduit à composer cet ouvrage, ilans lequel on trouvera des observations ell'iavautes ,
reciieillips au lit des malades victimes de la médecine évacuante.
Ne pouvant spéculer que sur la crédulité de ceux qui n ‘ont aucune connaissance des prlnci[)ps fondamentaux de l'art de guéiir, ( ranalomie et la physiologie) les ignorans furent obligés de se couvrir du voile du chai l ilani'^me , et d’emplover un langage à la portée du vulgaire pour asseoir les bases de leur l'ausse et pernicieuse docti inej c’est pourtjuoi la médecine purgative ou évacuante a été en vogue jusqu'à ce jour. Rien n’est plus plaisant pour l’homme instruit que de les entendre développer leur système.
I.a plupart de ces guérisseurs empruntant un langage superstitieux , regardent d’abord l’iiomme comme l’ouvrage d’un Dieu à la bonté dmiuel il doit tous les moyens d’éviter les maux qui peuvent l’uc-
câbler; ensuite, faisant de ce Dieu uu Ange de ténèbres , ils lui font mêler un germe de uialadie au limon dontil a formé sa ci éalure. Mais comment admettre qu’un être aussi bienveillant que celui (jui régit l’univei s,nous ait créés pour nous détruire en nous accablant de soullrances ( 1}?
Quoiqu’il en soit, ils soutiennent, bien pénétrés, disent-ils, de ce qu’ils avancent, que ce germe morbifique, placé par la main du créateur dans uu des replis de l'économie, doit être expulsé du corps par des puigatlfs ou des médecines, se gar—
(l) Les idées religieuses admises dans les descriptions scientifiques , rappellent ces temps d’ignorance où les peuples, aveuglés par la superstition, étaient le jouet d’une caste ambitieuse et cruelle qui voulait étendre son autorité despotique sur toutes les nations.
ditnl bif'n de verser le saut; , cet aliment précieux donné aux liumaius pour entrelenir leur existence. De là, le vidgaire ijui sait par expérience cju’une grande partie des substances introduites par la bouche dans les voies digestives, est clunjue jour expulsée du corps , pense que tout ce qui existe d’inqmr dans l’économie doit être rejeté avec les matières fécales; ce qui lui fait accorder une confiance aveugle à la médecine purgative.
H est cependant pénible pour des bommes sensés de voir que, dans un siècle aussi éclaiié que le nôtre, il y ait encore des gens ejiii se laissent scduire par des ralsonnemens pitoyables, et que l’on peut comparera ceux tle Bobèche , lorsque sur ses Irélaiix il s’amusait des médecins charlatans; encore ce saltimbanque doué d'un esprit naturel , n’avait pas toujours des
lazzis dépourvus de raison. Ce qui suit Idurnit un exemple du langage des zélés partisans de la médecine piirgallve, et en même temps une preuve de ce (jue j’avance. V. Médecine de leroy.
« Le sang donne la santé j il produit le » véritalde embonpoint, il rend joyeux,
)’ il est la force même. Faute de connaitre - )i ces vérités , ou de comprendre que c’est » à son abondance que tous ces avantages «sont dus, on le suspecte de superfluité, «.S’il en était susceptible, la nature au- «rait pratiqué des voies pour expulser le a Fujjertlu , sinon contii.uellement , au a moins périotli([uemcnt ; et c’est ce (|ul «n’existe point. (1) Le sang est renfermé
'Ij L’auUur, s’occupant fort peu d’observer la nature, a sans doute oublié que la femme perd tous les mois, par les menstrues, une q lantité do sang
tt dans les vaisseaux ; il n’en peut sortir que <1 par une ouverture exprès pratifjuce. Eh ! «quel est le mortel assez aveugle, a«sez r dt'raisçnnalile pour croire qu’en portant r une main tèméiaire sur ce que la vie a » (le plus précieux , il sera supérieur à la r iiatui e 7
)i 11 ne faut qu’oin rlr les yeux pour (îtrc )•) convaincu que l'évacurtion totale du «sang donne à l’iiistantle coup de la mort, r et on ne voudrait pas recouiiaître, quoi- « (jue le fait soit sensible , que la diiniuu- «tion du volume de ce Iluide cause la fai- « blesse du sujet, sa tristesse , sa maigreur, uct le réduit <i rextrémité ce serait
superflue à son existence ; et il ignore que chez les (ieux sexes il peut exister un flux Iiéinoroidat pério(li(jue qui, lorsqu’il cesse d’avoir lieu, trou- Lle la santé.
<ila chose la plus incompréhensible qui U fut jamais.
« Quand donc, enfin, saura-t-on que le « sang ne fait qu'un avec les solides, avec «les esprits et les differens fluides destines « par la nature à favoriser les mouvemens «des parties multipliées dont se compose «l’ensemhle de l’économie animale? Il «faut espérer que l’illusion se dissipera « un jour. Mais ne peut-on pas dire que ce «jour, loin de s’approcher, s’éloigne au ■ contraire(l)? L’onétaitheaucouprevenu y> de cette pratique abominable, d’après la- * quelle on répandait le sang des malades.
(1) L’aateurse trompR : ce jour est arrivé, parce que tout système qui découle du charlatanisme et ■de l’ignorance doit s’écrouler devant des vérités mises en évidence par l’étude approfondie des lois qui régissent la vie de l'homme.
«sans aucun niénagement. La saignce jus- «(ju'à tléfaillance a peut-être cldruit plus «cl’liomiupsque toutes les guei re>el toutes «les épidémies. On semble toujours croire « que le sang peut causer des maladies , et icTou peut dirn qu’on n’a fait (|ue changer ud’instrumcns pour le répandre (l).
« Le sang est le (luide épuré par la «nature; toujours il tend à son épura- «tion (2), par cela seul qu’il est le uio-
(1) Les adepies, en parlant de la sorte, se condamnent eux-mêmes ; car, avec les purgatifs , ils no peuvent e.nlevei, comme ils le disent, qu’une sérosité viciée, qu’ils attirent dans l’intestin pour étrecliassée au deliors. Eli bien, d’où peut venir cette sérosité, si ce n’est du sang î
(2) Si le sang tend toujours à son épuration, il n’estpoint nécessaire de purgatifs pour en éliminer les humeurs viciées.
Il leur de la vie. Ce principe circulant n’est «et ne peut être la cause crauciuie souf- « France , et encore moins de la moii prê- « mat urée (i) : mais à proprement pariiler, il est, relativement à ce qu’on lui im- «pute à tort , le eozVz/r/er des matières qui «causent les maladies et la mort.
«D’après l’exposé iiiconle>tal)le la )i cause des maladies^ il est imjiossiljle de une pas recomiailre (|ue leur source et U leur principe sont dans l’estomac et les U intestins, et que c’est de Là, comme d’un U Fo\ er, «l’uii provient la fiimce, que parlent toutes les 11 limeurs et la sérosité qu’elles U ont produiie pour lilirer avec le sang a dans les voies de la circulation} en fautuil davantage pour démontrer que le sang «tire également son origine du même
(l) Je demanderai à l’aiiieur quelle est la cause de l’apoplexie foudroyante.
ciTCnlnculo (1) ? Comme nous venons cîe ale dire, ce fluide tend toujours à son a épuration. Il ne s’allie donc avec rien a d’impur ; au contraire , d Tait de conlia nucls efTorls pour rejeter ces matièi es; a et c'est j)arce qu’elles le gênent, ou (ju’il «les a déposées, que le corps liumain a lomhe dans un état de maladie.
«On peut dire que le sang eliolsit la apai tie (pii lui est la plus coin enable pour «dégî.gei- son mouvement j et une cavité, U de prelerence, conrormément aux lois «de la circulation. Du lieu où ce dépôt K s’est fixé, et du nom (ju’on est convenu ((de donnera chacune des parties du corps «liumain, dérivent ceux qu’on est aussi « convenu de donner aux maladies. Mais
(I) L’auteur se trompe grossièrement en prenant l’estomac pour un organe circulatoii e, scivaiit àl liématose ou formation du sang.
n lorsque la corruption est assez forte et it la sérosité' Inmiorale assez corrosive pour Il arrêter tout à coup le cours du sang dès nie début delà inaludie(l), le malade meurt « avant qu’on ait eu le temps de donner un «nom à la maladie dont il a etc la victime.
«Qu’il est bien plus important d’appor- «ter de prompts secours que de se fa- «tiguer la tête à trouver de vaines déno- «minations ! Or, les moyens que cette mc- « tbode indique, ne peuvent faillir qu’au- 0 tant qu’ils seraient trop tardivement em- « plovcs.
« IN ous devons, d’après cette conviction, «signaler comme une méprise non-seule-
(1) Le sang, d’après ce docte médecin, peut se choisir une roule difTérenle à celle qui lui est prescrite par la nature, c’est-à-dire, en abandonnant le cœur pour se porter à l’estomac, ou à tout autre organe. Je laisse le lecteur se rendre compte de cet ordre circulatoire.
« ment préjudiciable, mais encore extrèit inement funeste, l'espèce d’Identilc supti posée des liumeurs avec le sang. La raison «a|)piiyée <!e l’oNporlence, se i-efuscà adcimetlre que ces malièi-es soient i’origine «ou la cause première de ce fluide, mal tt connu de tout temps. Autant et mieux n vaudrait entreprendre de prouver que la «lie est la cause productrice du vin , et ttqu'il J a i lenlllé entre l’inie et l'autre.
Il JNous avons dit ailleurs que c’est pour Il faire du sang (jue l’on nuinge. [ L’auteur use tiompe, c’est pour faire du cbvie.) «SI un épilogueur pi’élend.ilt (|ue ce fut «pour faire des liumeurs, on lui deman — iicleraitsi c’est pour avoir le plaisir d’avoir «des raisins écrases et de la lie, ipi'on fait a vendange : Piaisonnons avec les liommes Il qui ne s'écartent point du cercle tracé U par la nature. Les vignerons, par exem-
K pie, assureront toujours que le "vin est lila qulntescence du raisin.
« On leur répondra que le sang est forci me de la quintescence des aliraens. » (L’auteur devrait ajouter : et de la quiutescence de l’air ).
cc Ils diront que ce qui sort du tonneau et après qu’on y a entonné du vin nouveau U et pendant qu’il bout, est une e?icrétioa Il qui ne peut être propre à faire du vin ni ode la lie.
«On peut leur citer que les fécalités se • composent de la portion des alimens qui une jjcut être employée à faire du sang «ni des liumeurs.
n Ils garantiront que la lie ne s’allie « point avec le vin.
O On leur alléguera que les liumeurs ne U s’allient pas davantage avec le sang.
« Ils souliendront que le vin écarte et « rejette la lie pour se dépurer , et que
« c’est la lie qui , tant qu’elle existe avec « levin, l’ait péter les bouteilles ainsi qu’elle U fait crever le tonneau.» (L’auteur coufond l’acide carbonicjue avec la lie ).
«Ou leur soutiendra que le saug,sur- « cbargé d'iuuueurs dépravées, ou de la U sérosité qui en émane , fait conlinuelle- « ment des efforts pour se délivrer de «cette matière hétérogène, et que c’est U cette même matière qui cause dans la « cii'Culation tous les désordi es qu’on vre— «marque, toutes les douleurs (|ue le mala- « de éprouve, ou toutes les maladies qui «ad\ iennent jet jus([u’à la mort, ({ui arrive «soit que les humeurs corrompues aient «endommagé les viscères, comme le vin « gâté endommage la harique, soit t|ue la «sérosité acrimonieuse qu’ont produit ces « matières, ait arrêté la circulation du sang, « en comprimant, resserrant ou crispant « les vaisseaux.
« Les mèmesvignerons attesteront qu’ait près que le vin est entièrement délivré Il de 'a lie , il ne se passe rien de contraire Il à l’ordre naturel dans le -vaisseau qui le « contient.
«On conviendra avec eux qu’on est en U santé tant que les luinieurs conservent « leur pio'eté naturelle, et que par conseil que nt, il ne s’esl insinué dans les vaisseaux « que des parties homogènes avec le sang , « ou au moins des fluides qui ne gênent ni K ne retardent son cours.
Il Si on demandait po^quoi il y aurait « des humeurs sans nécessité absolue de «ces matières, on denmnderait ^ en ré- «ponse, pourquoi on ne fait point de vin « sans lie.
« Nous pensons que la lie est utile jus- « qu'à un certain point, et nous jugeons 1 de même à l’égard des humeurs , tant « qu’elles n’ont pas perdu cette pureté na~
i; lui ellc l’ont nous venons de parler. Mais i( on pf'ut toujours soutenir avec raison , U que ces matières, objet d'eAcr^bon , K coimne la lie est excrèiuentielle , sont U corruptibles comme la lie; et qu’étant «dans l’èlat de putréfaction, bien loin ti d’clre utiles, elles sont alors destructiti ves des causes motrices de la vie.
« On peut soutenir également avec une U ferme conviction, que le sang, d’une égale «incorruptibilité (jiie le vin , n est coi’ci rompu ([u'aii moment où la vie s’échappe «on après fjue l’^sistence est terminée.
« Donc il ne faut jamais évacuer le sang; a il faut expulser les buineurs tant (|u’ellos i! sont gâtées , ou que Ion est malade; Il il faut garder son vin et jeter sa lie (1),
1 ) ComineriL pcut-oii sc laisser sciluiie pai un ^ erliiagt.' (jm (.Iccoiile tic la plus ci assc iÿuoi aiicc.
n Si pour sa santé, et pour la prolont( galion (le ses jours, chacun voulait faire U ce que fait le vigneron , il n’y a pas de « doute que l'art de guérir ne fut dès lors «la plus utile et la plus bienfaisante des Il institutions , la santé étant le plus pré- «cieux de tous les biens.
n.AIais la prévention contre tout ce qui Il est simple et contre les vérités dictées Il par la nature , dirige le plus grand nom- (I bre des bomiues. Un orgueil mal placé O dans les urrs ; dans les autres, un respect «plus raisonné pour les préjugés en vi— ligueur, détournent leur attention, et eiuu [X'cbent (pdelle ne se fixe sur les objets U les plus propres à prolonger l’existence a humaine. Voilà la cause la plus grande
! tt des malheurs. 5)
! Est-il possible de se figurer une jactance
I semblable?
1 D’api i s l’opinion de cet auteur , ou volt
que le sang ne se trouvant altéré que par le mélangé d’une humeur ou d’une sérosité viciée et acnmouieuse développée dans l’estomac et les intestins, qu'il compare à l’intérieur d’une futaille, il faut recurer ces organes avec des purgatifs jusqu’à ce qu’il ne reste plus d’humeur viciée dans le sang, de même (jue l’on purge le vin de sa lie, quand il est renfermé dans les tonneaux. Mais ce cju’il va de plus suiqircnant, c’est (jue l’auteur s’élève en même temps contre l’usage des purgatifs, lorsqu'il dit que le sang ne peut être vicié, et qu’il tend sans cesse à s’épurer, il ajoute même ([u’une petite fii.anîilé de cette humeur, qu’il compare à la lie du vin , mêlcc au fluide sanguin, peut lui être favorahlej je laisse au lecteur à se former, s’il se peut, une idée de cet exposé de lucdecine pratique.
Si l’on parcourt les autres ouvrages
qui Irailent delà médecine purgative , on voit que leurs auteurs se sont élevés de meme contre les effusions sanguines, parce qu'ils regardent le sang comme un aliment essentiel à la vie, qui ne peut nuiie dans aucun cas. ( Voyez la Médecine sans le Médecin. )
Dans tous les siècles, dit un des défenseurs de la médecine évacuante, une îoulc de praticiens se sont mouirés zélés parti sans de la doctrine ejui place le siège des maladies dans le sang. Cette doctrine est d’une application si facile, il est .si simple de tirer deux ou ti ois palettes de sang , et de laisser ensuite à la nature le soin de remplacer, avec bien delà peine pourtant, la perte d’un llcpiide cju’elle avait mis tant de temps à élaborer , cjue l’engouement pour cette théorie n’a rien d’étonuant aux yeux de l'bomme cpii connaît un peu la légèreté des cL’spensateurs de la kanté.
J’acliiiets. comintî ce [praticien, que rien ii^est plus facile que de tirer du sang à un malade; niais je lui demanderai à mon tours’il est plus difficile <le le purger?
11 dit encore ; u Nous pourrions demander aux praticiens saignans; qui vous a dit que le siëge des maladies est dans le sang ? A^ous qui avez vu, dans tant de circonstancfs differentes, le sang humain couler à vos pieds, avez-vous observe quelques diffe'rciices essentielles entre le sang d’uu liomme légèrement indisposé etcelui d’un homme atteint mortellement. 11 ii’esl aucune dilféreuce que vous puissiez nous indiquer , et tous les efforts de l’analyse n’oni pas été plus heureux (|ue vous. On a remarijué des diirérences dans la clreution et dans quel(|ues propriétés accessoires; mais dans toutes les circonslanci's morbifiques, le sang a toujours présente les inènics piiucipes. »
Si l’on demandait à ce sa\’ant critique , qui vante son toni-purgatif pour toutes les maladies chroniques, et qui raniionce comme un remède infaillible; qui vous a dit que la cause des maladies dépendit du vice morbifique que vous admettez ? Vous qui avez tant de savoir et d’expérience , en avez-vous fait l’analyse, pouvez-vous le montrer tel qu’il est? Il serait , je crois, bien plus embarrassé de répondre.
Le comble du ridicule est, qu’après avoir confessé que « Le vrai principe des maladies a toujours échappé à l’analj se, et que la cause du mai a probablement son siégé dans le laboratoire commun qui alimente Itoutes nos parties dans l’eslomac et les in- Itestins. ., il vante 1 Infaillibilité de son toni-purgatif , et dit, en parlant de l'usage des sangsues : en dépit de leurs partisans, ij’ai écouté la voi-x de la nature et le système d’une sage purgation m’a paru le plus
conforme h celui ilu corps humain. » Puis revenant aux sangsues ; a On ne consulte pas le malade , on n’allcnd pas qu'il donne lui-même la description des .STmptômcs
de sa maladie Des sanersues! des\sanc'-
sues ! lui Cl Ic-t-on du seuil de la porte. En quel nombre? Soixante, quatre-vingt !
Ne doii-on pas avec plus de justice reprocher à ce pauvre frondeur, qui n’a qu’une seule manière de /ej ma-
ladics , et qu’une seule drogue à vendre aux malades... Qu’à peine a-t-on le pied sur le seuil de son bureau de consultation ( c’est ainsi qu’il appelle son cabinet ), on volt étiqueté sur toutes les bouteilles, et l’on entend retentir du haut de son trépied... Toni-puvgatif... Toni • purgatif. . . Quel nombre de bouteilles, demandet-on ? Ji'.squ’à parfaite guérison , c’est-àdire, jusqu’à extinction de chaleur naturelle... Afin de donner une idée du savoir
de ce critique médical, je vais citer mi seul paragraphe de son ouvrage, avant pour titre ; Du siège probable des maladies et du principe morbifique des humeurs.
Il Lorsqu’un malade se voit livre à une grande prostration des forces vitales, après avoir passé subitement du chaud à une atmosphère glaciale, on lui dit que la cause de sa maladie est une sueur rentrée ; quand la chute d’un corps pesant a ébranlé vivement une partie de sa charpente , l’a ploDgé dans le délire etdansles souffrances les plus aiguës, on regarde ce coup comme la cause de sa maladie j enfin dans tous les dérangemens qui l’abattent, on ne manque pas de trouver la cause de ses affections intérieures dans un événement extérieur, qui lui est tout-à-fait étranger.
» Cette persuaslonne nous paraitraitque ridicule, si elle n’influait sur la pensée , et si elle n’entraînait des conséquences fû-
IQ
cliPiisPS ; ceux t[ui soüt hnliilues à raisonner de la sorte, ne manquent pas de trouver la cause ou io sicge de nos douleurs dans les difl'ére rites parties des organes qui en donnent des symptômes, plus ou inoin» exclusivemeiil. Ainsi, qu’il nous survienne une ophtalmie, une surdité, un accès de goutte, une rétention d’urine, etc., la cause et le vrai siège du mal sont dans l’oeil, dan.s l’organe de l’ouïe, dans la jambe , dans les reins , etc., et l’on dirige alors les moyens de guérison vers ces prétendus sièges de la maladie. Le public juge bientôt du succès de ces fatales mé[>rises.
» Non, non , la source du poison n’est point dans les canaux qui en dérivent ; l’effet ne peut être en même temps la cause. L’œil, les reins, la tete, etc., re— çoiventj ils ne produisent rien. En effet la cause du mal est dans le laboratoire
coumiun qui les alimente tous, tlatis l’estomac et dans les voies intestinales (1).
)’ Arrêtez le mal ilaiis son |irincijje, surprenez le poison dans sa source-, de'truisez, non l'extrémité d’un rameau de la corruption, mais le germe lui-même; rendez à l’eslomac ses premières forces , ses premiers sucs dissolvans , et il enverra de nouveau, dans toutes les brandies du système, des tluides doues de leurs premières proportions et de leur première salubrité.
()} AulaiU el mieux vaudiail dire, d’aprea l’opinion de ce lumineux praticien, que lorsqu’on reçoit un coup de poingt sur l’œil , c’est l’estomac qui en perçoit la douleur, et que c’est cet organe digestif qu’il faut traiter lorsque l’œil s’enflamme. Mais comment persuader, même au vulgaire le plus ignorant, que c’est l’estomac qui est malade, lorsque c’est l’œil qui, après .avoir été lésé, fan loufl'rir.
Tant que vous ne vous attacherez qu’aux about issnns, vous pourrez faire ilisparaître un inslant les symptômes 5 mais Us ne tarderont pas à se montrer encore , et peutêtre sous un aspect plus effrayant, en apportant de nouveaux (luides dêlclères qui partent du centre corrupteur.
r Certes, comment la nature qui se montre partout si conséquente , si bonne, s! ingénieuse et si simple dans ses moyens, comment la nature pourrait-elle échapper au juste reproche d'une déraison impardonnable , si elle avait mis la cause de nos maladies dans tout autre fover, de sorte (|u'il nous fût Impossible de l’attaquer dans les viscères abdominaux? N’est-ce pas là , en effet , le seul organe qui soit , si je puis m’exprimer ainsi, perméable à nos eflorts? Pouvons-nous arriver à toute autre partie de nous-mêmes, par une autre voie que par celle que nous donne la nature Nous
est-il donne d'arriver à un des tissus înte’rieurs sans rompre le tissu e>;te'rieur, et par là de traiter un mal sans faire une nouvelle blessure! El quand c’est un des organes principaux et essentiels à la vie qui se trouve affecte, tel que le cœur, le cerveau, les poumons, etc. , pouvons-nous les atteindre par une autre voie que le canal alimentaire, sans mettre p'us ou moins la vie en danger.
n Or, il n’v a en ceci de nouveau que les movens curatifs c^ue nous nous empressons d’offrir à la saute dos malades, et dont nous n'hésitons pas de proclamer les vertus conservatrices, parce que, parfaitement éclairés par une expérience plus raisonnée et établie sur des faits mieux cf)ordonnés, nous en avons reconnu de plus en plus la liaute importance et l’incontestable e/llcacité, et que 1rs hénédic-r
lions du pauvre comme celles du riclœ ,
sont venues encouragernolrp entreprise.»
« Nous disons donc que le principe de nos maladies a essentiellement son siège dans le canal intestinal , et que c’est là que les moyens curatils doivent l’attaquer.
)i On se demandera, peut-être, ce qu’est ce principe , et en quoi il consiste. Bien des médecins se sont adressés une pareille tiemande , et , à force de mots , ils ont cru, ou ils ont feint de croire qu’ils avaient déuni la cliose.
n (’iependanl, eu dcjdt de leurs doctes systèmes, il n’est pas moins vrai que ce principe a toujours échappé à l’analise, et que nos veux ne sauraient l’atteindre dans les r<‘gions intérieures ou il est placéj c est un secret dont la nature n’a pas voulu se départiretdont elle s’est contentée de nous révéler l’existence et le siège. Elle nous a «ht : Çui! vous suffise de pouçoir le demi-
( iOl )
nev, ili’ousest défendu de le connaître : les lumières de la ivr'ié ne sont pas toutes ac~ cessihiesuux rerrards des mortels.'^' Que l’on juaf’ d’aj)rès cet aveu sincère derauleur, de la confiance que l’on doit accorder à redioaclte de sou toni-purgalif,Ces\ pourquoi je ne m’étendrai point davantage sur un pareil raisonnement , ne voulant point dans cet opuscule entasser absurdité sur absmdité.
Cependant la iMédecine sans le Médecin avant obtenu, d’après son titre , quelques succès de vente, une concurrence ne larda point às’élnbl'r, et l’on vit paraître la véritable ~Médecine sans Médecin, sur le frontispice de hujuelle l’auteur est représenté comme un géant au milieu des ligui'es en pîgmées, des plus grandsbommes de la m éd ecinej tels que les Ilvppociate, les Ijicbat, les Bérlard , les Fodérés, les Du-
Lois et les lîroiissais. Je ne parle point d’Esculape, au-dessous duiji^el l’auteur s’est place sans doute par modestie. La publication de ces ouvj âge donna lieu àdesscènes tellement comiques que je ne puis m’emptclier d’en parler.
Aussitôt après l’apparition de la véritable Mc'dedne sans Médecin., M. A... R... se voyant lèse dans ses plus chers intérêts ( le profit), se liâta de publier une nouvelle édiliou de son ouarage, ( ce qui n’est pas difiicile quand on n’a qu’un chiffre à (ijouter ), dans laf|uelle il annonce au public qu'il serait dangereux de confondre ses productions avec celles d’un sysléina— tique dont l’ouvrage prouve la médiocrité.
Quoique M. A... R... avait, d après son titre, le mérite de la nouveauté, M. M... de R..., dont l’clog-’le plus pom- ]»eu\, »’t à la foisleplus extraordinaire, se Ij nuvc dans la Bioff'ayhie des Médecins, lit
paraître iininécliatcrnent après la naissance de son traite', une troisième édition, dans laquelle il disait, pour répondre à son antagoniste, qu’il ne fallait point confondre un savoir vielli dans la routine, avec des connaissances provenant des nouvelles doctrines. C’est ainsi que ces deux auteurs faisaient tour à tour leur apologie, lorsque le public las de les lire et surtout de les entendre, eu fit justice en laissant dormir leurs pauvres écrits.
Cependant, au milieu de cette polémique peu Importante pour la société , M. M. .. de R. .., loin de se rebuter, mit au jour le Code de la génération unwerselle , et le Code préservatif de lasiphilis, dans lesquels il vante les liqueurs ioni-pastro- ^ génitale et toni-pectoro-genitale. Rien n’est plus bizarre que cetie manie étlmologlque de même que la fabrication du mot .uplijliooraphie , surtout quand l’auteur
annonce au commencement île ses ouvrages qu’il évitera d’embarrasser et particulièren)ent d'ennuyer le lecteur par des mots scientiiiques. Mais quand on est savant il est difUcile de s’habituer à un stile simple et à la portée de tout le monde.
Chassez le naturel, il revient au galop.
M. M...dell..., q ui, soit par ton ou par manie , parle sans cesse el n’ccoule jamais, se trouve, d’après ses écrits, tellement favorisé de la nature , que cette bonne mère lui a dévoilé ses secrets les plus cachés au point qu’il peut renfermer dans dés bouteilles, non seulement ce qui convient pour préserver des maux, de Vénus, mais encore pour guérir de ■ l’impuissance , créer lessexes à volonté et les douer de gé- , nie. Je serais fort tenté de croire cet auteur, mais une chose empêche ma croyance; c’est que, comme il parle de la généraliou laii^ erselle , je serais eu-
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rieux d’apprentlre auparavant comment il administrera sa drogue aux végétaux pour les guérir de l’impuissance. Un mauvais plaisant me disait dernièrement de m’adresser à son libraire , qui en savait sur ce point aussi long que lui.
Espérons q>ie bientôt cet auteur, au lieu d’amputer les clitoris, trouvera des remèdes propres à caluier l’excès des désirs vénériens,et empêcber au besoin la propagation de l’espèce. Cependant, malgré les nombreux succès si vantés dans ces ouvrages, le ininîstère public vient d’en faire une critique sévère à la suite d’un jugement rendu le 22 novembre 1829, contre M. Audin Rouvière, parla 7‘^chambrede police corectionnelle de Paris, qui le condamne à oOO francs d’amende, pour la ’ vente de diverses drogues cjualifiées par lui de remèdes secrets. Je citerai seulement l’article du journal appelé Messager dos
Chambres du 23 novembre 1829, qui concerne celte procédure.
«M. Audio Rouvière , auteur de la Médecine sans , comparaissait hier
devant la 7® chambre de police correctionnelle, prévenu d’avoir annoncé et débité des remèdes secrets. Sur les conclusions du ministère public, le sienr Audin Rouvière a été renvoyé de la plainte, attendu que le tribunal de Fontainebleau lui avait fait subir une condamnation pour le même fait qu’on lui reprochait aujourd’hui. Le ministère public a cru devoir expliquer le motif de cette poursuite.
Il Bien que nous pensions, a-t-il dit, que le prévenu doive être renvoyé, nous avons cru nécessaire de le traduire devant votre tribunal pour donner de la publicité à ce procès. Il serait heureux que tout le monde sût à quoi s’en tenir sur les remèdes et la science du sieur Rouvière.
Vous connaissez sa Médecine sans Médecin L’auteur recherche dans cet ouvrage tous les cas de maladie qui peuvent se présenter, il indique les remèdes propres à la guérison de ces maladies, et il a le soin de dire qu’il en est le seul dépositaire. Vous voyez d’après cela que ce que fait le sieur Rouvière est du vrai charlatanisme ; car son but c’est de prouver que lui seul a le talent de guérir; qu’il est à la fols le meilleur médecin et le meilleur pharmacien. Nous croyons servir l’humanité en donnant de la publicité aux poursuites dont il est l’objet. »
Afin de prouver que rien n’est plus facile que de créer des systèmes semblables à ceux des charlatans que je viens de citer, j’cn établirai untoutaussi facile à comprendre , que les méthodes qui prescrivent l’usage exclusif des émétiques et des purgatifs. Cette théorie ne pourra manquer
(l'èlre combattue parles zélés partisans de la médecine purgative*, mais peu m’importe, pourvu que je contribue à faire ressortir le ridicule de ce personnage si célèbre de Molière , M. Purgou.
11 importe d'autant plus de s’élever contre les abus de la médecine empiri(jue, que les charlatans , loin de s’en tenir à la publication d’écrits estimés seulement de ceux qui lisent sans comprendre , ils les font encore vendre avec leurs drogues au son du tambour et de la trompette. Cette dernière ressource est tellement ridicule que je ne puis m’empêcher de citer la critique des charlatans »|ue M. Victor Hugo met dans la bouche de Spiagiulry, lorscjue ce dernier aperçoit un i asseinb ement de paysans attirés par le son du cor. Il •S’exprime ainsi : ( ^'^oy. Han d’Islande, tom. 2, pag. lOS. ) u C’est sans doute quelque charlatan, ambubaïarum coUegidf
phnrmacopolœ , quelque luise'rable jongleur qui convertit l’or en plomb et les plaies en ulcères. Voyons ; quel invention tle l’enfer va-t-il vendre à ces pauvres campagnards? Encore si ces imposteurs se bornaient aux rois, s’ils imitaient fous le danois Boi cli et le milanais Borri , ces alcbvinistPs qui se jouèrent si complètement de notre Frédéric 111; mais il leur faut le denier du paysan non moins que le million du prince, n
A propos de cbarlatanisœe , rien n’est pins plaisant que d’entendre la majeure partie des médecins se plaindre des critiques auxquelles ils sont en hutte chaque jour , lorsqu’eus-mêmcs , loin de garantir leur cotefoible, donnent lieu aux scènes les jilus scandaleuses. Au lieu de se soutenir, ils sont, pour la plupart, envieux du mérité et de la prospérité tle leurs confrères, qu’ils décrient jusqu’à la mé-
disancc. On croirait à les entendre que c’est l’amour de la science qui les anime, quand l’inle'rèt seul les fait agir. Le ridicule qui plane sur la médecine ne peut donc étonner quand on se rappelle toutes lesruses employées journellement pour accabler celui qui, dans ses débuts, annonce un dtre supérieur par ses connaissances, et par cette raison dangereux pour les hommes avides des honneurs et des richesses. Dei nièrement un médecin trèsordinaire vantail ses succès en médecine pour supplanter un homme de mérite, M. F.., , rédacteur du Journal de la Lancette : il préte ndait que le savoir médical de cet écrivain n’était que dans sa plume, lorsque l’excellence de sa pralicjue démontre chaque jour le contraire. Le pins petit médecin de campagne n’est pas à l’ahi'iderenvie. M. Vig. , praticien, à lUénil-Monlant , vient d'ètre vilement décrié
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psrunùe ses confrères de Paris, qui you-' lait s’emparer de plusieurs de ses malades. Je ne finirais point si je voulais passer eu revue toutes les ruses ignoLle; et mcprisalales employées par les médecins pour s’élever les unsau-dessusdesautres", je mécontenterai seulement de leur donner ce conseil : loin de vous déchirer^ Messieurs, sa~ chez vous sou(e?nr, ne rendez pas de visites à vil prise, et faites payer le liche sens, repousser le malheureux.
Pei’sonne n’ignore que toutes les parties de l’économie sont susceptibles d’irritation, et par suite de cette Irritation , d’infiammation , ce qui produit la douleur; d’où il résulte que si l’on se frotte ou se gratte long-temps un endroit quelconque de la peau , cet endroit devient rouge par l’afllux du sang, et ensuite douloureux; si l'excitation est prolongée elle s’enflamme. Quand on applif|ue des.
corps irritans sur l’organe cutané, tics vcsicans surloLit , rcpitlermcsc soulève et la peau suppure. Si l’on passe à l’examen des autres tissus on l ecomiaîtra de même fjue toutes les fois qu’ils sont lèses, ils s’eiiÜaninieiit ; et lorsque rinllammat ion de\ ient vive il se fonue des collections purulentes appelées abcès. Que l’on porte j)résentemenf son atleiition sur les membranes muqueuses (|ui tapissent les voies digest ives : on A oit tju’elles peuvent aussi .‘^’enllainmer et iaire éprouver de la douleur, ce (jue l’on observe surtout à la suite d’une indigestion, et lors([ue des substances Acres et irritantes ont été injectcv''s dans le lubt? digeslil. L’observaticn démontre encore que ces membranes peuvent s’enllammer d’clics-mêmes , lorsqu'il existe une diatlicse inllaniir.atoire ; les apîites , excorrialions douloureiises de la membi’ane nunpieusecjui tapisse la bouebe
r| la langue, en offrent uu exemple frappant.
Les plicr.oinènes les pins caractéristiques de rintlainination de la muqueuse digestive, sont la séclieresse de la bouche, et une alteration insiqqiortahle; la langue est sèche et rouge sur ses bords; le malade e'prouve un malaise général , accompagné d’accablement ; la peau qui est étroitement liée par des rap[)orls sympathiques avec les rnsqueuses, devient sèche et brûlante, et la circulation est activée ; de là la fréfjuence du pouls.
Lorsque l'inllammation fait des progrès, toutes les fonctions de l’économie finissent par se tiouhier; mais il est inutile de parler ici des dérangemens qui peuvent survenir; mon seul but est de prouver fjue les puigatifs agissent toujours en ii ritant los voies digestives. Je fei ai observer seulement que les membranes muqueuses ctant susceptibles d’inllainmalion . il est
plus rationpl dVmplovPr dans le traileinent de ces maladies, les émoliens, que de mettre en usage les purgatifs.
Pour combattre la médecine évacuante, j’admettrai donc une mclliode émolliente et rafraîcbissante exclusive, préférable , dans tous les cas, aux purgations , surtout administrées arbitrairement. Cette métliode émolliente et rafraîrbissante doit être d’autant mieux appréciée , tiu’il n’est personne qui puisse nier les bons effets des émolliens et des rafraicbissaiis. En effet éprouve-t-on de la douleur dans une partie du corps, on applique de suite des cataplasmes émolliens; est-on altéré et dégoûté des aliinens, on se met à l’usage de l’eau d’orge ou de la limonade cuite édulcorée avec du sucre ou du sirop de guimauve ; une lassitude accompagnée de malaise dans tous les menibres nous accable-l-elle, on prend un bain général, et
( HS )
âes bains locaux émolliens, si l’on souffre dans un membre seulcmrni: ; lorsque les femmes ressentent de la douleur aux parties génitales, elles emploient les bains de vapeur , et les bains de siège faits avec une décoction émolliente , et se font des injections avec cette même décoction.
Quand on est enrbuiné on boit une tisane des quatre fleurs ^plantes émollientes) sucrée avec le sirop de gomme ou de guimauve 5 enfin lorsque les déjections alvines s’opèrent dilliçilcment, on a recours aux lavemens faits av^c la décoction de graine de lin, ou des bulles grasses. Voici , je crois, ce que l’on peut appeler la médecine populaire (!), parce qu'il n’y a pour
(i) II est une partie de la tnédecine que l’on appelle hygiène, laquelle traite de tout ce qu’il importe de savoir pour l’entretien et la conservât
( HG )
«iriüi (lire personne qui ne l’ait mise en praliquo, sans l’ordre du médecin , et î’Ciiéralement avec avantage. M’ajipuvant de cette vérité j’admels que les éinolliens
lion (le la santé. Avec elle on apprend à se soustraire à l’influence des corps extérieurs , nuisibles .à l’existence; .à choisir les alimens qui conviennent à la nutrition ; à faciliter les excrétions, lorsqu’elles ne s’exécutent pas selon l’ordre naturel; à ne point supporter de longues fatigues, ni s’abandonner à un repos absolu, et à se livrer aux exercices du corps les plus favorables à la santé ; enfin à se garantir des allections vives de l’ânie, et éviter l’exercice trop prolongé des sensations (jui amènent souvent un trouble niarijué dans les fonctions de l’économie. Cette brandie i mportante de l’art de guérir, à la portée de tout le monde, et' facile dans son étude, est la seule (jui puisse être regardée comme la ï'^érilable Médecine sons Médecin-, aussi peut-on conseiller de l’éliidier sans craindre qu’elle induise en erreur, ceux mêmes qui sont entièrement étrangers à la médecine.
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sont les seuls médicamens spéclfi(|ues à mettre eu usage contre les maladies, et les regardant comme la base d'une recette infaillible, je donne le développement de mon système, et me voilà chef de doctrine, à peu de frais et sans beaucoup de peine.
Les cmolliens, du verbe latin emollire adoucir, se disent en général des remèdes qui relâchent et ramollis'^ent les parties trop tendues par l’inflammation , suite de l’in itatioa. Ceux qu’on emploie le pins ordinairement sont : la mauve, la guimauve, la violette, le bouillon blanc, la bette, la mercuriale , l’épinard , la pulmonaire, le lierre terrestre, la gomme ar<ihi(|ue, la gomme adraganle , l’oignon de lis, la farine de graine de lin , les farines céi'calr-s, la mie de pain , les luiiles grasses et 'es graisses récentes , le lait , le jaune d’œuf, etc. Ces médicamens ont
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pour véhicule l’eau chaude et s’emploient à l’îiitcrieur comme à l’extérieur.
Quand on prescrit les cmoUiens à l’intérieur , on les unit aux rafraîcliissans ou ^ »
antiphlogistiques, médicamens dont les propriétés sont de diminuer l’activité de la circulation et de tempérer la chaleur animale. Les rafraîchissans sont l’eau, le bols de réglisse, l’orge, les citrons, les limons, les oranges, les groseilles, les cerises , l’acide tartarlque , le bouillon aux herbes , le bouillon de veau , etc.
A l’extérieur on emploie les émolliens sous la forme de bains, de fomentations et de cataplasmes; leur température doit être de 2S à 50 degrés au-desSus de 0. Il faut les renouveler souvent lorsqu’on les applique à demeure sur la peau, parce que la chaleur locale de cet organe les altère et les rend irrilans. De cette manière ils
agissent comme des bains locaux , soit par riuimidité qui leur est propre , soit par la transpiration qu’ils favorisent et dont ils empêclient l’évaporation ; il en est de même des emplâtres. Ces médicamens, comuieje l’ai déjà dit, ne peuvent qu'être favorables pour la rétablissement de la santé.
Quant au succès des émétiques et des purgatifs, on ne peut en dire autant, parce que , dans le plus grand nombre des cas où on emploie ces remèdes énergij ques , ils sont nuisibles et souvent fu— j nestcs. Ce qui est encore à remarquer, i c’est que la plupart de ceux qui mettent
I eu usage les émétiques et les purgatifs,
II ne le font que par la confiance qu’ils ac— || cordent aux sectateurs de la médecine Il évacuante, et non d’après les effets salu— é taires qui sont résultés de l’usage des
purgations. On sera convaincu de ce que j’avance en se reportant aux ])ropriele's (le ces med Ica mens.
Les eméllques sont des ïucidlcanicns tî ès-énergiques (pii agissent sur la contractilité inuscu'aire de l’estoinac, de inanièi'e à produire le vomissement. Ceux (jue l’on emploie le plus ordinairement sont l’cinel iijue ( larlrile de potasse antimonié) et ripi’cacuanlia.
On appelle gciiéralement purgatif, des niédicamens (pii déterminent la contractilité musculaire des gros intestins , et excitent la sécrétion des mucosités intestinales, provoipient l’action péristaltique, et la sortie des inalifTes fecales. D’après leur degré d’énergie on les divise en r7ii— noratifs ou purgatifs doux •, telles sont la manne ctlespulpesde tamarin et decasse; en cathartiques ou purgatlls moyens, tels sont les follicules de séné, la rhubarbe, le
sulOilo ùe soude, etc.; et cr\ drastiques ou purgatifs violens, tels (lue les feuilles de senc, le jr.lap , les résinés de scainmoncé et de jalap, la gomme gulte, etc.
Du mélange des émétiques et des purgatifs, résulte une autre espèce d'évacuant appelé é/72eVo-catliartique. Ce genre d’é— vacuaut agit eu dcterminant le vomissement et les selles; tel est le trop célèbre comf-purgatif.
Les éinéti(jues et les purgatifs étant chargés d'expulser des voies digestives, les matières fécales et hétérogènes qui y sont contenues , ne peuvent être regardés que comme des excitaus qui , lorscju'on eu prolonge l’usage , agissent comme des irritans. Aussi je ne m’arrêl erai point à réfuter les nombreuses acceptions données au mot purger, telles (]ue dissoudre , diiii— ser, subtiliser^ raréfier^ purifier^ etc. L’abfurdilc de pareilles accepti(ms est trop
bien démontrée parles propriétés incontestables des purgations ou médecines.
Que penser présentement d’une théorie qui admet que tout ce qui est impur se forme dans l’estomac etse répand ensuite, comme par irradiation, sous la forme d’une fumée dans toutes les parties du corps , pour revenir dans ce même organe et les intestins qui les attirent en même temps que le premier donne lieu à l’infection; lorsque la nature a voulu que les organes de la digestion , loin de recevoir lesViumeurs viciées du sang, préparent au contraire les matériaux de la nutrition qui sont directement versés dans le cercle circulatoire pour ne plus revenir dans les intesllns. Je vais, en donnant une description succincte des phénomènes delà digestion et de la nutrition, prouver comment il est impossible que les humeurs viciées puissent être attirées dans les voies
(iiî;cstivrs pnr l'usnge des YOini el loiiipurgal ifs.
Le corps humain ne s’entretient que par un mouvement Je composition etdc décomposition qui s’opère sans cesse pendant la vie. La nutrition, dernier acte de la digestion, est cl.argée de ce mouvement par lequel chaque molécule animale est remplacée par une autre; ce renouvellement a lieu par intussusception ^ c,c qui établit chez l’homme et les animaux un volume déterminé, dans les limites duquel ils sont ordinairement renfermés. Ce pliénoinène appartient entièrement à la vie organiipie ou nutritive qui a lieu par deux mouvemens opposés ; le premier tend à la composition organique ou l'as~ similation ^ et le second a la décomposition ou la désassimilation.
Il n’en est pa*} de même des corps ijior-
gamr|ues tels (jue les minéi’aux. Leur yo-
limip ett, illiiiiité parce qu’ils s’accrois.'eat par i’atiiiilioQ successive , à la masse déjà exislenlo , de nouvelles couches superpo sées et imlt'peiulanles entre elles. Il résulte encore de cette açjçji’égation une variété dans leur grosseur, ainsi que dan.s leur roriuc , ce qui n’existe j>as chez IMioinme. D’oii il est impossible d’éta!)hr sans déraisonneiq aucun parallèle entre les minéraux et les animaux, (^n peut eu dire autant de.s végétaux ( qui sont des êtres organisés et vi\ans), parce fjue , étant dépourvus de tube digestif, les foliotions par lcs(]ucl!cs ils SC cuuserveut , ne peuvent être comparées à celles des animaux. Que ])enscr maintenant de la comparaison suivante, étahiic par rinvcnteur du tonipurgah/.
«Lorsqu’un tciaaln se trouve épuise , et mie les bras de l’agriculteur en le re-
lor.niaiil , ne peut [dus lui rendre sa Iccoii-
dit e|)reini('“re, l’engraissp-l-il, c«’ clianip, en enlevant une partie do sa subslanoe? Einpcrte-t-il une quantité considtû’aldc de terre dans l’espoir (|ue le reste, livj'é àses propresforces, recouvrera sa vigueur et sa fécondité ? Il ne serait pas si sot j il n’enlève rien ; il soit (jue le terrain a perdu ses sucs nourriciers : il tàclie do lui en donner d’autres, et les encrais .dont il couvre sa surface ne inantjuent pas de rcpon Ire à ses voeux. Eh Ijieii ! dans celle seconde supposition , ce lei rain serait votre sang frappe d’épuisement, et cela dans tous les canaux par lesipiels il circule ; ce n’est point la portion seule mcicpque la saignée enlève ( (jui vous l’aurait révélé ainsi?) c’est toute la masse. Ainsi en ^ ous dépouillant d’une (;uantité quelconque de voli'c sang , vous n’aurez point piiiiiié le reste, ^ ous vous sei'cz appr uvri, ^ uus n’aurez rien répare , vous
aurez diminué tos forces déjà deiabrées, vous aurez dér obé au foyer de vie un resie (le cbaleur dont ce liquide est le conducteur le plus Incontestable. Mallieureux ! qu avez-vous à attendre de voire téniéritc... des regrets et des rollexious pénibles.., )i
11 ne manquerait plus que d'ajouter ; mettez du fumier dans \oti esang, eivous le réconforterez et le récbaullerez tout à la l’oi.s.
Pour éviter l’eireui' dans laquelle cet auteur et tant d’autres sout tombés, examinons ce qu’est la vie et j>ar quels plicnomènes elle s’entretient.
11 est impossible dedonner une définition e.xaete du mot vie adopté parles pbysiologistes, pour désigner le mode d’existence propre aux êtres oi gauisés. La vie, cbez les animaux, ne peut nous être connue que par les attributs suivans, (jue l’on ap-
pelle propriétés vitales; ces attributs sont la scasibllité, la motilité et la caloricité, propriétés vivifiantes de la matière organisée , et qui n’existent nullement dans le rèsne minéral. En effet les minéraux ne Joiiisscnt d’aucune sensibilité, ne sont susceptibles d’aucun mouvemement volontaire, et ne possèdent point, comme les êtres vivans, un bant degré de température ou de caloricité , pour ainsi dire invariable dans toutes les saisons, et sous toutes les latidudes. Les végétaux sont bien, comme les animaux, des corps organisés et vivans, mais ils ne peuvent, comme je viens de le dire , être comparés aux derniers, parce qu’ils sont dépourvus d’un tube digestif, et que, tirant leur nourriture du sol où ils sont fixés par des racines, ils ne sont point capables de déf.dacement volontaire.
L’origine de 1 nomme se perd dans la
nuit des temps; son mode do et cation, c’està-dire sa conception, est encore un mystère que la nature dérobe à nos sens. Pour éviter l’erreur, je prendrai rhoanne à partir de la conception jusqu’à la naissance , ensuite depuis la naissance jus(ju'à la mort; et sans cesser d’admirer la puissance de l’être suprême , au(|uel on rapporte toutes les causes premières, je pense (jueies opérations de ce grand tout ,1a nature, seront toujours iüCOunues. C’est poui (|uoi je n'irai point, le microscope i'i la main, scruter les molécules créatrices et constituantes de l’homme, etassigiierà cliacuiie une propriété tirée de sa fouine , de sa couleur et de sou volume, ppi'suailé cpie si nosv'eux nouslrompetil, les mieroseopes doivent à plus lot te raison nous Ironipei'. ]1 e^t \rai (ju’en pi’océdant de la sorte rien ne devient plus l'acile (|ue la seieuee medicale; ou cornineuce par lêver' sur la li,)i me et la iiatuie
d’une molécule , on prolonge son rêve et l’on finit par se persuader que l’on adonné à cette science si diiiicüe une ];ûse incljranlable.
Après la conception , les éléiaens f|ui doivent, en se développant, former un être vivant, sont réunis et confondus de telle sorte, qu'il est impossil)le à nos sens de saisir les premiers linéamens des organes du corps liuniain , ce n’est (ju’au fur et à mesure que l’on approche de l’époque de la naissance que l’on se forme une idée du développement de chacune des parties qui composent l'économie animale. Quoiqu’il en soit, riiomme est formé, à 1^’poque de la naissance , de lluides et de solides. Je pl.-'.ce les fluides avant les solides parce que les ovules fécondés qui se dclachent des ovaires pour être portés dans la matrice par l'inteîTnède des trompes de Fallope,ue renferment qu’un fluide séro-
gelatînrux contniant tous les nulimens de notre être. Ensuite parce que les fluides sont plus abondans <jue les soiides.
Rien n’est plus digne d’attirer notre attention que la manière dont se développe le germe liuinain dans la matrice, lequel peut être comparé à un parasite qui s’alimente aux dépens d’un autre jndiwdu.
Cet ovule ou penne une fois descendu
dans la cavité utérine, v contracte des adhérences de manière à former avec elle un corps continu. La partie adhérente de l’ovule à la matrice , appelée placenta , et que l’on peut regarder comme une greffe animale, est une sorte de tissu vasculaire qui s’abouche avec les artères et les veines utérines, et se continue ensuite avec les membranes qui servent d’enveloppe au fœtus. Le fœtus , renfermé dans ces membranes , communique avec le placenta au moyen du cordon ombilical qui contient
la veine et les artères du même nom : ce cordon s’insère à l’oiubilic ou l’auneau de l’entant. Je ne rappellerai point ici les opinions diverses sur l’oliice du placenta , je dirai seulement que cet organe reçoit des artères utérines, sang artériel de la mère pour être porté au fœtus par la veine ombilicale, leijuel sang, après avoir circulé chez le fœtus pour servir à sa nutrition, se trouve reporté au placenta par les artères ombilicales , et rentre dans le torrent de la circulation de la mèie par Iss veines utérines.
D'après ces divers phénomènes, ou ne saurait douter que la vie du fœtus ne soit enlièrerncnt cli'cuîatolrc et autritlve; d oîi l’on peut présumer que la vio animale étant pour ainsi dire nulle cliez le fœtus , le placenta sert à modirier l’action trop stimulaiile du sang artérl<d de la lèmmc, avant d’arriver au produit de la conception j
lü
que clir?, >ui (le fœtus) il ne peut s’opérer de digestion, parce qu’il serait alisurde de ci'oire quM se nourrit en avalant les eaux del’ainnios, contenues dans les niem- I)i’anes du placenta; enfin que c’est la mère, (jui seule esr chargée de la d'ge?tion des alinrens , dont les parties nutritives ne parviennent au fœtus qu’api'ès avoir parcouru la filière circulatoire de celle qui le porte dans son sein.
Parlant de ce principe, le système des liumoristes deviendrait plus nature! f|ue le système des proséltes des purgations, puisque chez l’homme, tout étant fluide à son origine, et les solides ne se développant que par l’afflux des fluides delà mère au fœtus; si la première est malade, le fruit qu’e le porte dans son sein [)put le devenir. D’oii je pense cpe , loin de vouloir attirer dans les voies digestives les lluidcs morhldes, il serait plus rationnel de s’at-
tacher à purifier la masse th s humours par dos nuùlicamons qui poiiont particuüèremonl leur aclionsurrapparoi! circulaloiro. Los purpaiifset les cmetitpios seront donc généralemontuuisiblos, parcequ’ils ne peu- A en!oxpulsordosinieslins(|ijclescxorcmons résidus dos alimons elles humours, qui no sont Torsces dans le tul)c digoslif(jue [)our servir à la digestion , lois (jue la salive , le suc géistriijne, la bile, losuc panci'eal iquo et riiumour muqueuse qui lubrifie la membrane intorno des organes digestifs; oetio d'ornière humour empêche rimprossion de'sagrêaijle que jjouriait faire éprouver le contact trop immédiat dos substances alimentaires. .Si l'oii passe ensuite à la Fuaiiière dont s’opèiu' la nutrition après In nais'ance , on sera d’autant plus convaiiicu de ce (luo j’avance.
.-\n moment o'o la naissance, l’enfanl se trou\o isolé do sa inèi ojH ne peut p'us on
( ir>4 )
recovoir de noerrilure , et devient forcé , poiir l’entretien de son existence, de se noia’rir par lui-même. Dès cet instant , le sang, qu’il recevait avant de naître , n’étant plus assez vivifiant , devient plus oxigénc par l’acte delà respiration nui en change, en même temps, le mode circulatoire •, et l’enfant est alors obligé d’introduire dans les voies digestives des ali-
mens (pi’il digère et qui fournissent à l’appareil de la circulation des matériaux mi- Iritifs semblables à ceux que sa mère digérait pour lui.
Dans les premiers temps de la naissance, il semble (jue la nature ait voulu <jucl entant ne s’iiabltiie que par degré à \ivre séparé lie celle qui lui a donné le jour, en se nom l issant de son lait. ÎMais à cette époque il digère ce lait , et c’est alors que commence la fonction digesti^e. Après <|nel rucs années, il se nourrir de tonies
sortes d’ali mens , et conserve ce genre de nourriture jusqu’à la mort.
L’homme, pour se nourrir, fait usage d’alimens solides et liquides. Les premiers se mâchent pour être divises et mêlés à la salive, et s’avaleut ; les seconds s’avalent seulement.
Les alimens, après avoir traversé i’œsophage , parviennent dans l’estomac et se mêlent au suc gastrique pour former une espèce de pâle appelée cliyme. Cette pâte traverse ensuite l’orifice piloriijiie et se rend dans le duodénum où elle se mêle avec les sucs biliaire et pancréatique versés dans cet intestin par les conduits excréteurs du foie et du pancréas pour séjourner dans les intestins grêles qui forïuent la suite du duodénum. Il (‘st hou d’oliser\ er fjue les alimens, une lois parvenus dans les voies digestives sous le nom de hol alimentaire, se trouvent mêlés, eu
les parcourant, avec une certaine ({uantite de mucus que secrète !a membrane intei ne du tube digestif, et ce mucus sert à la garantir de l’impression trop directe des substances alimentaires f|ui , sans lui, ne manqueraient pas de l’irriter et de i’f riflammer.
Le bol alimentaire, après av ir séjourné dans les intestins le temps necessaire pour que la digestion soit opérée, se partage , par le mélange de la l)ile et du suc pancréali(|ue, en deux parties distinctes, l’une biancliAlre appelée cbyle , et l’autre cncrénî'^ntiellr ou matières lérales. Cetteséparai ion a lieu de inanièi'e (jue le cliybq l!uid(’lnctirorine(]ui ccniieni lesmaténau'C de la nuirilion, se t rou' e toujours en contact avec la surface interne des intestins grêles [tour cli c porté dans le loi l'cnt de la cii’culation , tandis fpie le? matières f x-
rrcnieiititiellps , de coulfiir jaunâtre, qui doivenl passer dans les gros inteslins pour être chassées des voies digeslives, occupent le centre de la pulpe alimentaire.
A njesure cjiie le cl)\le est, sé[)arc du })ol alimentaire, U est en rapport avec les parciis des intestins et arrêté dans les valvules ennniventes , petits replis sémiluiiairestlela ineojhrane nnupieuse qui tapisse ces organes*, c'est dans ces valvules ou replis mein})i’aneux, que l’on rencontre !e plus grand nomhre des orifices absoi*- La ns cliylifcres. Ces orifices ;ib.t>rbans pompent tout le cbyle sé[>aré du bol alimentaire, tandis (]u'i!s se ferment à l’np- Yjî ocbe de» substances bélérogcnes et des matières excréineiititlelles. Lorsque tout le cbvie, [irodnit delà digestion , est alj— sorbe, bs matières exei éinentilielies jiassent dans bsgros intestins jinr In valvn'e
iléo- cœcale , dans lesquels elles s(-)ournent quelque temps avant d’èlre exj)ulsces par l’anus sous le nom d’excréinens , de matières l’èoales, ou slercorales.
On pourraiteroire (juerappareil digesti t est le seul auquel la nature a contié le soin d’emonder les substances assimilatrices de notre économie , lorsqu’une autre séi’ie d’organes, je \ eux dire l’appareil cii'culatoire y préside. Avant de déci ire eomnient s’opère la digc.stion ou l’élaboration du chyle une lois porté dans l’appareil circulatoire, il est nécessaire de se l'appeler les dilïV'i-e lices qui existent entre les deux produils qui résultent de la digestion des ahmens a|irès leur séjour dans les voies inleslinalcs , le ebylc et les matières lecales ou slercorales.
Le cil y le est la parlie la plus pui r séparée tie la [lulpe alimcnlan'c , qui se trouve
animalisce pendant la digestion. Il se présente sous la forme d’un (laide blanchâtre, d’une saveur douce et d’une consistance analogue à celle du lait. Il contient tous les matériaux propres à la nutrition , et po.ssctie toutes les cpialilés requises pour être saisi par les suçoirs absorljaus. Retiré du canal tboracbique d’un animal vivant, et livré au repos , il se sépare en deux parties; l’une concrète tibrineuse odVe une teinte rosée; l’autre conserve sa lluidité et présente les mêmes analogies que la sérosité du sang.
Les excremens ou les matières fécales sont le l'ésidu des alimens qui sont rejetés au dehors des voies digestives par 1 anus. Us sont formés des parties non assim datrices et coloi’ées p>ar la présence de la hile. Ils ne peuvent passer, d’après l’ordre naturel , dans le torrent de la eir-
culation , pcTi'ce que les vaisseaux clijlifères l’etVisent de se les approjii î"r , lorsqu’ils se [)rësentent aux orilices des su— çolres ahsorbaiis. Le ch\ le étant le seul produit de la digestion qui sert à la nutrition, lorsqu’il a acquis un second degrc d’animalisation en tiaversant laiilière circulatoire , sera le seul objet de notre discussion.
Décrire comment se lait l’claboralioa du cbvle en jjarcourant le système circulatoire, est un problème dillicile <à résoudre 3 cependant on peut s’en rendre compte jusqu’à un certain point, en j)orlant son attention sur l’animalisation du sang veineux lorsqu il traverse les poumons, ainsi cjue sur les voies émonctolrcs de ce même sang (|ui sont la transpiration j)u!monairc et eulauce et la sérrclion des
uj nies.
Le clivle/iine fois absorLé clans les intestins pur les vaisseaux cbylifères, est mêlé avec riiumeur séreuse que reçoit le canal iboracbique des vaisseaux lynipbatiques pour être versé dans la veine sousclavière gauche où se termine ce canal.
L’entrée du cliyle dans le torrent de la circulation , est annoncée par l’accélération du pouls, l’accroissement de la chaleur et la réconfortation de tous les organes. Parc enu dans la veine sous-clavière gauche , le ch vie se mêle au sang veineux, cjui revient aux poumons pour y recevoir un nouveau degi'é d'animalisation. I.,e sang veineux contient donc : 1“ une pallie du sang artériel cp.i n’a pu servirà la nutrition; d’où il résulte r|ue le sang veineux est plus ou moins noir et épais, lelon qu’on v rencontre plus ou moins de sang ox’géné; 2° le chyle; Z" la lymphe ; 4’^ enfin , toutes les
matières lie'tcrogènes apportées par les vaisseaux aLsorljans. Cequi concluil à coric.urequele chvleestuii lluiiierécrémentoexcréineiititicl , c’est-à-dire, (|ui possède tout ce (|ul est propre à l’assimilation, mais qui a besoin d’une seconde élaboration, pour acquérir le degré d’animalisation nécessaire à la nuli ition.
Après (jue le obvie a été versé dans la veine sous-clavière gauche , il parvient avec le sang veineux dans la veine cave inl’érieure, d’où ce mélange arrive bientôt dans l’oreillef le et le ventricule droits du cœur, pour cire porté aux poumons par les artères ])ulmonaires. Aussitôt ({ue le sang ve neux a pénétré l’organe pulmonaire , il se trouve en contact avec l’air que nous respirons, et y éprouve un changement subit : c’est alors que commence le second decré d'animalisation du chyle.
L’air est raliment nalurel de la respiration. Il environne notre c,lol)e en formant autour de lui une couclie plus on moins épaisse , appelée atmosphère. Ce fluide élasticjue est formé de vingl-et-une parties d’oxigène, de soixante-dix-neuf d’azote , d’une très-petite quantité de vapeur d’eau, et d’un atome d’acide caidjonirpie accidentellement formé. 11 s’introduit dans les poumons, pendant l’inspiration, qui est le moment ou s’exécute l’hématose , c’està-dire la transformation ou sang veineux en sang artériel. Comment s’opère ce changement? Est-il dû à la comljusliou inslentanée du carhone et de l'indi ogène du sang par i’oxigène contenu dans l’air inspiré, opération dont les poumons seraient en queh|ue sorte le laboratoire ; ou bien dépend-il de l’exhalation des matières hétérogènesdont le sangs’est chargé
dans le cours de la circulation , et de l’absorption par les lvni|)l)nli(pies , dn l’oxigène fondu dans les mucosités des bronches? Quoi qu’il en soit, le sang veineux , une fois en contact avec l’air r<q)andu dans les cellules du tissu pulmonaire , se trouve dépoiii lé des corps he't e'rogènes qu’il contenait, et de noir qu’il était devient d’un rouge vermeil et écumeux, et constitue le sang artériel Les matières charriées pai le sang veineux, qui ne peuvent servir à l’assimilation, sont rejetées au dehoi’s avec la transpiration pulmonaire, ce (jui a ’ieu pendant l’expii ation.
L’air expiré entraîne avec lui l’eau et l’acide carbonic(ue dont le sang était surchargé. Il a pei-du alors cjuatre à cinq centièmes d’oxigène ; Tazote reste dans la même proportion, et l’acide carbonitjue paraît remplacer à peu près la pei’te de 1 air vital. On trouve encore dans l’air expiré,
une petite quantité cl'hvüi ogène , une vapeur ac|ueuse plus ou moins al>oiulante , due à la transpiration pulmonaire j entin des matières animales incoercibles , capables de vicier l'air où elles se répandent.
Après rhématose ou la sanguilication artérielle, ou voit (pie le clivle a dû éprouver, de même que le sang veineux qui le cbariait, un changement incontestable-, c’est-à-dire qu'il doit avoir acquis un second degré d’animalisation en se trouvant élaboré dans les organes de la resjiiration, où il e t au>sit('jt mêlé d’une manière intime avec le sang artériel auquel il donne bs pi opriélés nutrllives : c’est pourquoi le sang ai lérii 1 seulement contient les parties üliim-ntaires les plus animalisécs (pii doiv eut seri ir à ia nuti ilion.
Il existe deux autres fonction-' énioiic— loires des (liiidi s assimilai eues , dont il est dilbcile de démontrer l'exéculion d’une
manière précisé. Ces fonctions sont la transpiration cutanée et la sécrétion des urines. En effet , comment se forme l’humeur traiispiratoire et Tui ine? Est-ce au moyen d’un ap[)areil circulatoi) e e^ilialant intermédiaire au syslèiuc ca|jil!aii e des artères des veines et des ahsorbans? Rien ne prouve l’existance de ce système , et les injections les plus linos ont démontré que ce Sont les radicules les plus déliées des artères qui forment ce que l’on peut appeller système exhalant.
Ce qui tendrait à faire croire que la tiansplralion, et la sécrétion d('s urines, ne sont que des fonctions émonctoires du sang artériel , lequel se dégage des matières hétérogènescjui, d’après l<‘ur plus ou moins haut degré d’aiilmalisation , ne peuvent s’assimile]' à notre propre substance , c’est <pie si l’on exauiine avec attention comment s’ojière la sécrétion des urines, on
verra que deux artères très-grosses, appelées rénales, pénètrent par une quantité innoinbraljle de rameaux, le tissu des reins, et que, dans un très-court espace de temps, cet organe est traversé par un volume coiisidérahle de sang ^ d’où il est permis de présumer que le sang des artères rénales, à mesure qa’i! est l’eprls par les veines du même nom, se dépouille, par des radicules très-déliées de ces artères (jue l’on peut appeler vaisseaux exlialans, des matièi-es hétérogènes qu’il contient; et cequi semhle le prouver, c’est que l’urine est un Üuide qui renferme le |)lus de substances provenant du sang artéilel.
Je pense donc fjue les matières destinées à la nutrition éprouvent ti ois sortes db laborations. La première a lieu dans les organes digestifs dont l’éinonciion se fait hOus le nom de matière fécale; la seconde est opérée dans l’appareil de In lesjiiiation ;
les matières noi) assimilatrices sont rejetées avec riiunieur de la transpiration ])ulmonaire pendant i’espiralinn ; enfin la troisièineesteirectuée dans !e système artériel dont les voies éinonctoii'es sont la transpiration cutanée et l’appareil urinaire.
A mesure que le sanj:; arléiiel se forme dans les poumons, il se rend à roreillelle et au \ eniricule gauclies du cœur par i’intermède des \t incs pulmonaires; le v(-nlricide qauclie se contracte ensuite et pousse le sang ariéi ici dan< l’artèi e aorte , d’où il est porté dans toutes les parties du corps, en pénéli ant jusqu’aux dernièi es l adiculcs de l’arbre art crie! : c'cst aloi s (jiie commence la nulrilion.
La nul; il ion s’opère par deux imnivemens opjiosrs ; l as'^imdal'on et la désassinnlalimi , c'est-à-dii’e le i enijilacemcnt d’une molécule intégrante de nos organes jiar nnc! molécule r.nlnl : vcou assonilatrice,
travail organique qui l'enouvelle sans cesse les parties flont se eoiiipose le corps liiiinaiii. Celte rénovalion universelle a été lixee j)ar ipieUjues aiifeiirs à la révolulion de sept aimées; d’autres en ont al»rége le terni'^ en ne la [lortant fju’à la période de trois ans. .Mais ces époques sont ar’uitraires parce cju'il est prol'.ahle que le temps de la rénovalion du coi ps liiimain doit varier pour charjue organe en raison de sa viia— lité particuüèi'c , cl pour les svstêmes en géuéi al , en l aison de l’age , du sexe et d’une foule de circonslances. 11 est facile (le concevoir (jiuî la nutrit ion ([ui, de même qu'' les aulres fonctions, se trouve sous la dépendance immédiate des forces de la vie, ne doit "pas présente]- jdus de conslanre ([u'elles dans ia mai clie et dans la (iurée des différens nct''s (;ui la consliluent.
L'aceroissement du roiqis dans! a jeunesse» l’f inlKHipoint dans l’àge adulte, et la conso"
( ISO ;
lidationprompte des plaies et des fractures daiiscesdeuxàgesaiinoiicenr qu’à celle ëpoquede la vie, il va une prédominance iiiarquee du mouvemeut d’exlialation nutritive sur celui de l’absorptiou coivcs[)Oudaute.
Tn etl'et inverse se remarque dans la vieillesse, dans ramaigi issemenl , tlaus l’alroplile, ou dans ridcéialion lente et spontanée des organes.
Pour se coin aincre de la mobilité perpcluelle de la matière organisée, et de la jiromptil mie avec la(|uelle celte même matière est renouvelée dans le jeune âge, il ne faut (|uc nom rir un animai avec des alimens auxquels on a mêle de la gaiam c , (tout, en ce cas, s’impreigneul les malei iaiix de la uuti'ilion , en oljcissaut au mouveinenl de composition et de décoiiqiosition.
Le mécanisme de la mitnlion s elleetae de la niaiiièie suivante : les exlialans ai-
( ISl )
te'riels fournissent à cl/acun des organes lessubstances propres à rcparerleurs pertes et à les nourrir; tandis que les molécules constituantes de ces mêmes organes n’étant plus assez aniinalisées , sont saisies parles vaisseaux absorbaus et versées dans le systèjue veineux pour être aniinalisées de nouveau dans les organes pulmonaires.
Les bumeurs viciées développées dans une des parties du corps liumain peuvent être alisorbées delà même manière; par exemple la résorption du pus dans les métastases.
Il faut joindre à ces pbcnomènes , la caloî ilication, action par laquelle les corps organisés conservent leur chaleur propre au milieu des variations de température de ratbinospbère ; et l’on aura une idée assez complette du tableau physiologique de la vie organi(|ue. Le calorique est introduit dans notre corps avec lessubstan-
ces sur lesquelles s'exerce la digestion, l’absorption, et suitout la respiration. Le feu ou calorique extérieur ne contribue à la calorification (^u’en s’opposant à la sortie du feu ou calorique intérieur, et en entretenant la force tonique des organes nécessaires pour que cette sorte de sécrétion ait lieu. D’où l’on voit qu’il faut admettre quelque dilférence entre le calorique intérieur ou vital, et le calorique extérieur ou physique.
D’apres cet aperçu physiologique, il est facile de concevoir que de toutes les substances introduites dans les voies digestives , il ne passe dans le torrent de la circulation ipie celles qui peuvent ètreabsor- })ées par les vaisseaux chylifères, tandis cpie les autres sont rejetées au dehors sous le nom d’exercmens ou de matières fécales; ensuite c’est qu’une fois que les parties mili lLivcs ou autres, parcourent le l'crele
circulatoire, elles ne peuvent plus revenir dans le tube intestinal ,puisqu’ellestrouvent des voies d’évacualion par les organes pulmonaires et cutanées sous la fornip d'exbidalion ( la transpiration ) ■ et par l’appareil urinaire , sous le nom d’urine.
iVIalgré cpie la \ ie oi’gauique ou nutritive soit le principe et l’entretien de l’existence de l’homme , il est d’autres fonctions non moins importâmes qui -veillent à notre conservation , et dont la vie organique ne peut se passer. C’est pourquoi avant de prouver combien il est facile de créer une théorie au luoven de lacjuelle il semble (jue l’on doit guérir infailliblement toutes les maladies, il est nécessaire de donner un léger aperçu des fonctions de la vie animale 5 c’est-à-dire des fonctions qui nous mettent en relation avec les corps environnans.
Un appareil sensilii', répandu dans
toutes les parties de notre économie , et ayant pour centre commun le cerveau, le cervelet, la moelle allongée et la moelle épinière, préside aux fonctions de relation. Les nerfs sont les organes qui transmettent au sensoriiirn commune toutes les impressions faites surie cor ps humain par les objets qui l’environnent. Ces mêmes orcanes nous ti’ansmettent en
même temps la douleur fini résulte d'un trouble quelconque dans les fonctions , ou dans les parties constituantes de notre être. 11 en résulte que le svstème nerveux nous donne seulement la connai.ssance de deux sensations directes ; l’une pénible, et l’autre acrcable. Les nerfs jouissent encore d’une autre faculté qui agit en sens inverse de la première; c’est cette facidté par laquelle riioinme peut , d’api ès sa volonté, s’approcher et s’éloigner des objets f[ui rentourent ; Ic.s saisT ou les i cpousser.
( loa )
On voit quo les nerfs sont chargés de deux fonctions importantes à la vie ; la première de transmettre an cerveau toutes les sensations que nous éprouvons; la seconde de déterminer le mouvement des parties du corps d’après la volonté. Ces deux fonctions s’exécutent en sens inverse l’une de l’autre , et de telle sorte (jiie pour la première ( les sensations ) le Iluide jierveux est comme impulsé de l’extérieur ou de la périphérie du corps h l’intérieur, c’est-à-dire au sensorium commune ; la seconde, au c ontraire, détermine la locomotion ou le mouvement ])ar une impulsion ou excitation des fluides nerveux de l’intérieur à l’extérieur, c’est-à-dire, du cerveau et de scs dépendances à tous les muscles qui reçoivent des nei'fs. On peut, pour plus de clarté, admettre (|ii’il est des nerfs entièrement sensitifs, savoir; les nerfs
optiques ou des organes de la vue; les
nerfs acoustiques , portions luoUes des septièmes paires, ou nerfs des organes de l’ouïe j les nerfs olfactifs ou nerl's de Todorat, et les rameaux gnstal ifsdes cirif[uièmes paires ou nerfs trijumaux , servant a l’organe du goût; les autres qui president au touclier sont à la fois sensitifs et locomoteurs.
11 existe un autre ordre de nerfs qui servent à modifier racliou trop stimulante des nerfs de la vie animale, et à lier par des rapports sympathiques les organes de cette même vie , avec ceux de la vie organique; ce sont les nerfs gangllonaires. Ces nerfs sont ceux qui naissent des ganglions ophta.lmiques ou lenticulaires, sphèno-palaliiis ou de nickel , et surtout des ganglions des grands sympathifjues ou nerfs tri-sp!anclmiques : d’où je présume que les ganglions sont des corps intermédiaii'es entre les nerfs de la vie organique
et ceux de la vie animale , cliarges de diminuer raction trop vitale des derniers.
Ce qui paraît le prouver , c’est l’anastomose des nerfs ganglioiiaires avec ceux de la huitième paire ou pneumo-gasfrique qui seinhle être une sentinelle placée exprès par la nature pour avertir l’encéphale des troubles qui existent dans les fonctions delà vie organique, et rétablir la continuation dfs autres nerfs de la vie animale, interrompue par la présence des ganglions nei'veux. C’est pourquoi la vie de l’homme étant régie par les lois qui émanent de la vie organique et delà vie animale, il fallait que les opéi’atious de l’une et de l’autre fusseiit en rappoit et en harmonie , pour que les phénomènes vitaux s’exécutassent arec régularité. Aussi voiton, lorsijue cette harmonie cesse, que ruxaltat iou du sv'Slème de lu vie oreaninue dél ernnr.e cfd'e du s\stèin,ede la vie animai e , rt ucr.^a.
Afin de donner une idée de ce que J’avance, je vais établir un rapprocbeinent entre les ganglions du grand sympatbiijue et ceux qui se rencontrent dans d’autres pai’lies du corps liuinain J-' prendrai seulement pour exemple les ganglions opbtaliniijues et sphéno-palatins.
Le ganglion opbtuhnique ou lenticulaire est le plus petit de tous ceux du coi ps humain. Il tire son origine d’un filet du nerf nasal et d’un rameau gros et court cjue fournit la branche inférieure de la troisième paire, ou nerf moteur commun des yeux ; ensuite ce ganglion donne naissance aux nerfs ciliaires qui sont très-déliés et l’éunis en deux faisceaux , dont l'im supérieur est l'ormé de moins de filets que l'autre. Le premier faisceau se divise en cim} ou six filets qui marchent parallèlement le long de la partie interne et supérieure du nerf opticjue, (ju’ils accom-
)us(|u’aii "loîje Je rcell. Le second faisceau «'■st situe au cûfo exiernc du nerf optique ; il se divise en im ^rund nombre de blets dont les uns marclient le long du côte externe et inférieur du nerfoptique , et les autres passent au-dessous d(’ ce nerf, et croisent sa direction pour gagner son côte interne et se rendre au globe de Tad!. Les nerfs ciliaires, au nomlire (bîdouzeou (juatorzp, ti a versent oblicjuement la scléroti«iue,et se rendent au cercle ciliaire, où lisse divisent en un grand nombre de tilrtuieus([ni se répandent entièr<'inent dans ri r is.
Le ganglion spbcno -palatin reçoit un rameau ilu nerf maxillaire supérieur. 11 est situé au sommet de la fosse z\ gomali(jue ; sa toi ine est tidanguluire. I.,es runmau'; auxquels il donne nais: a nce peuvent ôtie distingués en postérieur, en interne fl en intérieur. Le ïameau postérieur de ce
lù'
( IGO )
i;aii«lion est leiierf vifüeu ou j)1cTi'^oï.Jir n. Ce rniîieau s’iüîrGtluil claus le canal prat!(jué à la hase de l’apophrse ])teri£;oide , e!, le parcoiirl d’avant en arrière. Dans rinlfd'lenr (!e ce canal il donne (juelques li.els fn.ii forlen! par les trous [>rati(jiiés à sa face interne, et vont se distrihuer à la ]iorlion le incinbi ane pituilairc qui 1a|.iisse la paiiic postérieure et supciieure des lofSf's nasales, et sur celle (jui s’etend vers l’orincc delà tnnnpe d’I.usiachc. Lorsque le nerl' vidien a Iravei'sé le canal de ce nom, il pcnèti e la mh-tance cartilagineuse qui remplit le trou dccliiré anterieur et se divine ri) deux idels , i'un supérieur plus petit , et l’autre intorieur plus gros.
Le preruiei' rentre dans le crâne entre le l)or<l antéi ieur du i oclier et la grande ;,i!e du rplicno'ide, j.asse sousle nertmaxill.-.irc iiilci ieur ,et s’engage lians une gouttière creusce sur la lace supérieure du ro-
( lai )
ciifi' jusqu’à l'hyaius Fallopiï. Il pouètre par celle oiiverluî’e dans Taqueduc de Fûllopo , et va se joindre au tronc de la portion dure de la seplièine paire. Le second s'iulrodiiil dans le canal earolidieu, el descend eusuile le long de Tarière carotide pour s’anaslomoser avec le fi'el que la sixième paire envoie dans ce canal.
Ce (ilet en sort ensuite avec celui de la sixième paire pour se confondre avec Textrcmiîc supcriein edii ganglion cervical supérieur du gr and synipalliique. Les autres nei !s que le ganglion spliéno-palatin produit iToiTrcnt rien de l’cmarquable , ils se dislribiient :i la niembrane piluilaire , au voile du palais et à ses différens muscles, an)<-i qu’à la niem'irane jralafine.
Le grand synqrilhique ou nerf i r!-splanclinique e.sl p r iiujipalenient formcpai’ les ne; fs d" la moèlle epiuirre. Il offre Irois portioi.s :l;sl :ij' les, i’uiie cen icale, i’au're
(,iG2 )
pectorale et la troisième ventrale ou nb- (loniînale.
La portion cervicale prcseute trois "angllons, savoir un supérieur, un moyeu et un iiiforieur.
Le ganglion cervical r-upérieur reçoit lin filet tlu nerf vitlicn j trois ou c|uatre filets de l’anse nerveuse qui résulte de l’auastomose de la branche antib'ieure de la première paire cerv icale avec un rameau de la liranche inférieure di’ la seconde, ainsi qu’un filet particulier assez gros de cette dernière pâli e ; enfin il reçoit des filets de la troisième , de la quatrième, de la liintièine et de la neuvième paires cérébrales. Ce ganglion fournit [ilu sieurs filets rougeâlres qui donnent naissance à un petit gangl.on, et à plusieurs plexus qui se contournent autour des artères principales du col , qq'lls aeeonqiagnent jusiju'à leui’S deniières ramilica-
lions; ensuite il produit d’autres filels (|ul suivent les divisions des nerfs qui se rendent à la langue , au plinrvnx , au larynx, etc. ; parmi ces filets, il est un rameau remarquable appelé nerf cardiaque supérieur. La partie inférieure du ganglion cervical supérieur, dégénèi e en un cordon fort menu (jui se perd dans le ganglion cervical moyeu, lorsqu’il existe; ce cordon nerveux donne dans son trajet des filets aux parties environnantes, et en reçoit de la quatrième et de la cinquième paires cervicales.
Le ganglion cervical moyen reçoit des filets de la quatrième , de la cinquième, de la sixième paires cervicales et de la brandie du ganglion cervical supérieur. îl fournit des filets aux diverses parties du roi ; les principaux et les plus nombreux pénètrent dans la jioilrinc et concourent il former les ’ilexus cardiacjucs ou du cœur.
Lo gi’.nglior. corvical inférieur reçoit plusieurs rameaux assez gros des hrariclies auléricuresde la six éine, delà septième , de !a liu'iièiue paires cervicales, et de U première dorsale ; il eommimifjue ensuite avec des rdetsdu ganglion cei vical mo^ eu. <ie ganglion jiarlicipe à la foi inution des pif'xiis cardiaques ([ui sont au iioaibre de trois.
La poil ion peci orale est composée d'i.ne séi'ie de ganglions et de l anieaux de nerfs assez gros, fournis par les l)ran- < In's aulérieures des neifs dorsaux. Cliacuu ü(^ ces ganglions donne naissance a des iücls déliés <jui pénètient dans la l'aeinc du poumon et einelc)ppe l’artère r.oj'ie descei:dai.1e autour do hujuelle îls founent une espèce de plexus. Les rameaux les }) us .appai ens sont ceux (jui , en .se îcunitsaiil , prode isenl, les nerfssplantl'iii.jurs grau(i et petit ; cesra .sont
au nombcf' de ti oisou de ijuatre, et donnent des îdets aux piliei’s du nuiscle diapliragiue , en même temps C|ii’ils produisent les neifs splaaclmiques. Bientôt ces nerfs traversent les fd>res cliarnues du diapljragiiie , et pénètrent dans l’abdomen. Le [letit splaucbulquc se jelle dans le plexus rénal.
La portion ventrale du grand sympatbi(iue est formée par les deux splanclmiques. Aussitôt que le gî’and splauclmique a traversé les piliers du dlapbragme , Il lournlt un ganglion coasidci’able , appelé sémi-lunaire. Ce gang Ion est en partie appuvé sur le pilier du diaphragme, et en partie sur l'aorte , au-dessus de la capsule atrabilaire, et un peu plus en arriire. Sa forme appi ocbe de celle d’un crol.'^sant. il est situé oblifjuenu-nl -, de sorte (jue sa convexité regarile eu debors et sa concavité en dedans et eu haut. Sou extrémité
( iOG )
siipci'ÎPiii’e est ioiirnce eu deliors cl tient au li'ouc (lu gi’ant! S|)laucliui(jue ; sou exticiiiité inferieure se dirice en dedans, et se rencouli e avec celle du l’anglion sémi— lunaire du cùlc opposé. Queltjuefois, au lieud’ un seul ganglion , ou eu trouve plusieurs qui , réunis , foriueut une espèce de plexus t(M)antlieu de ganglion séiui-lunaire. La j)ar!ie supérieure concave de ce ganglion produit quel(|ues filets (jui accompagnenirarlère diapliragiuatitjue inférieure, se portent au pilier du diaphragme et à la face concave de ce muscle, où ils s’aiiastomosont avec le nerf diaphragmatique. Ces lilels forment (juelquefois un petit eauiiliou avant de se distribuer au diaphragme. Tous les autres points du ganglion sémi-hinaire , mais sui tout ceux de son bord inférieur , fournissent un grand nombre de filets qui se port en tau de vaut de l’aorte , et au-dessus et au-dessous du tronc
cœliaque et de la mesentérlque supérieure, où ils se joignent et s’entrelacent avec ceux qui partent du ganglion soini-lunaire du côté opposé, pour former autour de l’artère cœliaque un plexus considérable, appelé plexus soléaire. Ce plexus est formé par des rameaux qui viennent des cordons stomachiques anléi ieurs et postérieurs de la huitième paire , et surtout du postérieur. C'est duplexus soléaire que partent toiisles autres plexus qui se distribuent aux viscères abdominaux; tels que le plexus coronaire stomachique, le plexus hépalhique , le plexus splénique , le plexus mésentérique commun et le plexus rénal.
Après aroir fourni b? ganglion sémi-Iunaire , ie grand splanchnique se continue, en suivant la partie antérieure latérale du corps de toutes les vertèbres des lombes, le long du bord antérieur du psoas, couvert du côté gauche par l’artère aorte. Dans ce
trajet, il reçoit un ou deux filets de la branche antérieure de chaque paire lombaire. Aux endroits où ces filets s’unissent au tronc du grand sympathique, on remarque des ganglions que l’on nomme lombaires. Ces ganglions sont ordinairement au nombre de cinq. La portion lombaire du grand sympathique donne un nombre indéterminé de filets qui vont se joindre aux dilférens plexus abdominaux , surtout à celui que l’on nomme mésantérique.
Arrivé à la partie Inférieure de la colonne vertébrale, le tronc du grand sympathique diminue de grosseur , et s’enfonce dans l’excavation du bassin, où il communique avec des filets des nerfs sacrés , et avec le jilexus hypogastrique fourni par les paires sacrées avec lesquelles il se confond en se terminant.
Si l’on fait présentement attention à la nature des ganglions dont je viens de
parler, ou reconnaît qu’ils sont tous d’une couleur rougeâtre et d’une consistance asscz molle; que tous reçoivent des nerfs de la vie animale, et qu’il en part des cordons et des filets nerveux qui se dislribuen t à des or5anes dont les fonctions sont indépendantes de la volonté; tels sont par exemple les nerfs ciliaires que j’ai dit se rendre à l’iris, membrane contractile qui se relâche et se resserre sous l’impression des ravons lumineux , sans que la volonté V préside; il en est de même des anasto— ses du nerf vidien avec la portion dure de la septième paire de nerfs par rapport aux organes de l’ouie , enfin les nerfs qui naissent des ganglions du grand sympathique , pour se distribuer aux organes de la digestion, rendent leurs fonctions entièrement indépendantes de la volonté.
On peut encore faire un rapprochement entre les organes de la sensibilité et ceux de la nutrition.
( no )
L’anatomie démontré que tous les nerfs ont pour centre comnmn le cerveau et ses dcppudances, qui sont le cervelet et la inoeile épii>ière. De lucnie le système circulatoire a pour centre commun le cœur et les poumons. Le système circulatoire, compare au système nerveux (les nerfs de la vie animal cet ceux de ia vie organi(|ue), peut être divise eu système exhalant et en svsième absorbant j le premier ou exhalant sont les artères; le second ou absorbant sont les veines et les vaisseaux hinpliatiques , organes circulatoires étroitement liés ensemble. Les crlères qui partent des poumons et du cceur transmettent les tluides vitaux dans toutes les parties du corps ; tandis que les vemes et les absorbans reportent au cœur et aux poumons les (b.ides ciui ne peuvent servir à la nutrition oii qui doivent être claboi’és et aniuiabses de nouveau avant de seiva' à l'assiinilallun.
LesgangHons Ivmplialiqaes présentent, couinie les ganglions nerveux , des plic'nomènes dignes de remarque , et qui peuvent servir à démontrer l’accord parlait qui doit exister entre les fonctions organiques et les fonctions animales , c’est-àdire entre la nutrition et la sensibilité.
Les ganglions Ivnqjliatiques improprement appelés glandes , sont des corps rougeâtres dans lesquels les vaisseaux lymphatiques se ramifient avant d’arriver au troue commun de leur système, le caïud thoracliique. lis sont répandus dans presque tontes les parties du corps, et particulièrement aux endroits où les vaisseaux sont le plus apparens, par exemple le ventre, la poitrine, le cou , les aisselles et les aines. f.esoiganes circulatoires soiit tantôt isolés et tantôt rassemldés en forme de
grappe.
J.d couh ur des ganrjion'^ est générale-
ment rougeâtre. Cependant cette couleur varie dans les cliflercntes parties du corps, et selon diverses circonstances. Ceux qui sont îminédiatenient sous la peau sont plus ronges que ceux qui sont renfermés dans le bas-ventre et la poitrine. Chez les jeunes sujets, ils sont plus ronges que chez les su jets avancés en âge. Ceux qui environnent la racine des poumons sont bleuâtres et souvent noirs. Au reste la couleur des ganglions lympatbiques peut varier selon les linides qui les traversent , c'est pourquoi lorsqu’ils reçoivent le cbvle ils sont pins blancs que dans toute autre circonstance. Lorsque les sujets sont atteints de jaunisse, les ganglions lyinpalbi(|ues acquièrent une couleur jaunâtre, surtout ceux qui sont situés aux environs du foie.
La consistance des ganglions lympatiques est variable 5 en général ceux qui occupent les parties les plus extérieures ,
sont plûs fermes, et soutiennent, lorsqu’on les injecte, une plus forte colonne de mercure sans se rompre , que ceux situés dans la poitrine et le venire, surtout ceux du mésentère qui se rompent facilement. *
Les ganglions Ijmpilialiques sont enveloppés par une membrane ou tunique celluleuse. Leur substance est formée parles circonvolutions et les divers entrelacemens des vaisseaux sanguins ellympatiqnesunis au moven d’un tissu cellulaire très-délié. Les vaisseaux Kinpalhiques qui entrent dans la texture des ganglions du même nom , sont de deux espèces 5 les premiers, appelés déférons , les pénètrent ; les seconds , nommés alTérens, en sortent. Ce qui prouve que les fluides absorbés séjournent un certain temps dans ces pelotons vasculaires pour y éprouver un cbangement quelconque avant de parvenir au canal ihorachlque.
Si r 'on porte prcseiileiuenl son atteniioij sur l’usage des ganglions lympatiques, on \oit que les iluides alisorljcs , surtout leclivle, doivent en les paieoarant, être impressionnés de manière à a<-quérir un premier degré d’animalisation. Pourquoi ne pourrait- on pas admettre (pie le fluide nerveux de la vie animale éprouve aussi, en IraNersaul les ganglions de l’appareil sensitir, un cliaiigement (jui tempère son trop liaiit degré d’énergie Ce qui semble venir ;i l'appui de cette assertion , c’est cjue, de même (jue les vaisseaux Ivmplialiques déférent et ailcrens se ramifu ni et se coufondciil dans ieur.s ganglions, de même aussi les nerfs de la viear.niu de et orgaui([uese conloiulenl dans les ganglions nerveux. Les ganglions 1\ mpbatiijues et nerveux agiraient donc eu sens iinei'se; c’est-à-dire <pie les premiers augmenteraient la vitalité des fiiiules absorbés t et
les seconds diminueraient Taction trop stimulante du fluide nerveux de la vie animale.
D'après ce simple expose physiologique, on doit voir que l’existence de riiouime est entièrement suhorclonnée à renchaînement des fonctions nutritives ou delà vie organique avec les fonctions de la vie animale 5 c’est-à-dire que la vie organique se trouve fondue avec la vie animale , de telle sorte , qu’elles se prêtent des secours mutuels indispensables à la vitalité. 11 résulte encore de là que si la vie organique est chargée de l’entretien et de la nutrition des organes du corps humain , la vie animale à son tour est chargée de leur donner la sensibilité et le mouvement.
Lorsqu’on est parfaitement imbu des plîénomènes e.'^^senticls à la vie, i-ien n’est plus facile fjiie l’exercice de l’art de gué-
rirj mais coinl)îP7i l^ur élude de
veilles et de fatigues. Je vais présentement prouvei’ à coudiien de dangers on s'expose en s’éloignant des lois de la pliysiologie, sut tout en adoptant une méthode évacuante (pii réclame radministration des éinctiipies et des purgalils.
Le mode d’action des éniélicpies et des jnirgatifs, étant , comme je l’ai déjà dit, de délei miner la contractilité musculaire de l'estomac et des intestins, il n’est rien de ]dus dangereux (pie les théories basées sur l’emploi exclusifde ces mcdicamens, surtout lors(pi’iis sont énergiques.
On pourrait m’objecter que le vomissement j)ouvant être regardé, ainsi (jue l’expulsion des inati(';res fécales , comme une contraction natarclle par laquelle l’estomac se débarrasse des corps qui le surchargent , faire vomir au début des maladies, surtout des liè\res dites essen-
tiplles, et ensuite purger, c’est agir rationnellement. i\Iais si l’on fait alteiilion que toutes les parties de l’organisme sont irritables, et que dans les maladies des voies digestives qui sont les plus fréquentes, les envies de vomir et le vomls- SPinent lui-même sont dus à une excitation ou à l'irritation de l’estomac , les émétiques et les purgatifs ne peuvent agir alors que comme des irritans capables d’augmenter la disposition inüammatoire, et l'Inflammation elle-même lorsqu’elle existe. Je dirai plus, il est/les cas où les purgatifs, et surtout les émétiques, agissent comme poison.
Outre les aecldens locaux que produi- .sent ordinairement ces médicnmens, il en est d’autres auxquels ils donnent lieu sympathiquement , tels que les inflammations du foie et des organes encéphaliques -, CCS derniers surtout jouent un
grand rôle dans Ips afï’pctions dps voies digestives avec lesquels ils sont lies de sympailiie par les anastomoses des liuitième paires de iierl’s avec les plexus soleaire. Ce plexus prouve encore coni- ])ieii les fonctions de la vie organique et animale sont clroilement liées ensemble, puisqu’il est parfdis si vivemement iiujn essionne par les émotions \ i\ es de ràme, que la mort suljile peut être la suite de la suspension totale de l’exercice des fonctions nutritives ou organiques et du diaphragme. Je parle ici du diaphragme , parce que ce muscle , qui ’préside aux fonctions nutritives en servant à la respiration , reçoit des nerfs de la vie organi(jue , qui rendent ses contractions indépendantes de la volonté, ce qui me fait présumer que la mort subite déterminée par les alfections vives de l’âme, peut être attribuée à la paralysie du dia-
phragine , de même qu’à la suspensoin des fonctions nutritives.
Si présentement on se rappelle que la vie n’est que le résultat d'une excitation intérieure et extérieure, et que cette excitation, lorsqu’elle devient trop forte, détermine diflérens troubles dans les fonctions vitales, que penser de ces ignares qui, avides d’argent et pleins d’indifférence pour la vie de leurs semblables , leur vendent des médicamens capables d’amener une sur-excltallon , ou l’augmenter lorsqu’elle existe? Ne peut-on pas les comparer à des fous qui , pour éteindre le feu , auraient recouis à l’huile bouillante, ou toute autre matière combustible? Les dangers du vomi-purgatif sont trop bien connus , d’après les accidens funestes auxquels a donné lieu son usage , pour en parler ici. Quant au toni-purgatif, dont l’inventeur semble avoir voulu masquer les
( iHO )
désavantagés comme purgation, en iui attribuant uneveitu tonique, je dirai seulement que rien n’est plus contradictoire que les deux modes d’actions médicamenteuses dévolues à ce remède , puisque les propriétés toniques etpui gatives doivent se détruire réciproquement ; les toniques en forçant les organes digestifs à garder les sidistanccs qui y sont injectées, et les purgatifs en les forçant au contraire à les rejetter au dehors. Cependant si l’on suppose que c’est ainsi qu’il convient de raisonner en médecine, je vais, comme je l’ai promis, prouver (pie rien n’est plus facile (pie d’inventer de pareilles théories j et j’en \ais choisir une qui, au premier coup d’œil , paraîtra raisonnable aux yeux de ceux qui ignorent entièrement les principes de l'art de guérir.
Tous les tissus de l’économie étant irritables , et par cette raison , sujets à s’en-
llamraer, je trouve pour pi emière indication dans le traitement des maladiesl’usage des rafraîchïssans et des émollients ; les résidus des substances alimentaires connues sous le nom de matières técales , ayant souvent de la peine à être rejetces, je vois pour deuxième indication les laxatifs; les bumeurs circulatoires lorsqu’elles sont viciées ayant pour voies d’e'puration la transpiration et la sécrétion urinaire, je reconnais pour troisième indication l’emploi àes sudorifiques et des diurétiques ; le système nerveux étant susceptible d’affections variées qui lui «-ont propres, j’admets pour quatrième indication , l’usage des antispasmodiques Cl (les caïmans; enfin dans l’intention de piévenir le relâchement ou la faiblesse des parties du corps bumai n , je rencontre pour dernière indication, les toniques et les excilans.
Persuadé (jue chacun de ces médica-
mens, une fois inlrocliût dans les Toies digestives, doit arriver à sa destination , je les nicle et les combine, et j’en forme un remède spécifique et même infaillible, cjui ne peut manquer d’ol)tenir un succès incontestable dans toutes les maladies. J’exploite aussitôt en grand les plantes éiuollentes, rafraîcliissantes , laxatives, sudorifiques, etc. Je fais macérer une quantité de ces plantes dans des lîarriques, puis j’en remplis des bouteilles (]ue je décore de rétiquelte anti-morhique. (1) J’ouvre ensuite des bui'eaux de consultation, j’établis des dépôts de mes bouteilles h Paris, dans les départemcns et à l’étranger que j’infecte en même temps de prospectus el de
(l) Anli-moibique veut dire remède propre à prévenir et guérir toutes les maladies j c’est-àdir« , une assurance contre la mort.
( iST, )
brochures indiquant l’usage et les propriétés (le mou antimot hiqiie-1 je joins à CCS prospectus un grand nombre de certificats (1) annonçant les merveilleux elTets démon remède cjue j’accompagne de i èilexions plus ou moins convaincantes j j’en fais un gros volume , et j’acquière bientôt, avec le titre d’auteur, une réputation en médecine. Cependant des criti(}ufs, ou plutôt des hommes envieux de ma prospérité, m’obji’cteront que dans les cas où une fièvre ou toute autre maladie reconnaît pour cause la présence de sabunes ou de
l' J’ai oublié les afTiclies, dont Paris est (ellcmenl iiifeclé, qu'on ne peut faire un pas dans celte capitale sans voir écrit sur chaque muraille, méthode végétale, méthode curative, Irailemeiit des rt^aladies secrètes, pilules moréliennes , et des consultations gratuites q\ii coûtent fort cher aux njahidcs.
mon
matièri'S putrides dans l’estomac, remède anti-morhique , ne pouvant faire vomir, devient impuissant. Je pourraisbien me permettre de répondre (ju’il en est de même des formules prônées par les inventeurs des vomi et des to ni purgatifs, lorsque les maladies ne proviennent pas seulement du besoin de vomir et de purr,er; Je pourrais même ajouter qu’ils sont alors pernicieux, et cela leur arrive la plupart du temps, mais je me lais dans la crainte d’être écrasé par la réputation colossale de ces messieurs, et de voir s’évanouir avec mon anti-morbique tout espoir de i'ortune. Quoicju’il en soit, je réuss's dans mes spéculations, ce qui ne pouvait manquer d’airlvcr, puisqu’avec quelques cuillcrccs par jour de mou spécKique anli-morblque, le malade est pui ge, lonilié, la masse des bumeurs purifiée, et se trouve à 1 abri des attaques de nerfs: cette ilernicre propriété
ne contribue pas peu au succès de mon entreprise , en me procurant la pratique des epoux et des amans qui redoutent les migraines et les crises nerveuses de leurs
ebères compagnes. iMais laissons voyager mon anii-niorbïque ^ ainsi que sa tbcorie dont la fausseté est sutllsaminent démontrée , pour l'evenir à des points plus importans de médecine pratique.
Les accidens qui résultent le plus ordinairement de l’usage inconsidéré des émétiques et des purgatifs, sontl’inÜammation de l’estomac et des intestins, ainsi (jue des affections cérébrales variées, déterminées sympatbiquement. Les symptômes inÜammatoires de la muqueuse de l’estomac et
des intestins peuvent acquérir un tel de-
gré d’intensité, que la perforation de ces organes musculo-membraneux devient souvent inévitable. J’ai vu des congestions sanguines du cerveau et du foie, devenir
prouijjteinont iKortciles après l’adrainis- Iration d’un énièticjue , surlout lorsque ces ellusions sant^ulncs avaient etc négligées. Quand le malade résiste à l’action îles cinétiijiies et des jîurgalifs, et qu’il en prolonge l’usage, rinllanunal ion de l’estomac et des intestins passe à l’état clironique ; les canaux l)iliaires finissent par y participer, et les fonctions de la vie nutritive ne s’exécutent pins qu’imparlaiteinent j les ganglions syinpal liiques ahdoininaux, appelés glandes inésantériijues , s’engorgent, et le foie, gêné dans ses fonctions, s’affecte proi'ondéinent et produit ce qu’on appelle les ofisti uctions. La Aie devient languissante, et à mesure que les organes mai client vers la désorganisation , le malade diqierit et meurt dans le marasme. Souvent c’est l’estomac qui est primitivement aflecte, d’où provient le carcinome de cet organe, connu vulgairement sous le nom de pilor. Les
obsFrvatîonssu'nantes donnent la connaissance exacte des acculens qui peuvent résulter de l usage des cuictiques et des purgatifs. Comme on pouirait croire que paraissant exclusif en incdecine, je bannis de la matière medicale les cniéli(|ues et les purgatifs, je \ ais inditpier auparavant quelques cas où ils sont utilement employés.
On se sert avec avantage des èmctiqucs dans les cas d’empoisonnemens, pour expulser de l’estomac les substances vénéneuses qui T ont été injectées. Il en est de meme des purgatifs, lorsqu’on présume que le poison est parvenu jusque dans les intestins; mais malheureusement, à cette époque , on ne peut compter sur leur efficacité , aussi ces médicamens no laissent espérer un résultat favorable (|iie dans les constipations opiniâtres. C’est pourquoi lorsf|u’on est appelé près d’une pei sonne empoisonnée, il faut s’assurer
le plus exHctemenl (ju’il est possible du temps qui s’est écoulé depuis l’introduclion du poison d:ins l’estomac, afin de faire vomir et de remcdier à pi’opos aux accidens. Lors(ju'on a fait voraii;, et qu’on est certain «pi’il n’existe plus rien de vénéneux dans les voies digestives, on combat les symptômes inflammatoires par les saignées capillaires, les cmollieiis et lesrafraîcliissans. Si ce sont des poisons narcoti(|ues ou stupctians , on s’enq)resse de faire vomir le malade, et on lui prescrit des acides végétaux étendus d’eau. On volt donc (|ue les éméll(jues et les purgatifs sont seulement employés comme des excitans qui provoquent la sortie des înatières contenues dans l’cstomac et les intestins, et non pour rappeler dans ces organes les portions vénéneuses absorbées, puis(jue, dans les cas d’empoisonnemens par les narcotiques ou les stupéfians,
apres avoir provoqué le vomissement ,oa cherche à neutraliser l’aclioii des fluides obsorhés en presci lvant d’autres médicamens.
Les émétir|ues, et surtout les préparations médicinales appelées purgations, ou vulgairement imidecines, ne peuvent donc pas être regardés comme des remèdes propres à giién’r toutes les maladies, par la raison (|u’ils ne passent point dans la ma.'se des humeurs , et qu’ils ne peuvent attirer celles qui sont viciées dans les intestins, puisque, d’après un simple aperçu de ])ln>iologie , nous avons vu que les organes cii'culaloires avaient leurs voies d’clahoration , et que rien de ce qui passait de l’appareil digestif dans la circulation, ne pouvait y revenir. C’est pourfjuoi, malgré les diverses opinions de.T 7-éîés défenseurs de la médecine purgative, je regarde seulement les émétiques
et les purgatifs, comme des excitaris des organes de la digeslion , qui, entre les mains de médecins habiles , concourent à la guérison de certaines maladies, soit en provoquant l'expulsion des matières fécales, soit en déterminant une dérivation ou une révulsion utile; ce (]ui exige de vastes connaissances eu médecine.
Oue l’on rclléchisse présentement à quel danger on s’expose, en se laissant séduire , par des raisounemens captieux, qui ne peuvent avoir d’influence que sur ceux qui ignorent enlièroment les principes de l’art de guérir. D où je conclus que les émétiques et les purgatifs n étant propres qu’a déterminer 1 excitation des organes digestifs , et non à guéi ir les maladies en purifiant la masse des humeurs, on a improprement nomme médecine, des purgations qui , se trouvant la plupart du temps contre indiquées dans leur ad-
miiîislration , ont détruit de mortels que la guerre ou la peste.
OBSERVATION (1)
^Madame R..., âgée de vingt ans environ , et douce d’une forte constitution , touiija malade à Paris dans le courant de fe'u’ier 1819. Aijpeic auprès d’elle , je reconnus les débuts d’une gastro-entérite aiquë aux symptômes suivans : la langue était blanche et légèremeut rouge sur ses bords, la peau sèche et brûlante, le pouls fréquent, et le vputre légèrement douloureux sous la pression à la région éplgas— trlfiue et ombilicale. La malade était en outre tourmentée par une douleur cépba-
(1 } On ne peut douter de la véracité des observations rapportées dans cet ouvrage; elles ont toutes été recueillies avec soin au lit des malades.
lalgicjue intense , et par des envies de vomir 5 elle éprouvait par instant de légers inoiivemens convulsifs , mais les assistons ne s’en elfrayaient point, parce que , disaient-ils, elle était très-sujette aux attaques de nerfs.
La suspension des 1 ègles et surtout l’état plétliorlfjue de cette femme me déterminèrent à conseiller une saignée du liras suivie d’une application de sangsues sur le ventre , aux endroits oii il existait de la douleur, puis des boissons i afraîcliissantes froides jiour calmer une altération vive et insup[)ortaljle. Comme cette jeune malade avait son médecin habituel, elle i’en- ^ '
vova chercher, et s’en rapporta entièrement à lui pour le traitement de sa maladie.
Loin desuivre mes conseils, on débuta par un émétique à la suite duquel on prescrivit des boissons et des potions anti-
spasmodiques, e'vitant surtout les effusions sanguines (|ue l’on prétendait devoir s’opposer au retour des règles qui semblaient vouloir paraitJ’e j on attribuait la cause de ce retard à l’élat nerveux du sujet.
Plusieurs jours après la malade se trouvant plus mal à son aise, je fus appelé en consultation. Je conseillai de nouveau une application de sangsues sur la l égion épigastrique et ombilicale, à laquelle on s’opposa encore, vu cjue d’après quelques svmptômes (|ue cette femme avait éprouvés , les règles ne pouvaient manquer do paraître. J’annonçai (jue si l'on faisait une application de sangsues on faciliterait l’écouleinenl des menstrues en calmant l’érélblsme général , et qu’il y avait même urgence de les appliquer ; malgré mes instances on attendit ]us<ju’au lendemain où , les règles n’étant point survenues , on ajipliqua d(;s sangsues sur l’alKiomen,
mais en plus petit nombre que je ne l’avais conseillé , ce qui procura du soulagement , et les règles coulèrent un peu. Le médecin ordinaire presciivit aussitôt les purgaliPs et les emmenagogues dans l'intention de faciliter récüideinent utérin, et s’en tint là pendant plusieurs jours. La gasli'o-enféi ite aiguë passa dès lors à l’état chronique, et d’après la faiblesse (ju’éprouvait la malade on lui conseilla les toniques et l’eau de Sellz, la regardant comme en convalescence.
J'a\ais depuisplusieurs mois perdu celte femme de vue, lorsque le hasard me fit rencontrer avec elle dans une société où elle avait coutume d’aller. L état dans lequel elle se Iroinait me fit peine à voir; de forte et potelée qu’elle était lorsqu’elle tomba malade, elle avait une maigreur ex.trêine ; et son teint , (jui auparavant était rose et animé, était devenu jaunâtre et
plombé , ce qui me üt connaître que le foie avait paiticipé à sa maladie; aussi existait-il un sentiment douloureux dans l’iivpocnondre droit. i^Ialgré l’exercice <|u’t‘ile prenait depuis quebjue temps, sa faiblesse était extrême, et elle n’avait point d’appétit, CP qui l’étonnait d’autant plus qu’elle suivait, disait-elle, un régime nourrissant et faisait usage de vins généreux. Je lui conseil’ai au contraire lui régime moins succulaut , et surtout une diète lactée, ce qui lui réussit assez bien. Mais fatiguée de ne point recouvrer sa santé pi emière , elle s’attrista sur sa position, et partit à la campegne. Depuis ce temps je n’ai pu avoir de ses nouvelles.
D’après celte observation , on voit ce qu’est devenu, sous l’influence d’un traitement empirique , une simple inflammation des voies digestives, (jui,vu la forte constitution du sujet, eût cède, comme par en-
chanlement, à quelcjups cffusioniis sanguines bien calculées.
OBSERVATION
En 1812, mon beau-père, alors âgé de soixante-six ans, épiouva une légère indisposition accompagnée d’un malaise général avec perte d’appétit, pour laquelle il consulta son médecin. Celui-ci lui ordonna unepurgation vulgairement appelée médecine noire, faite avec deux onces de tamarin , deux gros de follicules de senne , trois gros de sel de Glaubert (sulfate de soude ) et deux onces de manne en larmes, le tout bouilli et dissous dans une (juantité sullisante d’eau pour être l éduit à la dose d’uu verre ordinaire.
Comme à cette époque j’étudiais l’art de guérir, mon beau-père me demanda ce que je pensais de cette ordonnance.
Quoique peu instruit dans la pratique medicale, je n’v trouvai rien de rationnel, et lui conseillai de ne point la mettre en usage. îMais s’en rapportant plutôt à l’expérience de son vieux médecin , cju’à mon peu de connaissance en médecine, il se décida à prendre sa purgation le lendemain de très-bonne heure.
Peu d’instans après cju’il eut pris ce purgatif, il ressentit de fortes coliques, qui augmentèrent à un tel point, que no pouvant plus les supporter, l’on vint me prévenir de cet accident. Je me transportai de suite auprès de lui, et le trouvai dans un tel état de souffrance, qu'il se roulait dans son lit ; enfin les douleurs étaient si violentes que les traits de sa figure en étaient altères. Persuadé qu’il existait une entérite aiguë détci ruinée par la présence de la médecine. Je prescrivis une potion calmante , ayant peur base le sirop d’opium.
et des frictions sur le ventre avec l’haile de cauioniille à laquelle j’avais fait mêler du baume tranquille, ce qui procura un soulagement subit , et le purgatif produisit ensuite son effet sansque le malade éprouvât de vives coliques.
Le docteur ne manqua pas de reiidi e une visite dans la soirée ; mais lorsqu’il apprit ce qui s’était passé, il reconnut sa faute, et comme maître corbeau ,
Honteux et confus ,
J ura^ mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.
Que de cliarlatans au lit de leur malade peuvent en dire autant !
ORSEllVATION
Prniwant le dunfrer des charlatans, et les funestes effets de l'abus des pur^catifs.
M. A D , âgé de 22 ans, d’un
lemperament alblctique très-prouohcc ,
fiit atteint, en 18“23, d’une héinoplitisie tellement considérable, qu’appelé près de lui , je le trouvai rendant des goi gées do sang , dont il avait déjà rempli la moitié d’un pot de chambre. Redoutant les suites d'une hémorrhagie aussi ahoiulnnle, je pratiquai une saignée du bras, après quoi j’ordonnai d’appiiquer trente sangsues sur chaque pied. Ce traitement, aidé des pectoraux et d’une diète sévère, suivie d’un régime doux , fit céder entièrement les accidens hémorrhagiques. Environ (juinze jours après le malade se trouvant mieux, manifesta le désir de revoir son paya natal, pour lequel je conseillai de le faire partir dans R plus court delai. Pendant le séjour d’un moi<, j’aj>pr s qu’il allait do mieux en mieux, lorsque trois seuiaiiics plus tard je (us très-ctomic de le voir de retour à Paris, olfrant tous les s v inplômes de hi phtisie pulmonaire au Iroi.sicme de-
gré, et se plaignant surtout d’une diarrée continuelle et fatigante. Ne sachant à quoi attribuer un changement aussi prompt , je m’informai des causes (]ui l’avaient produit, lorsqu’une voisine me conta secrètement que, tourmenté par ses païens, le malade était allé consulter un jugeur d’eau, c’est-à-dire le médecin des urines du pays. Celui-ci, après avoir attentivement examiné les urines du malade, dit que son mal dépendait d’une humeur fixée sur la poitrine, et (ju’il fallait faire évacuer cette humeur par les voies urinaires et rectales. Il lui ordonna , à cet effet , des bouteilles remplies d’une liqueur purgative qui opéra si bien , que ce malheureux ne sachant comment aiTcter une diarrée des plus opiniâtres, lut tellement ellrayé de son état, qu’il se hâta de revenir à Paris pour obtenir un soulagement a ses maux; mais il n’ctait plus temps, et un mois en-
viron après sou arrivée , 11 mourut d’une phtisie pulmonaire au dernier degrc'.
OBSERVATIOI'f.
M. B***, âge' de 28 ans, reçut en 1824 un coup de bayonnetle dans le bras , qui y pénétra à la profondeur d’un pouce environ.
Appelé pour le panser, et remedleraux soufirances qu’il éprouvait, je voulus débrider la plaie, mais comme on s’y opposa, j’ordonnai l’application de vingt sangsues pour prévenir l’intensité des symptômes inflammatoires qui pouvaient survenir, ce r|ui léussit parfaitement.
Trois jours après la plaie commença à suppurer ^ je la pensai, avec un mélange de ccrat et d'onguent basilicum pour entretenir la suppuration. Tout allait à merveille, lorsqu’au bout de huit jours, j’observai que la suppuration était arrêtée, e
la plaie pour ainsi dire totalenv'nt sôche. Le malade se plaignant de ne point se trouver dans son assiette ordinaire , je le questionnai sur le rcgime (ju’ilsuivaitalors, et il m’annonça <|u’il avait pris, le malin , mie seconde purgation ordonnée par le médecin habituel de la maison, qui avait jugé à propos de le purger. Je demandai l’ordonnance pour connaître le genre de purgation , ina’s le malade me répondit qu’il n’en avait point été fait, et qu’on était allé la cliercl.er chez le pharmacien de ce pei’sonnage en réputation, sur un simple mot d’écrit de sa part.
Lorsque l’irritation du tube digestif, déterminée par la présence du purgatif, fut disparue , la plaie rentra en suppuration , et mai'cha insensildeinent vers la guérison.
Nous voyons dans cette observation une suppuration nécessaire subitement
anvtcp par Finiprudeiile ruîi'îinislratiou d’uii pui’gnlü’.
OBSERVATION
Appelé deriûèremeiit ])i’ès d’une luon— bonde, je la trous ai saii.s connaissance, couebée dans son lit, respirant à jieine, et tenant une main {’orleinent appliquée sur le cote drod oii elle semljbii eprou ' er une vive douleur. Celte femme, ddme forte constitutl**!! et mdlemenl deperie , quoitpae âgée de sol^anleans environ, avait une teinte légèremeiit jaunâtre répandue sur toute la peau , ce cpii me tit j econnaltre que le foie jonait nn grand lôîe da r.s sa maladie.
La vovant sur le point d’e:spirer, et ;ie comptant p\is sur les secours de la médecine, Es pup lies cessant surtout de se contracter, je me disposais à me ret'rer, lorsque je demandai (|uels ctaicnl les S' in-
tûmes qu’elle avait éprouvés et if traitement qui lui avait été fait.
J’appris que le danger où elle se trouvait ne s’était manifesté que depuis deux heures env:ron ( il était alors dix heures du matin); que dix à douze jours auparavant, on lui avait administré un émétique pour une légère indisposition , lerjucl , loin de lui procurer du soulagement, l’avait au contraire rendue plus malade; que dans cet espace de temps on avait appelé un autre médecin qui la soignait encore , et qu’elle n’en avait obtenu que très-peu d’adoucissement, jusqu’au moment où la crise qui devait l’emporter s’était manifestée , ce qui fit que l’on m’appela au défaut de son médecin, qu’on n’avait point trouvé chez lui. J’étais sur le point de partir, lorsque la malade reprit connaissance, et, quoique peu rendue à elle-même, elle essaya de parler et m’in-
cliqua distinctement avec la main le Heu où elle souffrait, qui était la région du Ibie et la plèvre costale, puis elle retomba aussitôt sans connaissance. Cela me décida, malgré le peu de ressource qu’elle offrait, à la saigner j mais la veine largement ouverte donna à peine du sang; je conseillai alors vingt-cinq sangsues sur la région du foie , et m'en allai n’espérant plus rien des ressources de l'art.
Deux heures après elle expira 5 et son corps , surtout ses cuisses , se couvrirent , aussitôt après sa mort, de taches bleuâtres.
Je pense que cette femme est morte d’une congestion sanguine du foie, et j’en attribue la cause à rémétlque ainsi qu’à 1 omission des saignées locales et générales.
OBSEUVATiON.
I\îacîf"nioîsc!Ie Sojiliie L***, polisseuse , ileiiieiirant à Paris, rue des Chantres, n. 1, dans la Cite, où elle h.ahitdit imepaitie du loe;einenl dans letjuel rinforlunc Aheiilard h.,! v cfii' e de la fcrocitc du chanoine i’ulijei l, oncle d’IIéloise , me lit appeler ai’i’pi'ès d’eüe le 2o dcceinhre 1820 , pour lui Caire la ponction de i’h vdroiâsie a'cite.
(’ette demoiselle, âgee de 32 ans , presentail i’elat suivant ; la paroi anterieure de ralidomen était distendue outre mesure , par l'epanchemen t d’une ((nantilé considérai) e de Üuide dans la cavité périton<sd(' ; les traits de la lace n'ciaient point a’.téi('s et le reste du corps était amaigri d’une mainèi e pronom ce sans dépérisse— îiieiiî ; les c- Inhi.i'és ini’i rienres se gfinllaient légèrement ) ei’s le soir, et rc' enaieat insciisIl;!cniC'nl à i’oiat naturel lo
uiatin ; la malade soulfrait seulement de l’oppressiuu, dfîlerminee par la présence de la sérosité lvmpl:atique contenue dans l’alKlomen ; elle était toujours altérée , et refusait de Ivoire dans la crainte de voir aimmenter sa maladie ; comme il n’existait point de (itm e , et que les forces se maintenaient, elle conservait sa gaîté et son enjouement , qui ue l’a])andoimèrent qu’aux: approches de la mort.
Aptes avoir leconnu la situation de cette malade, je riulerrogeai sur ce (jidello avait éprouvé aiitérieurement aux svuqjtomes de l’In dropisie , et j’appris que jusqu’à l’age de vingt ans elle avait joui d’une sauté parfaite , mais qu’eüc avait toujours heai.coup travaillé , et passé un grand uonilne de nuits. Julie me couda, en outre , tju a t.-mt eu de.s liaisons intimes avec un jeune homme at teint d.e la svpliilis , t ilo contracta ci lie uiaîadic cl lut
trailce par les mercuriaui , <ju’on lui lit continuer fort long-temps après la disparition complète des symptômes vénériens; sur lesquels elle ne put me donner aucun détail , si ce n’est qu’elle se souvenait d’avoir conserve pendant plusieurs mois un écoulement gonorrliéique pour lequel elle avait fait usage de plusieurs remèdes secrets (l). A la suite de ces divers traitemens antlsypliilitiques , qui furent , d’après son rapport, des plus énergiques, elle éprouva un malaise général accompagné de lièvre et d’envie de vomir, ce qui
(1) La vente des remèdes secrets doit être d’autant plus surveillée, que l’on voit jusqu’à des pharmaciens de province qui font vendre dans Paris des tisanes sudorifiques dans lesquelles il est loin d’entrer les quantités médicamenteuses indiquées dans leurs circulaires. Que l’on juge en même temps de la confiance que l’on peut accorder aux prospectus.
provenait sans cloute d’une irritation des voies digestives- Inquiète sur son état, elle alla consulter plusieurs médecins , et on lui prescrivit un éméticjueet diverses purgations, à la suite desquels elle médit cjue les symptômes d’hydropisie avaient commencé à paraître.
Dés-lors, effrayée de la gravité de cette maladie, elle consulta indistinctement les hommes de l’art et les charlatans , et fit usage d’une si grande cjuautité de médica-
mens, qu’elle eu conservait chez elle une collection capable de meubler l’officine d’un pharmacien. Il est bon d’observer cju’à l’exception de quelques substances très-énergiques, telles c|ue les acides nitrique ou prussique étendus, les purgatifs et les diurétiques furent les nicdicamens dont elle usait le plus babituelle-
ment. Enfin, fatiguée de n’éprouver aucun soulagement des remèdes qu’on lui or-
douiiail , ot vovaiit cliiUjiK' jour son clat ctnpirrr, clic résolut <le :ie plus rioii f'ali'e, cl laissa à la nalurc le soin d'opciei'. Mais î’a(r< ciiou dont clic clail altc.nlc eîanl trop prolbiidc, le (luitle dpaii' lic dans ia cavité (lu péri'ioii.e auginrnla an point <ju'elle fut oliügéc d’avoir recours à la ponclioii. qui lui l'ul laite pour la prcinii i c lois en 1818, par M. I/lcurv, en pré.-, eue'' de M. (-Iiardci. Anrès avoir été onerce à nlusicms rc-