‹ Le mémorial de familleChapitre 20 sur 24 · CHAPITRE XTI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XTI

us TBOIS BANCS KDSTIQDES ET U PLANCHE DB RÉStDA, — MON PÈRE s'affaiblit. — DERNKRS MOMENTS. — TIDB LAISSÉ DANS NOTRE INTÉRIEGR. — TESTAMENT DE MON PàRE.

Depuis quelque temps mon père a plus de peine ti fran* chir la dislance qui nous sépare ; ses forces s'amoindrissent, son acliviié diminue; naguère encore c'était toujours lui qui nous visitait; aujourd'hui, c'est nous qui Talions chercher dans son Taubourg.

Tous les soirs, nous nous y rendons en famille. Hier, la Uinle Roubert nous a suivis; elle voulait, disait-elle, fîùre goûter ses conserves an père Rémi; mais, lorsque nous sommes revenus, elle m'a pris à part.

— Savez-vous, m'a-t-elle dit, qo'il est bien changé depuis que je ne l'avais vu.

— Il ailirme pourtant qu'il n'est point malade, ai-je répondu.

Elle a haussé les épaules.

— Est-ce que ces vieux héros y entendent rien, a-i-elle

LS MÉMORIAL DE fAlIILLB. 207

repris ; ^ souffre sans se donner U peiae de se plaindre ; et. aussi longtemps que ça n'est pas nMrt, ça se déclare bien portant! £iais, croyâs«ni(H, TOfes le phissoiriWAl possible le pèr^. Rémi t

Cette recommandatkMi m'a saisi; je n'ai im dormir cette nuit, et, dès le matin« j:étais à la pépinièna.

J'ai trouvé mon père déjà debout, non en pjmtoufles et en robe de <:liamhre, mais^aFec son costune ordinaire : redingote botttonnéejufiqtt'An cou, feris souliers de marche, cravate noire «n ;pen lâohe H chapeau de feutre à bords larges. Il a conservé Thahitude militaire de ne faire cpi'uiie toilette» afin d'être toujours prêt.

Nous sommes descesidus ensemble dans les jeunes plan«tations; mais j'ai remarqué que sa jnardie ^it plus lente, sa respiration plus difficile. Il s'est arnêtéAu semis de chê* nés, et nous nous sommes assis sur un banc que je n'avais point ^encore vu; j'en ai bit Tobservaitioa.

— C'est une attentîtta de M. ficarmain, a: dit mon père, et le troisième siège rustique dressé par lui en mon intention. D'abord je faisais le tour de la pépinière, el je ne m'arrêtais que là-bas sous les quatre tilleuls; puis, les années s'ao« cumulant, j'ai boraé mes courses au grand bassin ; aujour^ d'hui je ue pois dépasser la jeuine chênaie! ce sont autant d'avertissements 4 le vieux «oldat est fatigué, et, en appro*chant du but: il raccourcit les étapes.

J'ai voulu détourner mon père de ces trktes idées ; il s'y est arrêté avec intention.

— Pomouoi m'étonnecais^de^eQui esllaltticomouinc^

SOS Ll MÉMORIAL DS FAMILLS.

a-t-il repris ; crois-tu donc que soixante-dix ans de vie ne m'aient pas suffi pour apprendre k mourir? Arrivé aux bords de la fosse, je regarde derrière moi, et je trouve ma carrière remplie! J'ai versé mon sang pour la grande famille nationale dans laquelle j'étais né ; je me suis uni à la femme dont j'avais souhaité l'amour ; j'ai mangé dans la paix le pain de l'honneur, et je laisse mon nom sans tache à un fils qui me continue ! Que puis-je attendre encore, et que pourrait me donner la terre désormais? Je finis ma route entre les tombes et les berceaux, l'âme tournée vers le monde inconnu ob le Hattre m'attend.

Comme il a vu mon émotion, il n'a rien ajouté, et nous sommes revenus, à petits pas, vers le logis; mais en arrivant il m'a montré devant le seuil ses plates-bandes de réséda qui commencent à verdir.

— Tu vois, a-t-il ajouté en souriant, que je n'ai pas renoncé à toutes les récoltes; autrefois seulement, je plantais pour les siècles ; maintenant, je sème pour la saison.

La santé de mon père décline de jour en jour ; je voudrais en vain me faire illusion plus longtemps 1 Marcelle s'en est aperçue comme moi; mais sans oser me le dire. Lorsque nous revenons de la pépinière, la route se fait dans un long silence; nos regards s'évitent; nous avons peur de nous montrer réciproquement notre commune préoccupa^ lion, et cette peur même nous trahit.

Ce qui nous avertit que le terme approche, ce n'est pai seulement une langueur progressive et un détachement tou->

jours plos marqué des intérêts de la vie; c'est surtout l'espèce d'onction qui attendrit son accent; c'est l'ineffable douceur qui humecte son regard ; on dirait que cette âme, prête de prendre son vol, se retourne vers nous déjà purifiée du limon terrestre, et nous parle la langue du ciel I

Glaire et Léon eux-mêmes sont frappés de cette espèce de transfiguration ; leur turbulente jeunesse se contient et fait silence; ils restent plus longtemps près du yieillard; ils l'écoutent avec un trouble respectueux , tandis qu'il semble profiter de ces dispositions pour graver plus profondément dans leurs cœurs les Tables de la loi.

Ainsi qu'il me l'a dit souvent, il veut rattacher quelques grandes leçons à cet émouvant souvenir des dernières heures ; faire de sa mort un mémento suprême, et dresser la statue du devoir sous la sauvegarde de sa tombe I

— On se rappelle les dernières paroles de celui qui ne doit plus rien dire» me répétait-il l'autre jour; ses conseils restent recommandés par l'attendrissement de l'éternel adieu, et l'esprit le plus rebelle aux vivants fait toujours quelques concessions aux morts.

Ainsi averti, j'écoute ce qu'il dit à Léon et k sœur avec un serrement de cœur inexprimable ; chaque enseignement me parait une annonce lugubre ; il me semble dictera on épitaphe.

Quant k lui, rien ne peut déranger sa sérénité caressante ; il meurt en nous consolant, comme il a vécu en se dévouant, toujours enveloppé dans sa douceur stoîque.

Depuis quelques jours ses pieds refusent de le porter; ses naifiis tremUent et sa voix est plus faible ; mais sou intel'KjjODce semble briller d'une lumière céleste. Il parle languem&â de Thumanhé, de la conscienoe, du bonheur, et quand il s'arrête les yeuK fermés, au mouvement de ses lèvres, on peat voir que Tentretien continue tout bas entre lui-même et Dieu!

Ce matin, nous étions réunis à la pépinière. Mon père avait vouln se feire porter jusqu'à la tonnelle, oii les jasmins se mêlent aux roses du Bengale et aux vignes folles. S#n fauteuil a été roulé sous Tarcade fleurie; les rayons du seleil levant filtraient k travers les feuilles, et tombaient» en pluie lumineuse, sur ses traits amaigris. Je me tenais derrière lui avec Marcelle qui me serrait tristement la main ; à ses pieds nos deux enfants s'étaient agenouillés, les bras posés à Tappui du fauteuil, et les yeux levés vers le mourant.

Celui-ci a lu sur leurs visages une inquiétude effrayée qu'il a comprise, car il a souri dans sa pâleur; une de ses mains est tombée sur Tépaule de Claire; il lui a demandé pourquoi elle le regardait ainsi.

L'enfant s'«6t troublée; des larmes sont venues gonfler ses paupières; elle a voulu balbutier une réponse qui s'est perdue àsm un soupir.

Mon père Ta attirée contre lui.

— Pais I paix I chère fille, a-t-il dit tendi^ment... Il ne faut pas que ce qui se prépare vous étonne ni vous époo**

vante tous deux ; c'est raooomplissetnent des lois établies par celui qui saitet qui peut. Mes^œux u'oBt point hâté ce moment, mais ils ne cherchent point à le retarder. La vie, quelle qu'elle soit, vous le saurez un jour, devient k la longue difficile .4 porter : aussi a-t-elle été le plus terrible châtiment inOigé au plus grand crime par l'imagination populaire. Pour punir le |uif qui avait insulté aux souf- (ranœ» du.Sauvenr, elle >n-a tirouvé que Timmortalité ter- /estrel N'ayez donc ni désespoir ni frayeur! La mort récompense la vie bien remplie ; c'est alors seulement que, dégagé de nos obligations envers nos frères, nous recouvrons notre indépendance dans le sein de Dieu. On vit pour les autres, on meurt pour soi!

Il s'inteiTompit un instant; jeTetenaisàgrand'pcinemes sanglots» et les enfants pleuraientitout bas. Après une courte pause, Jl reprit :

— BientAt vous ne pourrez plus ni me voir ni m'entendre.; mais je n'aurai pointcessé pour cela d'être parmi vous ! J'y serai par ce que je vous aurai dit, par ce que j'aurai fait en votre intention, par tous les souvenirs qui m'enlacent à votre passé et qui laissent en vous une part de moi-^meme. J'y serai encore par la bonne renommée dont vous hôritesQz. Celui' là seul disparaît tout entier de la terre qui n'a tracé aucun sillon dans le champ humain ni dans les cœurs. Mais que Dieu soit béni! je ne dais point mourir de oettedDfiortJ Après moi restent deux générations quir je l'espère, ne m'oublieront pas.

Ici, Claire et Léon l'iontourèi:^ de leuns hwh, eomma

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s'ils Missent voulu protester contre cette espèce de doute.

— NoD, reprit le mourant, qui s'efforça de répondre à leurs étreintes; j'en suis sur, j'en suis sûr l mais tous me le prouverez, n'est-ce pas? Quoi que vous basiez, vous penserez que vous le faites en mon nom el comme les continuateurs de ma vie; vous vous rappellerez que je vous ai laissé en garde mon honneor ; yous obéirez toujours an devoir, et, dans le doute, tous vous demanderez ce n"e je TOUS aurais conseillé.

Le frère et la sœur promirent avec beaucoup d'émotion.

— J'emporte votre serment, ajoata-t-il, et pour ne jamais l'oublier, regardez bien tout ce qui vous entoure... Là, derrière, sont votre père et votre mère que j'enteuda pleurer;... plus haut est le ciel étincelant; ici, tout contre TOUS, mon visage p&le.... mes yeux près de s'éteindre.'.. Que toutes ces images restent dans votre cœur.... qu'elles y itnprimenl le souvenir de la promesse faite k an mourant, et recevez sa bénédiction... dans ce baiser... »

Ses lèvres efQenrèreut les deui fronts, puis il se rejeta en arrière.

J'écartail vivement les enfants ponr prendre leur place, et, k genoux près du fauteuil, la tête de mon père appuyée à mon épaule, j'attendis en pleurant.

Son agonie fut courte et k peine entrecoupée de quelques tressaillements. Plusieurs fois il rouvrit les yeux et nous sourit; enfin, au moment où neuf heures sonnaient à l'église voisine, il se redressa, murmura très-bas : « Uoq

Dieu ! > laissa glisser son front sur ma poitrine, et ferma les yeux pour ne plus les rouvrir.

Marcelle s'agenouilla à ses pieds avec Claire et Léon., tandis que je sanglotais, une joue appuyée sur cette tête à Jamais immobile.

Nous restâmes ainsi longtemps, priant et pleurant, mais sans désespoir. La sainte placidité de cette mort semblait s*être communiquée k notre douleur ; l'ami que nous regrettions avait pris congé au milieu des plus douces images de la création et des plus sublimes espérances de la terre. Il s'était endormi sous les rayons du soleil levant, parmi les parfums et les chants des oiseaux, en recommandant à ceux qui lui survivaient la religion du devoir !

Une modification sensible dans l'intérieur de notre logis en a changé l'aspect. Plusieurs meubles antiques sont venus s'ajouter à nos meubles nouveaux ; quelques portraits de famille, quelques cartes et quelques plans de villes de guerre ont pris place parmi nos gravures et nos tableaux ; une épée de capitaine est suspendue au mur devant mon bureau.

Mon œil aime à rencontrer ces amis de ma jeunesse, au milieu desquels j'ai grandi quand mon père était encore là. Ils me le rappellent plus vivement ; c'est comme une ombre de loi gui flotte dans notre ménage attristé.

Pendant plusieurs jours, je n'ai pu me persuader qu'il nous eût lui-même quittés sans retour. Je l'avais tellement gardé dans mes habitudes et dans mon cœur, qu'à chaque porte ouverte, à chaque pas retentissant dans l'escalier, je

^U LIE «ÉHORIAL DB FAM1LLS.

penfiais le Toir paraître. Il a Mlu un certam temps pour faire accepter k mon esprit cette idée de réteraelle abseirce. A. mesure cpi'elle prenait possession de moi, la douleur, d'aboid contenue, semblait s'aTiver; je voyais miemc le vide laissé an foyer domestique. A chaque doute de ma raison onde ma conscience, ma pensée se retournait d'ellemême vers oelni qui avait toujours été ma lumière ; mats je ne trouvais plus que Tabsence et la nuit.

An premier moment, la sublime sérénité de cette mort du 7iiste m*avait sool^nu; l- admiration, confondue avec le regret, Tavait adouci ; la vibration de cette voix auguste qui <s'étaît éteinte en pai4antde paix, d'espérance, de vertu, s'était prolongée jtfôqu'au fond de mon être et Tavait rempli de je ne sais quel attendrissement résigné ; mais un instant soulevé au vent dies ailes de Tâme qui partait, j'étais insensiblement retombé dans mon deuil.

ItlarGelle ne se montrait pas plus ferme que moi. Celui que nous pleurions avait été sa force comme il avait été mon apaisement-, elle venait chercher près de lui un point d'appui lorsque quelque dhose drancelait chez nous ; c'était l'aifei^nre souverain de nos débats, le conciliateur muet, la divroité visible du foyer. Rien de mauvais n'eût osé se prodttipe devant lui ; nous sentions son œil sur notre vie ; 11 était devenu Tauxiliafire impartial de notre conscience! et maintenanort, nous retombions à notre propre charge «ans ce tiendre gardien pour nous avertir. Dieu venait de couper brusqueuient oetle laisse d'or qui avait jusqu'alors maintenu nos âmes dans le droit dhemân.

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L'amerfome de ees pensées nmis pénétrait plas profioBdèment on soir que nous étions tous réunis près d'un feu d'automne, et que Slaccelle et moi nous mettiona en ordre les papiers laissés par mon père.

Chacun d'eux révélait quelque mtéressant côté de ce simple et grand caractère. C'étaient des notes écrites au bivouac ou dan» les halites d'uiie kilaille der qulnie années ; eourts avertissemeots qu'il se doimait k lui-même pour se tenir toujours « digne de mourir ; » des lettres écrites à ma mère pendant les longues angoisses de rabsence, et où la tendresse de l'époux perçait à trarars la fermeté du soldat; des quittances et des mémoires payés, trahissant quelque bienfait que nous avions jusqu'alors ignoré! — Puis ve> Baient ses états de service, glorieux témoignages d'abnéga* tion et d'hérofsme ; les actes officiels constatant les principaux événements de cette existence simple et régulière, passée tout entière au grand jour; enfin le testament qu'il avait écrit de sa main quelques mois avant de mourir.

Je l'ai relu tout haut, entouré de Harcelle, de Claire et de Léon en habits de deuil ; tous pleuraient, et moi-même j'ai dû m'interrompre plus d'une fois* Je le transcris ici de nouveau pour que mes enfants puissent le retrouver dans ce Mémorial de famille^ et le relire à leurs fils :

TESTAMENT DE MON PÈnE

Moi, Anselme Rémi, vieux soldat f«î' sens venir TIwuto d^ Féieniel f4^i, mais l'esprit lilnre et le cœor sonmisy j*ai écrit ce qui sait comme

TexpressioD de nés derniers désirs, n*osant plus parler, si près de la tombe, de mes volontés.

Premièrement, je remercie Dieu d*étre né chrétien, c'est-à-dire lomplétement homme, et j'espôre mourir sans avoir perdu te droit de porter ce nom.

Secûndement, ]e lui rends grftce de m*avoir facilité les devoirs en me donnant l*honnear du nom, l'amour de la Camille et le pain de ebaque jour.

Il a fait plus encore, il m*a permis de connaître tous les bonheurs de la vie, puisqu'il m*a accordé une patrie libre, une femme qui m'a aimé, un fils qui comprend le bien.

C'est à ce fils que je laisse tout ce que je possède au momem de ma mort, à lui et à celle dont il ne peut être séparé dans mon amour. Tous deux, je le sais, s'occuperont peu de la pauvreté de Théritage; il suffit qu'il leur rappelle celui qui l'aura laissé.

Mais je les prie instamment de trouver dans mon souvenir une joie, et non une tristesse. Qu'ils pensent à moi comme on pense k un plaisir goûté, k un beau jour fini, à un livre qu'on vient d'achever avec émo lion, mais sans désespoir. Ma fin ne doit point être plus regrettée par eux qu'elle ne l'est par moi-même; j'ai vécu dans le contentement, je meurs dans le calme, m'en remettant à Dieu pour ma mort comme pour ma vie.

Je donne à Claire le collier et les bracelets d'ambre que portait \ Jour de notre mariage celle qui avait consenti k partager ma destinée; poissent-ils lui communiquer sa force dans la résolution, sa persévé^ nnce dans le sacrifice et sa résignation dans l'épreuve.

Je donne k Léon ma montre d'or qui ne s'est jamais dérangée depuis vingt ans. Quand il verra les aiguiUes, toi^ours obéissantes k l'impulsion des rouages, marquer fidèlement les heures, il se rappellera que la soumission et la règle sont la première condition du devoir.

Quant k mon fils et k Marcelle, je leur lègue quelques pauvres compagnons d'armes que ma pension aidait k vivre; ils trouveront ici leurs adresses et leurs noms.

Je les confie de plus l'un k l'autre.

A Marcelle je recommande de coateav l'impétuosité de Reml, tff>

gayer ses humeurs sombres, d'être le rayon de soleil qa\ éclaire la maison, Toiseau ehanteur qui en écarte la tristesse.

A Rémi je rappelle de ménager la sensibilité de Marcelle, de sup* porter ses défaillances avec douceur, de Tabriter à sa force, et de lui rendre en patience tout ce qu'elle lui donnera en amour.

Et pour ce qui est de ma sépulture, je ne veux qu*une pierre an elffletière de mon faubourg et Tarbre que plantera M. Germain au cbevet de mon dernier lit. Il grandira nourri de ce que je dois laisser à la terre; ses rameaux ombrageront un jour les enfants qui viennent jouer sur la pelouse, les oiseaux nicheront dans ses feuilles, et, telon les lois de Dieu, la vie ressortira ainsi de la mort.

Ma main se lasse, mes yeux se troublent; le soleil qui s*éteint ne jette plus dans ma chambre qu'un rouge rayon presque sans clarté, le m'arrête ici, et je clos ce testament par un dernier embrassement à ceux que j'aime, un dernier souhait pour ceux qui souffrent.

Mon Dieu! adoucissez-leur l'épreuve l Multipliez Tépi du pauvre et guérisocz le cœur du désespéré!

Écrit le 12 mai, au déclin du jour, dans la plénitude de ma confiance en Celui qui m'a livré k la vie et qui me recevra dans 1& mort.

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