‹ Le mémorial de familleChapitre 6 sur 24 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

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Mclie loscDieiii s'était troin^ trts-ineamnDde fc l'usage, aiiisiqae ITanraU pfém madame Ronbert ; il faltiit suppléer f9S l'ilabiletè des améntgemeirts à ee qui lui manquait. La tante de liaarGelle excellaît à lovl disposer, mons poumi qn'eUé trmrrAt la place faite'; disciple Ae rbahitnde, Vnhtelligence lui manquait I Ce fut mon père qui vint à notre secours : il airait toujours un eispédient qui transformait les gênes en confert el le» irrégularités en gracieuses fantaisies. Grftce à lui, notre demeure prit h peu' de frais, un aspect offigiBal qui oecopait Tesprit et amusait te regard. La tante Roubert s'était d^abord étonnée de ees Kardiesses; mais elle finit par tes approuver.

— Votre père se ferait une chambre à coucher dans un osof, me dit-elle; l'inTontion lui coûte moins que Timitation à aous^ autres. Si tout le monde M ressemblait, il en serait des logements comme è$s hommes : ehacuii d'eux aurait sa physionomie.

— Madame Roubert a Men eomfftin^ f t observer mon père quand je lui rapporta ces paroles ; fhomme doitdis-

Si LE KlfMORIAL DE FÀMILLB.

poser un logis selon ses besoins et il faut qa*il s'y reflète quelque chose de lui-même. Je n'aime pas qu'on se désin* téresse du milieu dans lequel on vit, qu'on ne s'efforce point d'en tirer tout ce qu'il peut produire. C'est le champ naturel ouvert aux activités du loisir. Négliger d'embellir $a demeure, d'en éloigner les gênes par l'effort de l'intelligence, d'y rendre enfin la vie plus facile, c'est se rapprocher, autant qu'on le peut, du sauvage qui se contente d'un ajoupa de feuilles et d'un hamac d'écorces. Le perfectionnement du foyer domestique est un des caractères les plus évidents de la civilisation. Il constate l'attachement de l'homme au lieu et à la famille, l'habitude des devoirs journaliers, le besoin des joies honnêtes, c Le nid mal construit, dit le proverbe chinois indique l'oiseau agabond! »

— Soit répliquai-je, mais pour tout arranger comme vous l'avez fait ici, il faut votre imagination.

— Cette imagination est surtout de la mémoire, reprit mon père. Chaque fois qu'une disposition ingénieuse a frappé mon regard, j'en ai pris note, et je me suis composé ainsi un répertoire d'appropriations domestiques dont vous avez profité. En général, nous négligeons trop d'observer ces détails. Que le riche s'en remette au goût de son architecte et de son tapissier, je le conçois ; rien ne l'arrête ; s'il veut changer une tenture il peut abattre la muraillf^ t Mair pour nous, qui devons toujours accepter ce qui est, tourner l'obstacle et déguiser la difformité, il est bon que l'observation nous prépare des ressources et que le souve-

nir nous seconde. A chaque difficulté nous nous rappelons un expédient remarqué ailleurs, et nous arrangeons ainsi, peu à peu, notre intérieur avec le génie de tout le monde- Ne renoncez jamais à ces améliorations. En nous bisant mettre quelque chose de nous-même dans ce qui nous entoure, elles nous y attachent plus fortement. Notre demeure devient ainsi uue sorte de livre où nous avons écrit nos habitudes, nos préférences, et nous Taimons nonseulement comme notre asile, mais comme notre ouvrage.

J'approuvais les idées de mon père, et je m'efforçais de les mettre en pratique ; j'avais toujours la scie ou le mar-

I teau à la main pour compléter quelques arrangements ; mais à la longue tout se trouva si bien en place que Ton n*eùt

\ pu continuer à classer sans défaire. J allais rentrer dans une oisiveté forcée quand j'appris que le petit jardin placé au fond de la cour était à louer I

Bien des fois, Marcelle et moi, accoudés à la fenêtre d'où Tœil plongeait sur ces corbeilles de fleurs et son berceau de tilleul, nous avons envié, à demi-voix, ce coin verdoyant où n'arrivait aucun des bruits de la rue et où les oiseaux chantaient tout le jour I En apprenant qu'il était à notre disposition, notre premier mouvement fut de courir chez le propriétaire ; la réflexion nous retint.

^-^ T Le budget de nôtre jeuue ménage ne s'équilibrait qu'à la condition d'une sévère économie. Nous vivions dans cette étroite médiocrité, côtoyant toujours la pénurie, et qui, par

M Ll KilfOIlItt. BS FAMILLE.

le œoindicdétotir, y idiMtit Ifarcelle eot beto Mptaetr ses coIodms de cbiffres, eswyer dcsréfornies, «npiétersir le fondit d'UQortiffieBieBt, loojvws b locatrao locvclle entraînait sa balance de co«ifit«s mr la jKMe et, déficit 1

11 fallut enfin y renoDcert

tiUia bien des bis, dam ta journée, >e livs ntownerà la fi ;;ijtre qai dennaît sut la petite oasis de fenHles et de floins. la regarder iriateeMM et reicoir prendire on aiguille avec un Nopir.

L'iiiipossibilité de satisfaire à un désir si naturel meotKsait uue retable angoisse. Je reeomneitçai.kmon linir. k^ calculs sans pouTwr arriver à un meittsur résultat.

Ënliii, j'en étais à ce découragement qni précède l'abui* don Itircé de toute espérance; je paictunis machinalement lej'iiirdatdonnépar latanteBoubert et siff lequel toutes nos dispenses étaient inscrites, quand nnn (h1 s'u-réta tuul à coup sur un chiffre I

Ce l'ut comme une subite ilUminatien t

U l'euilletai Tivement le registre, cherchaot phisieurs autres articles qui se rapportaient au premier ; je |»is une pluitic ; je dressai un compte que je vérifiai deux fois, ^ me Icv ant entîn avec une exclamation de joie :

— Mou chapeau, Mwcelle, m'écriai-je; vite I vite t nous louons le jardin!

Elle laissa échapper la broderie qu'elle tenait k la main.

Est-ce sérieux? demauda-t-elie?

— Très-sérieux, répliquai-je en cherchant mes ganli.

LB MÉMORIAL BI rAMILLI. S7

-^ Hais sai^e qu'il nous q& ceètefra 450 francs.

— TfiB écfiBOfliiâe 470 i

— Comment

— Écoule.

Ëtpreoaat Je ipapiersitr lequel je veiMiis «tf 'élafcUr «m compte, je ixis à hauie voix

NOTB DE MA DÉPBN8B DE FUMEUR :

Trois cigares par jour, coûtant pour Taunée 164 fr, 25 «.

Qnatre paquets (TallumeUes par an » 20

Ua porte-cigaipe 8 >

Eaa des fameors pour la bouclie 4 >

Total 170 fr. 4o c.

Saus compter les vêtements brûlés, le teusips perdu et les dents gâtées 1 Le loyer du jardin payé, il a^us restera dottc encore 20 francs 45 centiu^ destinés à Tachât de^aiaes et de fleurs... Le tout pour le sacrifioe d'une mauvaise habitude ! Vite ! te dis-je, mon chapeaul Je tremble maintenant qu'un autre n'aille nous prévenir!

Un quart d'heure après j'étais «de retour avec le bail, et Marcelle et moi nous prenions possessioa eu jardJa^et.

Jamais nouveau ligueur ne parcourut son domaine avec une pareille joie. À chaque touffe de verdure, c'était ua ^ri de surprise, à chaque bouton de fleur un émerveilleinent , Marcelle découvrit des violettes de Panne au pied de la toimelle, et je lui cueillis une fraise des mratagoes qui avait mûri à l'ombre.

Il fallut laire connaissance avec chaque arbre» comp-

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