‹ Le mémorial de la vie chrétienneChapitre 143 sur 170 · CHAPITRE XLIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIII

De la connaissance de soi-même. — Avant-propos.

Au commencement de ce sixième livre nous avons dit, d'après saint Thomas, qu'il y a deux sortes de considérations à l'aide desquelles on peut s'exciter à la dévotion : les unes qui roulent sur les perfections et les bienfaits de Dieu, les autres sur les péchés et les misères de l'homme ; les unes qui nous donnent la connaissance de Dieu, et les autres la connaissance de nous-mêmes ; les unes qui allument la charité dans nos cœurs, les autres qui nous établissent dans lTrumilité;

les unes qui nous font jeter des racines dans la vertu, les autres qui nous y font croître, et qui nous élèvent jusqu'à la perfection.

Jusqu'ici nous nous sommes occupé du plus excellent de tous les bienfaits divins, je veux dire de la Rédemption, qui comprend la vie entière du Sauveur, et qui, par conséquent, offre de trèsnombreux sujets de méditation. Dans le livre suivant, où il sera question de l'amour de Dieu et des moyens de l'acquérir, nous serons naturellement amené à parler de ses autres bienfaits, ainsi que de ses perfections. Il ne nous reste donc plus qu'à parler maintenant de la connaissance de nous-mêmes, qui, comme nous l'avons dit, procède de l'humilité, ce fondement de toutes les vertus. C'est l'humilité, en effet, qui attire Dieu en nous , et, comme Dieu ne se plaît qu'au milieu des cœurs humbles , il en bannit naturellement la fumée de la présomption et de l'orgueil, qui sont les plus grands obstacles contre lesquels la dévotion vienne se heurter.

Pour acquérir cette vertu il y a deux choses principales à considérer : d'un côté la multitude de maux et de misères qui sont inhérents à notre nature, et de l'autre l'absence de tout bien qui nous appartienne en propre. Vous verrez par là combien vous êtes pauvre et misérable, et déplus combien vous êtes faible et languissant; combien vous avez peu de raison de vous glorifier, puisque,

comme dit l'Apôtre, « qu'avez -vofls que vous « n'ayez reçu?» (I Cor., iv, 7.) et de plus combien vous avez raison de vous humilier, de vous mépriser, en voyant les misères sans nombre dont vous êtes rempli.

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