CHAPITRE XLIV
Des misères et des maux qui sont inhérents à la nature humaine.
Lorsqu'il s'agit des maux et des misères de l'homme, le sujet est abondant, et nous n'avons pas à craindre qu'il s'épuise jamais. L'homme, étant composé d'un corps et d'une âme, souffre nécessairement dans ces deux parties de luimême : les maux de l'àme , qui sont les plus intenses, sont ou communs et inhérents à notre nature, ou bien ils sont particuliers à chacun de nous pris individuellement; les uns sont du domaine du passé; les autres, à l'heure qu'il est, se font encore sentir. Nous allons en peu de mots les passer successivement en revue , nous contentant d'ouvrir la voie à ceux qui voudront approfondir davantage cette philosophie si avantageuse et si chrétienne à tous égards.
Des misères du corps.
Si vous voulez comprendre quelles sont les misères du corps, considérez attentivement ces trois choses : ce que vous étiez avant de naître , ce que vous êtes devenu en naissant, ce que vous deviendrez après votre mort. Avant de naître vous étiez quelque chose d'affreux , d'abominahle, d'indigne, que l'on a honte de nommer; or, si l'effet ne doit jamais être plus parfait que la cause , quel ouvrage croyez-vous que l'on ait pu construire avec de pareils matériaux? Pour peu que vous vous examiniez et au dedans et au dehors , vous verrez que vous n'êtes pas autre chose qu'un bourbier couvert de neige, un sépulcre blanchi, mais rempli de corruption, un réceptacle de misères et d'infirmités, en un mot, la créature la plus faible du monde, sujette à bien plus de dangers, d'accidents, de désastres, de maladies et de souffrances qu'il n'y a de grains de sable sur les bords de la mer. Ici vous pourrez réfléchir à loisir, et vous convaincre , comme nous l'avons démontré ailleurs, combien la vie humaine est courte, incertaine, chétive, inconstante, trompeuse, misérable et plus fragile qu'un vase de cristal. Que l'on me permette d'en apporter un exemple : Pendant que j'écris ceci, à Lis-i
bonne, j'apprends que dans une petite ville que l'on nomme Azurara, des marins ayant débarqué une malle remplie de vêtements, qui venait d'un pays où régnait la peste , cela a suffi pour jeter une telle infection dans lair, que déjà quatrevingts personnes ont succombé, que trente autres sont encore en très- grand danger, et que sans beaucoup de précautions on aurait grandement à craindre pour la santé publique dans tout le royaume. Eh bien! dites-moi, existe-t-il quelque part du verre, de l'argile, une toile d'araignée, qui soit plus fragile , plus facile à se rompre qu'une vie exposée à tant de dangers, et qui dépend de si peu de chose? Mais à quoi pensent donc ceux qui bâtissent des châteaux sur un fondement si mobile, ceux qui portent leurs espérances si loin, alors qu'ils ne sont pas sûrs de vivre un instant? Revenons à notre sujet. Si vous désirez savoir ce que vous serez après votre mort, entrez dans un cimetière, ayez le courage d'ouvrir un tombeau, d'arrêter vos regards sur un cadavre qui est là depuis deux ou trois jours: voyez comme il est abandonné, pâle, défiguré, hideux, infect, abominable ; comme il diffère peu d'un animal que l'on aurait jeté à la voirie, et qui, dévoré par les vers, répandant au loin une insupportable odeur, forcerait les passants à fermer les yeux et à s'éloigner avec précipitation. Et voilà où viennent enfin se briser les tiares et les couronnes, à quoi vien-
nent se réduire la gloire et la beauté ! Oui, ces corps que l'on traitait avec tant de délicatesse, aux besoins desquels on se montrait si attentif, que l'on servait avec tant d'empressement, que l'on se plaisait à orner avec tant de recherche , que Ton arrosait de tant de parfums , aux délices desquels la mer, la terre, l'Orient et l'Occident ne pouvaient suffire, ces corps, dis-je, finissent par devenir la chose la plus laide , la plus horrible , la plus affreuse qu'il y ait dans le monde ; et s'il est vrai de dire qu'ici-bas rien n'égale la beauté et la puissance de l'homme vivant, rien non plus n'égale sa laideur et sa faiblesse quand il est mort.
Des misères de l'âme qui sont commîmes à tous les hommes.
Pour ce qui est des misères et des maux intérieurs de l'âme, vous avez à considérer ceux qui vous sont communs avec les autres hommes, ceux qui vous sont particuliers et auxquels vous avez été en butte avant que Dieu vous appelât, et ceux auxquels vous avez été en butte depuis, si toutefois Dieu vous a véritablement appelé. Il n'y a pas de langue qui puisse dire dans quel état de pauvreté, de dénùment et de désordre le péché a jeté la nature humaine, et jusqu'à quel point il Ta rendue incapable de tout bien, aussi longtemps, du moins, que le Saint-Esprit ne l'aide pas de sa
grâce ; mais parmi tous ses maux et toutes ses misères, il y en a quatre qui sont comme la racine et la source de toutes les autres, et sur lesquelles 'appelle votre attention. Le premier de ces maux ou la première de ces misères, c'est que nous avons été conçus dans le péché. Seigneur, s'écrie le prophète David, « considérez que j'ai été conçu « dans l'iniquité, et que ma mère m'a enfanté « dans le péché. » (Ps. l, 7.) Et par « iniquité », comme par * péché » , il entend ici le péché originel , lequel , au dire d'un Docteur, bien qu'il ne constitue qu'un seul péché en acte, comprend néanmoins tous les autres péchés en puissance, parce qu'il en est véritablement la racine et la souche. C'est ce qui nous explique pourquoi le chemin de la vertu est si difficile , et c'est aussi pour cela que le saint homme Job, s'adressant à Dieu, lui disait : « Qui peut rendre pur celui qui « a été conçu d'une source impure? n'est-ce pas a Vous seul? » (Job, xiv, 4.) En effet, de même que la laine une fois teinte perd difficilement sa couleur ; ainsi la mauvaise inclination , qui vient du péché, et qui a son principe et son fondement dans la partie matérielle de l'homme avant même que l'homme soit formé, résiste à tous nos efforts, à moins que Dieu lui-même ne vienne à notre secours par sa grâce. Se défaire des habitudes que Ton a sucées avec le lait, c'est , de l'aveu de tous , chose à peu près impossible ; mais alors que sera-
ce des habitudes qui sont de plus vieille date, que nous avons apportées du sein de nos mères , qui se sont formées en même temps que nous, et qui font en quelque sorte partie de nousmêmes ?
Le second des maux ou la seconde des misères que je veux que vous considériez, c'est la corruption et la ruine de toutes les facultés et de toutes les puissances de notre âme. Un peu de levain que Ton ajoute à la pâte la corrompt tout entière ; quelques gouttes de poison que Ton avale suffisent pour empoisonner tous les membres du corps : ainsi en a-t-il été du levain ou du poison du péché ; il a pénétré dans toutes les puissances de notre âme; il a réagi sur elle, et leur a communiqué sa malice. L'entendement, qui est la première de ces puissances, a été obscurci et a cessé de voir clair dans les choses de Dieu ; le libre arbitre a été affaibli; la volonté, languissante pour le bien, s'est trouvée naturellement entraînée vers le mal; la mémoire est devenue chancelante, l'imagination inquiète, les sens répandus, la chair sujette aux plus grossiers penchants.
Remarquez en troisième lieu comment l'imagination, qui nous jette dans un trouble continuel, obéit peu à la raison : nous n'avons pas le temps de réciter un Credo en pensant à Dieu, qu'elle nous échappe, qu'elle s'enfuit, et va courir le
monde sans jamais s'arrêter : c'est une véritable feuille d'arbre qui se meut à tous vents. Mais que dirai -je de l'état où le péché a réduit notre appétit? Y a-t-il une mare d'eau, un bourbier d'où s'exhalent des vapeurs plus infectes? « Quoi de « plus corrompu , » dit l'Ecclésiastique (xvn, 30), « que la pensée qui naît de la chair et du sang?» Oh! non, jamais personne ne pourra énumérer toutes les turpitudes, toutes les inventions criminelles que cet appétit nous suggère. L'imagination le fait aller dans tous les sens, et elle ne lui a pas plutôt présenté quelque nouvel objet, qu'il s'y porte avec fureur, à moins pourtant que nous ne lui imposions le frein de la raison. Après cela faut-il parler des sens extérieurs et des dangers innombrables auxquels ils exposent notre âme? Youlez-vous en juger? Écoutez ce que dit l'Ecclésiastique (xxxi, 15) : (( Quoi déplus mauvais que « l'œil? » Il y a, en effet, peu de péchés qui n'aient eu la vue pour principe.
La raison de tout cela, c'est que par le péché nous avons perdu la justice originelle et la grâce. Or, de même que le sel conserve les viandes, et qu'une fois le sel enlevé les viandes se corrompent, ainsi la grâce de Dieu soutient la nature humaine; mais si le péché vient à chasser la grâce, toutes les puissances de cette pauvre nature tombent aussitôt dans le plus grand désordre; et, à moins que Dieu n'y mette la main , on les voit
désormais aussi promptes pour le mal que lentes et engourdies pour le bien.
C'est aussi de cette façon que s'établit la tyrannie de l'amour-propre , ce fils aîné du péché originel, qui, pendant que ce dernier se détourne de Dieu , tourne toutes ses pensées sur lui-même, s'aimant plus que tout ce qui existe, sans en excepter le Créateur. « L'amour -propre, dit saint Thomas, se retrouve dans tous les péchés, quels qu'ils soient : c'est lui qui en est l'auteur et le promoteur. » En effet, l'on ne pèche que parce que l'on aime avec excès un objet que Ton préfère à Dieu ou à l'observation des commandements de Dieu : et c'est ce qui engendre des milliers d'autres maux, qui contribuent tous à notre perte. De là vient que nous sommes si empressés pour toutes nos affaires , et si négligents pour celles de Dieu ; si chatouilleux lorsqu'il s'agit de notre honneur, et si indifférents lorsqu'il s'agit de celui de Dieu ; si ardents pour nos intérêts , et si froids pour ceux de Dieu; si patients pour arriver à nos fins, et si lâches pour entrer dans celles de Dieu ; si soucieux de la santé de notre corps , et si oublieux du salut de notre âme ; si sensibles à la perte des choses temporelles, et si insensibles à la perte des choses spirituelles; si amis du plaisir, et si ennemis de la vertu ; si circonspects devant les hommes, et si peu scrupuleux devant Dieu; si avides des biens de la terre, et si dégoûtés de ceux du ciel ; si effrayés en
présence du moindre danger qui menace le corps, et si rassurés à l'endroit du péché mortel. De là vient enfin que nous sommes entraînés au mal avec une violence extrême, tandis que nous éprouvons toujours la plus grande dilnculté pour faire le bien; que pour nous attirer au premier il suffit d'un léger fil , tandis que pour nous attirer au second ce n'est pas assez des commandements de l'Église, des promesses et des menaces divines, des bienfaits et des mystères de Jésus-Christ, ni de tous les tourments qu'il a soufferts. Voulezvous un exemple de ce que je dis là? examinez le temps qu'il vous faut pour allumer un peu de dévotion et de ferveur dans votre âme, et la facilité avec laquelle cette dévotion et cette ferveur s'éteignent, en un clin d'œil, à la moindre parole inconsidérée qui vous échappe : voyez, au contraire, ce qui se passe lorsqu'une mauvaise pensée se présente à votre imagination , ne serait - ce que pendant l'espace d'une seconde : elle jette un tel trouble, une telle agitation, je ne dis pas seulement dans votre appétit, mais dans tout votre corps, que vous avez toutes les peines du monde à pouvoir la chasser : on serait tenté de dire que c'est un feu bien plus qu'une pensée , puisqu'en si peu de temps elle est capable d'allumer de tels incendies. 11 est donc vrai que la nature humaine a une très -grande propension pour le mal, en même temps qu'une très-grande répugnance pour
le bien; qu'elle est en face du mal comme une matière excessivement inflammable , et en face du bien comme un bois vert et humide, et que si dans le premier cas il suffit d'une étincelle pour la mettre en feu subitement, dans le second ce n'est qu'à la longue et à l'aide de brasiers ardents que l'on parvient à la réchauffer.
De ce désordre et de cette corruption qui se sont introduits dans la créature raisonnable, est résultée une autre grande misère : c'est que l'homme, oubliant sa noble origine, sa dignité naturelle, s'est ravalé au niveau des bêtes. Il y a des siècles que le Prophète en avait fait la remarque : «Au milieu de sa grandeur, » dit-il, « l'homme n'a pas compris sa destinée, il s'est « fait semblable aux animaux sans raison. » (Ps. xlviii, 13.) En effet (sans vouloir poursuivre la comparaison jusqu'au bout), de même que les animaux n'aiment, ne recherchent et ne désirent autre chose que les biens corporels, parce que leur nature n'est pas capable d'en concevoir de plus relevés; ainsi la plupart des hommes, devenus par leur faute semblables aux animaux, n'ont d'autre pensée, d'autre désir, d'autre sujet d'entretien, d'autre souci et d'autre ambition que ces mêmes biens corporels, ne se souvenant plus qu'ils ont reçu en partage la raison, la foi, l'Évangile, l'espérance d'une vie meilleure, et agissant en toutes circonstances comme les ani-
maux, pour lesquels l'état dans lequel se trouve leur corps est la seule mesure du bien et du mal. C'est ainsi que vivent, je ne dis pas seulement les infidèles et les hérétiques, dont le nombre est si considérable , mais, à part quelques rares exceptions , la plupart des chrétiens ; ils ont la raison et ils s'en servent, ce qui n'est pas donné aux animaux; or, quel rôle joue leur raison, sinon celui d'un esclave qui obéit à tous les caprices de la chair, qui s'efforce continuellement de lui procurer de nouvelles vanités et de nouveaux plaisirs, et qui pour elle ne recule ni devant aucune cruauté, ni devant aucun crime? C'est ce qui fait que l'homme , en se rendant semblable aux animaux , outre qu'il commet une faute grave, se porte à lui-même un très -grand préjudice. Les animaux ne sont animaux qu'une fois ; mais quant à lui , il est deux fois animal , animal par ses appétits, et animal par sa raison, qu'il détourne du service de Dieu pour la mettre au service de ses appétits. Confus à la vue de ce désordre, un Philosophe païen a écrit quelque part : « Je suis trop grand , ma destinée est trop grande, pour que je me fasse l'esclave de ma chair. » Quoi de plus misérable, en effet, quoi de plus navrant que de voir un homme baptisé , un homme qui est certain de pouvoir s'élever un jour, s'il le veut, au-dessus même des anges, s'abaisser librement et de lui-même
jusqu'au niveau de l'animal! Ah! certes, il est impossible de concevoir une chute tout à la fois plus honteuse et plus déplorable ?
Voilà donc, mon frère, ce que l'homme est devenu par le péché : après avoir été créé dans un état de gloire , il s'est vu tout à coup l'égal des animaux; il a été dépouillé des biens de la grâce, privé en grande partie de ceux de la nature, chassé du paradis, exilé sur la terre, rangé au nombre des ennemis de Dieu et des enfants de colère, déshérité du ciel; et c'est dans cette condition qu'il sort du sein de sa mère ; car Adam ne lui a pas laissé d'autre héritage. Enfin si vous voulez avoir une idée exacte de ce qu'il est, rappelez-vous dans quel état se trouva le saint homme Job , lorsque, par une disposition particulière de Dieu, il fut livré au pouvoir du démon. En un instant tout ce qu'il possédait lui fut enlevé , ses troupeaux devinrent la proie des voleurs, ses maisons s'écroulèrent, ses enfants furent écrasés sous leurs ruines, et on le vit luimême assis sur un fumier, et nettoyant, avec les débris d'un vase, la plaie horrible qui le couvrait de l'extrémité des pieds jusqu'à la tète. C'est là l'image parfaite de l'homme déchu. Dépouillé, comme nous venons de le dire, des biens de la grâce , privé en grande partie de ceux de la nature , chassé du paradis et jeté sur le fumier de ce monde, il ne lui reste plus, pour nettoyer
ses plaies spirituelles (c'est-à-dire ses mauvaises inclinations), que les débris d'un vase, c'est-à-dire quelque chose de son libre arbitre , avec quoi il peut bien résister quelque temps au péché , mais non pas se garantir contre les tentations et les pensées mauvaises. Chaque fois donc que nous nous présenterons devant le Seigneur, souvenons-nous que , comme Job, ou comme le pauvre Lazare, nous sommes couverts d'ulcères depuis les pieds jusqu'à la tête, et témoignons-lui le désir de manger les miettes qui tombent de la table de sa miséricorde, afin d'être guéris de nos misères.
Tes misères qui nous sont propres , et auiquelles notre âme a été ou est
encore sujette.
Après avoir considéré les misères qui vous sont communes avec tous les autres hommes, considérez celles qui vous sont propres et auxquelles votre àme a été ou est encore sujette, et vous verrez combien, par le péché actuel, et par l'habitude du péché actuel, qui est votre fait, vous avez aggravé votre sort déjà si compromis par le péché originel. En général les contraires se détruisent; or, comme il n'y a rien de plus contraire à une créature raisonnable que de vivre sans raison, il n'y a rien non plus qui ait porté un plus terrible coup à la nature humaine
que l'habitude de vivre dans le péché, qui est tout ce que Ton peut concevoir de plus déraisonnable.
Faites un retour sur votre vie passée, alors que vous marchiez dans la voie de la perdition , et peut-être serez- vous forcé d'avouer que pendant tout ce temps vous avez vécu comme quelqu'un qui n'a pas de Dieu, comme un enfant du siècle, comme un esclave vendu au démon et au péché, comme un païen, qui n'a ni foi, ni connaissance de la Divinité. En effet, si vous aviez la foi , vous agissiez ni plus ni moins que si elle vous eût été étrangère, vous blasphémiez , vous vous parjuriez , vous profériez des médisances, vous commettiez des larcins, vous portiez vos désirs sur tout ce qui s'offrait à vos regards, comme si Dieu n'eût pas existé, comme si ici-bas tout se fût borné à naître et à mourir. En vérité, votre conduite ne différait en rien de celle des infidèles que la grâce n'a pas encore éclairés de sa lumière, et qui n'ont d'autre loi que la loi de leurs membres , d'autre frein que l'opinion des hommes, d'autre Dieu que leur ventre et leur orgueil , d'autres biens ou d'autres maux que ceux qui touchent leur corps.
Après avoir considéré les misères de votre vie passée, considérez celles dont le fardeau pèse encore actuellement sur vos épaules. Repassezles une à une, comptez -les, et de même qu'un
malade détaille avec soin tous ses maux au médecin, exposez -les franchement aux regards de Dieu , afin que dans sa bonté il daigne vous guérir. Examinez donc si vous n'êtes pas colère, vaniteux, envieux, inconstant dans vos bonnes résolutions , bavard , curieux , orgueilleux , méchant, dissimulé, fantasque, présomptueux, ambitieux, capricieux, lâche, indiscret, grossier, bourru, intraitable, léger, ami de vous-même, vif, passionné, ne faisant jamais aucune concession à personne ; et vous aurez en main la clef de la véritable humilité, ainsi que de votre propre avancement : car, à moins de se connaître, personne ne peut être ni véritablement humble , ni savoir ce qu'il doit demander à Dieu , ni trouver le moyen de porter remède à ses misères.