‹ Le mémorial de la vie chrétienneChapitre 159 sur 170 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Préambule aux considérations suivantes, tirées des bienfaits de Dieu.

Après avoir purifié et préparé notre cœur par les moyens que nous avons indiqués jusqu'ici, il est bon que nous nous aidions maintenant de quelques saintes considérations et de quelques ferventes prières, afin de nous élever jusqu'à Dieu. Dieu est comme un brasier ardent : plus nous

nous rapprocherons de lui, plus, en même temps qu'il nous dépouillera de la rouille de nos vices, il nous réchauffera dans son amour. Certes, si le feu matériel nous communique si libéralement sa chaleur, par cela seul qu'il est le plus noble et le plus actif des éléments , comment le Seigneur ne nous communiquerait-il pas la sienne, lui qui est tout à la fois et bien plus noble, et bien plus communicatif , et bien plus prodigue de ses dons?

A ce propos, les saints signalent deux voies : la première, qu'ils nomment scolastique, consiste à considérer attentivement ce qui de sa nature est capable de nous enflammer d'amour pour Dieu , comme sont, par exemple, ses bienfaits et ses perfections; et la seconde, qu'ils nomment mystique, consiste à demander à Dieu, avec des prières ardentes et des désirs enflammés, ce don céleste qui est son don par excellence, dont lui seul dispose, et qu'il se plaît à accorder à ceux qui le lui demandent avec les instances et la persévérance qu'il mérite; car dans ce cas on peut être certain qu'il ne le refuse jamais. Ces deux voies s'ouvrent devant nous; mais je crois la seconde de beaucoup préférable à la première, parce qu'elle est plus courte et plus efficace.

Seulement, comme il y a peu de personnes qui sachent méditer sur les bienfaits et les perfections de Dieu, et lui demander son amour d'une manière convenable, j'ai jugé à propos de placer ici

quelques considérations et quelques formules de prières, qui ne seront pas sans utilité pour ceux qui commencent, espérant que plus tard le temps, l'expérience et le Saint-Esprit, qui est le vrai maître de toute cette philosophie, leur en apprendront beaucoup plus. J'avoue néanmoins que , bien que ces considérations et ces prières ainsi mises par écrit soient nécessaires en beaucoup de rencontres, on doit toujours leur préférer celles qui partent du cœur, et qui n'ont d'autre principe que la dévotion même; l'essentiel est d'adopter la méthode qui offrira le plus d'avantage. Or, le mieux, à mon avis, est de commencer par les prières et les considérations que l'on trouvera ci-après; puis, quand on se sentira le cœur échauffé, de continuer soi-même tout seul, en ayant soin de ne jamais laisser ralentir sa ferveur.

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