CHAPITRE VIII
De la seconde partie du sacrement de pénitence, qui est la Confession. — De sept points que l'on doit observer dans la Confession.
Après avoir expliqué la première partie du sacrement de Pénitence, qui est la Contrition, nous allons nous occuper de la seconde partie, qui est la Confession. Celui qui désire faire une bonne confession (et malheureusement bien peu savent la faire), ne doit pas se contenter de s'exciter au repentir de ses fautes , mais s'appliquer à mettre en pratique les avis suivants.
Si.
Premier avis. — De l'examen de conscience.
La première chose qu'il ail à faire, avant de s'approcher du tribunal d<> la Pénitence, c'est
d'examiner sérieusement sa conscience, et de rappeler autant que possible à sa mémoire les péchés qu'il a eu le malheur de commettre. Cette précaution est surtout nécessaire s'il y a déjà quelque temps qu'il ne s'est pas confessé. » Or, dit un Docteur, comme il s'agit ici de l'intérêt le plus grave , il faut qu'il apporte à cette affaire le soin et la diligence qu'il apporterait à une affaire de grande importance ; sans quoi sa confession serait nulle , tout comme si , volontairement et de propos délibéré il cachait un péché. » Cacher un péché ou s'exposer à le cacher , en ne s'examinant pas suffisamment , c'est , de l'aveu de tous les théologiens , tomber dans le même inconvénient, et se jeter dans le même embarras. Voilà ce qu'il faudrait prêcher à haute voix et sur les places publiques , tant est grand le nombre de ceux qui vont s'agenouiller aux pieds d'un confesseur sans examen et sans préparation. Ceux qui se confessent de la sorte , outre qu'ils se rendent coupables de sacrilège , sont obligés de refaire leur confession , ni plus ni moins que s'ils avaient manqué de sincérité. Nous venons d'en dire la raison; vainement prétendraient -ils s'excuser en alléguant leur défaut de mémoire , ils prononceraient eux-mêmes leur condamnation; car si leur mémoire n'a pas été fidèle, ce n'est pas à la nature, mais à euxmêmes, qu'ils doivent s'en prendre.
Afin d'éviter ce malheur, il faut donc se pré-
parer à la Confession par l'examen de conscience. Cet examen se fait en passant en revue l'un après l'autre les commandements de Dieu et les péchés capitaux , en se rendant compte du nombre de fois que l'on est tombé par parole , par action ou par pensée , et en examinant s'il ne s'est pas rencontré quelqu'une de ces circonstances qui deviennent matière nécessaire de la Confession, ainsi que nous l'examinerons plus tard.