CHAPITRE X
Préambule aux sept oraisons dans lesquelles on se pTopose de demander et d'obtenir l'amour divin.
Après avoir considéré les divers bienfaits de Dieu, il nous reste à considérer ses perfections, ainsi que l'amour qu'il a pour les hommes; car rien ne nous excite davantage à aimer que de savoir que nous sommes aimés. Or, comme l'amour que Dieu a pour nous ressort principalement des paroles de l'Oraison dominicale , où il est appelé notre Père, et où, par conséquent, le titre d'enfants adoptifs nous revient de droit, j'ai fait suivre les trois premières oraisons, qui traitent des perfections divines , de trois autres sur le Pater, et j'en ai ajouté une dernière pour demander l'amour de Dieu et compléter ainsi le nombre de sept , de
telle sorte qu'il y en ait une pour chaque jour de la semaine , et qu'ainsi on ne soit pas exposé à l'ennui de répéter plusieurs fois la même chose. A la fin de chaque oraison on pourra réciter le Cantique qui précède, en invitant toutes les créatures à s'unir pour louer le Seigneur, d'autant plus que c'est là une pratique très -propre à allumer son amour dans les âmes. En général, l'amour, ou , si l'on veut, l'effet le plus général de l'amour, consiste à souhaiter du bien à la personne que l'on aime; mais, comme le Seigneur possède tous les biens, la seule chose que nous puissions lui souhaiter, est qu'il soit loué et glorifié par ses créatures. Cela seul, si l'on peut s'exprimer de la sorte , lui manque , ou , pour mieux dire, ce n'est pas à lui que cela manque, puisqu'il n'a besoin de rien, mais à nous, qui lui sommes redevables de cette marque d'affection.
A cette fin, nous n'aurons qu'à ouvrir le Psautier, où, sur le modèle des sept Psaumes de la pénitence , nous en trouverons sept autres dans lesquels le Prophète-Roi célèbre plus particulièrement les louanges de Dieu , et qui sont : Bencdic anima mea Domino : et omnia quœ intra me sunt, etc. (ps. en); Benedic anima mea Domino: Domine Deus meus, etc. (ps. cm); Exaltabo te Deus meus Rex : et benedicam, etc. (ps. cxliv); Lauda anima mea Dominum, etc. (ps. cilv); Laudate Dominum quoniam bonus est psal-
mus, etc. (ps. cxlvi); Lauda Jérusalem Dominum, etc. (ps. cxlvii) ; Laudate Dominum de cœlis, laudate eum, etc. (ps. cxlviii). Les deux premiers de ces psaumes se trouvent aux matines du samedi, et les cinq autres à la fin du Psautier. Chacun sera libre de s'exciter à l'amour de Dieu en les récitant tous à la fois, ou bien en les récitant tour à tour à la fin de chacune des sept oraisons qui vont suivre , ou bien encore en terminant ces oraisons par le Cantique que l'on vient de lire, ou, si l'on aime mieux, par le Te Deum laudamus.