‹ Le mémorial de la vie chrétienneChapitre 18 sur 170 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Des défauts qui rendent la Confession nulle.

Afin de bien faire comprendre l'importance de tout ce qui a été dit jusqu'ici, nous allons exposer en peu de mots les cas les plus ordinaires où , la Confession étant nulle , on est obligé de la réitérer.

La Confession est nulle, lorsque le pénitent manque de sincérité en matière de péché mortel ; lorsque volontairement il cache un péché mortel qu'il reconnaît comme tel: je dis qu'il reconnaît comme tel , parce que dans le cas contraire , s'il venait plus tard à reconnaître son erreur, quand même son ignorance eut été coupable , il ne serait tenu qu'à s'accuser du péché caché , sans qu'il fut obligé de répéter ses autres confessions. La Confession est nulle, lorsque après des mois et des an-

nées on se présente au tribunal de la Pénitence sans s'être examiné. Dans ce cas, en effet, le défaut de mémoire nous condamne bien plus qu'il ne nous excuse, ainsi que nous l'avons dit plus haut. La Confession est nulle quand le pénitent n'est pas fermement résolu à renoncer au péché ; quand il conserve dans son cœur des sentiments de haine ; quand il ne veut pas rompre avec ses habitudes mauvaises ; quand il refuse de restituer ce qui ne lui appartient pas. La Confession est nulle quand le pénitent étant excommunié ne s'est pas fait relever de son excommunication. Enfin la Confession est nulle , quand le pénitent manquant d'instruction, et se trouvant dans de graves embarras, s'est adressé à un confesseur ignorant, parce que dès lors il doit s'ouvrir à un guide plus sûr, afin d'être ramené dans la bonne voie.

Remarquez pourtant que dans le cas où, pour une des causes que nous venons d'énoncer, la Confession aurait été nulle, il suffirait d'indiquer cette cause sans qu'il fût nécessaire de confesser de nouveau tous ses péchés ; pourvu toutefois que l'on n'eût pas changé de confesseur, et que celui-ci eût encore quelque souvenir des confessions qui lui auraient été faites précédemment. On pourrait alors se contenter de dire : Mon Père, je m'accuse de tous les péchés que j'ai confessés à telle époque, et en particulier de celui qui m'oblige maintenant à réitérer ma confession.

Comme plusieurs peuvent craindre avec fondement que leurs confessions n'aient pas toujours été irréprochables , je dirai en finissant qu'il est d'une grande importance qu'au moins une fois dans la vie on s'astreigne à faire une revue générale , tant pour réparer les négligences dont on se serait rendu coupable , que pour se mettre en règle à l'avenir.

Et maintenant afin d'aider le pénitent à s'examiner et à se préparer d'une manière convenable au sacrement de Pénitence, nous allons placer sous ses yeux une sorte de Mémorial , non pas de tous les péchés que l'on peut commettre , mais de ceux qui sont les plus ordinaires et dans lesquels on tombe le plus communément.

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