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Des jiéchés d'omission contre nous-mêmes.
L'homme se compose de différentes parties ; il a un corps avec des sens , une âme avec des appétits, un esprit avec des facultés, que l'on nomme l'intelligence , la mémoire et la volonté. Or, il peut
lui arriver de pécher en renversant Tordre qui doit régner dans chacune de ces différentes parties.
Il s'accusera donc de n'avoir pas traité son corps avec assez de rigueur et de sévérité pour tout ce qui regarde la nourriture, le vêtement et le sommeil ; de l'avoir trop ménagé , et d'avoir trop recherché ses aises.
De n'avoir pas réprimé les écarts de son imagination, de n'avoir pas veillé à la garde de ses sens, de les avoir laissés se porter sur toute sorte d objets; d'avoir voulu tout voir, tout entendre, parler à tout propos; de s'être entretenu de pensées vaines et frivoles qui l'ont empêché de se recueillir et de faire oraison.
De n'avoir pas mortifié ses appétits, de n'avoir rien fait pour dompter sa volonté, et résister à ses caprices; de lui avoir obéi au contraire en toutes choses; d'avoir manqué d'humilité, de n'avoir pas reconnu sa misère et sa bassesse , de ne s'être point regardé comme étant dépourvu de tout mérite.
D'avoir été tiède et froid dans l'oraison , de l'avoir laissée pour le motif le plus frivole , de ne pas y avoir apporté l'attention et le recueillement nécessaires.
§ iv.
Des péchés d'omission contre le prochain.
11 s'accusera encore de n'avoir pas aimé son pro-
chah) comme lui-même, ainsi que Dieu le commande.
De ne l'avoir pas assisté dans ses besoins comme il devait et comme il aurait pu le faire.
De ne pas avoir eu assez de compassion pour ses maux et de n'avoir pas prié le Seigneur pour qu'il lui vînt en aide.
Les inférieurs s'accuseront d'avoir manqué d'obéissance et de respect à leurs supérieurs , et les supérieurs , ceux qui ont des enfants ou des domestiques , de ne pas les avoir instruits et châtiés, de ne pas leur avoir fourni ce dont ils avaient besoin, de ne pas avoir pris soin d'eux comme ils y étaient obligés.
Des péchés de commission.
Après s'être accusé des péchés d'omission , on parcourra les dix commandements de Dieu et les sept péchés capitaux , et l'on s'accusera de tous les péchés de commission dont on aura connaissance ; ou bien on pourra aussi s'examiner rapidement sur les péchés que l'on a commis par pensées, par paroles ou par actions, et les accuser successivement.
Cela fait, on dira si l'on a manqué aux obligations de son état : le religieux, s'il a violé ses
vœux ou quelque point de sa règle; le juge, le médecin, le négociant, l'avocat, s'ils n'ont pas été exacts à remplir les devoirs inhérents à leur profession ; le prince , s'il n'a pas gouverné selon les lois de la justice.
En terminant, on dira : Je m'accuse de tous ces péchés, et de tous les autres péchés que j'ai pu commettre par pensée, par parole, par action; par ma faute, par ma faute, par ma très-grande faute. J'en demande pardon à Dieu, et à vous, mon Père, la pénitence et l'absolution.
LIVHK TROISIÈME