‹ Le mémorial de la vie chrétienneChapitre 47 sur 170 · VU · texte numérisé non relu

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De la mortification de la langue.

La septième chose que nous ayons à faire pour éviter le péché mortel, c'est de veiller sur notre langue , qui est la partie du corps avec laquelle il nous arrive le plus souvent d'offenser Dieu. La langue est un membre très-délié, d'où s'échappent

toutes sortes de paroles déshonnêtes, emportées, vaines et oiseuses ; en même temps qu'une foule de mensonges, de jurements, de malédictions, de médisances, de flatteries, etc. C'est pourquoi le Sage dit que « le péché abonde dans la multitude « des paroles » (Prov., x, 19), et que « la vie « et la mort sont par la parole. » (Id., xvm, 21.) Lors donc que vous aurez à parler sur certains sujets ou avec certaines personnes qui peuvent être pour vous une occasion de médire, de mentir, de vanter vos mérites, de vous faire valoir, commencez par lever les yeux au ciel, recommandez-vous à Dieu , et dites-lui avec le Prophète : « Seigneur, mettez une garde à ma bouche, et « une porte à mes lèvres. » (Ps. cxl, 3.) Puis, pendant tout le temps que vous parlerez, pesez bien chacune de vos expressions et de vos paroles, et imitez le voyageur qui, forcé de traverser un gué sur des pierres glissantes, ne pose le pied qu'à bon escient et là où il n'y a pas de danger. Mais, comme cette matière est très -abondante, nous aurons plus tard l'occasion d'y revenir, et de la traiter avec tout le développement qu'elle comporte.

5 vin.

n que l'on doit avoir de détacher son cœur des choses visibles.

La huitième chose que nous ayons à faire pour éviter le péché mortel, c'est de bannir de notre

cœur toute affection déréglée aux choses visibles : comme sont les honneurs, les richesses, les enfants, les parents, les amis, etc.; car c'est de là que naissent tous les péchés, les soucis, les ennuis, les passions, les tentations et les troubles qui se rencontrent dans le monde. « De même , dit saint Grégoire, que la principale habileté du chasseur consiste à connaître le genre d'appât qui convient le mieux aux oiseaux qu'il veut prendre, *et à s'en servir pour les attirer : de même le soin principal du démon est de connaître les objets qui nous attachent , et de s'en servir pour nous tendre des pièges, sachant très-bien que chacun, comme dit le Poëte, est entraîné par l'affection et la passion qui le domine. » Je n'ignore pas que les hommes ont la raison pour se conduire ; mais la plupart néanmoins ne suivent d'autre règle que celle des passions, qui portent l'àme par tout où bon leur semble , et qui pour cela sont appelées les pieds de l'âme. Saint Augustin dit que l'amour est le poids de l'âme, et qu'il l'attire toujours de son côté : s'il est du ciel, il l'attire vers le ciel, et s'il est de la terre, il l'attire vers la terre. Dans le même sens , on peut dire que ce que les poids sont à une horloge, nos affections le sont à notre cœur : d'autant plus que ce sont elles qui lui impriment le mouvement. Or, de même qu'une horloge ne va bien qu'autant que ses poids sont proportionnés à la durée de sa marche, ni trop lourds ni

trop légers, de même notre vie ne se maintient dans l'ordre qu'autant que nous savons modérer nos affections en aimant et appréciant les choses à leur juste valeur. Si jamais nous obtenons ce résultat, nous pourrons nous considérer comme étant arrivés au comble des vertus , par la raison que la plupart des vertus tendent uniquement à établir l'équilibre entre les diverses passions qui agitent notre âme.

Travaillons donc de toutes nos forces à. détacher notre cœur de l'amour des choses visibles ; tournons-le vers l'unique et souverain Bien, vers le seul Bien véritable ; réprimons ses écarts, et n'aimons les biens de ce monde qu'en proportion de ce qu'ils valent , c'est-à-dire comme des biens de peu d'importance , fragiles , incertains et passagers. Si nous les aimons de la sorte, nous ne serons plus tentés de désespoir lorsqu'ils viendront à nous manquer, ou qu'on nous les ôtera, et nous ne commettrons plus tant de péchés pour les acquérir, pour les augmenter ou pour les défendre. Ce point-là est essentiel; car une fois détachés des biens de la terre , nous n'avons plus rien à craindre des ruses du démon; tandis qu'autrement nous n'avons pas même commencé à imiter Jésus -Christ. «Qui d'entre vous, » dit-il, « voulant bâtir une tour, ne se rend pas compte " auparavant de la dépense nécessaire pour savoir " s'il peut l'achever, de peur qu'on ne lui dise:

(( Voilà un homme qui a commencé à bâtir, et « qui n'a pas pu achever? ou quel est le roi « qui, voulant combattre un autre roi, n'examine « pas auparavant à loisir s'il peut marcher avec <« dix mille hommes contre un ennemi qui vient « à lui avec vingt mille; et, s'il ne le peut, il <( lui envoie des ambassadeurs, et lui fait des « propositions de paix. Ainsi donc, » continue le Sauveur, « celui d'entre vous qui ne renonce « pas à tout ce qu'il possède , ne peut être mon « disciple. » (Luc, xiv, 28-33.) Vous me demanderez peut-être à quoi tend cette comparaison; car de prime abord on ne voit guère le rapport qu'il y a entre entasser des richesses, rassembler une armée , et renoncer à ce que l'on possède , puisque dans le premier cas on amasse, et dans le second on dissipe ; mais, pour peu que vous vouliez réfléchir, vous en comprendrez bientôt la justesse. En effet, dans la pensée du divin Maître , il est aussi difficile d'élever notre édifice spirituel ou de combattre le démon sans la pauvreté et le renoncement aux choses de ce monde , qu'il serait difficile d'élever une tour sans argent, ou bien de repousser un ennemi sans armées ; et comme plus les armées d'un roi sont nombreuses, et plus il est sur de la victoire, plus notre pauvreté et notre renoncement seront complets, plus nous nous sentirons du courage contre les adversaires de notre salut. C'est là ce qui a été

le mobile de saint François et d'une foule d'autres saints , lesquels n'attendant rien du monde , et , pour ne rien avoir à démêler avec lui , se sont volontairement dépouillés de tout, et ont vécu dans une extrême pauvreté. Au contraire , quand un homme a de l'attache pour quelque objet terrestre, les pièges naissent, pour ainsi dire, sous ses pas. Se sent -il attiré vers les honneurs, les richesses ou autres choses semblables? le démon lui ouvre mille portes , lui fait voir mille moyens de se les procurer, mille moyens de les accroître : parmi ces moyens, il y en a de permis, et d'autres qui ne le sont pas; mais, aveuglé par sa passion, il les confond, et il s'en sert indistinctement. Que s'il rencontre des individus qui ont les mêmes prétentions que lui, et qui portent la main sur ce qu'il désire, ce sont alors des colères, des emportements, des jalousies, des haines, des procès, des injures, des contestations interminables, des troubles et des soucis de toute espèce: d'un côté la partie concupiscible et de l'autre la partie irascible de l'âme se soulèvent, chacune avec les différences qui lui sont propres, et de ce conflit naissent des tempêtes qui l'exposent aux plus grands périls. Voilà pourquoi l'Apôtre dit que « la convoitise est la racine de tous les maux» (I Tim., vi, 10) : ce qui ne doit pas s'entendre seulement du désir de posséder des richesses, mais de tout autre désir excessif, parce qu'il n'y

en a point qui ne soit la cause d'une infinité de désordres.

La parabole de l'Évangile où il s'agit de ceux qui, invités par le roi à venir partager son festin, refusent de s'y rendre , les uns parce qu'ils ont à veiller sur leurs terres, et les autres sur leurs affaires, nous montre aussi que lorsque le cœur a de l'attache pour les choses de la terre, il n'a que du mépris pour les choses du ciel : le Sauveur avait donc raison de dire que « celui qui ne renonce pas « à tout ce qu'il possède ne peut être son disciple. » (Luc XIV, 33.) Sachez donc modérer vos affections, et, comme dit le Prophète, «si vos richesses « se multiplient, n'y attachez pas votre cœur » (Ps. lxi, 10); mettez toutes vos espérances en Dieu, qui est votre véritable Père, et qui vous assistera sûrement ; contentez-vous des biens qu'il vous a donnés, de la position qu'il vous a faite, et ne veuillez pas vous élever plus qu'il ne le veut lui-même. Si, par contre, vous lâchez la bride à vos penchants déréglés, vos désirs ne seront jamais satisfaits, ou, s'ils le sont, il ne vous en reviendra aucun avantage : vous tomberez dans une multitude de fautes, et vous perdrez en même temps les biens de la vie présente et ceux de la vie future. « Pourquoi, » dit Salomon, tourner « les yeux vers un bien qui soudain ne sera plus? « il a les ailes de l'aigle , et vole vers le ciel. » (Prov., xxiii, 5.)

§ IX

De la lecture des bons livres et de ses effets.

La neuvième chose que nous ayons à faire pour éviter le péché mortel, c'est de nous appliquer à la lecture des bons livres, en rejetant soigneusement tous ceux qui seraient dangereux pour notre âme. La parole de Dieu est tout à la fois notre lumière, notre remède, notre nourriture et notre guide : elle remplit notre cœur de saints désirs, elle nous fait rentrer en nous-mêmes au temps de nos plus grandes distractions , elle ranime notre dévotion alors même qu'elle semble tout à fait assoupie , elle nous préserve de l'oisiveté, qui, comme nous ]e dirons plus tard, est la mère de tous les vices ; enfin elle est aussi nécessaire à notre âme que le pain que nous mangeons chaque jour est nécessaire à notre corps. « La nourriture de l'âme, dit saint Jérôme, est de méditer jour et nuit la loi du Seigneur; » car l'entendement trouve sa satisfaction dans la connaissance de la vérité qui lui arrive, et la volonté dans le goût qu'elle y prend et l'amour qu'elle en conçoit; or, quand ces deux roues principales de l'horloge spirituelle vont bien, il est certain que le reste ne laisse pas beaucoup à désirer. Indépendamment de cela, la lecture des bons livres nous apprend à connaître nos défauts, à vaincre

nos scrupules, à triompher de nos tentations; elle est pour nous une source d'enseignements salutaires : elle nous découvre les mystères les plus cachés, et, en mettant sous nos yeux, avec les exemples des saints, les effets admirables de leurs vertus , elle nous excite puissamment à marcher sur leurs traces. Écoutez d'ailleurs en quels termes Salomon nous la recommande : « Mon fils, » ditil , « garde les commandements de ton père , et « n'abandonne pas l'enseignement de ta mère; « porte-les sans cesse gravés sur ton cœur, atta- « chés à ton cou; qu'ils t'accompagnent lorsque « tu marches, qu'ils veillent autour de toi lorsque « tu reposes , qu'ils soient ton entretien à ton « réveil : car le précepte est un flambeau, la loi « est une lumière, et une sage réprimande est « le chemin de la vie. » (Prov., vi, 20-23.)

Si vous voulez que la lecture dont nous parlons vous soit profitable, il ne faut pas que vous la fassiez sèchement, à la hâte et comme en courant, encore moins par un motif de simple curiosité , mais que vous l'accompagniez , au contraire , de beaucoup d'humilité , et d'un grand désir de vous avancer dans la vertu. La seule différence qui existe entre la lecture et la méditation , c'est que celle-ci, s'arrètant davantage sur la même pensée, la rumine et la digère plus à loisir. Appliquezvous donc à lire posément, attentivement, et, à peu de chose près, votre lecture vous vaudra

autant que la méditation elle-même : car la lumière qui se fera dans votre intelligence pénétrera bientôt jusqu'à votre volonté et aux autres facultés de l'âme, tout comme le mouvement du premier ciel se communique aux globes des cieux inférieurs. Aimez la lecture des livres saints; mais préférez toujours l'oraison à la lecture. Ne lisez pas beaucoup de choses à la fois, vous fatigueriez votre esprit au lieu de le soulager. Ecoutez la parole de Dieu avec une sainte avidité ; et le langage de celui qui vous l'annonce fût-il encore plus simple et plus grossier, recevez -la toujours avec respect. Dans le cas où vous vous apercevrez qu'elle ne fait point d'impression sur votre cœur, humiliez -vous, rejetez-en le tort sur votre goût, qui a trop de prétention à la délicatesse, plutôt que sur l'inhabileté de celui qui parle, et soyez persuadé que si vous n'éprouvez pas de plaisir à l'entendre, ce sont vos péchés seuls qui en sont la cause.

De la présence de Dieu.

La dixième chose que nous ayons à faire pour éviter le péché mortel t c'est de marcher constamment devant Dieu, de l'avoir toujours présent à notre pensée, de le regarder comme le témoin de ictions, le juge de notre conduite, le soutien

de notre faiblesse, et comme tel de le supplier, par de fréquentes oraisons jaculatoires , qu'il daigne nous accorder la grâce de ne jamais l'offenser en quoi que ce soit. C'est ainsi que le pratiquait David : aMes yeux, » dit-il, «sont toute jours élevés vers le Seigneur, parce que c'est « lui qui dégagera mes pas des pièges qui m'en- « vironnent. » (Ps. xxiv, 15.) « J'ai toujours le a Seigneur présent à mes yeux , » dit-il encore , « il est à ma droite: je ne serai point ébranlé. » (Ps. xv, 8.) L'attention dont il s'agit ici ne doit pas être tellement continue que nous nous oubliions nous-mêmes. 11 faut que nous ayons un œil fixé sur Dieu , afin de lui rendre nos hommages et de lui demander ses grâces; mais il faut que nous ayons l'autre fixé sur nos actions, afin de ne jamais nous départir de l'obéissance qu'il est en droit d'attendre de nous. Si nous sommes fidèles à nous observer de la sorte , notre vie se passera sans secousse , et nous nous épargnerons bien des regrets.

Remarquez en particulier que dans certaines occasions , comme par exemple lorsque nous sortons de notre retraite pour aller converser ou traiter d'affaires avec des personnes d'humeur difficile, lorsque nous allons nous mettre à table, dire ou entendre la messe , réciter l'office divin, etc., il est de notre devoir de redoubler de vigilance, parce que sans cela nous commet-

t. i. — il

trions infailliblement une multitude de fautes. Le voyageur qui se trouve en présence d'un mauvais pas ne marche point à la légère, il relève ses vêtements, ouvre l'œil et prend beaucoup pins de précautions que lorsqu'il était en rase campagne; c'est ce que nous devons faire nous-mêmes chaque fuis que nous prévoyons quelque danger, car nous n'y échapperons qu'en nous tenant mieux sur nos gardes et en priant avec plus de ferveur. Du resle, l'expérience prouve que celui quia pris la résulution de se, défendre contre les attraits de la gourmandise, se conduit toujours plus sobrement à table. « Avant la maladie, » dit FEcclésiastique (xvin, 20), « emp'oie le remède. » c'està-dire avant que le péril devienne imminent, eflbrce-toi de l'éloigner. Si nous observions bien ce conseil, à coup sur nous verrions diminuer chaque jour le nombre de nos péchés.

§ xr.

Des roaui qui naissent de l'oisireté.

La onzième chose que nous ayons à faire pour éviter le péché mortel, c'est de fuir l'oisiveté, qui est la mère de tous les vices. Le prophète Ézéchiel (xvi) compte l'oisiveté parmi les quatre causes qui amenèrent la ruine de Sodome, et les anciens Pères du désert avaient pour maxime qu'un moine qui

s'occupe n'a qu'une tentation à craindre, au lieu que celui qui est désœuvré doit les craindre toutes, par la raison, disaient-ils, que le démon n'a pas de peine à s'introduire dans le cœur, quand l'oisiveté lui en ouvre la porte. L'oisiveté donne donc accès à tous les maux; mais elle fait plus encore : comme ici-bas il n'est ni science, ni vertu, ni honneurs, ni richesses que l'on puisse acquérir sans travail, et que l'homme qui fuit le travail se prive par là même de toute espèce d'avantages, il est vrai de dire qu'elle ferme la porte à tous les biens. Or, qui ne détesterait un vice dont les conséquences sont si funestes? Comprenez-vous les habitants d'une ville qui, ayant deux portes destinées Tune à recevoir ce qui lui est utile, et l'autre ce qui lui est nuisible, tiendraient la première constamment fermée et n'ouvriraient jamais que la seconde? En vérité rien ne ressemble davantage à l'état des malheureux réprouvés? Mais n'est-ce pas là l'image de ce qui se passe dans Fànie du paresseux, puisque lui aussi, en refusant de se soumettre à la loi du travail, repousse le bien et n'accueille que le mal?

Ayez donc soin de régler vos actions, de les disposer de telle manière que la journée se passe sans qu'il y ait un moment, de perdu. Que ceux qui sont pauvres ou de basse condition s'occupent à des travaux manuels ; quant aux riches, après avoir vaqué à la prière et aux affaires de

leur maison , ils ne sauraient mieux faire que dem ployer le reste de leur temps à des lectures pieuses. Cassien assure que les anciens Pères du désert n'auraient pas cru pouvoir persévérer dans la vertu et conserver l'esprit de leur vocation sans le travail ; c'est au point que lorsque l'un d'entre eux, par suite de son éloignement, se trouvait dans l'impossibilité d'utiliser son ouvrage, il ne laissait pas de le continuer, sauf à le brûler plus tard pour débarrasser sa cellule, et à le commencer de nouveau. Cassien ajoute que cela n'interrompait en rien leur oraison ; car, tandis que leurs mains étaient occupées à travailler, leur cœur ne cessait pas de s'entretenir avec Dieu.

§ XII

De la solitude.

La douzième cbose que nous ayons à faire pour éviter le péché mortel, c'est de rechercher la solitude, qui est la gardienne de l'innocence, parce qu'en nous tenant éloignés des objets qui sont de nature à surexciter nos passions, elle nous ôte par là même l'occasion d'offenser Dieu. Une voix du ciel fit jadis connaître ce remède au bienheureux Arsène : Arsène, lui dit-elle, fuis, garde le silence et tiens-toi en repos. Le serviteur de Dieu doit donc vivre retiré, et renoncer autant que possible

aux visites, aux conversations, aux civilités qui sont en usage dans le monde, et où le plus souvent on se permet des médisances, des mensonges, des flatteries et autres choses qui, alors même qu'elles ne seraient point des péchés, affaiblissent toujours la dévotion, et, en remplissant l'àme de toute sorte d'images, l'empêchent de vaquer librement à l'oraison. Le monde sa plaindra, le monde le montrera au doigt ; mais, après tout, il y a bien moins d'inconvénients à mécontenter le monde qu'à mécontenter Dieu, et lorsque les saints et les martyrs ont tant souffert pour mériter le royaume du ciel, je ne vois pas pourquoi il reculerait devant une si petite épreuve. Du reste, pour peu qu'il examine ce qui se passe sous ses yeux , et de quelle manière vivent les hommes, il n'aura pas de peine à comprendre qu'on gagne plus à fuir qu'à rechercher leur compagnie.

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