‹ Le mémorial de la vie chrétienneChapitre 49 sur 170 · XIV · texte numérisé non relu

XIV

De la fréquentation des sacrements, de la prière et de l'aumône.

Indépendamment de ces remèdes généraux et très-efficaces contre le péché mortel, il en est trois autres d'une égale valeur, que nous ne saurions passer sous silence : ce sont la fréquentation des sacrements , la prière et l'aumône. L'Apôtre Kurn., vj enseigne que la grâce détruit radicalement l<- péché; or voici les divers moyens qui nous la feront obtenir, puisque, comme on

le dit communément, les sacrements la confèrent, la prière la demande et l'aumône la mérite. Je sais très-bien qu il y a d'autres œuvres qui la méritent aussi ; mais on cite l'aumône de préférence, parce que ceux qui usent de miséricorde envers leur prochain sont assurés de trouver miséricorde auprès de Dieu. L'aumône ne nous aide donc pas seulement à satisfaire pour nos péchés, elle nous garantit encore contre de nouvelles chutes. « L'au- « mône, » dit lT.cciésiastique, « est devant Dieu « comme un sceau, et il gardera le souvenir du « bienfait de l'homme comme la prunelle de son « œil.» (xvn, 18.) « Elle combattra pour lui contre « son ennemi mieux que le bouclier et la lance du « guerrier. » (Id., xxix, 10-18.)

Quant aux sacrements, qui ne sait que Dieu les a institués comme des remèdes célestes conlre le péché, qu'il les a établis pour soutenir notre faiblesse, pour allumer son amour dans nos cœurs, pour exciter notre dévotion, pour subvenir à nos misères, pour nous enrichir des trésors de sa grâce? 11 y aurait beaucoup à dire sur ces trois sujets; mais comme nous avons déjà parlé des sacrements au second et au troisième livre de ce Mémorial, que nous avons parlé de l'aumône à propos des différentes parties de la satisfaction, et que nous devons nous occuper de la prière au cinquième livre, nous nous contenterons pour le moment de renvoyer le lecteur à ces divers endroits.

L'essentiel est de prier le Seigneur de vouloir bien nous ôter toute liberté et de faire de nous tout ce qu'il lui plaira, plutôt que de permettre que nous tombions jamais dans le péché mortel. Demandons-lui en particulier trois sortes d'amour et trois sortes de haine : son amour, l'amour des souffrances et l'amour de la vertu; la haine du péché, la haine de notre propre volonté, la haine de notre chair, en tant du moins que notre volonté et notre chair voudraient nous entraîner au péché. Servons-nous de ces diverses haines pour combattre les affections criminelles de notre cœur, et travaillons, autant qu'il dépendra de nous, pour que nos mortifications et nos œuvres soient d'accord avec nos prières ; car sans cela tous nos efforts n'aboutiraient à rien. Mais nous reviendrons sur cette matière, et nous la traiterons plus longuement à la fin de ce livre.

§ xv.

De quatre points qui doivent fixer l'attention dn chrétien.

Outre ces remèdes généraux dont on peut se servir avec avantage contre toute espèce de péché, et qui constituent à eux seuls une très -grande partie de la philosophie chrétienne, il y en a d autres particuliers à chaque vice dont nous nous abstiendrons de parler maintenant, dans la crainte de Fatiguer le lecteur; mais pour conclu-

sion de tout ce qui précède, nous dirons qu'il y a quatre points auxquels le chrétien ne saurait faire trop d'attention. Il doit constamment mortifier son corps, veiller sur sa langue, réprimer ses mauvais penchants, se recueillir et s'absorber en Dieu ; car, en réformant son corps, sa langue, son cœur et son esprit, il se réformera tout entier et ne péchera plus, ce qui est l'objet du présent livre.

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