‹ Le mémorial de la vie chrétienneChapitre 68 sur 170 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Prière à Jésus-Christ, où sont rappelés les principaux traits de sa vie , depuis son incarnation jusqu'à son baptême.

Doux Jésus, je vous rends grâces de ce que pour moi vous avez daigné descendre de votre palais royal et quitter le sein adorable de votre Père , pour venir dans cette vallée de larmes et vous incarner dans les chastes entrailles de la très-sainte Vierge, votre mère. Je vous en supplie, vous qui êtes mon Maître, disposez mon cœur à devenir votre demeure; ornez-le, embaumez-le de toutes les vertus , afin que désormais vous l'habitiez seul et pour toujours. Oh ! s'il était, assez pur pour que je pusse vous inviter humblement à venir en lui , vous y recevoir amoureusement, vous y retenir éternellement! Oh! si je pouvais vous étreindre de telle façon, que jamais ni mes pensées ni mes affections ne se détournassent ailleurs.

Doux Jésus, je vous rends grâces de ce que vous avez permis que la très-sainte Vierge , après

vous avoir conçu , allât visiter sainte Elisabeth , sa cousine, pour la saluer et lui offrir ses services à l'occasion de sa grossesse ; je vous rends grâces aussi de ce que vous avez voulu vous-même demeurer caché pendant neuf mois dans ses chastes entrailles. Oh! de grâce, accordez-moi la véritable humilité , et imprimez-la au plus profond de mon cœur, afin que je sois toujours prêt à vous servir, fnspirez-moi, Seigneur, le dégoût des choses de ce monde , et faites que mon unique désir et mon unique envie soit de vous posséder au dedans de moi, et comme mon hôte , et comme mon souverain Maître.

Je vous rends grâces, à vous, très-doux Jésus, que la très - sainte Vierge enfanta sans douleurs et sans rien perdre de sa pureté virginale, qu'elle coucha, pauvre et souffrant, dans une crèche, et qu'elle adora , qu'elle vénéra ensuite avec les sentiments de la plus profonde humilité. Venez, venez naître et renaître continuellement dans mon âme, en y attisant le feu de la charité ; et que mon cœur n'ait plus d'autre désir, d'autre suavité , d'autre espérance que vous. Oh ! s'il pouvait ne plus chercher que vous , ne plus penser qu'à vous, ne plus aimer que vous, ne plus brûler que pour vous !

Je vous rends grâces, doux Jésus, de ce que en naissant, au milieu de l'hiver, vous avez consenti ;'i être enveloppé de pauvres langes, et à

sucer les mamelles de votre Mère, à la manière des autres enfants. 0 mon Seigneur, que je sois toujours devant vous comme un petit enfant véritablement humble et véritablement pauvre d'esprit ; que pour la gloire de votre saint Nom je souffre volontiers toutes les peines et toutes les contradictions qu'il vous plaira de m'envoyer ; que je n'aime aucune créature si ce n'est en vous, et que je ne désire rien posséder en dehors de vous.

Je vous rends grâces, ô doux Jésus, de ce que, immédiatement après votre naissance, les Anges ont entonné des cantiques en votre honneur, et de ce que les bergers vous ont cherché et adoré avec des sentiments d'admiration et de joie. Faites, ô mon Seigneur, que je chante constamment vos louanges, que je vous cherche diligemment avec les bergers , et qu'en vous cherchant je vous trouve, et je vous possède éternellement.

Je vous rends grâces, ô doux Jésus, de ce que, le huitième jour après votre naissance, vous avez voulu, selon la loi générale, être circoncis, répandre votre sang, et, ce qui doit grandement nous consoler, recevoir le nom de Jésus. Veuillez, je vous prie , imprimer en moi la marque de vos serviteurs, et retrancher de mon âme tout ce qui est inutile et superflu, c'est-à-dire toutes les paroles, toutes les actions, toutes les pensées que la raison réprouve. Vous vous appelez Jésus,

qui signifie sauveur, parce qu'il n'appartient qu'à vous d'opérer notre salut. Oh ! que le souvenir de ce Nom à jamais suave bannisse de mon cœur tout sentiment de faiblesse et de pusillanimité , me remplisse de confiance en votre miséricorde , et me défende contre les assauts et les coups de l'ennemi.

Je vous rends grâces, ô doux Jésus, de ce que les Mages, conduits par une étoile brillante et animés de la dévotion et de la foi la plus vive, vous ont trouvé, se sont prosternés à vos pieds et vous ont offert de For, de l'encens et de la myrrhe ; faites qu'à l'exemple de ces Rois fortunés je vous cherche constamment dans la crèche de mon cœur, que je vous y adore en esprit et en vérité, que je vous y offre For resplendissant delà charité, l'encens de la dévotion, la myrrhe de la mortification parfaite , et que j'emploie et je consacre toutes les puissances de mon âme à accomplir votre volonté adorable.

Je vous rends grâces, 6 mon Sauveur Jésus- Christ, de ce que, pour nous donner l'exemple de l'obéissance et de l'humilité, vous avez voulu vous soumettre à la loi , être porté au Temple entre les bras de votre mère, et permettre, après qu'elle vous eut racheté avec l'offrande des pauvres , que Siméon le juste et Anne la prophétesse, ravis de votre présence, proclamassent hautement votre gloire. Oh ! si jamais le moindre

sentiment de vanité ne venait effleurer mon cœur î si la présomption en était à jamais bannie ! si, renonçant pour toujours à la faveur des hommes, je faisais mourir en moi l'amour-propre ! Seigneur, accordez-moi la grâce de fuir les louanges des hommes, d'obéir et de me soumettre volontairement aux hommes pour l'amour de vous.

Je vous rends grâces , ô doux Jésus , de ce qu'étant tout nouvellement né vous avez été persécuté, ainsi que votre tendre Mère ; vous avez pris la fuite, et vous avez été exilé en Egypte. Faites que dans toutes les persécutions , dans toutes les tribulations, dans toutes les tentations que j'aurai à subir, je ne recoure jamais qu'à vous, je ne cherche que vous, je n'invoque que vous ; que j'accepte joyeusement, que je supporte patiemment tout ce qui me viendra de votre main paternelle, et que je me plie enfin, avec les sentiments de la plus vive gratitude, à tout ce que vous voudrez faire de moi.

Je vous rends grâces , ô doux Jésus , de ce qu'après vous avoir perdu , votre pieuse Mère vous chercha pendant trois jours , en proie à la plus violente tristesse , et vous trouva enfin, à la grande joie de son âme , assis dans le Temple , au milieu des Docteurs , les écoutant et les interrogeant avec une merveilleuse sagesse. Oh ! que ne vous donnez -vous à moi, que ne vous communiquez-vous à moi, de façon à ne jamais

plus vous en éloigner, à ne jamais plus m'abaudonner; bannissez loin de mon âme la tiédeur et la paresse , ces vices que vous avez tant en horreur ; donnez-moi une dévotion parfaite, une soif ardente de votre justice, et faites que ces vertus s'emparent tellement de mon cœur et de tout ce qui est en moi, que jamais je ne mêlasse ni ne me rassasie de vous servir. Pater noster. Ave, Maria.

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