‹ Le mémorial de la vie chrétienneChapitre 81 sur 170 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Prière pour obtenir de Dieu tout ce qui regarde le salut.

Je vous rends grâces, Seigneur, Dieu tout-puissant, Père des miséricordes, de ce que vous m'invitez vous-même à recourir à vous par la bouche de votre Fils. « Demandez, » dites-vous, « et il <( vous sera donné; cherchez, et vous trouverez ; « frappez, et l'on vous ouvrira. » (Luc, xi, 10.) Et ailleurs, par la bouche de votre Prophète : «Est- il un autre Juste, un autre Sauveur que « moi? Tournez vos cœurs vers moi, et vous <( serez sauvés, vous qui habitez les extrémités « de la terre. » (Is., xlv, 21, 22.) Mais, Seigneur, si vous nous appelez vous-même, si vous nous invitez, si vous nous ouvrez vos bras pour que nous revenions à vous, pourquoi douterions-nous de l'accueil que vous nous préparez ? Yous n'êtes pas comme les hommes, qui s'appauvrissent en donnant ou qui s'irritent quand on fait appel à leur générosité. Vous ne pouvez ni vous appauvrir ni trouver mauvais (pie l'on ait recours à votre clémence. C'est pourquoi s'adresser à vous, ce n'est pas vous importuner, mais vous obéir et accomplir un précepte. Que dis -je? (l'est vous

honorer et vous glorifier, puisque c'est vous recoanaître par là comme le seul vrai Dieu, le seul Maître, le seul Dispensateur, de qui tout dépend et auquel il faut dès lors tout demander. N'est-ce pas là d'ailleurs le sacrifice que vous exigez de nous lorsque vous nous exhortez en ces termes : «Invoquez-moi au jour de la détresse, je vous « délivrerai, etvous m'honorerez? » (Is., xux, 15.) Je me rends, Seigneur, à cette pieuse invitation, je me jette à vos pieds, et je vous prie de m'accorder ce qu'il est de mon devoir de vous offrir, c'est-à-dire que je vous adore, que je vous craigne, que je vous révère, que je vous loue, que je vous remercie, que je vous aime de tout mon cœur, que je mette en vous toutes mes espérances, que j'observe vos saints commandements, que je me résigne entièrement à toutes vos volontés, et que j'apprenne à vous demander toutes les grâces dont j'ai besoin pour votre gloire ou pour mon salut. Accordez-moi le pardon de mes péchés, la grâce de m'en repentir, de m'en confesser et de ne plus les commettre. Faites que je châtie mon corps, que je mette un frein à ma langue, que je réprime les mouvements désordonnés de mon cœur et les élans trop rapides de mon imagination, afin qu'étant ainsi renouvelé , et complètement régénéré, je mérite de devenir un temple vivant et le siège de votre demeure. Répandez encore dans mon àme, non-seulement les vertus qui peuvent

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la purifier, mais aussi celles qui peuvent lui servir d'ornement; je veux dire la crainte de votre saint Nom, une espérance ferme, une humilité profonde, une patience inaltérable, une discrétion à toute épreuve , une pauvreté d'esprit véritable , une obéissance aveugle , une fermeté inébranlable , un zèle ardent pour tout ce qui regarde votre service, mais surtout une charité sans bornes envers vous et envers mon prochain.

Seigneur, je ne mérite pas d'être exaucé ; mais souvenez-vous que sans ma misère il vous serait impossible d'exercer votre miséricorde. Souvenezvous que « vous ne voulez pas la mort du pé- « cheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive. » (Ézéch., xxx, il.) Souvenez-vous que votre Fils est venu en ce monde, « non pas pour les justes, « mais pour les pécheurs. » (Matth., ix, 13.) Souvenez-vous de ce qu'il a fait et de ce qu'il a souffert depuis le moment de sa naissance jusqu'à celui où il a rendu le dernier soupir sur la croix, fl l'a souffert, vous le savez, non pas pour expier ses fautes, mais pour effacer mes péchés. Je vous l'offre, afin qwe vous me pardonniez, et je vous demande miséricorde, non pas en mon nom, mais au sien. On dit que vous honorez le père dans les enfants, et que vous faites miséricorde aux eni'anls par considérai ion pour leurs pères, ainsi qu'en usa David envers Mipbiboseth, à cause de Jonathas; honorez donc votre Fils unique en me faisant pari «le

vos bienfaits, puisqu'il est mon Père, mon second Adam, et que je suis son fils, quoique bien indigne de Têtre. Me voici en votre présence, n'oubliez pas que je mets en vous tout mon espoir. Vous êtes mon Médecin et mon Maître, voyez mes plaies et mes infirmités,

« Seigneur,» vous dirai-je avec votre Prophète, «inclinez l'oreille, et exaucez-moi; car je suis « pauvre et indigent. Gardez mon âme, parce que « je vous suis fidèle. 0 mon Dieu, sauvez votre « serviteur qui espère en vous. Ayez pitié de moi, « Seigneur, parce que je vous implore durant tout « le jour. Répandez la joie dans mon cœur, parce « que j'élève sans cesse mon cœur vers vous. Vous « êtes doux , Seigneur , facile à fléchir , riche en <( miséricorde pour tous ceux qui vous invoquent ; k Seigneur, prêtez l'oreille à ma prière , écoutez « la voix de mes supplications. Aux jours de mes « angoisses, je crierai vers vous, et vous m'exauh cerez. Nul n'est comme vous parmi les dieux, « aucune œuvre n'est semblable à la vôtre. Toutes « les nations que vous avez créées viendront : elles h fléchiront le genou à votre présence ; elles rente dront gloire à votre Nom. C'est vous qui êtes « grand, c'est vous qui opérez des prodiges ; vous « seul êtes Dieu. Seigneur, enseignez -moi vos « voies, et je marcherai dans votre vérité; que « la crainte de votre Nom répande la paix dans « mon cœur. Seigneur mon Dieu, je vous louerai

« de tout mon cœur, je glorifierai votre Nom à « jamais dans les siècles des siècles. » (Ps. lxxxv, 1, 12.) Ainsi soi t -il . Pater noster. Ave, Maria.

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