‹ Le mémorial de la vie chrétienneChapitre 85 sur 170 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

Prière où l'on offre à Dieu les souffrances et les méiites de Jésus- Christ notre Sauveur, afin d'obtenir les grâces dont on a besoin.

« (Jue rendrai -je au Seigneur pour tous les « biens dont il m'a comblé? » (Ps. xv, 3.) Comment reconnaîtrai-je ses grâces? que lui offrirai-je en retour de tant de miséricordes? Oh! commme j'ai mal répondu aux prévenances d'un Bienfaiteur si libéral et si compatissant! Seigneur, je suis demeuré insensible à tous vos bienfaits; j'ai résisté à toutes vos inspirations, j'ai entassé fautes sur fautes et péchés sur péchés. J'avoue que je ne mérite pas d'être appelé votre fils, mais je vous reconnais néanmoins pour mon Père, car vous êtes véritablement mon Père, et toute ma con-

liaûce est en vous. Vous êtes une fontaine de miséricorde qui, loin de repousser les pécheurs qui recourent à vous, les lavez au contraire et les purifiez. Me voici donc, ô mon unique Refuge, me voici, moi, la plus pauvre de toutes les créatures, n'ayant d'autre trésor que le lourd fardeau de mes péchés; je me prosterne humblement à vos pieds, j'implore votre miséricorde infinie, je mets en vous tout mon espoir : oh ! pardonnez-moi et sauvez-moi par votre clémence.

Doux Jésus, afin d'obtenir le pardon de mes péchés, je vous offre cette charité incompréhensible par laquelle vous, qui êtes le Dieu de majesté, n'avez pas dédaigné de vous faire homme pour nous , et de passer trente-trois ans sur cette terre, dans les peines, les afflictions, les persécutions, les contradictions, les fatigues et les travaux de tous genres. Je vous offre ces mortelles angoisses, cette sueur de sang, cette agonie qui remplit votre âme d'une si grande tristesse, lorsque, vous étant mis à genoux, vous priâtes votre Père dans le jardin des Oliviers. Je vous offre l'ardent désir que vous aviez de souffrir, lorsque vous vous livrâtes aux mains de vos ennemis, et que vous vous immolâtes pour moi. Je vous offre les liens, les violences, les outrages, les injures, les blasphèmes, les soufflets, les coups de poing, les crachats, et tous les tourments que vous endurâtes, pendant la nuit, dans la maison d'Anne et

de Caïphe. Je vous offre tout cela, et je supplie votre miséricorde sans bornes de vouloir bien, en considération de vos propres mérites, me pardonner mes péchés , purifier mon âme et l'introduire dans la vie éternelle.

Je vous offre aussi l'humilité et la patience ineffable dont vous fîtes preuve lorsqu'on vous couronnait d'épines, et qu'en signe de dérision, on vous revêtait d'un manteau de pourpre, on vous saluait, on vous crachait au visage et on vous frappait avec le roseau que vous teniez dans la main. Je vous offre l'abattement où se trouva réduit votre corps, les pas si pénibles qu'il vous fallut faire pour arriver au Calvaire, le poids si lourd de la croix que vous portâtes sur vos épaules délicates et chancelantes. Je vous offre la sueur que vous répandîtes et la soif que vous endurâtes sur la croix, ainsi que tous les autres tourments auxquels votre très-doux cœur fut en butte. Je vous offre tout cela avec toute la gratitude dont je suis capable, suppliant votre miséricorde infinie de vouloir bien , en considération de vos propres h i< ''rites, me pardonner mes péchés, purifier mon âme et l'introduire dans la vie éternelle.

Doux Jésus, en compensation de toutes mes iniquités, je vous offre les cruelles douleurs que voue souffrîtes lorsqu'on vous ôta la robe qui était col- Irc à votre ehair sacrée, lorsqu'on rouvrit les plaiesqii" vous aviez reçues dans la flagellation, lors-

qu'on cloua vos pieds et vos mains à la croix, lorsqu'on disloqua vos membres, et que votre sang précieux, coulant à grands flots, s'échappa à la fois de toutes vos blessures. Je vous offre chacune des gouttes de ce sang précieux. Je vous offre cette bonté et cette mansuétude avec lesquelles vous supportâtes les injures et les sarcasmes de vos bourreaux qui se riaient de vous en branlant la tête, tandis que vous les excusiez et que vous priiez pour eux. Je vous offre aussi les incompréhensibles douleurs dont vous fûtes assailli, lorsqu'en proie aux plus cruelles angoisses, et privé de toute espèce de consolation, vous demeurâtes suspendu à la croix entre deux larrons. Je vous offre la soif que vous y endurâtes, l'humilité et le respect avec lequel, la tète inclinée, vous recommandâtes votre âme à votre Père. Je vous offre le sang précieux et salutaire qui sortit de votre côté frappé et percé d'une lance. Je vous offre tout cela avec toute la gratitude dont je suis capable , suppliant votre miséricorde infinie de vouloir bien, en considération de vos propres mérites, me pardonner mes péchés, purifier mon âme, et l'introduire dans la vie éternelle, où vous vivez dans les siècles et à jamais. Ainsi soit-il.

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