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CHAPITRE XXIX

Prière à la Vierge, où sont rappelés les principaux traits de sa vie, depuis sa conception jusqu'à son voyage à Bethléhem.

Je vous salue, très-douce Vierge Marie, que Dieu s'est choisie pour mère avant tous les siècles. Vous êtes cette Femme bienheureuse dans le sein de laquelle le Roi du ciel et de la terre a daigné s'incarner, afin de racheter le genre humain. Vous êtes cette pieuse Médiatrice entre Dieu et les hommes, par qui le ciel et la terre, les choses les plus élevées et les choses les plus basses se sont trouvées réunies. Vous êtes le guide de notre vie, le canal par lequel la grâce divine arrive jusqu'à nous , et la porte par laquelle nous devons sortir de ce siècle orageux. 0 ma très-douce Reine, obtenez-moi le pardon de mes péchés, en même temps que la grâce de vous honorer et de vous aimer de toute mon âme, vous, Mère de miséricorde, et votre Fils, mon Sauveur.

Je vous salue, très-douce Vierge, que les Pa triarches ont désiré»; avec tant d'ardeur, figurée de tant d<; manières, promise et prophétisée tant de fois. 0 ma Reine, daignez me recevoir pour votre serviteur, adoptez-moi pour votre enfant, «;t

faites que je sois du nombre de ceux qui vous aiment, que vous portez écrits dans votre cœur virginal, que vous instruisez, que vous dirigez et que vous défendez en toutes circonstances.

Je vous salue, très-douce Vierge, vous que Dieu s'est plu à embellir dès le premier instant de votre conception, et en laquelle il a mis toutes les perfections et toutes les grâces. Vierge illustre, Vierge resplendissante, Vierge très-pure, choisie entre mille, ne me rejetez pas, bien que vous sachiez qui je suis, mais écoutez le misérable qui vous appelle, secourez le pauvre qui vous cherche, et tendez la main à celui qui a mis en vous son espérance.

Je vous salue, très-douce Vierge, dont la naissance attendue pendant tant de siècles, désirée par tant de nations, a réjoui le monde en y apportant une lumière et des joies nouvelles. Très-innocente Vierge, faites que je sois exempt de toute tache, détruisez en moi tout ce qui peut déplaire à vos yeux; et, puisque la compassion a crû avec vous •lès votre plus tendre jeunesse, ayez pitié de moi.

Je vous salue , très-douce Marie , vous , sur laquelle Dieu a répandu des trésors de beauté et de grâce, et qui êtes devenue l'amour du genre humain. 0 Vierge toute belle, ô ma Reine, je vous en supplie, ornez l'intérieur de mon âme, excitez dans mon cœur un grand amour de la pureté et de la chasteté, afin que je vous plaise en toutes

choses et que je sois votre imitateur et votre serviteur très-fidèle.

Je vous salue, très-douce Marie, vous que vos parents conduisirent au Temple, où, après avoir fait vœu de virginité, vous vécûtes de la vie des anges, toujours pieuse, toujours sereine, toujours aimable, toujours agréable aux yeux du Seigneur. Répandez en moi, je vous prie , l'odeur de vos saints exemples, afin que, s'il est possible, je ne sois jamais à charge à personne, je ne scandalise, je n'offense jamais personne , et que cherchant à consoler mes frères, je les porte à aimer Dieu et à n'avoir plus que du mépris pour le monde.

Je vous salue, très-douce Marie, vierge et porteétendard des vierges, vous qui vous consacrâtes à Dieu avec tant de joie et avec une volonté aussi ferme. Vous êtes un modèle achevé de pureté et de chasteté ; il suffisait de vous voir ou de vous entendre, pour aimer cette vertu, si vive était la lumière céleste dont vous pénétriez tous ceux qui vous approchaient. Obtenez-moi, je vous prie, une grande pureté de corps et d'esprit, afin qu'il n'y ait en moi aucune souillure , que je ne me laisse captiver par aucun vice, que je résiste courageusement aux moindres atteintes.de la volupté, et que, méprisant les plaisirs et les satisfactions de la chair, je n'aie d'autres délices et d'autre repos que Jésus-Christ, le Fils béni de vos entrailles.

Je vous salue, très-douce Marie, vous dont les

exercices et les oraisons furent souvent interrompus par la visite des Anges, et à qui Dieu fit goûter d'une manière si vive les douceurs de la bonne conscience. Obtenez-moi, par vos mérites, l'amour du silence et du recueillement, une application calme, sincère, constante, à l'oraison, à la lecture et à mes autres exercices spirituels, et que ce soit là mon occupation favorite pendant tout le temps que je serai détenu dans la misérable prison de mon corps.

Je vous salue, très -douce Vierge Marie, vous qui, par une disposition merveilleuse de Dieu, fûtes donnée pour épouse à saint Joseph, lequel était vierge comme vous. Ne permettez pas que je m'écarte de votre présence, regardez-moi d'un œil favorable ; car s'il en était autrement, ma perte serait certaine. Accueillez une âme qui vous aime, conservez une âme qui espère en vous, montrez vous compatissante envers moi, afin que je trouve grâce aux yeux du Seigneur qui vous a choisie.

Je vous salue, très-douce Marie, vous que l'Ange salua humblement, et à laquelle il fit part des conseils divins, pendant que, retirée dans le secret de votre demeure , vous vous livriez aux plus sublimes contemplations. Oh ! si désormais mon unique joie était de vous saluer fréquemment, et de vous renouveler mes offres de service ! s'il n'y avait plus rien en moi qui pût blesser vos yeux mille fois plus purs que ceux des anges !

Je vous salue, très-douce Marie, vous qui avez conçu le Fils de Dieu dans vos chastes entrailles ; ô la plus heureuse des femmes, dites-moi, que se passa-t-il au fond de votre cœur, et de quels torrents de délices votre âme ne fut-elle pas inondée, lorsque la fontaine d'eaux vives, la source de toute douceur, fit son entrée dans votre sein virginal, afin de s'y revêtir de notre chair? 0 Vierge glorieuse, je loue, je glorifie, je révère humblement ce sein virginal, et je vous prie de conserver, d'augmenter de plus en plus dans mon âme les dons de la pureté et de la chasteté.

Je vous salue, très-douce Marie, vous qui, portant dans vos flancs le Roi de gloire, allâtes en grande hâte à travers les montagnes de la Judée, pour visiter et servir sainte Elisabeth, votre cousine : ô glorieuse Vierge, venez aussi visiter mon âme, et faites que je vous serve dévotement, que je vous aime ardemment tous les jours de ma vie. Ainsi soit- il.

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