CHAPITRE XXXIII
Prière à la Vierge , où l'on continue de rappeler ses principaux litres de gloire.
Je vous salue, Marie, joie du ciel et de la terre. Vous êtes la Mère sérénissime de la lumière, éclai-
rant amoureusement de vos clartés les âmes de ceux qui vous chérissent. Vous êtes la très-douce Mère de miséricorde , conduisant jusqu'aux cieux les âmes de ceux qui vous servent. Semblable à la colombe, vous recherchez le courant des ondes pures, et vos vêtements exhalent des parfums ineffables. Yers vous, ô Reine, je tourne mon visage, vers vous je lève les yeux de mon cœur, à vous je confie mon âme; ayez pitié de moi, puisqu'après votre divin Fils je n'a d'autre espoir de salut qu'en vous.
Je vous salue, Marie, Mère de Dieu, dont la virginité est entière et qui êtes exempte de tout péché. Je vous salue, refuge assuré de tous ceux qui vous implorent. Yous êtes le château fort dont les remparts abritent tous ceux qui s'y réfugient. Yous prenez sous votre protection tous ceux qui chantent vos louanges. Yous êtes la nuée lumineuse qui tempère l'ardeur de nos appétits ; la rosée délicieuse qui éteint le feu de nos convoitises ; la clef ornée de pierres précieuses qui ouvre la porte du Paradis; la fleur parmi les épines, la rose des vallées qui charme les yeux de ceux qui la contemplent. Yous êtes toute douce, toute bonne, tout aimable, toute resplendissante. Secourez-moi, ô ma douce Avocate , et, après m'avoir arraché aux abîmes de ce monde , conduisez-moi au port de la félicité éternelle.
Je vous salue, Marie, vous qui êtes la gloire des prophètes, l'honneur des apôtres, la force et le courage des martyrs, des confesseurs et des vierges. Yous êtes une merveilleuse palme de justice, un lis très-pur de chasteté, un frais jardin de délices célestes. Yous êtes l'Arche du testament où la manne est tenue cachée. Yous êtes la terre bénie d'où est sorti le fruit de l'arbre de vie, vous êtes la pierre d'où les eaux vives s'échappent par torrents. Purifiez mon cœur de toutes les souillures que le péché y a laissées , ôtez de moi tout ce qui peut déplaire à vos yeux, éteignez dans mon âme tous les désirs de la terre, inspirezlui l'amour des biens du ciel, pour votre honneur et votre gloire, ainsi que pour l'honneur et la gloire de votre Fils unique.
Je vous salue, Pierre précieuse et Perle du genre humain : « Yous êtes toute belle, » ô Yierge sacrée, « et aucune tache n'est en vous. » (Cant., iv., 7.) Yous êtes un vase d'élection, un riche sanctuaire de grâces. Yotre foi l'emporte sur celle des patriarches, votre science sur celle des prophètes, votre zèle sur celui des apôtres, votre patience sur celle des martyrs, votre tempérance sur celle des confesseurs, votre humilité et votre innocent ■•' sur l'humilité et l'innocence des vierges. A la vue des joyaux resplendissants qui vous «ouvrent, les habitants du Ciel demeurent ravis et suspendus d'admiration. Yous êtes le Soleil dont
les rayons ne s'éclipsent jamais; placée ici -bas sur la terre , vous éclairiez les cieux, et maintenant, du haut des cieux, vous éclairez la terre, vous dissipez les ténèbres qui enveloppent le monde. 0 mon unique espérance , ne méprisez pas, mais aidez, au contraire, secourez dans sa détresse un malheureux pécheur qui vous invoque.
Je vous salue , Vierge sacrée , vous que Dieu a bénie entre toutes les femmes. Vous êtes une Yallée délicieuse émaillée de fleurs éternelles ; vous êtes une Rose éclatante d'où s'exhalent les plus suaves parfums ; vous êtes l'Étoile brillante de Jacob, dont les feux illuminent le ciel et la terre; vous êtes la Yerge fleurie de Jessé, dont la vue réjouit l'univers. Les anges, émerveillés de votre beauté , ne peuvent se rassasier de contempler votre face.; Voyez mes larmes, ô ma Mère, prêtez l'oreille à mes gémissements, visitez et consolez le serviteur inutile qui est ici prosterné à vos pieds, et obtenez-lui la rémission de ses fautes.
Je vous salue, rare ornement du ciel et puissante Protectrice de la terre; je vous salue, Mère mille fois bienheureuse du Monarque éternel. j'Après votre Fils, vous étendez votre domination sur tout ce qui existe. Tous les anges, toutes les générations s'inclinent devant vous, tout l'univers est à vos pieds, et dans le séjour de la gloire il n'y a que l'adorable Trinité qui soit au-dessus de vous. En entendant votre Nom, les démons sont
saisis de frayeur; à l'approche de votre clarté, les ténèbres se dissipent, et, sur un seul signe de votre volonté, les portes du ciel s'ouvrent à deux battants. Après Jésus-Christ, votre Fils, vous êtes l'unique espoir des chrétiens. 0 Reine de miséricorde, ma douceur et ma vie, je lève mes cris vers vous, pauvre exilé dans cette vallée de larmes, enfant d'Eve : secourez -moi dans mes traverses, défendez-moi dans mes périls, fortifiez-moi dans mes découragements, et, après mon exil, conduisez-moi en présence du fruit béni de vos entrailles, Jésus-Christ, qui vit et règne dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.