‹ Le mémorial de Saint-BreladeChapitre 103 sur 139 · DES DÉPUTÉS · texte numérisé non relu

DES DÉPUTÉS

Mon général,

J'ai lutté jusqu'au bout, mais je suis à bout de forces.

Lors des élections de 1889, je partis avec la promesse de recevoir i 8,000 francs, dont un tiers au début de la campagne, un tiers avant la semaine des élections, et le dernier tiers la semaine suivant le scrutin.

J'ai reçu les premiers 6,000 fr.

Après l'élection, je vous fis parvenir une note, avec pièces à Tappui, s*élevant à li,000 et quelques cents francs.

Vous me répondîtes qu'il n*y avait plus rien en caisse.

Ici viennent des explications sur les démarches et sur la situation pécuniairement difficile du signataire, qui se trouvera, dit-il, « dans l'obligation de se retirer du Parlement », et qui ajoute :

Je vous prie mon général, de vouloir bien m'honorer d'une réponse. Si je vous fais cette demande, c'est que je n'ai rien reçu de vous au sujet de mes lettres du i^* janvier et de l'époque où le Comité national a cru de^ voir suivre une nouvelle politique. L'une de ces lettres contenait mon adresse à mes électeurs, pour leur déclarer que je marchais toujours avec vous.

Dans le malheur qui me frappe et qui me force à rentrer dans la vie privée, il me restera assez d'énergie pour espérer votre triomphe, qui sera celui de l'honnêteté et de l'honneur.

Daignez, mon général, croire à l'inaltérable dévouement de celui qui fut l'un des premiers et l'un des derniers lutteurs.

Votre respectueux ami,

Page 1