JE NE CONNAIS PAS CET HOMME
Dans la môme interview de V Eclair^ M. Mermeix se défendait également de devoir son siège au général Boulanger, et parlait en ces termes :
— On a dit que je devais tout au général Boulanger; que je lui devais mon mandat de député. C'est une erreur.
» J'avais été tout d'abord désigné comme candidat à Montmartre, où je passais comme une lettre à la poste. On me désigna pour le septième arrondissement... Si j'ai été élu, c'est que j'ai payé de ma personne. J'ai fait une campagne dé tous les jours dans la Cocarde^ j'ai été à Mazas, que sais-je I C'est à moi que je dois les 1,500 voix qui ont décidé la victoire. Je ne dois donc pas ma situation de député au général. »
On a vu que, dans sa lettre du 14 mai, celui qui tenait ce langage, déclarait qu'il n'oublierait jamais que le général lui « avait ouvert la vie politique. » Mais ce qu'il oubliait, c'est cette lettre :
25 septembre 1889.
Mon général.
Je m'adresse à vous sur le conseil de M. du Perrier.
Vous savez que j'ai eu à combattre M. Denys Cocbin qui est millionnaire et M. le docteur Frébault, candidat officiel soutenu par le minstère.
Pour n'être pas écrasé, j'ai dû dépasser de 1,704 fr. le crédit de 4,000 fr. que vous m'aviez ouvert.
Je viens, mon général, vous demander cette somme de i,704 fr. J'en ai absolument besoin pour régler mes dettes
électorales, avant de commencer la lutte pour le ballottage, M. Gochin ne â'étant pas désisté.
Veuillez croire, mon général, à mon absolu dévouement.
Mermeix, 60, rue de Clichy.
Et c'est le signataire* de cette lettre qui s'était fait l'agent responsable des accusations portées contre le général sur la provenance de l'argent et sur son emploi, La valeur de l'accusateur montre ce que valaient ces accusations I