PATRIOTISME ET CAPORALISME
Ayant échoué dans cette démarche, dont j'omets ou abrège tous les incidents, M. Déroulède tenta de
seformerunpartiuniquementpatriote— ilseraitmieux de dire chauvin ou caporaliste — et de se faire acclamer comme son chef dans une représentation du Régiment donnée au théâtre de l'Ambigu -Comique, et pour laquelle la salle avait été en grande partie louée par les adhérents. La tentative n'eut pas le succès attendu:
Un peu plus tard, le chef de la Ligue provoquait les incidents qui amenèrent le départ de l'impératrice Frédéric. Mais cette aventure ne lui donna pas la direction tant désirée et ne fit qu'irriter davantage le général par les commentaires désobligeants auxquels donna lieu la coïncidence de son voyage à Bruxelles avec cette équipée qu'il blâmait.
Il ne faut accorder aux choses et aux personnes que l'importance qu'elles méritent. Je n'aurais pas parlé de cette sorte de querelle d'investiture, dont il pourra se trouver des traces dans la correspondance, si je n'avais voulu montrer que, jusqu'au dernier moment, le boulangisme n'a été pour les politiques — si peu qu'ils le soient — que la dispute d'un héritage ruiné par ceux-là mômes qui le convoitaient.
Comme il aurait été autrement plus simple et plus habile de faire tranquillement son devoir, de défendre une cause sans autre préoccupation en se disant : « Pais ce que dois, advienne que pourrai » Il serait advenu que ceux qui sont aujourd'hui dédaignés, ridiculisés ou méprisés, auraient la popularité, l'influence, et pourraient jouer dans leur pays le grand rôle auquel ils prétendaient sans en avoir l'intelligence, les qualités et les vertus. ,