‹ Le mémorial de Saint-BreladeChapitre 125 sur 139 · DERNIER ESPOIR · texte numérisé non relu

DERNIER ESPOIR

Après dîner, on se concerta sur ce qu'il y avait à faire pour la malade. M. Paulin Méry fit entendre avec ménagement que le cas était sérieux, exigeant des soins particuliers. Il donna des prescriptions générales et finit par indiquer la nécessité de la créosote.

Le général présenta les objections du médecin de Bruxelles, justes d'ailleurs, quant à la forme sous laquelle elle pouvait être administrée. Il la fallait employer suivant une certaine formule. Le général demandait si on pouvait trouver la préparation à Bruxelles. Nous nous regardions, M. Paulin Méry et moi. Enfin, comme j'allais parler, ce dernier dit :

— Mon général, nous en avons apporté.

Quoiqu'il eut compris notre pensée, il feignit de n'en être pas ému et se borna à nous serrer fortement la main.

Le soir, en reconduisant M. Paulin Méry à la gare, celui-ci m'expliqua quel était l'état de la malade, plus grave par les altérations générales de l'organisme que par celles des poumons, peut-être guérissables.

« N'y aupait-il qu'une chance sur dix de la sauver, conclut-il, il faut tout tenter. »

A ce moment il était expérimenté depuis deux mois environ à riIôtcl-Dieu, un traitement de laphlisie du docteur Pignolle, par l'injection sous-cutanée de i^avacol, qui avait donno les meilleurs résultats, non ;>.•.•-• -jn'c . ; m! ,-!l:i"nM- ,^u'[\ avait op'^M^é- des guérisuus, mais ayant du moins enrayé la maladie. Nous nous renseignâmes avec M. Paulin Méry et, en ayant avisé le général, nous lui envoyâmes M. A..., externe chargé, à THôtel-Dieu, de l'application du traitement.

Gomme les contrastes doivent se retrouver à chaque page de cette étrange histoire, c'est le 1" juillet, après un dîner donné au nom du général à la Voix du Peuple, à douze convives restés fidèles à son amitié et auquel M. Le Senne avait cru prudent de ne pas assister, que M. A... partit pour Bruxelles, emportant avec le témoignage de notre confiance dans l'avenir pour le proscrit nos vœux pour le rétablissement de sa compagne dévouée.

En les recevant, le général écrit ïe 2 juillet ;

a M. A... a trouvé la malade mieux qu'il ne s'y attendait ; il a grand espoir, et moi aussi par contrenoup. Elle a été bien touchée de la lettre collective que vous et vos amis lui avez écrite ; elle en a été émue jusqu'aux larmes ; cette délicate attention lui a fait le plus grand bien. »

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