‹ Le mémorial de Saint-BreladeChapitre 134 sur 139 · AUTOUR DE LA. MELINITE · texte numérisé non relu

AUTOUR DE LA. MELINITE

Tout en causant, j'avais vu sur le bureau du général le livre de M. Turpin : Comment on a livré la mélinite, saisi, on le sait, en France avec le plus grand soin.

J'avais demandé à l'emporter le soir dans ma chambre pour le lire et y prendre des notes. L'ayant lu, je le questionnai à ce propos.

Je crois, inutile de répéter exactement le dialogue, puisque ce qui importe, c'est de connaître l'opinion

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de l'ancien miaistre de la guerre que je résumerai le plus fidèlement, employant même le plus possible ses propres expressions.

Il avait reçu le secret do la mélinite do son prédécesseur, le général Campenon, qui avait pris avec M. Turpin des arrangements dont il ne voulut jamais se mêler.,

11 avait entre les mains un explosif, il n'avait à faire qu'une chose, c'était de l'utiliser.

Les essais avaient donné des résultats extraordinairement effrayants. L'un d'eux avait eu lieu à la Malmaison, devant la commission du budget, afin de l'édifier sur la nécessité des crédits pour l'emploi de ce moyen de destruction.

Le bâtiment avait été transformé en casemates, étançonnées par d'énormes poutres croisées en travers des baies. Il y avait, paraît-il, sur la cour un perron orné d'une rampe en fer à balustres énormes.

Après. une visite préalable dans le bâtiment, tout le monde se retira au loin. Deux obus furent lancés. Le premier, tombé dans la terre, fit l'effet d'une éruption de volcan sans flamme et sans lave ; le second toucha juste; le bâtiment fut détruit.

Quand les assistants pénétrèrent dans les décombres, ils étaient terrifiés. Les poutres déchiquetées n'étaient plus que des allumettes, la rampe n'était plus que des fils de fer.

Le général comptait encore plus sur l'effet démoralisant que devait causer le spectacle de pareils ravages que sur les ravages eux-mêmes.

Mais onn'étaitpas parvenu àutiliser ce diable d'engin sans difficulté. Tout d'abord, le chargement en était terriblement dangereux, et il était à craindre que, pendant la campagne, des projectiles ennemis ne fissent sauter des caissons d'obus, ce qui aurait causé d'affreux désastres.

Il avait fallu rechercher les moyens d'éviter ces périls. On y était parvenu, et les études ou expériences avaient été tenues si secrètes que Tinventeur, M. Turpin, n'avait pas été admis à y. assister, comme il Ta dit lui-même.

L'avantage était d'être les seuls ou les premiers à ravoir et à s'en servir. Du moment où les autres puissauces r9nt, sous une forme ou sous une autre, ce n'est plus qu'un moyen de rendre la guerre plus tirrible, mais qui ne démoralisera pas les ennemis plus que nous-mêmes ou qui démoralisera tout le monde.

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