‹ Le mémorial de Saint-BreladeChapitre 135 sur 139 · LES OBUS ASPHYXIANTS · texte numérisé non relu

LES OBUS ASPHYXIANTS

J'avais remarqué que M. Turpin, dans son livre^ parlait d'une expérience qui aurait été faite d'obus asphyxiants et dont l'invention aurait été repoussée par le ministre de la guerre.

Sachant que le général n'était pas homme à rien repousser, surtout après expérience concluante — et celle-là l'avait été — je lui demandai ce que cela signifiait.

— C'est une blague, répondit-il tout d'abord. Puis, ayant réfléchi :

— Attendez donc, reprit-il ; mais les obus asphyxiants sont ceux de la mélinite môme. Après des expériences faites devant des officiers d'artillerie, l'un d'eux s'avisa de penser et de dire que, en dehors des effets destructeurs par la puissance de projection, il devait fatalement s'en produire d'autres par l'énorme refoulement de l'air et l'expansion des gaz.

» On voulut en avoir le cœur net ; on fît une sorte de fortification de pierre et de terre, dans laquelle on enferma des bêtes de toutes sortes, vieux chevaux.

bœufs et d*autros^ une centaine. On lança un obus, et, quand on alla voir, on trouva les botes mortes, non blessées, asphyxiées sur une étendue de plus de cent mètres.

» On sait que les effets h la guerre en seront épouvantables. Us le seront peut-être encore plus qu'on ne le croit. » .

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