PREMIÈRE FAUTE
L élection d un nouveau président de nuance aus.i neutre que M. Carnot, amenait une détentel! 'l , mon qui avait été très surexcitée. La pubir-îvV:^": journal projeté fut remiseà un moment* o^p"-; qui, dans la situation, ne pouvait Urd.r à se --^
tnTn W™' ^°"'^°8er était repar i ^.urV;" mont ou M. Laguerre lui envoyait des ddZ^'^r frée dignes d'un conspirateur dopéra-c/r;- X~ '.;':' quelles 1res peu de temps ap.^-s devaient ^74- V-r Tpnncipaux éléments de lacf-usa'ir.n ^^\-.'"' '-- ^'^-^ général déféré à un conseîl d w '. /^"'^ ''--'^ -
Ud matia du mois de févripr ^knsi ', m-en souvient bien, je re'S^H l'^r""-"*'^^' 'télégramme me donnan?;endez vt.^'"'-!-"" «-^ pour affaire urgente. JeTv r;^ Tm ÏT bruyère me fit lire une inforiali " d. la r' / 4" ^rance annonçant eue la f-a-HH.. . '-'<'=^''< d<
bruyère qui s'était improvisé en quelque sorte son officier d'ordonnance, prêt à agir pour lui, avec lui ou sur son ordre, me racontait le lendemain que le général était sorti écœuré des discussions et des bavardages en lui disant: « Tous ces gens-là sont des parlementaires ; il n'y a rien à faire qu'à aller se coucher. »
Peut-être M. de Labruyère traduisait-il, de bonne foi d'ailleurs, plutôt qu'il ne répétait l'exacte expression qu'il avait entendue.
A Jersey, plus tard je demandai au général ce qui s'était passé.
— J'avais été invité chez Laguerre, raconta-t-il, sans savoir pourquoi. Je trouvai des députés que je connaissais pour la plupart, très agités, parlant beaucoup; on prenait du thé et des liqueurs, et l'on ne pouvait savoir si on était dans un cabaret ou dans une réunion d'hommes politiques. Je ne dis rien, n'ayant rien à dire, ne sachant guère ce que les assistants voulaient, et je crois bien qu'ils ne le savaient pas eux-mêmes. Je m'ennuyais beaucoup. Vers une heure du matin je partis. »
Comme la conversation avait lieu devant madame de Bonnemains, le général s'adressa à elle, en ajoutant :
— Vous vous souvenez; je suis passé vous dire bonsoir avant de rentrer chez moi et je vous ai dit : « Tous ces gens-là sont fous ! »
Telle fut la participation du général Boulanger aux essais de complots de ce qu'on a appelé, on ne sait vraiment pourquoi, « la nuit historique ».
Le jour de la démission présidentielle il y avait eu des démarches faites à l'Elysée par divers personnages. L'un d'eux avait proposé la formation d'un ministère de dissolution et avait nommé le général Boulanger dont il aurait fallu obtenir l'acceptation.
En entendant ce nom, M. Grévy répondit dédaigneusement : « Ce n'est pas un parlementaire! »
Un autre jour je demandai au général ce qu'il y avait de vrai dans le récit de son entrevue avec M. do Martimprey qui avait été publié à ce moment:
— Ce qu'il y a de vrai, répondit-il, c'est que Le Hérissé m'emmena chez M. de Martimprey, prétendant qu'il avait une communication importante à me^ faire. Quand nous fûmes rendus, M. de Martimprey, me déclara qu'il fallait à tout prix que Ferry ne fût pas élu et que les monarchistes voteraient soit pour Floquet, soit pour Freycinet, à la condition que l'un ou l'autre s'engageât, une fois Président de la République, à me prendre pour ministre de la guerre. Puis M. de Mackau que je n'avais pas vu et qui attendait dans une pièce voisine vint confirmer ce qui venait de m'ôtre dit, il tira de sa poche une lettre du comte de Paris qui lui donnait tous pouvoirs^ et après avoir essayé de me démontrer que les événements étaient favorables à une restauration monarchique, il ajouta que je n'aurais qu'à demander tous les titres et tous les honneurs si je voulais aider à rendre son trône au comte de Paris.
« Je trouvais tout cela trop bouffon pour m'en fâcher. Il n'y avait rien à répondre, n'est-ce pas? Ceuxlà étaient encore bien plus fous que les autres. C'est coque j'ai dit à Le Hérissé quand nous fûmes sortis. »
Je ne fais que répéter ou transcrire. Je ne commente pas. Pourtant à la suite du récit fantaisiste qui fut publié, le général me fit remarquer que quatre personnes seulement assistaient à l'entretien. Sur les quatre il en est deux qui n'avaient pas à se vanter de leur tentative, il est vrai stérile, mais non moins coupable. Une troisième, le général lui-môme, n'avait pas cru devoir, étant indulgent pour la folie, raconter le fait. Il n'en restait donc plus qu'une ayant pu fournir
4i LE MÉMORIAL DE SAINT-BRELADE
des renseignements plus ou moins exacts sur cette entrevue où le général avait été amené comme à un guet-aperis moral. Et cette dernière personne est justement M. Le Hérissé qui s'était chargé de ramener!
Là encore on retrouve, et on le retrouvera toujours, le procédé orléaniste qui consiste à citer un fait vrai, mais en l'altérant et en le dénaturant, afin qu'il ne puisse être démenti dans sa réalité même et que le public, pour cette raison, accorde créance à leur version entière. Quels fourbes!
Enfin comme conclusion, c'est celui qui a dédaigné les offres des embaucheurs qui a été condamné pour complot contre la sûreté de TEtat, tandis que ceux qui se livraient à cette tentative d'embauchage sont demeurés impunis.