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CHAPITRE VIII

TAPAGEURS ET BROUILLO:

Contrairement à toute attente, le gouvernement devant l'élection du 27 janvier n'avait paa perdu tout sang-froid. M.Caroot, rappelant un mot de M.Thiers, avait dit: « Il faut tout prondre au sérieux et rien au triigique, » ce 'qui était une manière de dire: « Ce n'csl qu'une élection de plus. «

Pourtant, et les adversaires les plus résolus du bou- Iringisme ne pourraient le nier, le général Boulanger après cette élection jouissait d'une popularité que IJambetla n'avait pas eue en son plus beau temps. Devenu le favori du suffrage universel, consacré par Paris, il était l'arbitre des partis. J'avais déjà fait à eu moment une remarque dont personne d'ailleurs np voulait tenir compte, c'est que le suffrage universel i|ui acclamait le général, se reprenait dès que son nom n'était plus en jeu et qu'il se trouvait en présence d'autres candidats. On l'avait vu par l'échec de M. Déroulède dans la Charente quoiqu'il eût obtenu de la bonté du général une recommandation électorale ressemblant vraiment trop b celle des candidatures • offidelles de l'Empire.

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Le général n'était pas grisé par le succès. Il en éprouvait seulement la satisfaction du soldat qui a remporté une victoire à peu près décisive.

Mais une telle victoire doit terminer la guerre et amener un traité de paix, sous peine d*en perdre le fruit dans de nouvelles hostilités.

Si le général conservait son calme, ayant pour ses adversaires un dédain un peu blagueur qu'inspirait ou entretenait Henri Rochefort, pour lequel il avait autant d'admiration que d'affection, ce qu'on appelait l'entourage était dans l'ivresse.

La Ligue des Patriotes triomphait tapageusement, M. Déroulède, trompé sur le caractère du général par son amabilité^ sa bonhomie militaire, son silence énigmatique, supposait qu'il serait un Henri IH dont lui serait le Guise. En toute circonstance sans se préoccuper des 'sentiments et opinions démocratiques qu'il a toujours ignorés, il acclamait le général pour se faire acclamer lui-même en l'appelant, avec une insupportable et persistante ostentation, « le chef» du ton dont il aurait dit « l'empereur » ou « le roi ».

Pour les principaux du Comité, qui comptait pourtant quelques braves gens sincères, tels que MM. Turquet et Turigny, le moment de la curée approchait, et pour M. Dillon l'heure de la réalisation était venue.

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