CHUTE DU CABINET FLOQUET
Malgré l'échec de la candidature gouvernementale au 27 janvier, M. Floquet était demeuré président du conseil, ayant promis de présenter un projet de révision, déjà connu lors du banquet de l'avenue de Lowendhall, et dont le général avait fait la critique. Ce projet fut enfin officiellement présenté et l'auteur demanda naturellement pour lui l'urgence, en posant la question de cabinet dans ce débat.
La Droite crut l'occasion favorable pour remporter une victoire parlementaire aussi inutile que facile, en renversant le ministère Floquet, comptant sur le con-
LE MEMORIAL DE SÀINT-BRELÂDE H7
COUPS des modérés du Centre, hostiles à toute révision.
Au momentdu vote, M. de Gassagnac invitaM. Le Hérissé à décider les députés boulangistes à voter contre Turgence pour renverser le ministère. Ces députés se laissèrent entraîner; mais à peine le vote étaitril proclamé que quelques-uns comprirent la faute qui venait d'être commise et réunirent leurs collègues dans Tun des bureaux de commission pour rédiger et signer une déclaration explicative affectant une forme solennelle qui n'était guère de circonstance.
Dès que la nouvelle me parvint, j'écrivis au général, dans le cas où je ne le pourrais voir, pour lui dire combien était grave la faute qu'il venait de commettre en votant contre le principe de la révision, qui seul était en discussion ; que la déclaration explicative ne signifiait rien, parce que les actes inexplicables avaient seuls besoin d'être expliqués, et, enfin, que M. Floquet, qui n'était pas un adversaire bien dangereux avec son incapacité pompeuse, serait fatalement remplacé par M. Waldeck-Rousseau ou par M. Gonstans, et plutôt par celui-ci, bien autrement redoutable que le premier, quoiqu'il ne fût pas à dédaigner.