LES RÉSULTATS
Les scrutins du 22 septembre ne furent pas déci
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sifs quoiqu'il fut possible de deviner Téchec. Un assez grand nombre de candidats boulangistes avaient la majorité relative, mais il était certain que la concentration se ferait contre eux. C'est ce qui arriva. A peine vingt-cinq do ces candidats pouvaient-ils l'emporter, quoique malgré tant de fautes^ le boulangisme, proprement dit, disposât encore d'un million et demi d'électeurs. Et ce qui est remarquable, c'est que ce furent les candidats à peu près inconnus la veille, sans passé politique, tels que MM. Dumonteil, Barrés, Gabriel, Boudeau, Goussot, Paulin-Méry, qui furent élus.
Dès le premier scrutin, le général comprit que la partie était perdue, et il le dit à M. Naquet^ qui le lui a rappelé dans sa lettre du 14 mai 1890*
Mais comme il fallait des subsides pour soutenir les candidats du Comité en ballottage, ceux qui devaient plus tard exagérer la défaite, s'efforcèrent de lui rendre confiance dans les résultats du scrutin définitif qui devait avoir lieu quinze jours après, le 7 octobre, et qui ne fut en définitive un échec électot rai aussi considérable que par la jactance de matamore avec laquelle les membres et journaux du Comité avaient annoncé une éclatante victoire.
L'opposition républicaine sous l'Empire avait commencé par n'avoir que cinq députés. Les socialistes gagnent des sièges un à un, sans désespérer. Un , parti nouveau qui voit élire vingt-cinq de ses représentants à la première épreuve électorale n*a pas à se plaindre. Il n'a qu'à attendre et à persévérer. Mais pour qu'il persévère, il faut qu'il ait des opinions; il n'y avait là que des appétits et des vanités.
Les plus mécontents de cette aventure électorale étaient les orléanistes qui, en ayant voulu exploiter et duper le boulangisme, étaient eux-mêmes dupes, croyant l'être des boulangistes quand ils ne Tétaient
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quu de leurs illusions, de leurs intrigues, de leur machiavélisme ridiculemeal naïf et criminel h la fois.
Irrités contre le général, qui n'avait pas voulu venir se faire tuer en insurgé pourleurfournir le moyen Cl (l"étra,ngler la gueuse », suivant l'expression de M. de Cassagnac, et leur donner le pouvoir, ils adressèrent à leurs alliés de la veille par l'organe de M, Arthur Meyer dans le Gaulois un <• Bonsoir, messieurs! " qui était une rupture impertinente et formelle.
Si grave que fût l'échec, on pouvait après cette rupture le réparer, s'en relever à la condition de confesser ses erreurs et de suivre une nouvelle politique, sage, prudente et absolument démocratique. Mais les députés boulangîstes continuèrent malgré le « Bonsoir, messieurs I » de se montrer empressés auprès de la Droite, se confondant avec elle, dans les interpellations et les scrutins, invoquant en toute occasion le discours de Tours, tandis que la presse boulangîste poursuivait plus violemment que jamais sa campagne de grossières et répugnantes invectives.
La majorité gouvernementale s'était, dès le début, engagée dans une mauvaise voie, commettant de lourdes fautes dont d'habiles tacticiens, des Gambetta ou des Parnel auraient su profiler.
Elle se fit un malin et puéril plaisir d'invalider les élections de la plupart des députés boulangîstes, & l'exception pourtant de celle de M. Mermeix, A Paris, les invalidés furent naturellement réélus, ce qui leur donna le prétexte de célébrer leur succès comme ud triomphe.
L'élection de Clignancourt où le général Boulanger avait été élu avec plus de 8000 voix de majorité fut l'occasion d'une scandaleuse et impolitique iniquité. A raison de l'inégibilité de l'élu on pouvait l'annuler. La majorité parlementaire préféra déclarer élu M.
Joffrin qui n'avait obtenu qu'une minorité relativement infime. C'était outrager bien gratuitement l'arithmétique et le suffrage universel. C'est là ce que le gouvernement impérial n'aurait osé faire.
Et ce sont les inspirateurs ou auteurs de tels actes qui reprochent au général Boulanger de n'avoir pas été un hooime politique, tout en l'accusant d'avoir prétendu à la dictature.