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Celte disposition adoptoe ne fui jamais pratiquée

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tempestive qui le distingue, avait déclaré que le boulaogisme aurait sa revanche aux élections municipales, et qu'il aurait quarante représentants h THôtel de ViUe. C'était donc une nouvelle campagne que les directeurs du boulangisme allaient entreprendre et qu'ils annonçaient.

Les élections municipales devaient avoir lieu, malheureusement, à Paris. Les hommes du Comité, après s'être faits les alliés des réactionnaires de la droite, avec lesquels ils continuaient h se confondre, se proclamèrent tout h coup bruyamment socialistes, sans d'ailleurs expliquer plus leur socialisme qu'ils n'avaient expliqué ce qu'ils attendaient de la révision, et faisant montre d'un charlatanisme trop grossier pour tromper personne.

Après l'échec des élections législatives, le général avait quitté Londres, et était venu habiter l'île de Jersey, refuge de tant de proscrits, où la vie est simple, tranquille et peu coûteuse. Provisoirement, il 's'était installé à l'hôtel de la Pomme d'Or, à Saint-Hélier.

Quels arguments avaient employés les directeurs du Comité, pour le persuader de Futilité de cette nouvelle campagne électorale? Je ne sais au juste.

Sans doute, avaient-ils exploité ce sentiment de soldat que j'ai précédemment indiqué, qui ne veut pas rester sur un échec. Les renseignements qu'ils lui donnaient étaient certainement les plus propres à lui inspirer confiance.

Voici, d'ailleurs, ce qu'il écrivait à ce sujet le 26 janvier.

« Je le sais, vous me l'avez dit souvent, vous n'avez jamais été pour les batailles électorales, et je comprends par cela même que vous ne voyiez pas d'un œil favorable celle qui va être menée pour les élections n^unicipqlea de mai,

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tf Je ne puis cependant m^empôcher de remarquer que votre lettre, bien que reçue seulement avant-hier, est datée du 13. Vous veniez d'apprendre le résultat des élections législatives de la veille ; votre mauvaise humeur en a été doublée.

» Je ne suis pas de votre avis dans la circonstance. Je veux bien, si vous croyez la chose préférable, laisser à l'écart ma personnalité. Mais, franchement, mon parti ne peut se désintéresser des élections du 16 février^ dans lesquelles se représentent nos amis invalidés, ni des élections de mai, que celles-là préparent, si, comme je Fespère, elles sont un succès.

» Ne soyez pas découragé parce que la province terrorisée n'a pas compris ce qu'on attendait d'elle. Paris, lui, plus intelligent^ plus indépendant, rendra justice aux défenseurs du suffrage universel, et saura répondre dignement aux provocations des parlementaires.

» Si, sur six réélections à Paris, nous avons quatre succès, et j'en espère cinq, ne pourrons-nous donc aborder avec de grandes chances la lutte en mai? Cette lutte ne sera pas exclusivement portée sur le terrain boulangiste. Nous chercherons à rallier les vrais républicains, les socialistes nuance Roche et Granger, et, avec les blanquistes, ne pensez-vous pas que nous pouvons avoir la majorité au conseil municipal? Si oui, n'est-ce pas un coup à risquer?

» Certes, votre raisonnement me toucherait beaucoup, si, dans cette campagne, nous devions faire du boulangisme pur. Mais, tout au contraire, nous ferons ce que vous-même m'aviez invité à faire, et nous réparerons de la sorte les erreurs d'autrefois, que vous m'avez maintes fois signalées.

» Tenez, voulez-vous faire une chose? Dans cet ordre d'idées, voulez-vous me faire tenir d'ici quelques semaines, une liste des candidats que vous

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jugez avoir le plus de chances de réussir dans tel ou tel arrondissement? Je ne puis pas vous garantir de les prendre tous, mais j'en prendrai certainement un bon nombre, présentés qu'ils seront par un homme tel que vous, connaissant bien l'esprit de son Paris. »

Je crois qu'il suffît de lire ces lignes, dont il n'est pas besoin de faire remarquer le caractère essentiellement confidentiel, pour qu'on juge quelle était la bonne foi un peu naïve de cet homme, accusé de duplicité par ceux qui l'ont dupé.

Je n'aurais certainement jamais donné la publicité h ces témoignages d'une amitié si intime, si le général n'avait tant été calomnié. La nécessité de défendre sa mémoire a levé tous mes scrupules. Il faut que le public et l'histoire sachent la vérité, et la vérité esi- justement dans les confidences que celui qui les a faites croyait ne jamais devoir être divulguées, et qui ne l'eussent jamais été, s'il -n'avait été l'objet de Tune des plus honteuses diffamations qu'on ait connues.

A l'offre qui m'était faite, je répondis que, reprochant à d'autres de se substituer aux électeurs dans leur choix, ce n'était pas pour m'y substituer moimôme; que je ne serais probablement jamais candidat; mais que, si j'avais envie de l'être pour ces élections de mai, je le serais contre le Comité national et sa politique, plutôt que de vouloir être agréé. par lui.

Trois semaines après, le 14 février, dans une lettre sur divers sujets, le général m'écrivit :

« Je vous l'ai déjà dit, je vous le répète, je ne puis briser avec le Comité avant les élections de mai. Après ces élections. Je suivrai l'avis du suffrage universel. Je sais bien que vous allez me répondre : « Pourquoi ne l'avez-vous pas fait après le 22 sep- » tembre? » Mais, tout simplement, parce que fai

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reconnu^ même avant le scrutin, que notre partie était menée en dépit du sens commun ; que nous nous efforcions de mettre tous les atouts dans les mains de nos adversaires; et que^, par cela môme, nous ne nous trouvions pas en face du véritable verdict du peuple. En mai, Paris parlera; j*ai le ferme espoir qu'il enverrai, sinon une majorité, au moins une forte minorité des nôtres à THôtei de Ville. Nous verrons alors. C'est encore trois mois qu'il faut m'accorder. »

Le 17 février, nouvelle lettre, plus longue, sur le même sujet, et qui permet déjuger à la fois la sincérité de l'homme, et ce qu'il faut penser des projets de dictature qu'on lui a prêtés :

« J'ai voulu attendre, pour vous répondre, que je connusse les résultats de l'élection d'hier.

» Non point que je veuille en triompher vis-à-vis de vouSj, cher Gassandre que vous êtes; mais pour vous démontrer qu'il n*y a pas si bon prophète qui ne se trompe.

» Avouez-le maintenant : vous ne croyiez pas plus hier au succès des députés invalidés que vous ne croyez aujourd'hui au succès des élections municipales. Moi, j'ai toujours cru à Tun; aujourd'hui je crois plus que jamais à l'autre.

» Voyez, en effet, les phrases de vous que j'ai sous Tes yeux ^ : « Que vous soyez à Jersey ou à Lisbonne, » c'est chose bien indifférente pour le sort électoral » des invalidés de la Seine, puisque vous ne pouvez w être à Paris, pour leur prêter votre concours ». Et plus loin : « Après avoir subi des échecs électoraux

i. La prise de possession par les Anglais d'un territoire aux Portugais venait d'avoir lieu; et le général avait projeté, dès les élections municipales passées, d'aller à Lisbonne encourager les Portugais à la résistance, et en organiser les forces. La soumission du gouvernement du Portugal Tempôcha de donner suite à ce projet. Je l'avais engagé à l'exécuter immédiatement.

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» successifs, etc., etc. » Cela ne veut-il pas bien signifier que nous devions subir un lamentable échec?

)) Mais^ je vous l'ai déjà dit plus haut, je ne veuxpas triompher. Je voudrais seulement vous persuader que le pessimisme n'est pas toujours YuUima ratio, et vous faire convenir que, si nous savons les préparer et les diriger, les élections de mai peuvent "être pour nous un nouveau succès. « Et après? w me dites-vous... Après? Eh bien, nous verrons. A chaque jour suffît sa peine. Après, je me rangerai peutêtre à vos idées, prenant, en partie au'moins, vos bons avis, et dépouillant le vieil homme pour devenir le socialiste démocrate convaincu que vous aurez fait. » Si, dès aujourd'hui, je ne change pas brusquement de voie, c'est que j'estime qu'en politique, surtout, il faut chercher le juste milieu. C'est pour cela que, quoi que vous en pensiez, je ne suis, je n'ai suivi, et je ne suivrai jamais ni la politique césarienne, ni celle des politiciens désirant arriver au pouvoir.

)) Je suivrai désormais une politique à moi, pas celle d'un chef de parti, mais celle qui peut réconcilier tous les bons^atriotes, tous4fîs-si]:icèj:fîâ-pépubli- ' cains, qui, quand ils ne se défieront plus, reviendront à moi plus et mieux que jamais. Si je me trompe, si c'est une illusion, dans tous les cas, c'est une belle illusion...

» Dans ma dernière lettre, je vous disais que jamais, au grand jamais, je ne renouerais une alliance, quelle qu'elle fût, avec les réactionnaires, qui nous ont assez dupés, et que je m'appuierais désormais sur le peuple, qui seul ne trompe pas. »

A ce propos, le général ajoute quelques lignes m'informant qu'il va écrire à M. Laguerre, qui venait de faire une conférence sur le cas du jeune duc d'Orléans, et au directeur d'un journal passant pour

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boulangîsté, qui se montrait également favorable à ce prince, afin qu'ils ne commissent plus « de bé vues )> semblables.

Il en était encore à croire à des étourderies.

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