RÊVE BUCOLIQUE
La conversation avait pris une tournure un peu plus grave, et Ton parlait du bonheur dans la vie. A un moment, et avec un profond accent de sincérité, le général dit :
— Quelle destinée est la mienne I Jen'élais pas fait pour ôtre ce que je suis. Mon rôve aurait été d'ôtre un bon fermier, vivant au milieu des paysans, et cultivant ses terres.
Comme on se récriait en plaisantant, il répliqua, avec une charmante bonhomie, mais avec le môme ton de sincérité :
— Je ne dis pas que j'aurais voulu m'éreinter à travailler. J'aurais travaillé comme un autre, suffisamment, pas trop. J'aime les paysans; je me serais
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toujours entendu avec eux. Pourvu que j*aie eu un cheval pour me promener dans mes terres, j'aurais été heureux.
Connaissant le général aussi intimement que je Tai connu, je suis sûr qu'il disait vrai. Malgré sa brillante fortune militaire, il n'était pas fait pour nous, pas plus que nous pour lui. Il était fait pour être un colon américain; et, s'il l'avait été, avec ses éminentes qualités, son charme, son sens pratique et l'autorité qui était attachée à sa personne, il aurait certainement joué un rôle et laissé un nom à l'histoire de la République d'Amérique.