‹ Le mémorial de Saint-BreladeChapitre 83 sur 139 · NOUVEAU GARIBALDI · texte numérisé non relu

NOUVEAU GARIBALDI

» Comme il faut passer le temps et qu'il ne suffit pas d'étudier, de méditer et d'attendre, j'en reviens au conseil que je vous ai donné autrefois quand je prévoyais que la corde casserait. Votre tâche sera moins facile qu'elle ne l'aurait été alors, mais elle est peut-être encore possible et il la faudra tenter. Si vous n'êtes plus l'idole populaire acclamée du 14 juillet, vous êtes toujours l'ancien ministre de la guerre et le soldat de Turbigo. C'est assez pour aller, quoique proscrit, et justement étant proscrit, vous rendre compte de ce que sont les fortifications de la Meuse et faire sur place le plan de la bataille décisive, où se jouera le sort de la France et celui de l'empire aile-

mand. C'est assez pour aller en Italie revoir le champ de bataille où vous avez reçu votre première blessure, versé la première fois voire sang pour l'indépendance d'un peuple, où votre mère vous recherchait parmi les agonisants^ et pour parler aux Italiens, au nom de ces souvenirs, de Tunion des deux nations sœurs.

» Soyez pour eux un autre Garibaldi^ comme vous avez été un autre Gambetta pour les Français. Que les Belges et les Italiens crient : Vive Boulanger 1 tant mieux, ce sera une manière de crier : Vive la France î Et nous verrons bien, quand vous viendrez vous présenter devant la Haute-Cour, apportant le secret de la victoire et Talliance du peuple italien, s'il se trouvera des juges, môme des sénateurs, pour oser vous condamner. En tout cas, vous auriez, au lieu d*avocat, le peuple français pour vous défendre.

» Voilà mon plan. Si vous l 'adoptez, je suis à vous corps et âme ; aucun effort ni aucun sacrifice ne me coûtera. Je défendrai mon honneur en défendant le vôtre, et je servirai ma cause et mon pays. »

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