LE RÉVISIONNISME
Il fut question de la révision constitutionnelle et de la campagne entreprise, dont j'avais toujours signalé l'inanité.
— La révision, lui dis-je, est une équivoque ; ce n'est pas une solution, Certainement, il est nécessaire de réviser, non seulement nos lois constitutionnelles, mais encore tout notre système administratif, fiscal et le reste. Mais pour former un parti de révision républicain et démocratique, il faut dire par quoi on remplacera ce qui est, sinon on ne sait si on le remplacera par quelque chose de meilleur ou de pire, par une autre forme du parlementarisme, par la monarchie plus ou moins déguisée ou par la dictature. C'est cette équivoque que les chefs du comité ont voulu exploiter et que vous devez mettre votre honneur à dissiper.
u La révision telle que l'a réglée la constitution ne peut jamais être qu'une mystification. Opérée par une Constituante, suivant la formule radicale que vous aviez adoptée, elle ne peut être faite qu'au pro-
fit des parlementaires étant faite par eux, et sans qu'on puisse savoir de quel bizarre et informe régime accouchera une majorité formée an hasard du scrutin, sans idée commune.
)) Pour opérer une réforme profonde des institutions , il faut qu'il existe un parti réformiste ayant un programme très net des réformes qu'il entend réaliser, du régime qu'il veut établir et décidé à employer les moyens inconstitutionnels ou extra -légaux aussi bien que les moyens légaux pour triompher. Ce n'est plus alors une révision ; c'est une révolution. »
Le général se persuada si bien de ces raisons en y ajoutant les siennes, qu'il devint plus hostile que moi-môme au révisionnisme.