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Nous avons reçu des aborigènes, atoca, pemina, mascouabina—arbre mentionné par Aubert de Gaspé comme étant de ceux qui ornent le Cap Port-Joli,—micouunne, mitas, mocassins,— maskinongé, achigan,—noms de poissons qui ont donné le vocable aux rivières ou cours d'eaux qu’ils habitent. Oraouuron est encore un mot sauvage ou plutôt une corruption du mot indigène Ouaroon,—grosse grenouille : voir Vocabulaire de la langue huronne du Récollet Sagard.—Mais le mot le plus curieux est sakakoua !. Quand nous étions tapageurs — les enfans—notre mère de nous dire : “ Allez-vous bien cesser votre sakakoua 2...” mot qui ne pouvait être que la corruption du terrible sassr: kouè ou cri de guerre des Iroquois ou des Hurons poussé à l’unisson par toute la troupe de guerriers, quelquefois jusque dans l’enceinte de ‘os vilies, il n’y à encore que cinquante ou soixante ans *… De même que nos anciens disaient sakakoua pour sassukouè, on à dit pimbina pour pémina.
Selon nous, rien n’est plus naturel plus à propos que l’adoption en ce pays de termes empruntés aux premiers possesseurs du sol, quand il n’y a point d’équivalents connus et, ajouteraije volontiers, quand même il y en aurait, si les
* Aujourd'hui, il n’y a plus de Sauvages. Un correspondant, parlant des joueurs de crosse passés en leterre, dit: ‘“ The war-whoop with which the
green corn dance was accom: ed, was so feeble, that the at Chingachgook would surely turn scornfully in his grave, if be could hear A Sngmague
or
objets qu'ils servent à désigner sont pure au Canada : pourquoi non ?—pourquoi ne'sérait-ce pas plus : Me que. de. termes grecs, latins, italiens, anglais! surtout quand l’auteur des Beautés de l'Histoire du Cänada,-—Dainville, trouvé si euphoniques la plupart des nôms sauvages, tels que Adario, Ontario, Kanadario, Erié, Niagara, Hochélaga, Stadaconè, Ladauanna*,Suguova, Guiasa, ‘Osceola, Essecusinisipi, -Mégantic, Saguenay. : - tee
Nous n'admettons pas, disait la Gazette de Québec, que le mot patate soit d'origine canadienne: ce mot est d'origine péruvienne. La pomme de terre à porté ce nom, avec diverses modifications, dans tous les pays. de l’Europe où la culture en an été introduite. Les Espagnols la trouvèrent cultivée dans les montagnes dé Quito sous le nom de papas, dont ils firent, par corruption, patafta, nom que les Portugais adoucirent en appelant cette production patada da terra.
Nous ne croyons pas, non plus, que le mot cassot soit d’origine canadienne. Ce mot, qui devrait s'écrire casseau, n’est, de même que cassetiu, qu'un diminutif de casse, nom par lequel les orfèvres, les savonuiers désignent différentes ‘sortes de vaisseaux...
. Viennent enfin les remarques du Canadien :
Le Recueil de Locutions Vicieuses a une couleur d’un intérêt local ; il traite des locutions vicieuses plus particulières à la langue française telle qu'on la parle et écrit quelquefois en Canada. : On y trouve sur cette partie ce qu'on chercherait en vain dans les yrammaires de notre métropole littéraire. L'auteur fait main basse sur ces locutions barbares, grossières,
ridiculés qui défigurent la plus jolie comme la plus pure des
* Le Saint-Laurent.
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lasgues modernes, Nous ne parlons pas des locutions en usage seulement parmi les classes 1llétrées; mais de celles que l’on entend tous les jours dans Ja bonne société. Monsieur un tel a reçu des drgents, par imitation de l’auglais, où l’on ‘emploie le mot monies, dans ce cas. ‘ Îl est à son office *, au lieu d'étude ou bureau. . Un autre a vendu son butin ou là. charge de son vaisseau, qu'il a céairé à la Douane. On envoie chercher des crackers à la grosserie. est
L'auteur aurait pu grossir encore son manuel : il aurait pu rappeler les nombreuses assemblées où messieurs tel et tel : sont appelés à la chaire au lieu de fauteuil, ou à-la présidence ; il aurait pu nous parler de savants avocats qui exposent leur cas devant l'honorable cour. Le langage du barreau abonde en loeutions aussi vicieuses, et dans une nouvelle édition, nous invitons l’auteur à ne pas les oublier. Le’barreau, qui devrait montrer l'exemple, mérite une leçon toute spéciale pour s'être laissé entraîner plus que toute autre.plasse, peut-être, au torrent des anglicismes et des barbarismes.
Cet abus est déjà aussi ancien qu'il est, partant, invétéré: dès 1818, un correspondant de l’Aurore qui se donne comme résidant à la campagne, dit, dans un article intitulé : Le Barreau :
‘J'étais venn à Montréal avec un voisin qui avait une affaire en cour. N'ayant assisté que rarement à l'audience, depuis ma première jeunesse, j'étais flatté de pouvoir juger par moimême, dés progrès que l’éloquence y avait dû faire. ‘ Mais le langage et les expressions qu'étalèrent les avocats que j'entendis me parurent étranges et nouveaux, et je ne pus reconnaître le parler qui était en usage dans la ville quand j'y avais demeuré. Voici des échantillons de phrases dont j’ai pu conserver la mémoire. - L'xn avait payé la plus grande attention .* L' ice est en France ce qu'on appèle vulgairement ici la : dépense ” où lieu connue én France. d Brodi-breds” est français, malt une dame do V'émigration,
réfugiée à Montréal, eut peut-être raison d’aller demander ailleurs l'explication de ce qu’on lui avait répondu à une porte amie :- ‘* Madame fait son ‘ bredas.? ”
à ce qui était tombé du savant conseil du demandeur. Un agtre ne pouvait concevoir qu'ôn-püût faire cette objection à un ‘writ retournable dans le terme précédent, qui avait été servi:sur le défendeur plus de quinze jours avant que l’action instituée eût été retournée. ; We: défendeur était trop tard dans Détagede cette cause. Uu-troisième demanda comment le savant conseil pouvait. entretenir l'idée que les offres qu il faisait de jiler la somme de... à la suite des raisons qu'il . avait plaidées à cette action, pussent le décharger d'une demande fondée:sur un acte qu il ne pouvait rébier : au surplus; un tel rentemênt ne pouvait lui procurer un tel bénéfice ; il luissurait fallu-s’inserire en faux. . À la face de la déclara. tion, la demande était fondée sur un record qui, lui-même, à sa face, faisait loi. Un-quatrièmé démandait à firer une cause pour l'évidence sur quelque objet particulier de ls cause ; il disait que l'issue était jointe sur .ce point. Son adversaire était positif à dire qu'on. ne pouvait recevoir cette application ; la Cour l'avait décidé plusieurs fois; il en pouvait citer plu” sieurs instances. Un cinquième disait qu'il ne pouvait &
sa motion faute de notice; mais que si le demandeur voulait la prendre en forme de règle de montrer cause, il consentirait à l'argument pour le lendemain. J'entendis parler d'eutorités pointées, d'informalités, de raisons satisfactoires, On ‘était prêt à rencontrer le demandeur ; on eitait des précédents *.
H n’est point de plus déplorable supplément à un pareil jargon que la publication, en 1867, d’un code civil du Bas-Canada dont la rédaction est, il ne se pouvait davantage, injurieuse À notre idiome et à toute véritable orthoëpie. il n'y a pas jusqu’ aux noms par
* #* I paraît par le Mémoire d'Honoré de Balsac, dans La cause de Peytel, que dit: « oxûite un beau“ précédent! .-à-d. dans !' du palais; re pape bird : I] existe un beau ne répète
bien ri HPBusÀ : Sréoédents de les cours de justice... c'en est he À én Droif ani to) les évolutions navales !
lesquels nous désignons les divers tribunaux, qui ne décèlent l'insuffisance de nos éducations coloniales; et comment veut-on être compris d’un étranger instruit, quand l’on dit : “ Je m'en vais à la Corporation. je vais à la Cour Supérieure ? .. le procureur-général Añgers, qui a réformé la loi concernant cette cour, postérieurement à linstitution de la Cour Suprême, ne pouvait, ce semble, qu'il n’aperçût que la dite Cour Supérieure, qui a au-dessus d’elle le Banc Royal et la Cour Suprême, ne saurait être la Cour Supérieure !.. Est-elle supérieure à la Cour de Cirtuit ?.. mais ne la renferme-t-elle pas dans son sein, quand elle est toujours tenue par un de ses propres juges ?.. Il est plus étrange, s’il est possible, qu’on ait appelé Cour de Circuit un tribunal fixe! Et c'est ainsi encore qu’on avait désigné sous lé nom de Cour Seigneuriale, non pas un tribunal des Seigneurs, comme. tout étranger le comprendrait, mais le tribunal qui devait les dépouiller de leurs prérogatives. Nous faisons encore un contre-sens en faisant un agent d’émigration d’ün agent d'immigration, qui n’est pas, coïnme le serait le premier, dépopu!ateur de son pays!” . | :
Mais, pour revenir au Cunadien, n’oubliaitil pas qué non moins grande que celle du barrédu ést li responsabilité dé la législature qui, alors même que 168 Canadiens étaient en grande inajorité ‘dañs Son séin, n’a usé qué de termes
techniques servilement traduits: de l’anglais, quand la plupart avaient toujours eu des équi. valents dans les assemblées délibérantes de la France durant la Révolution, puis à à la Chambre des députés.
Tout en souscrivant généralement, reprend le Canadien, aux décisions de l’auteur du Manuel cnntre le néologisme, nous demandons grâces, eependant, pour plusieurs -de .çes termes qu’il a inclus dans sa liste de proscriptions,;et nous appuierons notre requête des raisons même -que présente ‘l’auteur sur le mot Néologie, page 70. Il reconnaît que nous avons, en Canada, mission ou titre. pour la création de :mots nouveaux pour les objets qui nous LME EE exclusivement, :
Bn dépit d stes, dit en effet H. E. Chevali d M gen dhetone Cas, tout aéré qu'il EE 2, 8 eur les langues vierges un avantage marqué : il formule plus laconiquement et plus exictement Or, comme ‘4 linguistique n’est pas, quoiqu’on dise-et qu'on fasse, douée d’immutabilité ; comme la -progression est ane loi uni: noüs ne saurions blâmer ces emprunts qui €& font ae dr 2 des langues, si ie
d ils sons dudiciens, nan. a ne tarde 4 les légitimer ; die nome "4 ce
Ms rai se (à ich ge post
er) le teur prod production bdultérine. e laïssez
Ws langue, mais n'ayez point peur de l’enrichir de Lu À sur exotiques pa ro Ro quand vous ÿ pouvez verser une re concrète.)
Le littérateur français qui s'énonce de la sorte consacrerait-il donc les. locutions de l’historien Garneau que voici :
Lorsque dans un pays existent quelques-unes de ses causes. —]l n’est pas étonnant si.—Aïjnsi qu'un’‘autre bill (mot non souligné) proposé par le parti qui opposait le premier. C'est lui qui, contre les directions de lord North.—Tous les Canadiens sont prêts à déposer des malversations.—Cette infervention inutile dans la langue du pays.—D'avoir consergé Sir Joho Caldwell dans l’exercice.—-Le | Roi espère que. tous ses sujets obéissent.—KElle ne pourra jamais être pr er de le faire.—Autant que l’on pourrait dépendre sur... ?
Mais noùs interrompons le Canadien ‘ou la * suite de ses remarques, trop à notre aisé, ed être: :
Ces principes posés, nous nous permiettrons de croire que notre auteur est peut-être uu peu rigoureux en condamnant l'emploi des mots suivants :
Cariole, traîne, que Charlevoix emploie dans le même sens que nous. ‘On porlerait bien confusément et de manière à n'être pas-compris dans ce pays, s'il fallait se-borner au mot traîneau pour désigner toutes les espèces de voitures d'hiver. Dans le langage ordinaire, le traîneau est une traîne en: miniatute à laquelle un chien peut être attelé, dont les enfaps se servent, et qu'ils peuvent tirer et pousser, ou encore laisser aller de lui-même dans les pentes pour jouer, glisser sur la glace. Le traîneau est à la traîne ce que serait à une cariole upe curiolette si le terme était usité.
(Si l'abbé Mugu:?e a prétendu que le mot cariole n’est | em français, il fait
erreur ; la tariole est, en France, une voiture te : nous nons n08 preuves incontinent :
.. Les sentiers abimés par l'orage, ne devaient pas, de quelques jours encore, être praticables pour 13 cariole, qui servait de calèche au châtelain däns les prends solennités.—-Jules Sandeau.
Les unes en cabriolet ; les autres, dans de simples carioles,—Brillat- Savartn. D'Alsux, parlant de certaines cointesses noires qui auraient dû se trouver en voitures de gala au sacre de Soulouqne, ce que plusieurs n'auraiet pu montrer que la cariole avec laquelle elles portaient leurs marchandises à Ia foire. Battures, employé pour signifier les glaces stationnaires sur les bancs de sable ou les roches à fleur d’eau, ne trouve pas
grâce nou plus.
Bordages signifie les glaces qui bordént Jes rivages des rivières en hiver.—Ce sont pourtant là des choses qui nous appartiennent exclusivement. relativement à la France.
: Poudrerie.— Nous ferons la même remarque: à l'égard de
ce wiot, qui-peint si bien la neige poussée, soulevée as un vent fort et tourbillounant we
| delle doi Le. Kuiniins pa ‘Li&. ‘ La neige ‘‘ AT MIS sant des cimes (des Appenins) Su es or. » it
HN" es
… Cajeu, cage. —La langue française possédant le mot radeau; : train de bois, pour désigner la même chose, il n'y.a, en effet, ‘
aucune nécessité de créer ceux-là, qui, par conséquent, doivent être proscrits.
(Oest- montrer de compositi Fr pr (Ta- Lo pres Cana), écrit :—(! Nes à trains de 00 puisque le Français Le 2ombre da Haut-Canada, sont avec une cabane eur Jeur point culminant : cageux hr sur une échelle réduite, aux flotilleo fasevses: Gt lo bin portait autrefois de Mayence à Nimègue ”) Cassot.—La langue française n'ayant point nommé le vase d'écorce de bouleau désigné par ce mot, nous interjetons appel
en sa faveur.
Catalogne.—Le dictionnaire de Rivarol dit custelogne. Si l’auteur veut voir disparaître ce mot, nous lui conseillons d’en indiquer un autre *; il se fait beaucoup de ce tissu grossier en ce pays et, peut-être, ne s'en fait-il pas eu France: mais on prononce mal ce mot en disant ET
“ Tignon et non pas chignon de pain.”’—On trouve pourtant dans le dictionnaire de Jannet. — “ Tignon-chignon
pop Collecteur. — Tant que les Jlexicographes français ne nous donneront pas un équivalent, nous ne- vuyons ps8 tro quoi nous serions obligés de recourir à une périphrase, À il nous avons trouvé un mot qui exprime gi bien la chose. re peut-être, analogie pour ‘‘encanteur ‘ et M. Dessaules voudrait voir Le mat consacré. 11 l'est bien ici, car je a’ai jamais oui-dire ‘‘ officier-priseur ;” re 3 oncan » me s'écrivaut point avec un t aprsatod le dérivé n’est pas très- Cordon, quart de corde.—Les Français ont le mot aière pour signifier la même chose; mais ce mot sent bien le grec pour nos vendeurs ou charroyeurs, de bois : autant vaut leur laisser leur cordon +.
Demiard.—I\ serait tinénsnt aussi = faoila de dire un demi:
setier, une demi-chopine; mais.le mot est enraciné parmi
* Et de le faire adopter, fallait-il ajouter.
+ Le Sieur Querdisien Tremais, Commissaire du Roi en Canada eu 178, dit je ur à de bois.” :
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