‹ Le ménage du pasteur NaudiéChapitre 38 sur 126 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

qu'en cet instant tout ce qu'il y avait d'homme en M. Naudié fût remué et frémît, l'habitude professionnelle fut la plus forte. A peine osa-t-il presser contre ses lèvres les fines mains pleines de caresses qui s'offraient, et il balbutia, prêchant à demi :

-T- Merci!... Oh! merci de me parler ainsi!... Oui, vous avez raison, le bonheur vient de Dieu... Il faut l'accepter... l'accepter comme il nous l'envoie... J'accepte le mien, en vous bénissant... Qu'il soit aussi le bonheur de ceux que j'aime, de ceux que vous aimez déjà !...

Là non plus, la parole ne moulait pas exactement la pensée : s'il avait parlé selon son cœur, M. Naudié aurait dit que sa tendresse était déjà trop grande, et sa soif de bonheur trop avide. Et, comme il lâchait les mains de Jane et continuait à balbutier des phrases où Dieu intervenait, la jeune fille — sans le savoir encore — commença à le mépriser de s'oublier si peu.

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