TROISIÈME PARTIE
i l'heure de la promenade quotidienne, Jane, lie à l'avance, attendait. Comme pour hâter cette ire trop lente à venir, elle se promenait, nerise, par le vestibule, pendant que son cheval ffait déjà dans la cour. D'une main, elle soutenait jupe de son amazone; de l'autre, elle faisait de ips en temps siffler sa cravache, sans souci de tiir son impatience aux yeux de son mari, qui îblait simplement lui tenir compagnie. L'heure sa. Sa cravache siffla plus souvent. M. Naudié » sans que sa voix le trahît encore :
— Votre compagnon se fait attendre, aujourui?
l coups répétés, la cravache fouetta l'air innoit :
— Un peu, c'est vrai.
— Vous l'attendiez à trois heures. Voici le quart sonne. Peut-être qu'il ne viendra pas?
-.es yeux de Jane seuls répondirent. M. Naudié îrpréta leur muette réponse : elle vibrait de dre colère contre l'autre — de mépris pour lui. is une pensée de cruauté, il insinua, jouant l'inérence :
— Sans doute un empêchement, à la dernière lute...
ane répéta son regard, chargé d'un mépris plus ïnse.
— 11 va venir, dit-elle, j'en suis sûre.
llle s'était arrêtée une seconde en face de lui :
elle reprit sa marche nerveuse. Ses éperons sonnaient sur les dalles. La voix changée, M, Naudié l'appela :
— Jane !
— Plaît-il?
— Ne sortez pas!... Ne sortez pas, je vous en supplie !
De nouveau elle s'arrêta à deux pas de lui :
— Pourquoi?
II répéta sa prière :
— Renoncez à cette promenade,.. Aujourd'hui, rien qu'aujourd'hui... Pour moi!
Bien qu'il fût plus près de la supplication que de la menace, Jane s'inquiéta, pour la première fois. Avec cette rapidité qu'ont les femmes à s'adapter aux exigences de leur cause, elle se calma tout à coup, s'adoucit, répondit d'un air très simple :
— Pour vous, mon ami?... Je ne comprends pasi M. Naudié avait soulevé le poids qui écrasait son
cœur. Derrière la première parole, si difficile à prononcer, d'autres montaient, comme les vagues derrière la ligne d'écume qui s'amincit sur le rivage :
— Oh! si, vous comprenez!... Je le sais!... J'en suis sûr! Epargnez-moi d'exprimer ce que vous lisez en moi... ce que j'ose a peine penser!... Oh! n'allez pas croire que ce soit du mal..., du mal de vous et de lui... Non, non, je n'en suis pas là... Je ne doule pas de vous, je ne veux pas douter... Mais erilin, i)ourquoi vous reprendre ainsi, après vous